lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2104721 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET VEDESI (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 mars 2021, 22 juillet, 7 novembre, 27 décembre 2022, 23 janvier et 28 février 2023, ces deux derniers mémoires n'ayant pas été communiqués, la société NGE Bâtiment, représentée par Me Sinai-Sinelnikoff, demande au tribunal :
1°) de fixer le montant du décompte général et définitif du marché du lot n° 1 " Terrassement - Voirie Réseaux Divers (VRD) - Gros œuvre - Traitement des façades - Etanchéité " conclu le 3 novembre 2016 avec l'Institut Mines-Télécom à la somme de 69 550 032,55 euros hors taxes ;
2°) de condamner l'Institut Mines-Télécom à lui verser la somme restant due de 36 662 390 euros toutes taxes comprises, outre la révision de prix définitive et les intérêts moratoires, avec capitalisation des intérêts ;
3°) de mettre à la charge de l'Institut Mines-Télécom la somme de 15 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les réserves fondées sur les dispositions de l'article 41.5 du CCAG Travaux formulées lors de la réception sont soit infondées et non imputables au lot dont est titulaire la société Cardinal B, soit mal caractérisées car relevant des articles 41.4 ou 41.6 du CCAG-Travaux ; elles ne lui sont pas opposables en raison du caractère non contradictoire des opérations préalables à la réception ;
- le projet de décompte général qu'elle a notifié le 13 février 2020, reçu les 14 et 17 février suivants respectivement par la maîtrise d'ouvrage et la maîtrise d'œuvre, est devenu tacitement le décompte général définitif du marché en litige, en application des dispositions de l'article 13.4.4 du CCAG-Travaux ; l'Institut Mines-Télécom ne saurait se prévaloir de la procédure de réception définie par le CCAG-Travaux, en particulier de son article 41.5, dès lors que les dispositions concernant la réception du CCAP applicable au marché en litige y dérogent ; les dispositions du CCAP excluent la possibilité de prononcer une réception sous réserves ou avec réserves ; l'article 41.5 du CCAG-Travaux ne peut s'appliquer dès lors qu'elle ne s'est jamais engagée à exécuter les prestations considérées par le maître d'ouvrage comme inexécutées dans le délai de trois mois fixé par ce dernier.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 4 février, 5 octobre et 29 novembre 2022, l'Institut Mines-Télécom, représenté par Me Thierry, conclut au rejet de la requête, et à ce que soit mise à la charge de la société NGE Bâtiment la somme de 4 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la société NGE Bâtiment ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 23 janvier 2023.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de la société requérante visant à la condamnation de l'Institut Mines-Télécom à lui verser diverses sommes au titre du règlement définitif de son marché de travaux dans le cadre de la construction d'un ensemble immobilier comprenant son siège social, l'école Télécom Paris Tech et un restaurant mutualisé, sont irrecevables en raison du caractère prématuré de la transmission de son projet de décompte final.
Les 7 et 10 mars 2023, la société NGE Bâtiments a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office.
Le 10 mars 2023, l'Institut Mines-Télécom a présenté des observations sur le moyen susceptible d'être relevé d'office
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales relatif aux marchés publics de travaux ;
- l'arrêté du 3 mars 2014 modifiant l'arrêté du 8 septembre 2009 portant approbation du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Alidière, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sinai-Sinelnikoff, représentant la société NGE Bâtiment, et de Me Thierry, représentant l'Institut Mines-Télécom.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de la construction, sur le campus Paris-Saclay à Palaiseau, d'un ensemble immobilier comprenant des locaux d'enseignement supérieur et de recherche, un restaurant mutualisé, et son siège social, l'Institut Mines-Télécom, maître d'ouvrage, a attribué le lot n° 1 " Terrassement - Voirie Réseaux Divers (VRD) - Gros œuvre - Traitement des façades - Etanchéité " à la société Cardinal B. L'acte d'engagement a été signé par cette société le 29 juillet 2016 pour un montant total, incluant la variante n° 1, de 41 507 714,96 euros hors taxes. La date d'achèvement des travaux a été fixée au 18 octobre 2019 et ceux-ci ont été réceptionnés sous réserves et avec réserves le 4 novembre 2019, en application des articles 41.5 et 41.6 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG Travaux). Le 4 décembre 2019, la société Cardinal B a transmis son projet de décompte final, notifié au maître d'œuvre le 16 décembre 2019, et au maître d'ouvrage le 9 janvier 2020. Sans réponse du maître d'ouvrage et du maître d'œuvre, la société Cardinal B a, le 13 février 2020, transmis son projet de décompte général, notifié au maître d'œuvre le 14 février 2020, et au maître d'ouvrage le 17 février 2020. Par la présente requête, la société Cardinal B, devenue la société NGE Bâtiment, demande au tribunal que le décompte général définitif soit arrêté à la somme de 69 550 032,55 euros hors taxes, soit 83 460 039,06 euros toutes taxes comprises, conformément au décompte général définitif qu'elle a transmis le 13 février 2020, et que l'Institut Mines-Télécom lui verse la somme de 36 662 390 euros toutes taxes comprises, correspondant au solde lui restant dû.
Sur l'existence d'un décompte général définitif tacite :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article II.2.10 " Acompte final et décompte général des travaux " du cahier des clauses administratives particulières (CCAP) applicable au marché en litige : " Les articles 13.3 et 13.4 du CCAG - Travaux sont appliqués avec les dérogations et compléments suivants : / - Le titulaire transmet un projet de décompte final au plus tard 30 jours calendaires après la date de notification de la décision de réception des travaux par le maître d'ouvrage / - Simultanément à la transmission du projet de décompte au maître d'œuvre, le titulaire transmet une copie de son projet de décompte au maître d'ouvrage ". Aux termes de l'article V.3 " Opérations préalables à la réception " de ce même CCAP : " Dans le cadre du délai contractuel, les opérations préalables à la réception (OPR) sont effectuées par le Maître d'œuvre en présence du titulaire et éventuellement du Maître d'ouvrage. / Elles comporteront notamment : / - La reconnaissance des ouvrages exécutés / - Les essais des installations avec fluides définitifs, les essais acoustiques, thermiques, de climatisation et de protection incendie, les essais électriques / - La constatation éventuelle de l'inexécution de prestations contractuelles / - La constatation éventuelle d'imperfections ou de malfaçons / - La constatation relative à l'achèvement des travaux. / Les visites préalables à la réception se dérouleront aux dates arrêtées au calendrier général détaillé d'exécution, en présence du titulaire dûment convoqué et de la Maîtrise d'œuvre, et de tous conseils appelés par la Maîtrise d'œuvre ou par le Maître d'ouvrage. / L'absence du titulaire ne fait pas obstacle aux OPR. / Les ouvrages devront représenter un ensemble de travaux achevés, être en parfait état d'utilisation et s'avérer propres à leur destination, toutes mesures utiles étant préalablement prises à ces fins par la maîtrise d'œuvre. / La totalité des OPR doit être achevée avant la date de réception et dans le respect du planning du marché. / Les OPR concernent aussi: / - La réalisation des essais et épreuves prévus au Marché / - La constatation éventuelle de l'inexécution des prestations prévues au Marché ou d'imperfections ou malfaçons / - Le repliement des installations de chantier et la remise en état des terrains et des lieux/ - La mise en service des installations / - La maquette des dossiers de récolement (DOE) (). " Aux termes de l'article V.6 " Réception des travaux " du même CCAP : " La réception est unique pour l'ensemble des ouvrages. Aucune réception partielle n'est prévue par le maître d'ouvrage. ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 13.3.1 du cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux (CCAG-Travaux), dans sa rédaction issue de l'arrêté du 8 septembre 2009, auquel renvoie l'article 2 du cahier les clauses administratives particulières (CCAP) du marché en litige : " Après l'achèvement des travaux, le titulaire établit le projet de décompte final () / Ce projet de décompte final est la demande de paiement finale du titulaire, établissant le montant total des sommes auquel le titulaire prétend du fait de l'exécution du marché dans son ensemble, son évaluation étant faite en tenant compte des prestations réellement exécutées. () ". Selon l'article 13.3.2 du CCAG-Travaux : " Le titulaire transmet son projet de décompte final, simultanément au maître d'œuvre et au représentant du pouvoir adjudicateur, par tout moyen permettant de donner une date certaine, dans un délai de trente jours à compter de la date de notification de la décision de réception des travaux telle qu'elle est prévue à l'article 41.3 ou, en l'absence d'une telle notification, à la fin de l'un des délais de trente jours fixés aux articles 41.1.3 et 41.3. / Toutefois, s'il est fait application des dispositions de l'article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à cet article est substituée à la date de notification de la décision de réception des travaux comme point de départ des délais ci-dessus. / S'il est fait application des dispositions de l'article 41.6, la date de notification de la décision de réception des travaux est la date retenue comme point de départ des délais ci-dessus ". Aux termes de son article 41.5 : " S'il apparaît que certaines prestations prévues par les documents particuliers du marché et devant encore donner lieu à règlement n'ont pas été exécutées, le maître de l'ouvrage peut décider de prononcer la réception, sous réserve que le titulaire s'engage à exécuter ces prestations dans un délai qui n'excède pas trois mois. La constatation de l'exécution de ces prestations doit donner lieu à un procès-verbal dressé dans les mêmes conditions que le procès-verbal des opérations préalables à la réception prévu à l'article 41.2 ". Enfin, selon son article 41.6 : " Lorsque la réception est assortie de réserves, le titulaire doit remédier aux imperfections et malfaçons correspondantes dans le délai fixé par le représentant du pouvoir adjudicateur ou, en l'absence d'un tel délai, trois mois avant l'expiration du délai de garantie défini à l'article 44.1 () ".
4. La société requérante fait valoir que les stipulations du CCAP citées au point 2 entrent en contradiction avec l'article 41 " Réception " du CCAG-Travaux, citées au point 3, sur lequel elles prévalent, empêchant la mise en œuvre, dans la cadre du marché en litige, d'une réception sous réserve ou avec réserves. Toutefois, si le point II.2.10 du CCAP déroge aux articles 13.3 et 13.4 du CCAG-Travaux quant à la notification du décompte général, c'est l'article 13.3.2 du CCAG-Travaux qui substitue, dans l'hypothèse de la mise en œuvre de son article 41.5, la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux visés à celle de la notification de la décision de réception des travaux. Toutefois, le point II.2.10 du CCAP ne se substitue pas aux stipulations de l'article 13.3. et 13.4. du CCAG-Travaux dans leur totalité, dès lors qu'il rappelle que les articles 13.3. et 13.4. du CCAG-Travaux sont applicables sous réserve des dérogations et compléments qu'il prévoit. Ainsi, l'article 13.3. du CCAG-Travaux s'applique pleinement au marché en litige, sous réserve des seules stipulations du CCAP qui sont contradictoires et inconciliables. Or, le deuxième alinéa de l'article 13.3.2 du CCAG-Travaux n'est ni contradictoire, ni inconciliable avec les stipulations du point II.2.10 du CCAP. Par suite, les stipulations précitées, qui n'entrent pas en contradiction avec l'article 41 du CCAG-Travaux, n'ont pas pour conséquence l'inapplicabilité de l'article 41.5 du CCAG-Travaux au marché en litige. En outre, alors que la date d'achèvement des travaux ne coïncide pas nécessairement avec celle de leur réception, aucune disposition du CCAP n'interdit le prononcé d'une réception avec réserves, alors, au demeurant, que l'article V.3 du CCAP précise que les opérations préalables à la réception permettent notamment de constater l'éventuelle inexécution des prestations prévues au marché ou les imperfections et malfaçons, et que l'article V.7 du même CCAP prévoit une procédure de " levée des réserves ". Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que les stipulations de l'article 41.5 du CCAG-Travaux n'étaient pas applicables au marché en litige.
5. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la décision de réception du 4 novembre 2019 du marché en litige mentionne une réception prononcée, non seulement " avec réserves ", s'agissant des malfaçons et imperfections énumérées à l'annexe n° 3 du procès-verbal des opérations préalables à la réception du 25 octobre 2019, mais également " sous réserve " de l'exécution concluante des épreuves énumérées à l'annexe n° 1 de ce même procès-verbal, ainsi que de l'exécution des travaux et prestations énumérées à l'annexe n° 2 de ce même procès-verbal, et de l'exécution des travaux et prestations énumérés 1) au procès-verbal du 18 octobre 2019 de la sous-commission départementale pour la sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les ERP et les IGH, 2) au RVRAT établi le 18 octobre 2019 par Qualiconsult, 3) au Rapport de réception technique du 18 octobre 2019 établi par le CSSI.
6. La société NGE Bâtiment fait valoir que les douze réserves énumérées à l'annexe n° 2 ne constituent pas des prestations non exécutées au sens de l'article 41.5 du CCAG-Travaux, mais qu'elles sont soit des épreuves au sens de l'article 41.4 de ce même CCAG, soit des imperfections et des malfaçons au sens de l'article 41.6 de ce même document. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'à la date du 4 novembre 2019, les prestations concernant la réalisation d'une fosse de stockage de 1,50 m x 1,50 m x 2,50ht pour le miroir d'eau, l'installation d'une pompe de relevage, la réalisation de certains revêtements de voirie lourde et légère en enrobé ou pavés granit, l'emmarchement du patio G4, la remise en état des abords de la base vie, et la réalisation de certains regards en pieds de chute n'avaient pas été exécutés. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que l'Institut Mines-Télécom ne pouvait pas prononcer la réception des travaux " sous réserve " en raison de ces travaux et prestations non exécutés, en application de l'article 41.5 du CCAG-Travaux.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article V.3 " Opérations préalables à la réception " du CCAP applicable au marché en litige : " () L'absence du titulaire ne fait pas obstacle aux OPR. () ". Aux termes de l'article 41.3 du CCAG-Travaux : " Au vu du procès-verbal des opérations préalables à la réception et des propositions du maître d'œuvre, le maître de l'ouvrage décide si la réception est ou non prononcée ou si elle est prononcée avec réserves. S'il prononce la réception, il fixe la date qu'il retient pour l'achèvement des travaux. La décision ainsi prise est notifiée au titulaire dans les trente jours suivant la date du procès-verbal.() ".
8. La société requérante fait valoir que son refus de signer le procès-verbal des opérations préalables à la réception et son absence d'engagement à exécuter les travaux réservés en application de l'article 41.5 précité dans un délai de trois mois après la réception font obstacle à l'application de l'article 41.5 du CCAG-Travaux. Toutefois, la réception est l'acte par lequel le maître de l'ouvrage déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserve. En décidant d'une réception sous réserve, le maître d'ouvrage s'est borné à se conformer aux stipulations de cet article qui prescrivent qu'un délai maximal de trois mois soit imparti au titulaire pour réaliser les prestations concernées, et qui subordonnent la levée des réserves émises sur son fondement à la réalisation effective des travaux concernés. Par suite, la société NGE Bâtiment n'est pas fondée à soutenir que, faute de signature du procès-verbal de réception, l'Institut Mines-Télécom ne pouvait pas prononcer la réception des travaux " sous réserve " en application de l'article 41.5 du CCAG-Travaux.
9. En dernier lieu, aux termes de l'article 13.4.2 du CCAG-Travaux : " () Le représentant du pouvoir adjudicateur notifie au titulaire le décompte général à la plus tardive des deux dates ci-après : / - trente jours à compter de la réception par le maître d'œuvre de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ; / - trente jours à compter de la réception par le représentant du pouvoir adjudicateur de la demande de paiement finale transmise par le titulaire ". Aux termes de l'article 13.4.4 du CCAG-Travaux : " Si le représentant du pouvoir adjudicateur ne notifie pas au titulaire le décompte général dans les délais stipulés à l'article 13.4.2, le titulaire notifie au représentant du pouvoir adjudicateur, avec copie au maître d'œuvre, un projet de décompte général signé, composé :/ - du projet de décompte final tel que transmis en application de l'article 13.3.1 ; / - du projet d'état du solde hors révision de prix définitive, établi à partir du projet de décompte final et du dernier projet de décompte mensuel, faisant ressortir les éléments définis à l'article 13.2.1 pour les acomptes mensuels ; / - du projet de récapitulation des acomptes mensuels et du solde hors révision de prix définitive. / Dans un délai de dix jours à compter de la réception de ces documents, le représentant du pouvoir adjudicateur notifie le décompte général au titulaire. Le décompte général et définitif est alors établi dans les conditions fixées à l'article 13.4.3. / Si, dans ce délai de dix jours, le représentant du pouvoir adjudicateur n'a pas notifié au titulaire le décompte général, le projet de décompte général transmis par le titulaire devient le décompte général et définitif. Le délai de paiement du solde, hors révisions de prix définitives, court à compter du lendemain de l'expiration de ce délai. / Le décompte général et définitif lie définitivement les parties, sauf en ce qui concerne les montants des révisions de prix et des intérêts moratoires afférents au solde. Le cas échéant, les révisions de prix sont calculées dans les conditions prévues à l'article 13.4.2. ".
10. Il résulte des stipulations mentionnées aux points 3 et 12 que le point de départ des délais d'établissement du décompte final est la date de notification de la décision de réception des travaux lorsque le maître d'ouvrage entend prononcer la réception en faisant application de l'article 41.6 précité, relatif à la réception avec réserves des travaux, quelle que soit l'importance de ces réserves, et la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux lorsqu'il entend prononcer la réception en faisant application de l'article 41.5 précité, relatif à la réception sous réserves.
11. Toutefois, l'ensemble des opérations auxquelles donne lieu l'exécution d'un marché public est compris dans un compte dont aucun élément ne peut être isolé et dont seul le solde arrêté lors de l'établissement du décompte général et définitif détermine les droits et obligations définitifs des parties. Par ailleurs, la procédure d'établissement du décompte ne peut, en vertu de l'article 13.3.1 précité, démarrer qu'après l'achèvement des travaux. Il en résulte que lorsque la réception a été prononcée, même pour partie seulement, sur le fondement de l'article 41.5, lequel concerne les travaux qui n'ont pas été achevés, le point de départ des délais d'établissement du décompte final est la date du procès-verbal constatant l'exécution des travaux mentionné à l'article 41.5. Avant la date de levée des réserves, le projet de décompte final qui serait adressé par le titulaire au pouvoir adjudicateur doit être regardé comme précocement transmis, en application de l'article 13.3.1, et ne peut faire courir le délai de trente jours prévu à l'article 13.4.2 du CCAG-Travaux.
12. Il ressort des énonciations de la décision de réception des travaux de la société Cardinal B que celle-ci a été prononcée, le 4 novembre 2019, à la fois sous réserve de l'exécution concluante de diverses épreuves et de l'exécution de différents travaux et prestations qui n'avaient pas encore été exécutés à cette date, et avec des réserves pour certains travaux déjà exécutés, mais affectés d'imperfections et de malfaçons. La décision fixe la date du 31 décembre 2019 pour la réalisation de ces différents travaux et prestations.
13. Il est constant qu'aux dates des 14 et 17 février 2020, auxquelles respectivement le maître d'œuvre et le maître d'ouvrage ont réceptionné le projet de décompte final transmis par la société Cardinal B, aucun procès-verbal constatant l'exécution des travaux ayant fait l'objet de réserves en application de l'article 41.5 précité n'avait été établi, les réserves ayant été partiellement levées les 16 juin et 17 novembre 2020. C'est donc de manière prématurée que la société Cardinal B a transmis son projet de décompte final. Par suite, la société NGE Bâtiment n'est pas fondée à soutenir que le projet de décompte final qu'elle avait transmis est devenu le décompte général et définitif du marché en litige. Par suite, ses conclusions visant à la condamnation de l'Institut Mines-Télécom à lui verser diverses sommes au titre du règlement définitif du marché en litige sont irrecevables, et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Institut Mines-Télécom qui n'est pas la partie perdante, le versement de la somme que la société NGE Bâtiment demande au titre des frais d'instance.
15. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société NGE Bâtiment une somme de 1 500 euros à verser à l'Institut Mines-Télécom sur ce même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société NGE Bâtiment est rejetée.
Article 2 : La société NGE Bâtiment versera à l'Institut Mines-Télécom la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société NGE Bâtiment et à l'Institut Mines-Télécom.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme le Roux, présidente,
Mme Madé, première conseillère,
Mme Berland, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.
La rapporteure,
F. A
La présidente,
M.-O. LE ROUXLa greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026