mercredi 21 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2106496 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | MOMMESSIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 mars 2021 et les 6, 8 juillet et 1er septembre 2022, Mme B C, représentée par Me Mommessin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris, a implicitement rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
3°) de condamner l'État à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices résultant de son absence de relogement ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à elle-même d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1.
Elle soutient que :
- la responsabilité de l'État est engagée sur le fondement de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation dès lors qu'elle n'a reçu aucune offre de relogement alors qu'elle a été reconnue prioritaire par une décision de la commission de médiation ;
- elle subit des troubles dans ses conditions d'existence et un préjudice moral du fait de la carence fautive de l'État à la reloger.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 août 2022, le préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris conclut au rejet de la requête à ce que l'indemnisation allouée soit réduite.
Il soutient que Mme C a été relogée le 18 février 2022 et la responsabilité de l'État ne saurait être engagée au-delà de cette date.
La demande d'admission à l'aide juridictionnelle présentée Mme C a été rejetée par une décision du 3 mai 2021.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. La demande d'admission à l'aide juridictionnelle présentée Mme C ayant été rejetée le 3 mai 2021, il n'y a pas lieu d'admettre l'intéressée au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant la demande indemnitaire préalable :
2. La décision contestée a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de Mme C qui, en formulant les conclusions rappelées, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir les sommes qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision contestée doivent être rejetées.
Sur la responsabilité :
3. Aux termes de l'article L. 300-1 du code de la construction et de l'habitation : " Le droit à un logement décent et indépendant () est garanti par l'Etat à toute personne qui () n'est pas en mesure d'y accéder par ses propres moyens ou de s'y maintenir. () ".
4. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, et que le juge administratif a ordonné son logement ou son relogement par l'Etat, en application de l'article L. 441-2-3-1 de ce code, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court à compter de l'expiration du délai de trois ou six mois à compter de la décision de la commission de médiation que les dispositions de l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartissent au préfet pour provoquer une offre de logement.
5. Il résulte de l'instruction que la décision de la commission de médiation du 19 avril 2018 n'a pas été exécutée dans le délai de six mois imparti par le code de la construction et de l'habitation à compter de l'édiction de la décision de la commission. Cette carence est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat à compter du 19 octobre 2018 à l'égard de Mme C.
6. En revanche, il résulte également de l'instruction que Mme C a été relogée le 18 février 2022. Si elle fait valoir que le nouveau logement est insalubre, elle ne l'établit pas par la production, notamment d'un courriel rédigé par ses soins et adressé au bailleur social et d'un certificat médical n'établissant pas l'origine de la pathologie dont souffre son enfant. Dans ces conditions, la responsabilité de l'Etat a pris fin à cette date.
Sur le préjudice :
7. D'une part, les troubles dans les conditions d'existence subis par le demandeur du fait de l'absence de relogement devant être appréciés en fonction notamment du nombre de personnes composant le foyer pendant la période de responsabilité, il y a lieu de tenir compte de la naissance, le 19 janvier 2022 du fils de A C. Il résulte de l'instruction que la requérante élève seule cet enfant. Le foyer de la requérante était donc composé de deux personnes dont un enfant à partir du 19 janvier 2022.
8. D'autre part, il résulte de l'instruction que le motif retenu par la commission de médiation dans sa décision du 19 avril 2018 pour reconnaître le caractère prioritaire et urgent de la demande de logement social de Mme C a persisté jusqu'à son emménagement, pas ses propres moyens, dans un studio d'une résidence sociale le 22 janvier 2020. Jusqu'alors, l'intéressée était hébergée chez des tiers. Par la suite, elle a occupé un logement de 12 m² au sein d'une résidence sociale pour un loyer de 451,50 euros charges comprises, tandis qu'elle percevait une allocation versée par Pôle emploi de 1 020,90 euros. Dans ces conditions l'intéressée est fondée à soutenir que le loyer du logement était disproportionné par rapport à ses moyens financiers. Par ailleurs, la requérante justifie d'une situation d'insécurité au sein de cette résidence et des contraintes liées à la nature de son logement. Enfin, ainsi qu'il a été dit au point 6, a été relogée le 18 février 2022. Ainsi, Mme C a subi, jusqu'à son relogement, des troubles dans ses conditions d'existence lui ouvrant droit à réparation dans les conditions indiquées au point 4. Compte tenu de ces conditions de logement, qui ont perduré du fait de la carence de l'État et de la durée de cette carence, il sera fait une juste appréciation des troubles de toute nature subis par Mme C dans ses conditions d'existence en lui allouant une somme de 1 000 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 080 euros à verser à Mme C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à Mme C une somme de 1 000 euros.
Article 2 : L'État versera à Mme C une somme de 1 080 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête de Mme C sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 202Le magistrat désigné,
A. DLa greffière,
C. Latour
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026