mercredi 30 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2109801 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET THEMES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mai 2021 et 28 septembre 2021, M. C B, représenté par Me Deffrennes (SCP d'avocats Themes), demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 décembre 2020 par laquelle la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a, d'une part, approuvé après réformation le compte de campagne qu'il a déposé au titre de l'élection municipale des 15 mars et 28 juin 2020 dans la circonscription de Lille, d'autre part, fixé le montant du remboursement dû par l'Etat à la somme de 96 834 euros, en tant qu'elle a retranché la somme de 7 728 euros correspondant à deux factures pour des prestations relatives à la recherche et à la négociation d'un local de campagne, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux du 8 mars 2021 ;
2°) de réformer son compte de campagne en réintégrant la somme totale de 7 728 euros et d'arrêter le montant du remboursement dû par l'Etat au montant de son apport personnel, soit à la somme de 110 057 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- la Commission a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dès lors que les factures en cause, qui correspondent à des dépenses électorales payées pendant la période de financement autorisée, ouvrent droit au remboursement forfaitaire de l'Etat au sens des articles L. 52-4 et L. 52-12 du code électoral ;
- la position de la Commission d'imposer aux candidats de chercher un local de campagne après seulement l'ouverture de la période de financement des campagnes créée une rupture d'égalité entre les candidats.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 10 juin 2021 et 12 octobre 2022, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 septembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 14 octobre 2021 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code électoral ;
- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 3 décembre 2020, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a approuvé après réformation le compte de campagne déposé le 10 juillet 2020 par M. B, candidat tête de liste dans la circonscription de Lille, pour l'élection municipale générale qui s'est déroulée les 15 mars et 28 juin 2020. La Commission a fixé à 96 834 euros le remboursement dû par l'État, après avoir notamment retranché du compte de campagne deux factures d'un montant total de 7 728 euros correspondant à une prestation de recherche et de négociation d'un local de campagne dont elle a estimé que les dépenses en cause avaient été engagées antérieurement à la période électorale. Le recours gracieux formé par M. B contre cette décision a été rejeté par une décision du 8 mars 2021. Par la présente requête, M. B demande l'annulation et la réformation des décisions des 3 décembre 2020 et 8 mars 2021, en tant qu'elles retranchent de son compte de campagne la somme de 7 728 euros.
2. Aux termes de l'article L. 52-15 du code électoral, dans sa rédaction applicable au litige : " La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques approuve et, après procédure contradictoire, rejette ou réforme les comptes de campagne. Elle arrête le montant du remboursement forfaitaire prévu à l'article L. 52-11-1. () ". Aux termes de l'article L. 52-11-1 du même code : " Les dépenses électorales des candidats aux élections auxquelles l'article L. 52-4 est applicable font l'objet d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat égal à 47,5 % de leur plafond de dépenses. Ce remboursement ne peut excéder le montant des dépenses réglées sur l'apport personnel des candidats et retracées dans leur compte de campagne. () ". Les dépenses électorales susceptibles de faire l'objet de ce remboursement sont définies à l'article L. 52-12 du code électoral comme étant l'ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l'élection, hors celles de la campagne officielle, par le candidat ou pour son compte au cours de la période mentionnée à l'article L. 52-4 du même code. L'article L. 52-4 de ce même code dispose que : " Tout candidat à une élection déclare un mandataire conformément aux articles L. 52-5 et L. 52-6 au plus tard à la date à laquelle sa candidature est enregistrée. () Le mandataire recueille, pendant les six mois précédant le premier jour du mois de l'élection et jusqu'à la date du dépôt du compte de campagne du candidat, les fonds destinés au financement de la campagne. Il règle les dépenses engagées en vue de l'élection et antérieures à la date du tour de scrutin où elle a été acquise, à l'exception des dépenses prises en charge par un parti ou groupement politique. Les dépenses antérieures à sa désignation payées directement par le candidat ou à son profit, ou par l'un des membres d'un binôme de candidats ou au profit de ce membre, font l'objet d'un remboursement par le mandataire et figurent dans son compte de dépôt. () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les dépenses pouvant faire l'objet d'un remboursement forfaitaire de la part de l'Etat sont celles engagées par le candidat ou pour son compte pendant les six mois précédant le premier jour du mois de l'élection, dont la finalité est l'obtention des suffrages des électeurs. En application du 3° du XII de l'article 19 de la loi du 23 mars 2020 d'urgence pour faire face à l'épidémie de covid-19, cette période court, pour l'élection municipale en cause, à compter du 1er septembre 2019.
4. Il résulte de l'instruction que M. B a mandaté deux agences immobilières, les sociétés Immo Réseau et VDH Nord-immobilier, en vue de rechercher et de négocier la location d'un local de campagne. Il a ainsi conclu, le 24 juillet 2019, un bail locatif dérogatoire pour un local situé à Lille. Ce contrat prévoit la mise à disposition du bien à compter du 1er septembre 2019. Il fixe également le montant des honoraires de négociation du bail dus par M. B aux agences Immo Réseau et VDH Nord-immobilier à la somme globale de 7 728 euros toutes taxes comprises, se répartissant par moitié entre les deux agences. Le montant de ces honoraires a fait l'objet de deux factures d'un montant de 3 864 euros chacune, datées du 2 juillet 2019 s'agissant des honoraires dus à la société Immo Réseau et du 1er septembre 2019, s'agissant des honoraires dus à la société VDH Nord-immobilier. S'il est constant que M. B a formellement payé ces deux factures postérieurement au 1er septembre 2019, il résulte néanmoins de l'instruction que la prestation, objet des factures, a été effectuée avant l'ouverture de la période définie par l'article L. 52-4 du code électoral. De même, la dépense correspondante, qui était exigible du candidat en vertu du contrat de bail conclu dès le 24 juillet 2019, a été engagée avant l'ouverture de cette même période au sens de l'article
L. 52-12 du code électoral. Par suite, c'est à bon droit que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a retranché du compte de campagne de M. B la somme de 7 728 euros correspondante. Enfin, la Commission, qui s'est bornée à faire application des dispositions citées au point 2 du présent jugement qui s'appliquaient à tous les candidats à l'élection en cause, n'a pas méconnu le principe d'égalité du seul fait qu'en raison de situations individuelles et politiques propres à chaque candidat, certains bénéficiaient, dès l'ouverture de la période électorale, d'un local de campagne tandis que d'autres, comme M. B, devaient entreprendre des démarches pour en trouver un.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et de réformation de la requête doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques.
Délibéré après l'audience du 17 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Amat, présidente,
Mme Armoët, première conseillère,
Mme Nguyen, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.
La rapporteure,
E. A
La présidente,
N. AmatLa greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026