lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2106067 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GUIDET ET ASSOCIE (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique enregistrés le 23 mars 2021 et le 22 octobre 2021, la société Luso Voyages, représentée par Me Guidet, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre de la période allant du 12 mars 2014 au 31 décembre 2016, à hauteur de 11 678 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le rappel doit être réduit au montant de la taxe sur la valeur ajoutée sur la marge, et ne doit pas être calculé en prenant comme assiette le prix total payé par les clients, soit 81 000 euros ;
- les documents produits sont suffisamment lisibles, et il doit être tenu compte de la réalité économique.
Par des mémoires en défense enregistrés le 17 septembre 2021 et le 25 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés en cours d'instance, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Luso Voyages ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 25 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 25 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Luso Voyages, qui exerce une activité d'agence de voyages, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 12 mars 2014, date de sa création, au 31 décembre 2016. L'administration fiscale l'a informée, par une proposition de rectification du 20 octobre 2017, de ce qu'elle envisageait de procéder à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de cette période. Par la présente requête, la société Luso Voyages demande au tribunal la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre de la période allant du 12 mars 2014 au 31 décembre 2016, et des pénalités correspondantes.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 17 septembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris a prononcé un dégrèvement partiel, à hauteur de 675 euros, au titre de l'année 2016. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur de cette somme de 675 euros.
Sur le bien-fondé des impositions :
En ce qui concerne la charge de la preuve :
3. Aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office, la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. " Aux termes de l'article R. 193-1 de ce livre : " Dans le cas prévu à l'article L. 193 le contribuable peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition mise à sa charge en démontrant son caractère exagéré. " En l'espèce, les bases des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à la charge de la société Luso Voyages ont été évaluées selon la procédure de taxation d'office, laquelle a été régulièrement mise en œuvre. Par suite, la société supporte la charge de la preuve du caractère exagéré des impositions qu'elle conteste.
En ce qui concerne les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
4. Aux termes de l'article 259 A du code général des impôts, dans sa version applicable au litige : " Par dérogation à l'article 259, est situé en France le lieu des prestations de services suivantes : () 8° La prestation de services unique d'une agence de voyages lorsqu'elle a en France le siège de son activité économique ou un établissement stable à partir duquel elle a fourni cette prestation. / L'agence de voyages réalise une prestation de services unique lorsqu'elle agit, en son propre nom, à l'égard du client et utilise, pour la réalisation du voyage, des livraisons de biens et des prestations de services d'autres assujettis. " Aux termes de l'article 266, 1, e du même code, dans sa version applicable au litige : " 1. La base d'imposition est constituée : () e. Pour les opérations d'entremise effectuées par les agences de voyages et les organisateurs de circuits touristiques, par la différence entre le prix total payé par le client et le prix effectif facturé à l'agence ou à l'organisateur par les entrepreneurs de transports, les hôteliers, les restaurateurs, les entrepreneurs de spectacles et les autres assujettis qui exécutent matériellement les services utilisés par le client. " Aux termes de l'article 262 bis du même code, dans sa version applicable au litige : " Les prestations de services réalisées par les agences de voyages et les organisateurs de circuits touristiques sont exonérées de la taxe sur la valeur ajoutée pour la partie de ces prestations se rapportant aux services exécutés hors de la Communauté européenne ". Aux termes de l'article 269 du même code : " () 2. La taxe est exigible : () c) Pour les prestations de services (), lors de l'encaissement des acomptes, du prix, de la rémunération ou, sur option du redevable, d'après les débits. () ".
5. Il résulte de l'instruction que le vérificateur a relevé, en page 12 de la proposition de rectification du 20 octobre 2017, que la société Luso Voyages avait effectué des opérations d'entremise, correspondant à l'achat de prestations d'hébergement, de restauration, de transport, et d'activités récréatives, vendues à ses clients, dans le cadre d'une prestation unique et globale, sous la forme d'un produit résultant de la combinaison de ces différentes prestations à ses clients, et qu'elle n'avait pas déclaré de taxe sur la valeur ajoutée sur ces opérations. Sur le fondement des articles 259 A 8°, 262 bis et 266, 1, e du code général des impôts, le service a assujetti une partie de ces opérations à la taxe sur la valeur ajoutée selon le régime de la marge lorsqu'il disposait des éléments nécessaires, a assujetti une autre partie de ces opérations à la taxe sur la valeur ajoutée en prenant comme assiette le montant total des sommes facturées aux clients, et rappelé des droits de taxe sur la valeur ajoutée à hauteur de 34 469 euros au titre de l'ensemble de la période vérifiée.
6. La société requérante soutient que la plupart des factures clients listées dans son tableau joint à sa requête, et faisant apparaître un montant total facturé de 79 114 euros toutes taxes comprises, correspondent à la première ligne du tableau relatif à l'année 2016, intitulé " opérations imposables à la TVA 2016 " et constituant l'annexe III de la proposition de rectification du 20 octobre 2017, qui mentionne quant à lui un montant facturé de 81 000 euros toutes taxes comprises. La société requérante revendique, pour une partie des factures correspondantes, le bénéfice de l'exonération visée à l'article 262 bis du code général des impôts précité, au motif qu'il s'agit de prestations réalisées hors de l'Union européenne.
7. Toutefois, il résulte de l'instruction que la société requérante n'établit pas que les factures clients en cause, listées dans son tableau joint à sa requête, correspondent bien au montant facturé de 81 000 euros toutes taxes comprises ressortant de l'annexe III de la proposition de rectification du 20 octobre 2017. Comme le relève l'administration en défense, l'analyse des factures produites par la société requérante dans le cadre de la présente instance fait apparaître que la plupart, à hauteur d'un montant de 73 548 euros, ne concernent pas l'année 2016, mais l'année 2015. En outre, une partie des factures correspondant à l'année 2015 ont déjà été prises en compte par le service vérificateur pour le calcul de marge au titre de l'année 2015. Dans ces conditions, la société requérante n'établit pas que les factures produites correspondent au montant de 81 000 euros, ainsi qu'elle l'affirme. Elle n'établit pas davantage que ce montant facturé de 81 000 euros correspondrait pour partie à des prestations de services réalisées hors de l'Union européenne, dans la mesure où le service vérificateur, ainsi qu'il l'a expressément précisé dans la proposition de rectification du 20 octobre 2017, n'a fait figurer à l'annexe III de celle-ci que les factures relatives aux prestations de services exécutées dans l'Union européenne. De surcroît, et comme l'administration le souligne également dans ses écritures, plusieurs factures produites présentent de substantielles défaillances au regard des exigences posées par les dispositions de l'article 242 nonies A de l'annexe II au code général des impôts, en particulier des incohérences de numérotation. Dans ces conditions, c'est à bon droit que le service a procédé aux rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés par la proposition de rectification du 20 octobre 2017.
Sur les frais liés au litige :
9. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société Luso Voyages doivent dès lors être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas de lieu de statuer sur les conclusions à fins de décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui ont été notifiés à la société Luso Voyages, à hauteur de 675 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Luso Voyages est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Luso Voyages et à la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
Le rapporteur,
A. A
Le président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026