jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2101421 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CATED CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 26 janvier 2021 et le 30 juin 2021, la Banque Chaabi du Maroc, représentée par le cabinet Cated conseil, demande au tribunal :
1°) la restitution des droits de taxe sur les salaires qu'elle a acquittés à concurrence d'une somme de 569 616 euros au titre des années 2016 et 2017, assortie des intérêts moratoires prévus par l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- son rapport d'assujettissement à la taxe sur les salaires au titre des années 2016 et 2017 était de 11 % et non de 20 % tel qu'appliqué lors de sa déclaration, ce qui la rendait, en outre, éligible à une décote à 2 % du total des salaires versés à retenir ;
- ce rapport peut être déduit à partir du coefficient de taxation de taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elle n'a perçu aucune recette hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée ;
- elle pouvait arrondir le rapport d'assujettissement à l'unité inférieure en application du paragraphe 80 de l'instruction BOI-TPS-TS-20-30 du 6 avril 2016.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la Banque Chaabi du Maroc ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 juin 2021 la clôture d'instruction a été fixée au 28 octobre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sarfati, représentant la Banque Chaabi du Maroc.
Une note en délibéré présentée par la Banque Chaabi du Maroc a été enregistrée le 17 février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par une réclamation du 2 juillet 2019, la Banque Chaabi du Maroc, a sollicité le remboursement partiel de la taxe sur les salaires dont elle s'est acquittée au titre des années 2016 et 2017 en raison d'une erreur dans la détermination du rapport d'assujettissement à la taxe sur les salaires qu'elle a déclaré. Elle demande au tribunal la restitution des droits de taxe sur les salaires acquittés à concurrence d'une somme de 569 616 euros au titre des années 2016 et 2017.
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré./ Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement. ".
3. Aux termes de l'article 231 du code général des impôts dans sa rédaction applicable à la période d'imposition en litige : " 1. Les sommes payées à titre de rémunérations aux salariés, à l'exception de celles correspondant aux prestations de sécurité sociale versées par l'entremise de l'employeur, sont soumises à une taxe égale à 4,25 % de leur montant évalué selon les règles prévues à l'article L. 136-2 du code de la sécurité sociale, sans qu'il soit toutefois fait application du deuxième alinéa du I et du 6° du II du même article. Cette taxe est à la charge des entreprises et organismes qui emploient ces salariés () qui paient ces rémunérations lorsqu'ils ne sont pas assujettis à la taxe sur la valeur ajoutée ou ne l'ont pas été sur 90 % au moins de leur chiffre d'affaires au titre de l'année civile précédant celle du paiement desdites rémunérations. L'assiette de la taxe due par ces personnes ou organismes est constituée par une partie des rémunérations versées, déterminée en appliquant à l'ensemble de ces rémunérations le rapport existant, au titre de cette même année, entre le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée et le chiffre d'affaires total. Le chiffre d'affaires qui n'a pas été assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée en totalité ou sur 90 p. 100 au moins de son montant, ainsi que le chiffre d'affaires total mentionné au dénominateur du rapport s'entendent du total des recettes et autres produits, y compris ceux correspondant à des opérations qui n'entrent pas dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée. Le chiffre d'affaires qui n'a pas été passible de la taxe sur la valeur ajoutée mentionné au numérateur du rapport s'entend du total des recettes et autres produits qui n'ont pas ouvert droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée (). "
4. Il résulte des dispositions de l'article 231 du code général des impôts que sont redevables de la taxe sur les salaires les personnes ou organismes dont le total des recettes et autres produits n'a pas été soumis à la taxe sur la valeur ajoutée ou n'y a pas été soumis sur au moins 90 % de son montant, que ces recettes et autres produits correspondent en tout ou partie à des opérations exonérées de taxe sur la valeur ajoutée ou à des opérations situées hors du champ d'application de cette taxe.
5. Pour démontrer le caractère exagéré de l'imposition mise à sa charge, la Banque Chaabi du Maroc produit une attestation du commissaire au compte relative au descriptif des revenus comptabilisés pour les exercices de 2015, 2016 et 2017 tel que figurant sur les tableaux détaillant la composition du chiffre d'affaires au titre de ces années et calculant le " coefficient de taxation ". Toutefois, d'une part, les dispositions du I de l'article 18 de la loi n° 93-1353 du 30 décembre 1993 de finances rectificative pour 1993, dont sont issues les deux dernières phrases du premier alinéa du 1 de l'article 231 du code général des impôts, ont eu pour objet de dissocier le rapport d'assujettissement à la taxe sur les salaires, mentionné par ces dispositions, du rapport, dit " prorata " de taxe sur la valeur ajoutée, alors prévu à l'article 212 de l'annexe II au code général des impôts, permettant de déterminer la fraction de taxe sur la valeur ajoutée pouvant être déduite par les redevables qui, dans le cadre de leurs activités situées dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée, ne réalisent pas exclusivement des opérations ouvrant droit à déduction. La Banque Chaabi du Maroc ne peut dès lors se prévaloir du coefficient de taxation sur la valeur ajoutée quand bien même elle n'aurait perçu aucune recette hors du champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée. D'autre part, dès lors que la charge de la preuve incombe à la requérante en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, l'attestation des commissaires aux comptes et les tableaux produits, à défaut de pièces comptables justificatives permettant de vérifier le montant des sommes dont il fait état et qui n'attestent pas au demeurant du rapport d'assujettissement tel que défini à l'article 231 du code général des impôts, sont insuffisants pour établir le caractère exagéré de l'imposition en litige.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la Banque Chaabi du Maroc doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Banque Chaabi du Maroc est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Banque Chaabi du Maroc et au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 16 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Marchand, première conseillère,
M. Lenoir, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
La rapporteure,
A. A
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026