mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2102807 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GROS, HICTER & ASSOCIES (SCP) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2102807, le 11 février 2021, Mme B C, représentée par Me Hicter demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 décembre 2020 par laquelle la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a approuvé après réformation le compte de campagne qu'elle a déposé au titre de l'élection municipale des 15 mars et 28 juin 2020 dans la circonscription de Lille, en tant qu'elle a limité le montant du remboursement forfaitaire dû par l'Etat à la somme de 150 604 euros ;
2°) de réformer son compte de campagne en réintégrant les sommes de 25 584 euros et de 11 100 euros dans le montant du remboursement dû par l'Etat ;
3°) de condamner l'Etat à lui rembourser la somme de 25 584 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la commission nationale des comptes de campagne a méconnu l'article L. 52-12 du code électoral et a commis une erreur de fait en réformant son compte de campagne et en refusant d'intégrer toutes les dépenses dans son compte de campagne ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2021, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2022.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2112292, le 8 juin 2021, Mme B C, représentée par Me Hicter demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 1er avril 2021 de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques en tant qu'elle a limité le montant du remboursement forfaitaire dû par l'Etat à la somme de 150 827 euros, après avoir partiellement fait droit à son recours gracieux dirigé contre la décision du 3 décembre 2020 ;
2°) de réformer son compte de campagne en réintégrant les sommes de 25 361 euros et de 11 100 euros dans le montant du remboursement dû par l'Etat ;
3°) de condamner l'Etat à lui rembourser la somme de 25 584 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la commission nationale des comptes de campagne a méconnu les articles L. 52-12 et L. 52-4, du code électoral et a commis une erreur de fait en réformant son compte de campagne et en refusant d'intégrer toutes les dépenses dans son compte de campagne.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 juillet 2021, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 19 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 9 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ; ;
- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Castéra ;
- les conclusions de Mme Ménéménis, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Hicter, représentant Mme C et de M. D, représentant la Commission nationale des comptes de campagne.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 décembre 2020, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a approuvé après réformation le compte de campagne déposé le 11 septembre 2020 par Mme C, candidate tête de liste dans la circonscription de Lille, pour l'élection municipale générale qui s'est déroulée les 15 mars et 28 juin 2020. La Commission a fixé à 150 604 euros le remboursement dû par l'État, après avoir retranché du compte de campagne plusieurs dépenses. C'est la décision attaquée dans la requête n° 2102807. Mme C a formé un recours gracieux contre cette décision le 9 février 2021. Par une décision du 1er avril 2021, la Commission nationale des comptes de campagne a partiellement fait droit à son recours gracieux en réintégrant une dépense de 223 euros dans le compte de campagne et en fixant à 150 827 euros le remboursement dû par l'État et en modifiant la décision du 3 décembre 2020. C'est la décision attaquée dans la requête n°2112292.
2. Les requêtes susvisées n°2102807 et n° 2112292, présentées par Mme B C, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur le cadre juridique applicable :
3. Aux termes de l'article L. 52-15 du code électoral, dans sa rédaction applicable au litige : " La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques approuve et, après procédure contradictoire, rejette ou réforme les comptes de campagne. Elle arrête le montant du remboursement forfaitaire prévu à l'article L. 52-11-1. () ". Aux termes de l'article L. 52-11-1 du même code : " Les dépenses électorales des candidats aux élections auxquelles l'article L. 52-4 est applicable font l'objet d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat égal à 47,5 % de leur plafond de dépenses. Ce remboursement ne peut excéder le montant des dépenses réglées sur l'apport personnel des candidats et retracées dans leur compte de campagne. () ". Les dépenses électorales susceptibles de faire l'objet de ce remboursement sont définies à l'article L. 52-12 du code électoral comme étant l'ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l'élection, hors celles de la campagne officielle, par le candidat ou pour son compte au cours de la période mentionnée à l'article L. 52-4 du même code. L'article L. 52-4 de ce même code dispose que : " Tout candidat à une élection déclare un mandataire conformément aux articles L. 52-5 et L. 52-6 au plus tard à la date à laquelle sa candidature est enregistrée. () Le mandataire recueille, pendant les six mois précédant le premier jour du mois de l'élection et jusqu'à la date du dépôt du compte de campagne du candidat, les fonds destinés au financement de la campagne. Il règle les dépenses engagées en vue de l'élection et antérieures à la date du tour de scrutin où elle a été acquise, à l'exception des dépenses prises en charge par un parti ou groupement politique. Les dépenses antérieures à sa désignation payées directement par le candidat ou à son profit, ou par l'un des membres d'un binôme de candidats ou au profit de ce membre, font l'objet d'un remboursement par le mandataire et figurent dans son compte de dépôt. () ".
4. Il résulte de ces dispositions que les dépenses pouvant faire l'objet d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat sont celles engagées par le candidat ou pour son compte pendant les six mois précédant le premier jour du mois de l'élection, dont la finalité est l'obtention des suffrages des électeurs. En application du 3° du XII de l'article 19 de la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, cette période court, pour l'élection municipale en cause, à compter du 1er septembre 2019.
Sur les dépenses considérées comme n'ayant pas de finalité électorale :
5. En premier lieu, Mme C conteste la réformation de son compte de campagne concernant les dépenses liées à l'achat de tissu polaire d'un montant de 273 euros destiné à la confection d'écharpes aux couleurs de sa campagne. La Commission nationale des comptes de campagne a estimé que ces écharpes n'étant ni brodées, ni floquées d'une référence à l'élection ni personnalisées de mentions liées à la candidature, elles ne pouvaient être regardées comme ayant été fabriquées pour la campagne. Il résulte pourtant de l'instruction que ces écharpes étaient aux couleurs des tracts et de l'affiche de la campagne de Mme C et ont été utilisées par les militants et la candidate lors de sa campagne. Ces dépenses doivent donc, contrairement à ce qu'a estimé la Commission nationale des comptes de campagne, être regardées comme ayant été engagées en vue d'obtenir des suffrages.
6. En deuxième lieu, Mme C soutient que les dépenses relatives aux prestations d'un agent de sécurité devant sa permanence électorale ont un caractère électoral dès lors qu'elles étaient nécessaires à la suite des dégradations subies notamment sur la vitrine du local pendant le week-end de la Braderie de Lille. Pour autant, ces dépenses ne sauraient être regardées comme ayant été engagées en vue de l'élection de Mme C.
7. En troisième lieu, les frais d'avocat et les frais d'huissier dépensés par Mme C en vue d'obtenir des conseils juridiques et pour déposer plainte dans le cadre d'une action en diffamation et de menaces, n'ont pas été exposés en vue de son élection. La seule circonstance qu'elle soit candidate à l'élection municipale ne suffit pas à regarder ces dépenses comme étant devant nécessairement être inscrites dans son compte de campagne.
8. En dernier lieu, l'amende infligée à Mme C au motif qu'elle a stationné son véhicule sur une place dépose-minute ne saurait être regardée comme une dépense électorale, quand bien même elle a été amenée à stationner à cet endroit dans le cadre de la visite d'une personnalité locale venue dans le cadre de sa campagne électorale.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander à ce que la somme de 273 euros soit réintégrée dans son compte de campagne.
Sur les dépenses exposées après le scrutin :
10. L'article L. 52-12 du code électoral prévoit que sous réserve du règlement de dépenses engagées avant le second tour de scrutin ou le premier tour de scrutin si le candidat n'est pas présent au second tour, le compte de campagne ne peut retracer de dépenses postérieures à la date du scrutin. Le point 4.2.5.2 du guide du candidat élaboré par la Commission nationale des comptes de campagne précise que " s'agissant de la durée des contrats de travail des personnes engagées dans le cadre d'une campagne électorale, le principe est que celles-ci ne le sont que pour la durée de ladite campagne, et que, par conséquent, leurs contrats doivent prendre fin en même temps que celle-ci. La commission a cependant admis, par exception, que les contrats de travail de personnes chargées de la mise en état du compte de campagne soient prolongés au-delà de l'élection, et jusqu'à 15 jours suivant le tour de scrutin où est présent le candidat au plus tard, à la double condition que la durée de la prolongation soit raisonnable, et qu'elle soit justifiée par le volume dudit compte de campagne. "
11. Mme C demande la réintégration d'une dépense de 1 000 euros correspondant aux prestations d'un intérimaire effectuées après le scrutin et au-delà de la période de 15 jours après le scrutin tolérée par la commission sous les conditions susvisées. Pour autant, aucun principe ni aucune loi ni règlement n'impose à la Commission nationale des comptes de campagne de prendre en charge les dépenses effectuées après le scrutin. Par suite, Mme C n'est pas fondée à solliciter la réintégration dans son compte de campagne de cette somme.
Sur les dépenses relatives à des frais de déplacements en dehors de la circonscription électorale :
12. En premier lieu, il résulte de l'article L. 52-12 du code électoral que les frais de transport ou de déplacement ne peuvent, en principe, faire l'objet d'un remboursement que s'ils ont été engagés pour des transports ou des déplacements ayant eu lieu à l'intérieur de la circonscription électorale. Il en va, toutefois, de même pour certains transports et déplacements effectués en dehors de la circonscription et notamment ceux revêtant un effet utile en vue de l'élection pour se rendre à la préfecture, à l'imprimerie, à la banque, chez l'expert-comptable ou pour assister à des réunions publiques communes à plusieurs candidats.
13. En l'espèce, en application de ces principes, les frais de déplacement à Bordeaux de la cheffe de pôle communication et porte-parole de Mme C, pour participer à l'université d'été organisée par LREM (205,76 euros) et les frais de déplacements de la candidate et de quatre membres de son équipe de campagne pour une réunion organisée par LREM à Paris (570 euros) doivent être regardés comme constituant des dépenses électorales devant figurer au compte. Mme C est ainsi fondée à demander à ce que la somme de 775,76 euros soit réintégrée dans son compte de campagne.
14. En second lieu, le point 4.2.15.2 du guide du candidat élaboré par la Commission nationale des comptes de campagne précise que " Le candidat peut, dans un but électoral, inviter des personnalités considérées comme des relais d'opinion. Les frais correspondants entrent dans les dépenses électorales, sous réserve que le candidat expose l'intérêt électoral desdits repas et précise la qualité des participants. "
15. En l'espèce, Mme C demande la réintégration de la somme de 50,70 euros correspondant à un repas pris à Rennes à l'occasion du match de football opposant l'équipe de Lille à celle de Rennes. Il résulte de l'instruction qu'à cette occasion, Mme C a été en contact avec l'équipe de joueurs lillois, a déjeuné avec la candidate aux élections municipales à Rennes, et s'est rendu au match avec cette dernière. Cet évènement a fait l'objet d'une communication sur les réseaux sociaux à destination directe des électeurs lillois. Par suite, le montant de ce repas doit être regardé comme une dépense électorale. Il en est de même du repas avec le Premier ministre, d'un montant de 129 euros, qui a fait l'objet d'une communication sur les réseaux sociaux à destination des électeurs. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que le repas pris en compagnie de M. A, ancien responsable politique, ancien directeur de la Sauvegarde du Nord, Haut-Commissaire à l'Economie Sociale et Solidaire, qui s'apparente davantage à une rencontre destinée à renforcer un réseau, puisse être qualifié de dépense électorale. Mme C est ainsi fondée à demander à ce que la somme de 179,70 euros soit réintégrée dans son compte de campagne.
Sur les dépenses liées aux achats de matériel :
16. Aux termes de l'article L. 52-12 du code électoral : " () La valeur vénale résiduelle des immobilisations éventuellement constituées au cours de la période mentionnée à l'article L. 52-4 doit être déduite des charges retracées dans le compte de campagne.() ". Le guide du candidat précise en son point 4.2.1. que le montant de la facture des achats de matériel ne doit pas figurer au compte de campagne, seule la valeur d'utilisation de ces matériels doit être comptabilisée. La valeur d'utilisation se calcule par amortissement en fonction de la durée d'utilisation du matériel pour la période électorale.
17. Mme C soutient que les frais d'achats de biens d'une faible valeur (en dessous de 500 euros) doivent être intégrés dans leur totalité dans son compte de campagne en fonction de leur valeur d'acquisition et non seulement, ainsi que l'a fait la commission, sur la base de leur valeur d'utilisation. Toutefois, aucun principe ni aucune règle législative ou règlementaire ne prévoit une telle exception. Par suite, et sans que Mme C puisse se prévaloir utilement des règles d'amortissement en matière fiscale ou en matière de comptabilité publique, c'est à bon droit que la Commission nationale des comptes de campagnes et de financements politiques a exclu du compte de campagne de Mme C la somme de 2 020 euros relative à la différence entre la valeur d'achat et la valeur d'acquisition de matériels.
Sur les dépenses liées aux sondages :
18. Le coût des sondages doit figurer parmi les dépenses électorales au sens de l'article L. 52-12 du code électoral lorsqu'ils font l'objet d'une exploitation aux fins de propagande électorale ou qu'ils servent à l'orientation de la campagne électorale dans la circonscription. Dans le guide du candidat, la Commission nationale des comptes de campagne précise au point 4.2.12.1 que : " Effectués pour évaluer les chances de succès d'un candidat, les sondages de notoriété d'intention de vote ou d'opinion, commandés par un parti ou un candidat, ne constituent pas une dépense électorale et ne sont pas admis comme dépenses remboursables. Cependant, dans le cas où un candidat utiliserait ce type de sondage comme moyen de promotion de sa candidature auprès des électeurs, où ledit sondage bénéficierait d'un retentissement médiatique, et/ou où le sondage aurait servi à l'orientation de la campagne, son coût devra être imputé en proportion au compte de campagne : il appartient au candidat de justifier l'imputation d'une quote-part de ce coût en fonction de l'utilisation du sondage pendant la campagne. Le candidat devra fournir le questionnaire du sondage. "
19. En l'espèce, la Commission nationale des comptes de campagnes a retenu un remboursement à hauteur de 50% des sondages de notoriété effectués par la candidate. Si Mme C soutient que les dépenses affectées aux sondages devraient être prises en compte dans leur intégralité, elle n'apporte aucun élément de nature à remettre en cause cette quote-part de 50%. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur les dépenses engagées avant le début de la période électorale :
20. Il résulte des dispositions précitées des articles L. 52-12 et L. 52-4 du code électoral que les dépenses électorales engagées avant le 1er septembre 2019 n'ont pas vocation à être intégrées dans le compte de campagne. Par suite, la Commission nationale des comptes de campagne a pu, à bon droit, exclure du compte de campagne de Mme C la somme de 6 181 euros correspondant à prestations engagées avant le 1er septembre 2019, à savoir l'assurance du local de sa permanence pour la période antérieure au 1er septembre 2019, la consommation d'électricité du local pour cette même période, les honoraires d'avocat pour la rédaction du bail du local, les honoraires de l'agent immobilier pour la négociation du local, et la location d'un véhicule le 27 août.
21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C fondée à demander à ce que la somme totale de 1 228,46 euros qui a été retranchée à tort sur le fondement de l'article L. 52-11-1 du code électoral soit réintégrée dans le montant du remboursement forfaitaire dû par l'Etat. Il y a lieu, par conséquent, de fixer le montant du remboursement forfaitaire auquel Mme C a droit à la somme de 152 055,46 euros.
Sur les frais liés au litige :
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le montant du remboursement dû par l'Etat à Mme C en application de l'article L. 52-11-1 du code électoral est fixé à la somme de 152 055,46 euros.
Article 2 : Les décisions de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques du 3 décembre 2020 et du 1er avril 2021 sont réformées en ce qu'elles ont de contraire au présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête de Mme C sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Giraudon, présidente,
- Mme Marcus, première conseillère,
- Mme Castéra, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023
La rapporteure,
A. Castéra
La présidente,
M.-C. GiraudonLe greffier,
Y. Fadel
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2,211229
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026