mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2109032 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête, enregistrée sous le n°2109032 le 27 avril 2021, M. A C, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris lui a demandé de rembourser un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2019 d'un montant de 152,45 euros ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) de mettre à la charge de la CAF de Paris le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 11-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, faute de saisine de la commission de recours amiable de la CAF ;
- elle est entachée d'un vice de forme, faute de mentionner les éléments prévus par l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- les retenues effectuées sur les prestations perçues sont illégales ;
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2021, la CAF de Paris conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
Le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. C par une décision du 30 mars 2021.
II. Par une requête, enregistrée sous le n°2120497 le 27 septembre 2021, M. A C, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la maire de Paris a rejeté le recours formé à l'encontre de la décision du 11 janvier 2021 par laquelle la CAF de Paris lui a demandé de rembourser un indu de RSA d'un montant 10 807, 81 euros correspondant à la période du 1er janvier 2019 au 31 octobre 2020 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme ;
3°) d'enjoindre à la Ville de Paris, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la Ville de Paris le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente, faute de justification d'une délégation de signature ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 11-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, faute de saisine de la commission de recours amiable de la CAF ;
- la décision du 11 janvier 2021 est insuffisamment motivée ;
- les retenues sur les prestations perçues effectuées par la CAF méconnaissent le caractère suspensif du recours garanti par les dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ;
- la décision implicite attaquée a été prise en méconnaissance des droits de la défense ;
- elle a été prise en méconnaissance du droit à l'erreur ;
- en considérant qu'il ne résidait pas en France, la CAF a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juin 2022, la maire de Paris conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
Le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. C par une décision du 11 août 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le décret n° 2019-1323 du 10 décembre 2019 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du revenu de solidarité active et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de la prime forfaitaire pour reprise d'activité et de l'allocation équivalent retraite ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, qui bénéficiait du revenu de solidarité active (RSA) depuis le mois de septembre 2015, s'est vu informer, par, un courrier de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris du 11 janvier 2021, qu'il était apparu au cours d'une enquête qu'il ne résidait pas de façon permanente en France, qu'il n'était donc pas en droit de percevoir le RSA du 1er janvier 2019 au 31 octobre 2020 et qu'il devait donc rembourser une somme de 10 807,81 euros à ce titre. Par la requête n° 2020497, il demande l'annulation de la décision implicite par laquelle la maire de Paris a rejeté le recours qu'il a formé à l'encontre de cette décision.
2. En outre, par une décision du 16 janvier 2021, le directeur de la CAF de Paris lui a demandé de rembourser un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2019 d'un montant de 152,45 euros. M. C demande l'annulation de cette décision dans la requête enregistrée sous le n°2109032.
3. Les requêtes 2020497 et 2109032 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'office du juge :
4. Lorsque le recours dont il est saisi est dirigé contre une décision qui, remettant en cause des paiements déjà effectués, ordonne la récupération d'un indu de revenu de solidarité active ou de prime exceptionnelle de fin d'année, il entre dans l'office du juge administratif d'apprécier, au regard de l'argumentation du requérant, le cas échéant, de celle développée par le défendeur et, enfin, des moyens d'ordre public, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, la régularité comme le bien-fondé de la décision de récupération d'indu. Il lui appartient, s'il y a lieu, d'annuler ou de réformer la décision ainsi attaquée, pour le motif qui lui paraît, compte tenu des éléments qui lui sont soumis, le mieux à même, dans l'exercice de son office, de régler le litige.
5. En cas d'annulation par le juge de la décision ordonnant la récupération de l'indu, il est loisible à l'administration, si elle s'y croit fondée et si, en particulier, aucune règle de prescription n'y fait obstacle, de reprendre régulièrement et dans le respect de l'autorité de la chose jugée, sous le contrôle du juge, une nouvelle décision.
Sur l'indu de RSA :
6. En premier lieu, en l'absence de réponse fournie au recours formé devant la maire de Paris par M. C à l'encontre de la décision du 11 janvier 2021 de la CAF de Paris lui réclamant le remboursement d'un indu de RSA, la décision implicite de rejet née à l'expiration d'un délai de deux mois a nécessairement été prise par la maire de Paris. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte dont serait entachée cette décision manque en fait.
7. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée n'a pas été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, mais fait suite à une enquête réalisée par un agent de la CAF, qui s'est entretenu avec le requérant dans les locaux de la CAF le 27 novembre 2020, et dont les conclusions ont conduit la CAF à estimer que M. C ne résidait pas de façon permanente en France. Dès lors, le moyen tiré du non-respect des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.
8. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que par un courriel du 17 mars 2021, la Ville de Paris a transmis pour avis à la commission de recours amiable le recours formé par M. C à l'encontre de la décision de la CAF du 11 janvier 2021. La commission ne s'étant pas prononcée au terme d'un délai d'un mois, son avis est, en vertu des dispositions de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles, réputé avoir été rendu. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure manque en fait.
9. En quatrième lieu, si M. C soutient que la décision de la CAF du 11 janvier 2021 est insuffisamment motivée, la décision implicite de rejet du recours administratif préalable obligatoire qu'il a formée auprès de la maire de Paris s'est substituée à cette décision. Ce moyen est, par conséquent, inopérant.
10. En cinquième lieu, un allocataire du RSA peut faire valoir ses observations à l'égard d'une décision de récupération d'un paiement indu de RSA en exerçant devant le président du conseil départemental le recours administratif préalable obligatoire, à caractère suspensif, mentionné à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, dans les conditions prévues par les dispositions réglementaires du même code. M. C, qui n'a pas sollicité la communication du rapport établi par un agent de la CAF après avoir rencontré ce dernier et après avoir été informé des suites de ce contrôle, a fait usage de ce droit au recours et a donc été mis en mesure de présenter toutes observations qu'il jugeait utiles. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que la décision de récupération est intervenue en méconnaissance du principe du contradictoire.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et de familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un revenu garanti, a droit au revenu de solidarité active () ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ".
12. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de revenu de solidarité active a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le revenu de solidarité active ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
13. En l'espèce, le directeur de la CAF de Paris a estimé que M. C ne résidait pas de façon permanente en France, au vu du rapport d'enquête établi le 14 décembre 2020 par un agent de la CAF. Ce rapport indique que le requérant n'a aucune activité professionnelle déclarée en France, que la consultation de ses relevés bancaires fait apparaître l'achat de nombreux billets d'avion et que les dates de ces achats, combinées avec les mouvements bancaires opérés sur ce compte via l'application Paypal permettent d'aboutir à la conclusion que l'intéressé était hors de France du 6 juin au 2 octobre 2018, puis du 11 octobre au 28 janvier 2019, du 7 février au 6 mai 2019, du 27 mai 2019 au 9 juillet 2019, du 23 juillet au 27 novembre 2019 puis du 2 décembre 2019 au 21 novembre 2020, soit pendant 201 jours en 2018, 319 jours en 2019 et 325 jours en 2020. Alors que l'adresse que le requérant indique être la sienne en France est celle d'un tiers qui l'héberge à titre gratuit, l'intéressé ne fournit aucun élément de nature à attester qu'il était présent en France aux périodes précisément délimitées par l'administration et se contente de soutenir qu'il vit en France où il " déclare [ses] impôts ", tout en indiquant qu'il a dû se rendre en Russie, à des périodes qu'il ne précise pas, pour venir en aide à sa mère, souffrante, qui y réside. Ainsi, en se fondant sur ces éléments circonstanciés auxquels le requérant n'apporte aucune contradiction utile, pour en déduire que le requérant ne remplissait pas la condition de résidence stable et effective en France et que, par conséquent, eu égard à la durée totale de ses séjours à l'étranger, il n'était en droit de percevoir aucune somme au titre du RSA pour la période en litige, la maire de Paris n'a ni commis d'erreur de droit, ni commis d'erreur d'appréciation.
14. En septième lieu, M. C ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que la décision attaquée ne constitue pas une sanction.
15. En dernier lieu, la circonstance que la CAF aurait procédé à des retenues sans attendre l'expiration des délais de recours administratif et contentieux pour le recouvrement de l'indu de RSA, en dépit du caractère suspensif de ces recours garanti par l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, est sans incidence sur le bien-fondé de l'indu qui est réclamé à M. C.
16. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est fondé à contester ni la régularité, ni le bien-fondé de la décision de récupération de l'indu de RSA d'un montant de 10 807,81 euros. Par suite, les conclusions de la requête n°2120497, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance, doivent être rejetées.
Sur l'indu d'aide exceptionnelle de fin d'année :
17. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
18. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la prime exceptionnelle de fin d'année est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement.
19. En l'espèce, la décision du 16 janvier 2021 indique que le requérant a perçu la prime exceptionnelle de fin d'année en 2019 alors qu'il n'y avait pas droit, mais ne précise pas le motif pour lequel le requérant ne pouvait prétendre à cette prime et ne mentionne pas non plus le décret n°2019-1323 du 10 décembre 2019 prévoyant l'attribution de cette prime. Par suite, M. C est fondé à soutenir que cette décision est insuffisamment motivée. En outre, si la décision du 5 octobre 2021 rejetant expressément le recours gracieux formé par le requérant à l'encontre de la décision du 16 janvier 2021 s'est substituée à la décision implicite de rejet de ce recours, cette décision, dont le requérant ne demande pas l'annulation, n'a pu se substituer, comme le soutient la CAF de Paris, à la décision du 16 janvier 2021, le recours formé par le requérant étant dépourvu de caractère obligatoire. Par conséquent, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision du 16 janvier 2021 lui réclamant le remboursement d'un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour 2019. Il est également fondé à demander la décharge de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros.
Sur les frais liés à l'instance n°2109032 :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Desfarges, sous réserve qu'il renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, la somme de 800 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 janvier 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris a demandé à M. C de rembourser un indu de prime exceptionnelle de fin d'année pour l'année 2019 d'un montant de 152,45 euros est annulée.
Article 2 : M. C est déchargé de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros.
Article 3 : L'Etat versera une somme de 800 euros à Me Desfarges, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Les conclusions de la requête n°2120497 présentée par M. C sont rejetées.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à la Ville de Paris et au ministre de la santé et de la prévention.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La magistrate désignée,
E. B Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2, 2120497/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026