mardi 21 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2103632 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LECLERE & ASSOCIES (ASSOCIATION) |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le no 2103632 les 22 février et 31 mai 2021, Mme G B, épouse D, M. E B et M. F B, agissant en leur nom propre et en qualité d'ayants droit de Mme C B, représentés par Me Nicolas, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de joindre la requête avec la requête enregistrée sous le no 2103664 ;
2°) de condamner la ville de Paris à leur verser une indemnité totale de 191 591 euros en réparation des préjudices consécutifs à la chute sur la voie publique de leur mère et grand-mère, Mme A B, survenue le 7 janvier 2016 ;
3°) de mettre à la charge solidaire de la ville de Paris et de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) la somme de 2 436 euros au titre des frais d'expertise ;
4°) de mettre à la charge de la ville de Paris le versement, à chacun d'eux, d'une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité de la ville de Paris est engagée en raison d'un défaut d'entretien normal de la voie publique ;
- en qualité d'ayants droit de Mme C B, ils sont fondés à solliciter le versement des sommes suivantes :
* 9 129 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 40 000 euros au titre des souffrances endurées, à verser solidairement avec l'AP-HP ;
* 71 676 euros au titre de l'assistance temporaire par une tierce personne, à verser solidairement avec l'AP-HP ;
* 35 640 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
* 25 146 euros au titre de l'assistance permanente par une tierce personne, à verser solidairement avec l'AP-HP ;
* 10 000 euros au titre du préjudice esthétique ;
- Mme G B, épouse D, est fondée à solliciter la somme de 20 000 euros en qualité de victime indirecte, à verser solidairement avec l'AP-HP ;
- MM. Mathieu et Nicolas B sont fondés à solliciter le versement de la somme de 10 000 euros chacun en qualité de victimes indirectes, à verser solidairement avec l'AP-HP.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juillet 2021, la maire de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 12 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 13 décembre 2022.
Le 6 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris a présenté un mémoire qui n'a pas été communiqué.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le no 2103664 les 22 février 2021, 31 mai 2021 et 10 janvier 2023, Mme G B, épouse D, M. E B et M. F B, agissant en leur nom propre et en qualité d'ayants droit de Mme C B, représentés par Me Nicolas, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de joindre la requête avec la requête enregistrée sous le n° 2103632 ;
2°) de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à leur verser une indemnité totale de 212 517,40 euros en réparation des préjudices consécutifs à l'intervention chirurgicale fautive réalisée le 15 janvier 2016 sur Mme A B ;
3°) de mettre à la charge solidaire de l'AP-HP et de la ville de Paris la somme de 2 436 euros au titre des frais d'expertise ;
4°) mettre à la charge de l'AP-HP le versement, à chacun d'eux, de la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Ils soutiennent que :
- la responsabilité de l'AP-HP est engagée en raison de la faute commise au cours de l'intervention chirurgicale du 15 janvier 2016 ;
- en qualité d'ayants droit de Mme C B, ils sont fondés à solliciter le versement des sommes suivantes :
* 4 235,40 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ;
* 40 000 euros au titre des souffrances endurées, à verser solidairement avec la ville de Paris ;
* 71 676 euros au titre de l'assistance temporaire par une tierce personne, à verser solidairement avec la ville de Paris ;
* 53 460 euros au titre du déficit fonctionnel permanent ;
* 25 146 euros au titre de l'assistance permanente par une tierce personne, à verser solidairement avec la ville e Paris ;
* 10 000 euros au titre du préjudice esthétique, à verser solidairement avec la ville de Paris ;
* 8 000 euros au titre de l'impréparation ;
- Mme G B épouse D est fondée à solliciter la somme de 20 000 euros en qualité de victime indirecte, à verser solidairement avec la ville de Paris ;
- MM. Mathieu et Nicolas B sont fondés à solliciter le versement de la somme de 10 000 euros chacun en qualité de victimes indirectes, à verser solidairement avec la ville de Paris.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 décembre 2022, le directeur général de l'AP-HP conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 janvier 2023.
Le 3 février 2023, la caisse primaire d'assurance maladie a présenté un mémoire qui n'a pas été communiqué.
Vu :
- les autres pièces des dossiers,
- l'ordonnance du 12 octobre 2018 par laquelle le vice-président du tribunal a liquidé et taxé les frais de l'expertise réalisée par l'expert en chirurgie orthopédique et traumatologique à la somme de 2 436 euros.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Théoleyre,
- les conclusions de M. Guérin-Lebacq, rapporteur public,
- et les observations de Me Djololian, représentant Mme D et MM. B.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 janvier 2016, Mme C B, née le 17 octobre 1925, a chuté sur la voie publique devant le n° 89 rue de la Glacière, à Paris. Transportée par les services de secours à l'hôpital Cochin, le diagnostic a révélé une fracture cervico-céphalique humérale droite multi-fragmentaire déplacée avec translation latérale. À la suite de l'opération réalisée le 15 janvier 2016 pour traiter cette fracture, un déficit neurologique du membre supérieur droit et un déficit sensitivo-moteur étendu du plexus brachial droit ont été constatés. En dépit d'un programme de rééducation, Mme B a conservé, jusqu'à son décès, le 7 avril 2018, des séquelles de cet accident et notamment un déficit neurologique et des douleurs neuropathiques persistantes. Par les présentes requêtes, les consorts B, agissant en leur nom propre et en qualité d'ayants droit de leur mère et grand-mère décédée, demandent la réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis en raison des fautes commises par la ville de Paris et par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP).
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées enregistrées sous les nos 2103632 et 2103664, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la responsabilité de la ville de Paris :
3. Pour obtenir réparation, par le maître de l'ouvrage, des dommages qu'il a subis à l'occasion de l'utilisation d'un ouvrage public, l'usager doit démontrer, d'une part, la réalité de son préjudice et, d'autre part, l'existence d'un lien de causalité direct entre l'ouvrage et le dommage. Pour s'exonérer des conséquences de la responsabilité qui pèse ainsi sur lui, il incombe au maître d'ouvrage, soit d'établir qu'il a normalement entretenu l'ouvrage, soit de démontrer la faute de la victime.
4. Pour établir la responsabilité de la ville de Paris au titre d'un défaut d'entretien normal de l'ouvrage public incriminé, à savoir un plot situé au n° 89 rue de la Glacière et qui aurait été scié à une hauteur supérieure à 5 centimètres, les requérants fournissent trois attestations. Celles-ci ont été établies en octobre 2020, soit quatre ans après l'accident. En outre, une seule de ces attestations émane d'un témoin direct, la voisine de Mme C B, qui ne mentionne pas que le plot fût endommagé. Les deux autres attestations, établies par le petit fils de l'intéressée et une commerçante, qui n'ont pas été témoins directs de la chute, ne sont pas concordantes quant à la défectuosité incriminée, l'une des attestations décrivant un plot " scié ", l'autre évoquant un plot " cassé ". Pour sa part, la ville de Paris produit des clichés du plot à différentes périodes entre 2015 et 2018 qui ne révèlent aucune défectuosité, ni aucune trace d'intervention sur le plot en question qui laisserait supposer qu'il aurait été remplacé. De surcroît, les documents médicaux contemporains de l'accident, notamment les comptes rendus de prise en charge par le service des urgences, évoquent un obstacle métallique, tout en indiquant que la chute serait attribuable à des troubles de l'équilibre dont souffrait par ailleurs Mme B.
5. Ainsi, si en matière de dommages de travaux publics, la personne publique doit apporter la preuve de l'entretien normal de la voie, il appartient à la victime d'établir l'existence de l'obstacle et d'un lien de causalité direct et certain entre celui-ci et son préjudice. En l'espèce, les pièces avancées par les requérants ne suffisent pas à établir que l'accident, dont a été victime Mme B, avait pour origine directe et certaine une défectuosité du plot incriminé. Par suite, la responsabilité de la ville de Paris doit être écartée.
Sur la responsabilité de l'AP-HP :
En ce qui concerne l'intervention chirurgicale du 15 janvier 2016 :
6. Aux termes du I de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute () ".
7. Les requérants soutiennent que le chirurgien aurait commis une faute lors de l'intervention du 15 janvier 2016 destinée à traiter la lésion causée par la chute de Mme C B. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que les lésions neurologiques et sensitivo-motrices affectant le membre supérieur droit de Mme B à la suite de l'opération auraient pour origine une lésion étendue du plexus brachial, elle-même causée par des manipulations du membre au cours de l'opération et un maniement des écarteurs constitutifs d'une maladresse fautive du chirurgien. La partie défenderesse ne conteste pas que ces lésions ont résulté de l'opération litigieuse, mais soutient qu'elles ne permettent pas d'affirmer l'existence d'un manquement ou d'une éventuelle erreur technique dans la réalisation de l'acte chirurgical. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment de l'expertise, que les lésions de cette nature, quand elles résultent du recours à un écarteur, révèlent une manipulation fautive de celui-ci et ne sauraient être regardées comme relevant d'un simple aléa thérapeutique.
8. Il résulte de ce qui précède que l'AP-HP est responsable des conséquences dommageables de l'opération du 15 janvier 2016. Par suite, les requérants ont droit à la réparation des préjudices qui en ont directement résulté.
En ce qui concerne le défaut d'information :
9. Aux termes de l'article L. 1111-2 du code de la santé publique : " Toute personne a le droit d'être informée sur son état de santé. Cette information porte sur les différentes investigations, traitements ou actions de prévention qui sont proposés, leur utilité, leur urgence éventuelle, leurs conséquences, les risques fréquents ou graves normalement prévisibles qu'ils comportent ainsi que sur les autres solutions possibles et sur les conséquences prévisibles en cas de refus. () / Lorsque, postérieurement à l'exécution des investigations, traitements ou actions de prévention, des risques nouveaux sont identifiés, la personne concernée doit en être informée, sauf en cas d'impossibilité de la retrouver. / Cette information incombe à tout professionnel de santé dans le cadre de ses compétences et dans le respect des règles professionnelles qui lui sont applicables. Seules l'urgence ou l'impossibilité d'informer peuvent l'en dispenser. () ".
10. Il résulte de l'instruction que, et notamment du rapport d'expertise, que l'hôpital ne démontre pas avoir informé Mme B des conséquences dommageables de l'opération à laquelle elle a été soumise. Si, comme l'affirme l'expert, l'intervention chirurgicale réalisée était impérieusement requise, de sorte que le défaut d'information de la patiente n'a pas privé celle-ci d'une chance d'éviter les lésions neurologiques et sensitivo-motrices, et que le chirurgien n'a pas commis de faute en procédant à l'opération, les requérants sont fondés à demander que l'AP-HP réparent le préjudice moral subi par Mme B, faute d'avoir pu se préparer au résultat de l'intervention.
Sur les préjudices :
En ce qui concerne les préjudices de Mme C B :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, qu'en raison de l'opération litigieuse, Mme B a été en situation de déficit fonctionnel partiel, à hauteur de 39%, du 17 mars 2016 au 14 mars 2017, date de la consolidation. Sur la base d'un forfait quotidien de 20 euros, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en le fixant à la somme de 2 823,60 euros.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
12. Il résulte de l'instruction, et notamment de l'appréciation de l'expert judiciaire, que le déficit fonctionnel permanent de Mme B engendré par les séquelles de l'opération fautive du 15 janvier 2016 doit être évalué à 36%. Compte tenu, d'une part, du montant de l'indemnisation correspondant à un tel taux de déficit fonctionnel permanent pour une femme de 91 ans à la date de consolidation et, d'autre part, de la circonstance que le décès de Mme B est survenu le 7 avril 2018, il sera fait une juste appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à la somme de 30 000 euros.
S'agissant des souffrances endurées :
13. Il ressort du rapport d'expertise judiciaire que les souffrances endurées par Mme B en raison de l'intervention chirurgicale fautive ont été évaluées à hauteur de 3 sur une échelle de 7 pour ce qui concerne la période allant jusqu'au décès de la requérante, le 7 avril 2018. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 500 euros.
S'agissant du préjudice esthétique :
14. L'expert précise que l'apparence post-opératoire de Mme C B, caractérisée par une paralysie du membre supérieur droit, est partiellement attribuable à la faute chirurgicale, de sorte que celle-ci est à l'origine d'un préjudice esthétique évalué à 3 sur une échelle de 7. Eu égard à cette altération physique et à sa durée, les requérants sont fondés à solliciter le versement de la somme de 3 500 euros au titre du préjudice esthétique temporaire de la victime.
S'agissant de l'assistance par une tierce-personne :
15. Il convient de calculer le coût horaire de l'assistance par une tierce personne sur la base du salaire minimum horaire brut moyen, augmenté des cotisations sociales, soit 13,05 euros pour la période du 17 mars au 31 décembre 2016, 13,18 euros pour la période du 1er janvier au 31 mars 2017 et 13,34 euros du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2018. Appliqué sur une durée de 412 jours afin de tenir compte des majorations de rémunération dues les dimanches et jours fériés, ainsi que des congés payés, ce coût horaire permet de déterminer un montant annuel de 5 376,60 euros pour l'année 2016, 5 430,16 euros pour l'année 2017 et 5 496,08 euros pour l'année 2018. Ramenées sur 365 jours, ces sommes permettent de déterminer un coût horaire majoré égal à 14,74 euros, 14,87 euros et 15,06 euros respectivement. À raison de neuf heures par jour entre le 17 mars et le 31 décembre 2016 et entre le 1er janvier et le 14 mars 2017, et trois heures par jour entre le 15 mars 2017 et 31 décembre 2017 et entre 1er janvier 2018 et le 31 mars 2018, les requérants sont fondés à demander l'indemnisation de ce chef de préjudice pour un montant de 61 224,33 euros.
S'agissant du préjudice d'impréparation
16. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par Mme C B, qui n'a découvert les conséquences de l'intervention qu'après que cette dernière a été réalisée, en condamnant l'AP-HP à verser aux requérants une somme globale de 2 500 euros.
En ce qui concerne les préjudices des victimes indirectes :
S'agissant du préjudice d'affection de Mme G B, épouse D :
17. Mme G B, épouse D, soutient avoir subi un préjudice d'affection à la vue de sa mère souffrante qu'elle a assisté quotidiennement jusqu'à son décès. Il sera fait une juste appréciation du préjudice d'affection de Mme G B en condamnant l'AP-HP à lui verser une somme globale de 2 000 euros.
S'agissant du préjudice d'affection de MM. Mathieu et Nicolas B :
18. MM. Mathieu et Nicolas B soutiennent avoir subis un préjudice d'affection à la vue de leur grand-mère souffrante dont ils étaient proches. Il sera fait une juste appréciation de leur préjudice d'affection en condamnant l'AP-HP à leur verser respectivement une somme 1 000 euros.
Sur les sommes mises à la charge de l'AP-HP :
19. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'AP-HP à verser à la succession de Mme C B la somme de 103 547,93 euros. Il y a lieu, par ailleurs, de mettre à sa charge le versement d'une somme de 2 000 euros à Mme G B, épouse D, d'une somme de 1 000 euros à M. E B et d'une somme de 1 000 euros à M. F B.
Sur les dépens :
20. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. () ".
21. Dans les circonstances de l'espèce, les frais et honoraires de l'expert chirurgien orthopédiste, liquidés et taxés à la somme totale de 2 436 euros, doivent être mis à la charge définitive de l'AP-HP.
Sur les frais liés au litige :
22. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros au profit de la succession de Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche de mettre une somme à la charge de la ville de Paris qui n'est pas la partie perdante à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) est condamnée à verser à la succession de Mme C B la somme de 103 547,93 euros, ainsi que celle de 2 000 euros à Mme G B, épouse D, et celle de 1 000 euros chacun à MM. Mathieu et Nicolas B.
Article 2 : Les frais de l'expert chirurgien orthopédique, liquidés et taxés à la somme de 2 436 euros, sont mis à la charge définitive de l'AP-HP.
Article 3 : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris versera à la succession de Mme B la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions des requêtes sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G B épouse D, à M. F B, à M. E B, à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, à la Mutuelle générale de la police, à la ville de Paris et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marino, président,
Mme Roussier, première conseillère,
M. Théoleyre, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 février 2023.
Le rapporteur,
M. Théoleyre
Le président,
Y. Marino
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention et au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2103632 et 2103664/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026