jeudi 6 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2105463 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ZAMOUR & ASSOCIÉS (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 15 mars 2021, 12 mai 2022 et 7 octobre 2022, M. et Mme B A, représentés par le cabinet Zamour et Associés (SELARL), demandent au tribunal dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et cotisations sociales auxquelles ils ont été assujettis pour un montant de 345 585 euros au titre de l'année 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée dès lors que le CD ROM contenant les annexes était défectueux les privant ainsi de la possibilité de présenter leurs observations ;
- l'administration ne pouvait se fonder sur les relevés bancaires personnels et confidentiels de Mme A qui n'ont pas été communiqués à la comptabilité ;
- l'administration a conduit un examen déguisé de leur situation personnelle ;
- la procédure d'imposition méconnaît les droits de la défense.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 11 octobre 2021 et le 30 juin 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 13 mai 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 15 juillet 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique,
- et les observations de Me Zamour, représentant M. et Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er janvier 2015 au 31 décembre 2017 de la SA Vulkan France, dont Mme A exerçait les fonctions de directrice générale opérationnelle, l'administration a remis en cause les avantages consentis à Mme A sans contrepartie et les a considérés comme des distributions occultes imposables à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers sur le fondement des dispositions de l'article 111 c du code général des impôts. Une proposition de rectification en date du 17 décembre 2018 a été adressée à M. et Mme A portant sur des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2015. M. et Mme A demandent au tribunal la décharge de ces impositions mises à leur charge.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales : " A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d'éclaircissements et, d'une manière générale, à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification. ". Aux termes de l'article L. 57 de ce livre : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. / En cas d'application des dispositions du II de l'article L. 47 A, l'administration précise au contribuable la nature des traitements effectués. ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Hormis le cas où elle se réfère à un document qu'elle joint à la proposition de rectification ou à la réponse aux observations du contribuable, l'administration peut satisfaire cette obligation en se bornant à se référer aux motifs retenus dans une proposition de rectification, ou une réponse à ses observations, consécutive à un précédent contrôle et qui lui a été régulièrement notifiée, à la condition qu'elle identifie précisément la proposition ou la réponse en cause et que celle-ci soit elle-même suffisamment motivée.
4. Les requérants soutiennent qu'ils n'ont pas été mis en mesure de formuler des observations utiles à leur défense en raison de la défectuosité du CD-Rom transmis par l'administration en annexe de la proposition de rectification du 17 décembre 2018. Il résulte de l'instruction que par courrier du 25 janvier 2019, en réponse à une demande des requérants, l'administration a transmis à M. et Mme A, un CD-Rom en indiquant que celui-ci comprenait l'ensemble des pièces justificatives de l'année 2015, qu'il était testé et lisible, et en précisant son numéro de série. Pour justifier de la défectuosité du CD-Rom ainsi communiqué, les requérants produisent un constat d'huissier constatant que le CD-Rom présenté par les requérants était vide. L'administration fait valoir que ce constat ne permet pas de vérifier que le CD-Rom examiné est celui transmis par l'administration dès lors que le disque examiné est un disque réinscriptible et que ce constat mentionne un CD vierge alors que les requérants avaient déclaré, dans leur courrier du 11 février 2019 demandant un délai supplémentaire, que le CD-Rom était illisible. Eu égard aux contradictions dans les déclarations des requérants et en l'absence de davantage d'éléments sur le CD-Rom, notamment en l'absence de mention sur le constat d'huissier du numéro de série du CD-Rom examiné par l'huissier, les requérants n'établissent pas la défectuosité du CD-Rom communiqué par l'administration. Il résulte en outre de l'instruction que les requérants ont bénéficié d'un délai de soixante-dix jours pour présenter leurs observations. Au surplus, il n'est pas contesté que la proposition de rectification du 17 décembre 2018, qui reprend des extraits de la proposition de rectification adressée à la société Vulkan du 14 décembre 2018, elle-même suffisamment motivée, contient les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal, la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérées et les années d'imposition concernées. Elle précise également de manière détaillée les sommes contestées par l'administration. Par suite, le moyen tiré de ce que M. et Mme A n'ont pas été mis à même de présenter leurs observations de sorte que le principe général des droits de la défense aurait été méconnu doit être écarté.
5. En deuxième lieu, M. et Mme A soutiennent que les rectifications ont été engagées sur des pièces personnelles obtenues par l'administration de manière illicite. Il résulte toutefois de l'instruction, notamment de la proposition de rectification du 14 décembre 2018 adressée à la société Vulkan, que Mme A a remis à la comptable de la société des relevés de comptes personnels pour la justification de ses dépenses. La plainte du 9 décembre 2020 pour vol de relevés bancaires ne saurait à elle seule démontrer le caractère illicite de ces informations. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les relevés de comptes bancaires ont été obtenus illicitement.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 47 du livre des procédures fiscales : " Un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle d'une personne physique au regard de l'impôt sur le revenu ou une vérification de comptabilité ne peut être engagée sans que le contribuable en ait été informé par l'envoi ou la remise d'un avis de vérification. / Cet avis doit préciser les années soumises à vérification et mentionner expressément, sous peine de nullité de la procédure, que le contribuable a la faculté de se faire assister par un conseil de son choix. / L'avis envoyé ou remis au contribuable avant l'engagement d'un examen contradictoire de la situation fiscale personnelle peut comporter une demande des relevés de compte. / En cas de contrôle inopiné tendant à la constatation matérielle des éléments physiques de l'exploitation ou de l'existence et de l'état des documents comptables, l'avis de vérification de comptabilité est remis au début des opérations de constatations matérielles. L'examen au fond des documents comptables ne peut commencer qu'à l'issue d'un délai raisonnable permettant au contribuable de se faire assister par un conseil ".
7. Il résulte de l'instruction que l'imposition en litige concerne uniquement des dépenses personnelles non exposées dans l'intérêt de l'entreprise réintégrées au résultat de la société Vulkan et regardées comme des revenus distribués à Mme A en application du c de l'article 111 du code général des impôts et non l'examen des comptes financiers de M. et Mme A ni sur leur train de vie ou leur situation patrimoniale. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'imposition est intervenue à l'issue d'un examen contradictoire déguisé de leur situation fiscale personnelle méconnaissant les droits de la défense.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme A doit être rejetée, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme B A, et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Fouassier, président,
Mme Belkacem, première conseillère,
Mme Marchand, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 avril 2023.
La rapporteure,
A. C
Le président,
C. FOUASSIER
La greffière,
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne au ministre délégué chargé des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026