jeudi 1 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2108813 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CALLON AVOCAT & CONSEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2021, M. A C, représenté par la SELARL Callon Avocat et Conseil, demande au tribunal :
1°) de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 1 956,82 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 janvier 2021, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de l'enlèvement de son véhicule par les services de fourrière ;
2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le juge administratif est compétent pour connaître du présent litige ;
- la responsabilité pour faute de la Ville de Paris est engagée ;
- il subit un préjudice financier lié aux dommages causés sur son véhicule par l'opération d'enlèvement et de transport à hauteur de 1 456,82 euros ;
- il subit un préjudice financier à hauteur de 500 euros au titre du trouble de jouissance causé par l'impossibilité d'utiliser son véhicule.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 décembre 2021, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- certains dommages constatés sur les parties mécaniques du véhicule du requérant auraient pu être antérieurs à la procédure d'enlèvement ;
- aucun lien de causalité n'est établi entre la mise en fourrière du véhicule et les dommages signalés par le requérant ;
- la signature de la feuille de réclamation par le préposé à la fourrière ne saurait engager la responsabilité de la Ville de Paris ;
- la demande d'indemnisation au titre du trouble de jouissance n'est pas justifiée.
- le préjudice matériel, s'il était établi, ne saurait excéder 906,82 euros.
Par une ordonnance du 8 décembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 10 janvier 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Guglielmetti,
- les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est propriétaire d'un véhicule de la marque Toyota, immatriculé BS-332-CB. Le 2 novembre 2019, son véhicule, qui était stationné sur un emplacement réservé aux véhicules affectés à un service public au 54 rue Aboukir dans le 2e arrondissement de Paris, a été transporté à la préfourrière de Charlety. Lors de la restitution de son véhicule le 3 novembre 2019, M. B C, conducteur du véhicule, a constaté des dommages, le voyant ABS et le voyant du frein à main étant allumés en permanence et le cardan de colonne de direction dysfonctionnant. Le requérant a formé une demande indemnitaire préalable le 12 janvier 2021, implicitement rejetée par la Ville de Paris. Par la présente requête, M. A C demande au tribunal de condamner la Ville de Paris à lui verser la somme de 1 956,82 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'enlèvement de son véhicule.
Sur la responsabilité de la Ville de Paris :
2. Il résulte de la feuille de réclamation établie contradictoirement, que lors de la restitution du véhicule, M. C a signalé que le voyant ABS et le voyant du frein à main étaient allumés en permanence et que le cardan de colonne de direction était désaxé par rapport aux roues alors que la fiche d'enlèvement ne mentionnait aucun dommage. Toutefois, le rapport d'expertise du 30 septembre 2021, que le requérant ne contredit pas, établit que le dysfonctionnement du voyant ABS, constaté lors de la restitution, correspond à une avarie fortuite et qu'aucun autre dommage d'éléments mécaniques ne peut être imputé au panier de levage ayant soulevé le véhicule par l'avant lors de son enlèvement par les services de fourrière. De plus, en se bornant à produire trois devis et factures, dont l'un daté de plus d'un an après la mise en fourrière, portant sur le remplacement du circuit de capteur ABS et du cardan de colonne de direction, le requérant n'apporte aucun élément probant permettant de retenir que les conditions de mise en fourrière du véhicule ont causé les dommages dont il sollicite la réparation. Ainsi, le requérant n'établit pas que les dommages constatés lors de la restitution de son véhicule sont en lien avec l'opération de mise en fourrière de celui-ci. Par suite, en l'absence de lien de causalité direct et certain entre l'opération de mise en fourrière et les dommages constatés sur le véhicule de M. C la responsabilité de la Ville de Paris ne peut être engagée.
3. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée en toutes ses conclusions y compris celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Amat, présidente,
M. Rezard, premier conseiller,
Mme Guglielmetti, conseillère.
Rendu public le 1er juin 2023 par mise à disposition au greffe.
La rapporteure,
S. GUGLIELMETTI
La présidente,
N. AMAT
La greffière,
P. TARDY-PANIT
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026