jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2107737 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | DUJONCQUOY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 avril 2021, 24 août 2022 et 23 septembre 2022, la société Focus Corporation, représentée par Me Dujoncquoy, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler le courrier du 6 octobre 2020 et la décision du 17 novembre 2020 par lesquels l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à sa charge une contribution spéciale d'un montant de 36 200 euros ;
2°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et de l'intégration d'annuler le titre de perception émis à son encontre d'un montant de 36 200 euros et de lui rembourser cette somme, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la lettre du 6 octobre 2020 et la décision du 17 novembre 2020 ne sont pas suffisamment motivées ;
- cette absence de motivation méconnaît le principe des droits de la défense ;
- elles sont entachées d'un vice de procédure dans la mesure où le procès-verbal du 25 septembre 2019 ne lui a pas été communiqué avec la lettre du 6 octobre 2020 ou avec la décision du 17 novembre 2020 et elle n'a pas été informée de la possibilité de demander la consultation des pièces au vu desquelles les manquements allégués ont été retenus ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation dans la mesure où les deux salariés concernés sont autorisés à travailler en France en qualité de salariés détachés de la société tunisienne Focus SARL dont elle est la filiale française, conformément aux articles 2 et 5 de la convention en matière de sécurité sociale conclue entre la France et la Tunisie ;
- à titre subsidiaire, l'élément intentionnel de l'infraction d'embauche d'un salarié en situation irrégulière n'est pas caractérisé ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 8241-1et L. 8241-2 du code du travail relatifs au prêt illicite de main d'œuvre dans la mesure où il n'est pas établi qu'un but lucratif était poursuivi ;
- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 8231-1 du code du travail relatif au marchandage dans la mesure où ni la recherche d'un but lucratif ni la preuve d'un préjudice commis au détriment du salarié ne sont établies.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 juin 2021 et 5 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Focus Corporation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sécurité sociale entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République tunisienne signée à Tunis le 26 juin 2003 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code du travail ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dujoncquoy, avocate de la société Focus Corporation.
Considérant ce qui suit :
1. La société Focus Corporation exerce une activité d'ingénierie informatique. Elle est une filiale en France de la société Focus SARL implantée en Tunisie. Le 25 septembre 2019, l'inspection du travail, qui avait été informée du détachement, au sein de la société Focus Corporation, dans le cadre d'une mobilité intragroupe, de deux consultants en informatique de la société tunisienne Focus SARL, a procédé à un contrôle au sein de la société Focus Corporation. A l'issue de ce contrôle, l'inspection du travail a dressé un procès-verbal le 1er septembre 2020 constatant, à l'encontre de la société Focus Corporation, les infractions de travail illégal par le prêt de main d'œuvre illicite à but lucratif hors cadre du travail temporaire, commis à l'égard de ces deux salariés tunisiens, marchandage de main d'œuvre, travail illégal par dissimulation d'emploi salarié et emploi d'étrangers sans titre de travail. Par une lettre du 6 octobre 2020, l'Office français de l'immigration et de l'intégration (l'OFII) a informé la société de son intention de lui appliquer la contribution spéciale pour l'emploi de travailleurs étrangers sans titre de travail et l'a invitée à présenter ses observations. Après avoir reçu les observations présentées pour la société le 23 octobre 2020, l'OFII a mis à sa charge une contribution spéciale d'un montant de 36 200 euros, par une décision du 17 novembre 2020. Le recours gracieux formé par la société Focus Corporation à l'encontre de cette décision a été rejeté par une décision du 10 février 2021. Dans le dernier état de ses écritures, la société Focus Corporation a entendu demander au tribunal d'annuler la lettre du 6 octobre 2020 et la décision du 17 novembre 2020 ainsi que le titre de perception émis pour le recouvrement de la contribution spéciale en cause et de la décharger de la somme mise à sa charge.
Sur le bien-fondé de la sanction :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France. Il est également interdit à toute personne d'engager ou de conserver à son service un étranger dans une catégorie professionnelle, une profession ou une zone géographique autres que celles qui sont mentionnées, le cas échéant, sur le titre prévu au premier alinéa. " Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux. L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. L'Etat est ordonnateur de la contribution spéciale. A ce titre, il liquide et émet le titre de perception. Le comptable public compétent assure le recouvrement de cette contribution comme en matière de créances étrangères à l'impôt et aux domaines ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 8271-17 du code du travail, dans sa rédaction applicable au litige : " Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes et les agents du Conseil national des activités privées de sécurité commissionnés par son directeur et assermentés sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler. Afin de permettre la liquidation de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du présent code (), le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration reçoit des agents mentionnés au premier alinéa du présent article une copie des procès-verbaux relatifs à ces infractions ".
4. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de ces dispositions, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé, le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par les dispositions citées au point 2, ou en décharger l'employeur.
5. En premier lieu, la décision du 17 novembre 2020, qui se réfère aux textes dont elle fait application ainsi qu'au procès-verbal dressé à l'issue du contrôle du 25 septembre 2019 constatant notamment l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 précité du code du travail, précise, en annexe, le nombre et l'identité des salariés non autorisés à travailler ainsi que le mode de calcul de la sanction retenu en l'espèce. Par suite, cette décision, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, est suffisamment motivée. En outre, la société conteste également la " motivation " de la lettre du 6 octobre 2020 par laquelle l'OFII l'a invitée à présenter ses observations sur la sanction envisagée. Toutefois, le courrier litigieux informe la société avec une précision suffisante des griefs formulés à son encontre de sorte qu'elle a été mise en mesure de présenter utilement ses observations. Ces moyens doivent, par suite, en tout état de cause, être écartés.
6. En deuxième lieu, si ni les articles L. 8253-1 et suivants du code du travail, ni l'article L. 8271-17 du même code ne prévoient expressément que le procès-verbal constatant l'infraction aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler en France, et fondant le versement de la contribution spéciale soit communiqué au contrevenant, le respect du principe général des droits de la défense suppose, s'agissant des mesures à caractère de sanction, ainsi d'ailleurs que le précise désormais l'article L. 122-2 du code des relations entre le public et l'administration, entré en vigueur le 1er janvier 2016, que la personne en cause soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et mise à même de demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus. Par suite, l'OFII est tenu d'informer l'intéressé de son droit de demander la communication du procès-verbal d'infraction sur la base duquel ont été établis les manquements qui lui sont reprochés.
7. Contrairement à ce que la société soutient, l'OFII n'était pas tenu de lui transmettre, de sa propre initiative, le procès-verbal constatant l'infraction avec l'envoi de la lettre du 6 octobre 2020. En revanche, il est vrai que cette lettre ne comporte pas l'information relative au droit de la société de demander communication du procès-verbal en cause. Cependant, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie. Or il résulte de l'instruction que, dans sa lettre d'observations du 20 octobre 2020, la société Focus Corporation a dénoncé l'absence de communication du procès-verbal dressé à l'issue du contrôle du 25 septembre 2019. En réponse à ce courrier, l'OFII a transmis le procès-verbal en cause au conseil de la société, par un courrier électronique du 23 octobre 2020, dont il n'est pas contesté qu'il a été reçu par l'intéressé plusieurs jours avant l'intervention de la décision du 17 novembre 2020. Ainsi, il résulte de l'instruction que la société a obtenu la communication du procès-verbal en cause largement avant l'intervention de la sanction litigieuse et qu'elle a été mise en mesure de présenter ses observations à ce titre, sans que le défaut d'information ne l'ait donc privée par lui-même d'une garantie. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 1262-1 du code du travail : " Un employeur établi hors de France peut détacher temporairement des salariés sur le territoire national, à condition qu'il existe un contrat de travail entre cet employeur et le salarié et que leur relation de travail subsiste pendant la période de détachement. Le détachement est réalisé : 1° Soit pour le compte de l'employeur et sous sa direction, dans le cadre d'un contrat conclu entre celui-ci et le destinataire de la prestation établi ou exerçant en France ; 2° Soit entre établissements d'une même entreprise ou entre entreprises d'un même groupe ; 3° Soit pour le compte de l'employeur sans qu'il existe un contrat entre celui-ci et un destinataire ". Aux termes de l'article L.1262-2-1 de ce code : " I.- L'employeur qui détache un ou plusieurs salariés, dans les conditions prévues aux 1° et 2° de l'article L. 1262-1 et à l'article L. 1262-2, adresse une déclaration, préalablement au détachement, à l'inspection du travail du lieu où débute la prestation. () III.- L'accomplissement des obligations mentionnées aux I et II du présent article ne présume pas du caractère régulier du détachement () ".
9. Il résulte de l'instruction qu'à la suite du contrôle effectué par l'inspection du travail le 25 septembre 2019, il a été constaté que le détachement intra-groupe, par la société tunisienne Focus SARL, de deux salariés tunisiens avait été déclaré au sein de la société Focus Corporation mais que ces salariés étaient en réalité, tout au long de leur mission, mis à disposition de deux autres sociétés pour effectuer des prestations facturées par la société Focus Corporation, alors que celle-ci ne disposait pas du pouvoir de direction des salariés détachés qui auraient ainsi dû exercer leurs fonctions en son sein, sous la direction de leur employeur la société Focus SARL. L'inspection du travail a ainsi relevé que les sociétés Focus SARL et Focus Corporation avaient procédé à un " détournement du détachement intra-groupe, lequel n'était qu'un montage juridique frauduleux permettant d'éviter le paiement des cotisations sociales auprès des organismes sociaux français, via la déclaration unique d'embauche auprès de l'URSSAF ". Dès lors, s'il est constant que les deux salariés en cause détenaient effectivement un titre de séjour et de travail en France, il résulte de l'instruction qu'ils occupaient néanmoins un emploi autre que celui pour lequel ils avaient été autorisés à séjourner et à travailler en qualité de " salariés détachés ". Dans ces conditions, l'OFII a pu à bon droit infliger la contribution spéciale à la société Focus Corporation en raison de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail.
10. En quatrième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 8253-1 du code du travail que la contribution spéciale a pour objet de sanctionner les faits d'emploi d'un travailleur étranger démuni de titre l'autorisant à exercer une activité salariée, sans qu'un élément intentionnel soit nécessaire à la caractérisation du manquement. Par suite, la société Focus Corporation ne peut, en tout état de cause, pas utilement invoquer l'absence d'élément intentionnel du manquement qui lui est reproché.
11. En dernier lieu, aucune pièce versée au dossier ne permet de remettre en cause les constatations étayées, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, contenues dans le procès-verbal établi à la suite du contrôle du 25 septembre 2019 s'agissant des faits de prêt illicite de main-d'œuvre et de marchandage au préjudice des salariés concernés. A cet égard, le procès-verbal relève que l'analyse des bulletins de salaire des salariés concernés démontre que l'un d'eux a perçu une rémunération horaire brute très en deçà du SMIC français tandis que l'autre a été rémunéré en deçà des minimas conventionnels garantis par la convention collective applicable à la société Focus Corporation, alors, d'une part, que les déclarations de détachement mentionnaient des salaires bruts largement supérieurs, d'autre part, que les cotisations sociales payées en Tunisie et supportées par la société tunisienne ont été calculées sur la base des salaires tunisiens et, enfin, que la société Focus Corporation a facturé les prestations en cause auprès des sociétés clientes. En outre, l'inspection du travail a relevé que les salariés en cause subissaient un réel préjudice dès lors qu'ils auraient dû percevoir un salaire conforme à la règlementation française en qualité de salariés de la société Focus Corporation et bénéficier des cotisations sociales payées par l'employeur sur la base d'un salaire conforme au minimum conventionnel français. Dans ces conditions, la société requérante n'est, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que l'OFII a commis une erreur d'appréciation en retenant un cumul d'infractions pour fixer le montant de la contribution spéciale.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 17 novembre 2020, de la lettre du 6 octobre 2020 et du titre de perception pris pour le recouvrement de la contribution spéciale litigieuse doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la lettre du 6 octobre 2020 et le titre de perception. Par voie de conséquence, les conclusions aux fins de décharge de la somme mise à la charge de la société et celles présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Focus Corporation est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Focus Corporation et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris et au directeur départemental des finances publiques d'Essonne.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Amat, présidente,
Mme Armoët, première conseillère,
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
N. AMATLa greffière,
P. TARDY-PANIT
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026