mercredi 25 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2109711 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | ADDA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête initiale et un mémoire complémentaire, enregistrés respectivement le
5 mai 2021 et le 4 novembre 2022, M. B C, représenté par Me Adda, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- la réponse de l'administration fiscale à ses observations formulées le 29 août 2016 et le 3 octobre 2016 ne lui a pas été notifiée le 4 novembre 2016, le service vérificateur ne produit que la réponse adressée à la société ;
- l'administration fiscale a omis de lui communiquer les documents obtenus de tiers suite à sa demande du 29 août 2016 ;
- l'administration fiscale n'apporte pas la preuve qu'il serait maître de l'affaire de la société AD7 Plus ;
- la majoration prévue à l'article 158-7-2 du code général des impôts est entachée d'inconstitutionnalité conformément à la décision n° 2016-610 du 10 février 2017 du Conseil constitutionnel.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL AD7 Plus, qui exerçait une activité de travaux de plomberie, climatisation, chauffage, couverture et de tout corps d'état dans le bâtiment, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité pour la période du 1er janvier 2012 au 31 décembre 2014. Par une proposition de rectification du 28 juillet 2016, le service vérificateur a notifié à la société AD7 Plus des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des années 2013 et 2014 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée. Le jour suivant, par une proposition de rectification du
29 juillet 2016, l'administration fiscale, qui a considéré qu'une somme de 209 006 euros était réputée distribuée à M. B C en sa qualité de maître de l'affaire pour l'année 2014, a tiré les conséquences de la vérification de comptabilité de la société et notifié à M. B C, gérant de droit et associé minoritaire de la société AD7 Plus, des rectifications en matière d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales et des pénalités correspondantes au titre de l'année 2014. Par un jugement du 21 octobre 2016, le tribunal de commerce de Paris a ouvert une procédure de liquidation judiciaire à l'encontre de la société AD7 Plus et désigné Me Valérie Leloup Thomas comme mandataire-liquidateur de ladite société. Par des lettres du 29 août 2016 et du 3 octobre 2016, M. C a présenté des observations contestant le bien-fondé des rectifications mises à sa charge. Enfin, par une réclamation contentieuse du 4 janvier 2018, M. C a maintenu sa contestation des rectifications notifiées en son nom propre, rejetée par l'administration fiscale le 16 mars 2021. Par la présente requête, le requérant demande la décharge, en droits et en pénalités, des impositions supplémentaires mises à sa charge au titre de l'année 2014.
2. Aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. () Lorsque l'administration rejette les observations du contribuable sa réponse doit également être motivée. ". L'exigence de motivation qui s'impose à l'administration dans ses relations avec le contribuable vérifié en application du dernier alinéa de cet article s'apprécie au regard de l'argumentation de celui-ci. En tout état de cause, l'administration n'est tenue de motiver sa réponse aux observations du contribuable que sur les éléments relatifs au bien-fondé des impositions qui lui ont été notifiées. Ainsi, lorsque le contribuable vérifié ne présente pas d'observations concernant un redressement ou que ses observations ne permettent pas d'en critiquer utilement le bien-fondé, dès lors qu'elles se bornent à contester la régularité de la procédure d'imposition, l'absence de réponse de l'administration sur ce point ne le prive pas de la garantie instaurée par l'article L 57 du livre des procédures fiscales. Ce défaut de réponse n'est enfin susceptible de priver le contribuable de la garantie découlant de la possibilité, en cas de persistance du désaccord, de saisir la commission départementale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d'affaires, en application de l'article L 59 du même livre, que lorsque les redressements en cause relèvent de la compétence de cette commission.
3. M. C fait valoir qu'à la suite de ses deux séries d'observations motivées des
29 août 2016 et 3 octobre 2016 le service vérificateur n'a pas répondu à ses observations, comme il y était tenu, en vertu des dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales précitées. D'une part, il ressort de l'instruction que les observations du requérant critiquent utilement le bien-fondé des rectifications mises à sa charge. D'autre part, et ainsi que le soutient le requérant dans son mémoire complémentaire, il ressort également de l'instruction que la réponse aux observations du contribuable dont l'administration fiscale se prévaut, versée aux pièces du dossier, a été uniquement adressée à la société AD7 Plus le 4 novembre 2016, soit envoyée directement à son mandataire liquidateur puisque cette société était placée en liquidation judiciaire, et non personnellement à M. C. Ainsi, l'administration fiscale ne peut être regardée comme ayant répondu aux observations du contribuable et ce défaut de réponse de l'administration a privé le requérant de la garantie instaurée par l'article L. 57 du livre des procédures fiscales. Le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure d'imposition doit dès lors être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. C est fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution exceptionnelle sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014.
D E C I D E:
Article 1er : M. C est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2014.
Article 2 : Le surplus de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur régional des finances publiques d'Ile de France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
M. Baudat, conseiller,
M. Khansari, conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 25 janvier 2023.
Le rapporteur,
J-B A
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, chargé des Comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice, à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026