lundi 24 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2106070 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés le 23 mars 2021 et le 20 mars 2023, Mme A E, représentée par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris a rejeté sa demande indemnitaire préalable formée le 26 décembre 2018 ;
2°) de condamner l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris à lui verser une somme de 115 128 euros au titre des préjudices qu'elle a subis, assortie des intérêts légaux à compter de la date de notification de sa demande indemnitaire préalable ;
3°) de mettre à la charge de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris une somme de 2 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable, dès lors qu'elle n'a reçu que le 27 janvier 2021 la décision du 18 mai 2020 lui refusant le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
- l'administration a commis une faute en manquant de diligence dans l'accomplissement de l'obligation de reclassement qui lui incombait ; aucun reclassement ne lui a été proposé, ce qui l'a privée de la possibilité de bénéficier d'un reclassement et de continuer à percevoir un revenu ;
- en conséquence de la faute commise par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, elle s'est vu réclamer une somme de 14 000 euros par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), correspondant à la pension de retraite qu'elle avait perçue ;
- elle n'a pas perçu de traitement entre le mois d'octobre 2011 et le mois de mars 2015, alors qu'elle aurait pu percevoir un montant cumulé de traitements de 100 128 euros ;
- elle a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, qui doivent être indemnisés à hauteur de 15 000 euros ;
- les pièces produites par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en violation du secret médical doivent être écartées des débats.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 février 2023, l'Assistance Publique -Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté, et, à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 2 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 24 mars 2023.
Par décision du 18 mai 2020, le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de Mme E.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 91-1266 du 19 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Lahary, rapporteur public,
- et les observations de Me Boukheloua, pour Mme E.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, titularisée à compter du 1er juillet 2003 en qualité de technicien de laboratoire au sein de l'hôpital Saint-Antoine, relevant de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, a été placée en position de congé de longue maladie du 26 mars 2006 au 3 juillet 2006 et du 2 janvier 2007 au 23 septembre 2009, puis en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 24 septembre 2009. Par arrêté du 29 septembre 2011, la directrice générale de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a admis Mme E à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2011. Par arrêté du 7 février 2012, la directrice générale de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris a procédé au retrait de l'arrêté précité du 29 septembre 2011 et a maintenu sa décision d'admettre Mme E à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2011. Par un jugement nos 1204210-1205510 en date du 3 juillet 2014, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 7 février 2012 en tant qu'il admet Mme E à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2011, motif pris de ce que l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris n'avait pas invité Mme E à présenter une demande de reclassement avant de placer l'intéressée en retraite d'office pour invalidité. Par la présente requête, Mme E demande au tribunal de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris à lui verser la somme de 115 128 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis et résultant de l'illégalité fautive de cette décision. En présentant devant le tribunal tant des conclusions à fin d'annulation du rejet de sa demande indemnitaire préalable que des conclusions indemnitaires, la requérante doit être regardée comme ayant donné à sa requête un caractère de plein contentieux tendant exclusivement à la condamnation de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa version alors applicable : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. " Aux termes de l'article 38 du décret du 19 décembre 1991 : " Lorsqu'une action en justice doit être intentée avant l'expiration d'un délai devant la juridiction du premier degré, (), l'action est réputée avoir été intentée dans le délai si la demande d'aide juridictionnelle s'y rapportant est adressée au bureau d'aide juridictionnelle avant l'expiration dudit délai et si la demande en justice est introduite dans un nouveau délai de même durée à compter : () c) De la date à laquelle le demandeur à l'aide juridictionnelle ne peut plus contester la décision d'admission ou de rejet de sa demande en application du premier alinéa de l'article 56 et de l'article 160 () ; ". Aux termes de l'article 39 du même décret : " Lorsqu'une demande d'aide juridictionnelle () est adressée au bureau d'aide juridictionnelle () avant l'expiration du délai imparti pour le dépôt du pourvoi ou des mémoires, ce délai est interrompu. Un nouveau délai court à compter du jour de la réception par l'intéressé de la notification de la décision du bureau d'aide juridictionnelle. "
3. En défense, l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête. Elle soutient que la demande indemnitaire préalable formée par Mme E le 26 décembre 2018, réceptionnée le 28 décembre suivant, a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 28 février 2019, qui a fait courir le délai de recours contentieux. Elle soutient que si ce délai de recours contentieux a été interrompu par la demande d'aide juridictionnelle formée par Mme E le 18 avril 2019, cette demande a été rejetée par la décision du 18 mai 2020 rejetant la demande d'aide juridictionnelle de Mme E. Dans la mesure où le délai de recours contentieux, interrompu par la demande d'aide juridictionnelle, recommence à courir le jour où la décision d'admission ou de rejet devient définitive, il y a lieu, en l'espèce, de considérer que le délai de recours contentieux expirait le 12 juin 2020. L'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris en conclut que la requête, ayant été enregistrée le 23 mars 2021, est tardive.
4. Mme E soutient, quant à elle, qu'il n'est pas établi que la décision de rejet de sa demande d'aide juridictionnelle lui ait été notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception envoyée le 22 juin 2020, en l'absence de toute preuve de cet envoi et, notamment, de preuve du retour du pli à l'expéditeur.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a effectivement formé, le 18 avril 2019, une demande d'aide juridictionnelle, au titre de laquelle une attestation de dépôt en date du 28 juin 2019 lui a été remise. Mme E a par la suite adressé au bureau d'aide juridictionnelle une lettre recommandée avec avis de réception en date du 23 décembre 2020, afin de s'enquérir de l'état d'avancement de sa demande. Par courrier en date du 25 janvier 2021, envoyé en lettre recommandée avec avis de réception et reçu par Mme E le 27 janvier suivant, le bureau d'aide juridictionnelle a notifié à l'intéressée la décision en date du 18 mai 2020 rejetant sa demande d'aide juridictionnelle.
6. Il ressort des éléments mentionnés aux points précédents que le délai de recours, opposable à Mme E, à l'encontre de la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire, a été interrompu par la demande de l'intéressée, déposée le 18 avril 2019, et sur laquelle il a été statué par une décision du président du bureau d'aide juridictionnelle du 18 mai 2020. Toutefois, si le courrier du bureau d'aide juridictionnelle en date du 25 janvier 2021 comporte la mention " 1ère notification par LRAR le 22 juin 2020 / AR non retourné par la Poste ", cette seule indication, en l'absence de toute précision quant à la date à laquelle cette décision aurait été effectivement notifiée à Mme E après un éventuel envoi le 22 juin 2020, et en l'absence d'élément de preuve tel qu'un avis de passage, ne permet pas de considérer que la décision de rejet de la demande d'aide juridictionnelle aurait été notifiée avant le 27 janvier 2021. En outre, comme il a été dit au point précédent, Mme E a adressé au bureau d'aide juridictionnelle une lettre recommandée avec avis de réception en date du 23 décembre 2020, afin de s'enquérir de l'état d'avancement de sa demande, démarche qu'elle n'aurait pas eu de raison de faire si une décision de rejet lui avait été notifiée précédemment. Enfin, Mme E conteste formellement, par une attestation sur l'honneur, avoir reçu une quelconque décision du bureau d'aide juridictionnelle avant le courrier du 25 janvier 2021. Dans ces conditions, la présente requête, enregistrée le 23 mars 2021, ne peut pas être regardée comme tardive. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée par l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris doit être écartée.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes de l'article 71 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. "
8. Il résulte de ces dispositions que, lorsqu'un fonctionnaire est reconnu, par suite de l'altération de son état physique, inapte à l'exercice de ses fonctions, il incombe à l'administration de rechercher si le poste occupé par cet agent peut être adapté à son état physique ou, à défaut, de lui proposer une affectation dans un autre emploi de son grade compatible avec son état de santé. Si le poste ne peut être adapté ou si l'agent ne peut être affecté dans un autre emploi de son grade, il incombe à l'administration de l'inviter à présenter une demande de reclassement dans un emploi d'un autre corps. Il n'en va autrement que si l'état de santé du fonctionnaire le rend totalement inapte à l'exercice de toute fonction.
9. Il résulte de ce qui a été exposé au point 1 que le directeur général de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris a commis une faute en admettant Mme E à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2011 sans l'inviter au préalable à formuler une demande de reclassement. Cette faute est susceptible d'engager la responsabilité de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris.
10. En premier lieu, si Mme E soutient, dans son mémoire en réplique, que les documents médicaux produits par l'administration en défense l'ont été en violation du secret médical, la circonstance qu'une pièce aurait été produite en méconnaissance du secret médical ne suffit pas à justifier qu'elle soit écartée des débats. En outre, contrairement à ce qui est allégué par Mme E, la circonstance que, dans le cadre d'une instance contentieuse, l'administration produise des pièces de sa propre initiative, en méconnaissance du secret médical, n'est pas par elle-même de nature à affecter la régularité ou le bien-fondé du jugement rendu à l'issue de cette procédure. En effet, le juge, auquel il incombe, dans la mise en œuvre de ses pouvoirs d'instruction, de veiller au respect des droits des parties, d'assurer l'égalité des armes entre elles et de garantir, selon les modalités propres à chacun d'entre eux, les secrets protégés par la loi, peut régulièrement se fonder sur des pièces produites en méconnaissance du secret médical à la condition que ces dernières aient été soumises au débat contradictoire, ce qui a été le cas en l'espèce. Par suite, la demande présentée par Mme E, à qui il est toujours loisible, si elle s'y croit fondée, de saisir le juge pénal pour violation du secret médical, tendant à ce que les documents médicaux produits par l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris soient écartés des débats de la présente instance doit être rejetée.
11. En second lieu, Mme E soutient que, n'ayant pas été déclarée inapte à toutes fonctions, elle devait bénéficier d'une procédure de reclassement. Comme il a été dit au point 1, par un jugement nos 1204210-1205510 en date du 3 juillet 2014, devenu définitif, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 7 février 2012 en tant qu'il admet Mme E à faire valoir ses droits à une pension de retraite pour invalidité à compter du 1er octobre 2011, motif pris de ce que l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris n'avait pas invité Mme E à présenter une demande de reclassement avant de placer l'intéressée en retraite d'office pour invalidité. Toutefois, il résulte de l'instruction que lors de sa séance du 7 décembre 2010, la commission de réforme hospitalière a expressément constaté que Mme E se trouvait dans " l'incapacité absolue de continuer ses fonctions ", que cette incapacité était " définitive ", et que les infirmités non imputables au service plaçaient, à elles seules, Mme E " dans l'incapacité définitive d'exercer ses fonctions ". La commission de réforme hospitalière s'est prononcée en faveur de la mise à la retraite de Mme E pour invalidité. Il résulte également de l'instruction que le docteur F, médecin expert agréé du service de médecine statutaire de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, a conclu, dans son rapport en date du 21 octobre 2010, à l'inaptitude totale et définitive de Mme E à ses fonctions, précisait expressément que cette inaptitude totale et définitive s'entendait comme " sans possibilité de reclassement ", et évaluait le taux d'invalidité de l'intéressée à 70 %. De même, le docteur D, expert psychiatre agréé du service de médecine statutaire de l'AP-HP, concluait, dans son rapport du 30 septembre 2010, que " Mme E est inapte totalement et définitivement à exercer ses fonctions compte tenu de la pathologie psychiatrique présentée ". Le docteur D indiquait également que Mme E " n'est plus en mesure de reprendre une quelconque activité professionnelle comme technicienne de laboratoire ". Tant le rapport du docteur F que celui du docteur D faisaient référence au courrier du docteur B, psychiatre suivant Mme E, en date du 27 septembre 2010, et indiquant notamment que " Au cours de ses consultations, Mme E reste toujours en détresse morale, () quotidiennement dans un repli total sans contact extérieur pendant des semaines () Son état nécessite une inaptitude pour cause médicale " et que " Mme E doit bénéficier d'une invalidité au taux légal de 80 % ". Le même docteur B indiquait, dans son certificat en date du 17 mai 2010 : " Son état nécessite une inaptitude pour cause médicale suite aux lourdes complications, la reprise semble impossible vu al symptomatologie dépressive très ancrée avec instabilité thymique et troubles importants d'un sommeil perturbé ". Ainsi, il ne résulte pas de l'instruction que Mme E, compte tenu de son état de santé, tel qu'il ressort des documents médicaux précités, ait subi une perte de chance sérieuse de bénéficier d'un reclassement, si l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris avait mené une recherche de reclassement comme il lui incombait de le faire.
12. En troisième lieu, Mme E ne justifie pas avoir subi des troubles dans ses conditions d'existence. Elle n'établit pas davantage le préjudice moral dont elle se prévaut.
13. Il résulte de ce qui précède qu'en l'absence d'un lien direct et certain entre la faute résultant de la décision illégale du 7 février 2012 et les préjudices allégués, Mme E n'est pas fondée à demander la condamnation de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris à l'indemniser des préjudices qu'elle soutient avoir subis du fait de l'illégalité de cette décision.
Sur les frais liés au litige :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme E, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et à l'Assistance Publique -Hôpitaux de Paris
Délibéré après l'audience du 12 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
M. Errera, premier conseiller,
M. Halard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 avril 2023.
Le rapporteur,
A. C
La présidente,
J. EVGÉNAS La greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026