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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2109882

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2109882

mardi 23 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2109882
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation4e Section - 1re Chambre
Avocat requérantCABINET RODAS, DEL RIO (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 mai 2021, 8 décembre 2021, 9 mai 2022 et 29 juillet 2022, la Ville de Paris, représentée par Me Falala, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner les sociétés Léon Grosse, Essonne Aménagement, Atelier Jean-François Schmit Architectes et SMAC à lui verser une somme de 873 506,83 euros toutes taxes comprises (TTC), assortie des intérêts moratoires et de la capitalisation de ces intérêts, en réparation du préjudice résultant des désordres constatés sur l'ensemble immobilier du 5 rue de Cambrai à Paris (19ème arrondissement) ;

2°) de mettre hors de cause les sociétés Generali Iard, Areas, SMABTP et MAAF en leur qualité d'assureurs, ainsi que les sociétés Air Climo, Bangui, Paris-Charpente et Edeis en leur qualité de sous-traitantes.

Elle soutient que :

- les travaux de construction de bâtiments municipaux au 5 rue de Cambrai à Paris sont la cause de désordres structurels, tels que des problèmes de température, des infiltrations dans les locaux du sous-sol, de mauvaises odeurs, des fissurations, un ascenseur hors service ;

- l'inconfort thermique a nécessité des travaux de reprise et de finition qui doivent être estimés à la somme de 41 610,84 euros hors taxes (HT), soit 9 000 euros de plus que la somme proposée par l'expert, qui n'a pas pris en compte les finitions ; la faute est imputable à 70% à la société Léon Grosse et à 30% à la société Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- les infiltrations des eaux dans l'ascenseur de charge nécessitent la reprise de l'étanchéité sur 160 m2 au droit de la rampe et de l'espace de stockage extérieur, ce qui représente des travaux d'un montant de 96 410,72 euros HT, les seuls travaux de mise à niveau du sol et du seuil de cabine proposés par l'expert pour un montant actualisé à 47 003,52 euros HT n'étant pas suffisants ; la faute est imputable à 45% à la société Léon Grosse et à 55% à la société Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- les infiltrations dans les entrepôts du sous-sol de la direction des espaces verts et de l'environnement (DEVE) nécessitent des travaux de reprise d'un montant de 66 756,20 euros HT, au-delà de la seule somme de 35 639,50 euros retenue par l'expert, qui a mal apprécié les spécifications du cahier des clauses techniques particulières (CCTP) ; la faute est imputable à 35% à la société Léon Grosse et à 65% à la société d'économie mixte (SEM) Essonne Aménagement en qualité de maître d'ouvrage de la Ville de Paris ;

- l'isolation thermique doit être reprise sur les quatre faces du bâtiment et non seulement sur trois de ces faces comme le soutiennent l'expert et la société SMAC ; ces travaux ainsi que ceux de calfeutrement représentent une somme de 127 615,20 euros HT, au-delà de la somme de 81 859,91 euros HT retenue par l'expert ; la faute est imputable à 90% à la société Léon Grosse et à 10 % à Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- le défaut de ventilation à l'origine de mauvaises odeurs justifie des travaux de mise en conformité totale de la ventilation mécanique contrôlée (VMC) pour un montant de 165 650,98 euros HT, tandis que l'expert, arguant que l'un des deux devis produits n'avait pu être établi contradictoirement, s'est borné à retenir la somme de 1 479,98 euros HT ; la faute est imputable à 100% à la société Léon Grosse ;

- les fissures des joints de dilation sont plus importantes que ce qu'estime l'expert ; non seulement elles nécessitent les travaux d'habillage proposés par l'expert pour un montant de 13 520 euros HT, mais encore des travaux de renforcement structurel devront être entrepris ; en outre, la mission du géomètre représente un coût de 10 475,62 euros HT et non 7 955,30 euros HT comme retenu dans le rapport final d'expertise ; la faute est imputable à 100% à la société Léon Grosse ;

- les travaux de remplacement partiel des sols souples gondolés par les infiltrations doivent également inclure un ragréage préalable que l'expert n'a pas pris en compte, ce qui représente une somme totale de 10 500 euros HT et non 1 948 euros HT ; la faute est imputable à 100% à la société Léon Grosse ;

- l'évaluation du préjudice proposée par l'expert concernant l'absence de trappes de visite dans les locaux de la DEVE, estimé à 5 942 euros HT, est juste ; la faute est imputable à 70% à la société Léon Grosse et à 30% à la société Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- l'évaluation du préjudice proposée par l'expert concernant le dysfonctionnement de la trappe de désenfumage dans l'entrepôt du sous-sol de la DEVE, estimé à 42 940,66 euros HT, est juste ; la faute est imputable à 85% à la société Léon Grosse et à 15% à l'Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- l'évaluation du préjudice proposée par l'expert concernant la rupture du coffrage et l'effritement de la poutre, estimé à 1 500 euros HT, est juste ; la faute est imputable à 100% à la société Léon Grosse ;

- l'évaluation du préjudice proposée par l'expert concernant la fissure du mur extérieur du bâtiment de la section de l'énergie et du génie climatique (STEGC) au droit du trottoir, estimé à 20 646,60 euros HT, est juste ; la faute est imputable à 100% à la société Léon Grosse ;

- les évaluations du préjudice proposées par l'expert concernant le carottage de l'allée devant l'ascenseur de charge, estimé à 737,78 euros HT et la nacelle d'investigation de la liaison toiture-mur, estimé à 1 869,38 euros HT, sont justes ; la responsabilité du dommage incombe à 85,42% à la société Léon Grosse et 14,58% à l'Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- les honoraires d'expertise, de maîtrise d'œuvre s'élèvent à 65 890 euros HT, et non 40 410 euros HT comme le retient l'expert, qui n'a pas pris en compte les devis de maîtrise d'œuvre ; la responsabilité en incombe à 85,42% à la société Léon Grosse et 14,58% à l'Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- les frais de chantier, qu'ont représenté la location, l'installation, le raccordement et la dépose de quatre bungalows pour héberger temporairement les services municipaux, s'élèvent à 53 000 euros HT, bien que l'expert n'ait pas pris en compte ce devis transmis tardivement ; la responsabilité en incombe à 85,42% à la société Léon Grosse et 14,58% à l'Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- les frais et honoraires d'expertise, dont elle est fondée à demander le remboursement, s'élèvent à 70 156,26 euros toutes taxes comprises (TTC) ; la responsabilité en incombe à 85,42% à la société Léon Grosse et 14,58% à l'Atelier Jean-François Schmit Architectes ;

- les demandes initiales formées par elle à l'encontre des sociétés Generali Iard, Areas, SMABTP et MAAF en leur qualité d'assureurs, ainsi que les sociétés Air Climo, Bangui, Paris-Charpente et Edeis en leur qualité de sous-traitantes sont irrecevables devant le présent tribunal.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 octobre, 8 et 12 novembre 2021, la société Entreprise générale Léon Grosse, représentée par Me Rodas, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, au rejet de la requête ;

2°) à titre subsidiaire, à condamner solidairement les sociétés Air Climo, Edeis, SMAC, Bangui et Atelier Jean-François Schmit Architectes à la garantir intégralement de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre :

3°) en toute hypothèse, à débouter toute demande des parties tendant à ce qu'elle soit appelée en garantie ;

4°) à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 7 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les demandes de la Ville de Paris concernant les travaux de reprise liés à l'inconfort thermique sont irrecevables, n'étant pas fondées sur l'article L. 1792-6 du code civil relatif à la garantie de parfait achèvement ;

- le tribunal est compétent pour statuer sur sa demande d'appel en garantie des sociétés Air Climo et Edeis ;

- les demandes de la Ville de Paris concernant l'inconfort thermique sont irrecevables à défaut d'avoir fait l'objet de réserves ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 32 610,84 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- il en va de même s'agissant des infiltrations des eaux dans l'ascenseur, qui n'ont pas donné lieu à des réserves de la Ville de Paris ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée à la Ville de PARIS s'élève à la somme de 47 003,52 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- il en va de même s'agissant des infiltrations dans les entrepôts du sous-sol de la DEVE ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 35 630,50 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- il en va de même s'agissant des problèmes d'isolation et de calfeutrement ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 81 859,91 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- les mauvaises odeurs résultant d'un défaut de ventilation ne sont imputables qu'à la maîtrise d'ouvrage ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 1 479,98 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- l'indemnisation des fissures ne peut être recherchée sur le fondement de la garantie décennale, le préjudice est seulement d'ordre esthétique ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 7 900 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- il en va de même s'agissant des sols souples gondolés ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 1 948 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- l'absence de trappes de visite dans les locaux de la DEVE n'a donné lieu à aucune réserve ;

- sa responsabilité ne peut être engagée en ce qui concerne le dysfonctionnement de la trappe de désenfumage, n'ayant ni participé à sa conception ni à sa réalisation ;

- le coffrage dans la salle de détente du STEGC a été réalisé à titre commercial dans le cadre des opérations d'expertise confiées à Mme C ;

- la fissuration du mur extérieur au droit du trottoir ne porte atteinte ni à la solidité ni à la destination de l'ouvrage, et relève de la seule responsabilité contractuelle de l'entreprise, laquelle ne peut plus être recherchée après réception ; au demeurant, l'indemnité susceptible d'être allouée pour ce poste à la Ville de Paris s'élève à la somme de 5 325 euros HT, conformément aux dires de l'expert judiciaire ;

- l'indemnisation des frais de chantier ainsi que des frais et honoraires d'expertise ne saurait aller au-delà des conclusions de l'expert judiciaire.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2021, la SEM Essonne Aménagement, représentée par Me Floquet, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à ce que l'indemnisation versée à la Ville de Paris soit limitée au montant retenu par l'expert judiciaire et en toute hypothèse à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les conclusions dirigées contre elle sont irrecevables ; sa responsabilité extracontractuelle ne peut être recherchée dès lors qu'elle n'a pas la qualité de constructeur ;

- l'action de la Ville de Paris est prescrite en ce qui concerne sa responsabilité contractuelle ;

- aucun manquement de la maîtrise d'ouvrage déléguée n'est établi ;

- aucun lien causal entre la mission exercée par elle et les désordres constatés n'a été établi par l'expert judiciaire.

Par des mémoires en défense enregistrés les 9 août 2021 et 5 avril 2022, les sociétés Atelier Jean-François Schmit Architectes et BTP Consultants, représentées par Me Malarde, concluent :

1°) à titre principal, à rejeter les demandes formées à leur encontre par la Ville de Paris et toutes autres parties et à leur mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, à ce qu'elles ne soient condamnées à la réparation d'aucun préjudice ; à défaut, à ce que les condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre soient limitées aux sommes strictement avalisées par l'expertise judiciaire ; dans ce cas, à condamner solidairement les sociétés Air Climo, Léon Grosse, Edeis, SMAC, Bangui et la Ville de Paris à les garantir intégralement de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à leur encontre ;

3°) en toute hypothèse, à débouter toute demande des parties tendant à ce qu'elles soient appelées en garantie ;

4°) à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) à ce que la Ville de Paris soit condamnée aux entiers dépens.

Elles soutiennent que :

- la société BTP Consultants doit être mise hors de cause, aucune demande n'étant formée à son encontre ;

- la société Atelier Jean-François Schmit Architectes doit être mise hors de cause ou à tout le moins ne doit faire l'objet d'aucune condamnation, sa responsabilité en qualité de maître d'œuvre n'étant engagée dans aucun des désordres constatés ;

- la Ville de Paris n'est pas fondée à demander le paiement de sommes au-delà du montant retenu par l'expert dans son rapport final.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SAS SMAC, représentée par Me Miré, conclut à sa mise hors de cause, au rejet de la requête, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et à condamner toute partie perdante aux entiers dépens.

Elle soutient que :

- aucune procédure n'a été régulièrement engagée à son encontre, la requête ne lui ayant pas été notifiée à l'adresse de son siège ;

- le présent tribunal est incompétent pour connaître de litiges relevant du contrat de sous-traitance de droit privé qui la liait à la société Léon Grosse.

Par des mémoires enregistrés les 10 août, 1er et 14 décembre 2021, la société Areas, en qualité d'assureur de la société France 2000 et représentée par Me Karila, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que l'indemnisation versée à la Ville de Paris soit limitée au montant retenu par l'expert judiciaire et rejeter toutes demandes de condamnation in solidum formées à son encontre ;

3°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris la somme de 7 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le présent tribunal est incompétent pour statuer sur la garantie d'assurance des sous-traitants ;

- elle n'était pas assureur de la société France 2000 au moment de la réclamation ;

- la garantie " travaux exécutés en qualité de sous-traitant " ne couvre pas la responsabilité délictuelle dudit sous-traitant à l'égard du maitre d'ouvrage ;

- l'indemnisation accordée à la Ville de Paris ne saurait être supérieure à celle débattue contradictoirement et retenue par l'expert aux termes de son rapport d'expertise judiciaire.

Par un mémoire enregistré le 17 août 2021, la société anonyme (SA) Maaf Assurances, en qualité d'assureur de la société BHB et représentée par Me Frenkian, conclut :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'action est prescrite ;

- aucune demande n'est formée contre la société BHB.

Par des mémoires enregistrés les 23 août 2021 et 15 mars 2022, la société Générali Iard, en qualité d'assureur de la société SPIE Fondations et représentée par Me Rudermann, conclut :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause et au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le présent tribunal est incompétent pour statuer sur la garantie d'assurance des sous-traitants ; la Ville de Paris l'admet d'ailleurs en réplique ;

- aucune demande n'est formée contre la société SPIE Fondations.

Par un mémoire enregistré le 4 octobre 2021, la SA Lloyd's France, en qualité d'assureur de la société à responsabilité limitée (SARL) BLM Ingénierie et représentée par Me Martin, conclut :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le présent tribunal est incompétent pour statuer sur la garantie d'assurance des sous-traitants ;

- aucune demande n'est formée contre la société BLM Ingénierie.

Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2021, la société Koné, représentée par Me Pareydt, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de la Ville de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'aucun préjudice ne lui est imputable.

Par un mémoire enregistré le 8 octobre 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Bangui, et la SAS Paris Charpente, représentées par Me Casanova, concluent :

1°) à titre principal, à leur mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, à ce que les condamnations susceptibles d'être prononcées à leur encontre soient limitées aux sommes strictement avalisées par l'expertise judiciaire ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, à condamner la société Léon Grosse à les garantir intégralement de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à leur encontre ;

4°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- le présent tribunal est incompétent pour connaître de litiges relevant de contrats de sous-traitance de droit privé ;

- l'action de la Ville de Paris est irrecevable car prescrite ;

- aucune demande n'est formée à l'encontre de la société Paris Charpente ;

- la part de responsabilité pouvant être retenue à l'encontre de la société Bangui ne saurait excéder celle proposée par l'expert ; le chiffrage des travaux de réfection des désordres relatifs aux sols souples doit être celui avalisé par l'expert, d'un montant de 1 948 euros HT ;

- les sommes demandées au titre des frais d'honoraires et d'expertise doivent être limitées à celles retenues par l'expert.

Par des mémoires enregistrés les 9 octobre et 10 décembre 2021, la société Edeis, venant aux droits de la société en nom collectif (SNC) Lavalin et représentée par Me Megherbi, conclut :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à titre très subsidiaire, à ce que les condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre soient limitées aux sommes strictement avalisées par l'expertise judiciaire ;

4°) à titre infiniment subsidiaire, à condamner les sociétés Air Climo, Léon Grosse, SMAC, Atelier Jean-François Schmit, la société Koné, la société Bangui et la Ville de Paris à la garantir intégralement de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;

5°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le présent tribunal est incompétent pour connaître de litiges relevant de contrats de sous-traitance de droit privé ;

- l'action de la Ville de Paris est prescrite ;

- ses demandes sont irrecevables ; la Ville ne justifie pas avoir contesté le décompte de la maitrise d'œuvre ;

- aucun préjudice ne lui est imputable ;

- elle ne saurait condamnée au-delà de la proportion retenue par l'expert soit à hauteur hors frais annexes de la somme de 37 724, 31 euros.

Par des mémoires enregistrés les 10 octobre, 9 et 30 novembre 2021, 6 avril et 28 juin 2022, la société SMABTP, en qualité d'assureur des sociétés Denost, SMAC, France 2000, Verralu et Eurogypse, représentée par Me Brosset, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à titre infiniment subsidiaire, en cas de condamnation de la société SMAC, à ce qu'il soit constaté que la franchise de la SMABTP est opposable aux tiers et s'élève à 110 000 euros,

4°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le présent tribunal est incompétent pour statuer sur la garantie d'assurance des sous-traitants ; la Ville de Paris l'admet en réplique ;

- aucune demande n'est formée contre les sociétés Denost, France 2000, Verralu et Eurogypse ;

- la société SMAC n'a commis aucune faute ; elle ne saurait être condamnée au-delà de la somme proposée par l'expert judiciaire, soit 65 487,93 euros HT.

Par des mémoires enregistrés les 13 décembre 2021 et 12 mai 2022, la société Air Climo, représentée par Me Lagrenade, conclut, dans le dernier état de ses écritures :

1°) à titre principal, à sa mise hors de cause ;

2°) à titre subsidiaire, au rejet de la requête ;

3°) à titre très subsidiaire, à ce que les condamnations susceptibles d'être prononcées à son encontre soient limitées aux sommes strictement avalisées par l'expertise judiciaire ;

4°) à titre infiniment subsidiaire, à condamner les sociétés Léon Grosse, Edeis et Atelier Jean-François Schmit Architectes à la garantir intégralement de toutes condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre ;

5°) en toute hypothèse, à ce qu'il soit mis à la charge de la Ville de Paris et des sociétés Léon Grosse, Atelier Jean-François Schmit Architectes une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le présent tribunal est incompétent pour connaître de litiges relevant de contrats de sous-traitance de droit privé ;

- la part de responsabilité et le montant de la condamnation pouvant être retenus à son encontre ne sauraient excéder celles proposées par l'expert.

Par une ordonnance du 1er août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 22 août 2022.

Par une ordonnance n°1318486/ 11-5 en date du 3 mars 2014, le juge des référés auprès du tribunal administratif de Paris, a ordonné une expertise et l'a confiée à M. B A. Cette expertise a été étendue par des ordonnances n°1409595/ 11-5 du 28 avril 2015, n°1610188/ 11-5 et n°1610197/11-5 des 4 octobre et 6 décembre 2016.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la commande publique ;

- le code de commerce ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Perrot,

- les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique,

- et les observations de Me Falala, représentant la Ville de Paris, de Me Floquet, représentant la SEM Essonne Aménagement, de Me Rodas, pour l'Entreprise Léon Grosse, de Me Berthelot, représentant la société Areas, de Me Chirez, représentant la MAAF Assurances, de Me Harrosch, représentant la société Generali Assurances et de Me Techer, représentant la société SMABTP.

Considérant ce qui suit :

1. La Ville de Paris a délégué à la société d'économie mixte (SEM) Essonne Aménagement la maîtrise d'ouvrage en vue de la construction d'une école maternelle de 7 classes et de locaux pour le relogement de services municipaux au 5 rue de Cambrai à Paris (19ème arrondissement) par mandat n°04/25-572 notifié et accepté le 25 novembre 2004. La maîtrise d'œuvre de cette opération a été attribuée par la société Essonne Aménagement, par acte d'engagement notifié le 21 décembre 2004, à l'Atelier Jean-François Schmit Architectes, qui a par ailleurs conclu un contrat de sous-traitance avec la société en nom collectif (SNC) Lavalin, aux droits de laquelle vient la société Edeis. Le contrôle technique de l'opération a été confié à la société BTP Consultants, par marché notifié le 28 juin 2005. Le marché de travaux a été attribué à la société anonyme à directoire Entreprise générale Léon Grosse, par marché notifié le 16 août 2007, laquelle entreprise a fait appel à plusieurs sous-traitants, dont les sociétés Air Climo, Bangui, Paris-Charpente, Koné et SMAC. Les travaux ont été réceptionnés avec effet au 17 mai 2010, toutes réserves émises ayant été levées. Après réception de l'ouvrage, les bâtiments municipaux de la direction des espaces verts et de l'environnement (DEVE) et du service technique de l'énergie et du génie climatique (STEGC) ont été affectés par des désordres, tels que des problèmes de température, des infiltrations dans les locaux du sous-sol, de mauvaises odeurs, des fissurations, un ascenseur hors service. Par une ordonnance n°1318486/ 11-5 en date du 3 mars 2014, le juge des référés auprès du tribunal administratif de Paris, a ordonné une expertise de ces désordres et l'a confiée à M. B A. Par des ordonnances n°1409595/ 11-5 du 28 avril 2015 rectifiée le 19 mai 2015, n°1610188/11-5 et n°1610197/11-5 des 4 octobre et 6 décembre 2016, la mission initialement prescrite a été étendue. L'expert judiciaire a rendu son rapport final le 29 juin 2018. Par la présente requête, introduite le 6 mai 2021, la Ville de Paris demande, sur le fondement des principes issus de l'article 1792 du code civil, à être indemnisée de ses dommages à hauteur de 873 506, 83 euros toutes taxes comprises (TTC).

Sur la compétence du tribunal :

2. Il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des actions tendant au paiement des sommes dues par un assureur au titre de ses obligations de droit privé, alors même que l'appréciation de la responsabilité de son assuré dans la réalisation du fait dommageable relèverait de la juridiction administrative.

3. Il résulte de ce qui a été dit au point 2 que, en tout état de cause, toutes conclusions dirigées par les parties contre les sociétés Areas, MAAF Assurances, Generali Iard, Lloyd's France et SMABTP, prises en leur qualité d'assureurs des sociétés France 2000, BHB, SPIE Fondations, BLM Ingénierie, Denost, SMAC, Verralu et Eurogypse, sous-traitantes de la société Entreprise générale Léon Grosse, sont, ainsi que l'admet la Ville de Paris dans ses mémoires du 8 décembre 2021 et 9 mai 2022, portées devant le juge administratif incompétent pour en connaitre et comme telles irrecevables.

Sur les demandes de mise hors de cause :

4. Par des mémoires enregistrés les 9 août 2021 et 5 avril 2022 d'une part, le 8 octobre 2021 d'autre part, les sociétés BTP Consultants et Paris-Charpente demandent leur mise hors de cause, aucune conclusion n'étant présentée contre elles. Par suite, ainsi que l'admet la Ville de Paris dans son mémoire du 8 décembre 2021, il y a lieu de faire droit à leurs conclusions tendant à leur mise hors de cause dans la présente instance.

5. Par des mémoires enregistrés respectivement le 8 octobre 2021, les 13 décembre 2021 et 12 mai 2022, les 9 octobre et 10 décembre 2021, les sociétés Koné, Bangui, Air Climo et Edeis, venant aux droits de la SNC Lavalin, demandent leur mise hors de cause. Elles font valoir qu'il n'appartient qu'aux juridictions de l'ordre judiciaire de connaître des litiges résultant de l'exécution d'un contrat de droit privé, tel celui qui les lie, chacune pour ce qui la concerne, avec l'un des cocontractants de la Ville de Paris pour la réalisation des travaux à l'origine du litige. Toutefois, si, par des mémoires des 8 décembre 2021 et 29 juillet 2022, la Ville de Paris demande également leur mise hors de cause pour le même motif, au demeurant erroné dès lors qu'aucun lien contractuel ne liait la personne publique à ces sociétés, il résulte de l'instruction que l'Atelier Jean-François Schmit, Edeis et l'Entreprise générale Léon Grosse forment notamment à l'encontre des sous-traitants des autres parties des demandes d'appel en garantie, dès lors que, dans le cadre d'un litige né de l'exécution de travaux publics, le titulaire du marché peut rechercher devant la juridiction administrative la responsabilité quasi-délictuelle des autres participants à la même opération de construction avec lesquels il n'est lié par aucun contrat. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu de faire droit à leurs conclusions tendant à leur mise hors de cause dans la présente instance. En revanche, il y a lieu de prendre acte du désistement par la Ville de Paris des conclusions initialement dirigées à leur encontre.

6. Par des mémoires enregistrés respectivement les 9 août 2021, 5 avril 2022 et 7 mars 2022, les sociétés Atelier Jean-François Schmit Architectes et SMAC demandent leur mise hors de cause. Toutefois, d'une part, ces sociétés ont la qualité de constructeur au sens de l'article 1792-1 du code civil et, d'autre part, la Ville de Paris maintient les conclusions dirigées contre elles sur le fondement des principes issus de l'article 1792 du code civil. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à leurs conclusions tendant à leur mise hors de cause dans la présente instance.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la SEM Essonne Aménagement :

7. Aux termes de l'article 1792 du code civil : Tout constructeur d'un ouvrage est responsable de plein droit, envers le maître ou l'acquéreur de l'ouvrage, des dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui, l'affectant dans l'un de ses éléments constitutifs ou l'un de ses éléments d'équipement, le rendent impropre à sa destination. ". Aux termes de l'article 1792-1 du même code : " Est réputé constructeur de l'ouvrage : 1° Tout architecte, entrepreneur, technicien ou autre personne liée au maître de l'ouvrage par un contrat de louage d'ouvrage ; 2° Toute personne qui vend, après achèvement, un ouvrage qu'elle a construit ou fait construire ; 3° Toute personne qui, bien qu'agissant en qualité de mandataire du propriétaire de l'ouvrage, accomplit une mission assimilable à celle d'un locateur d'ouvrage ".

8. En l'espèce, il résulte de l'instruction, notamment du cahier des clauses administratives et techniques particulières déterminant le mandat de la SEM Essonne Aménagement, en qualité de déléguée à la maîtrise d'ouvrage de la Ville de Paris, que sa mission était limitée aux seuls aspects administratifs et financiers de gestion du contrat de maîtrise d'œuvre et qu'aucune mission technique ne lui a été attribuée. Il ne résulte donc pas de l'instruction que la SEM Essonne Aménagement était liée par un contrat de louage d'ouvrage au maître de l'ouvrage. Dans ces conditions, la SEM Essonne Aménagement ne peut être regardée comme étant constructeur de l'ouvrage en litige aux termes de l'article 1792-1 du code civil et la Ville de Paris n'est pas recevable à rechercher sa responsabilité sur le fondement des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs. La fin de non-recevoir opposée par la SEM Essonne Aménagement aux conclusions indemnitaires dirigées contre elle par la Ville de Paris doit donc être accueillie.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la société Entreprise générale Léon Grosse :

9. Il appartient au maître de l'ouvrage, lorsqu'il lui apparaît que la responsabilité de l'un des participants à l'opération de construction est susceptible d'être engagée à raison de fautes commises dans l'exécution du contrat conclu avec celui-ci, soit de surseoir à l'établissement du décompte jusqu'à ce que sa créance puisse y être intégrée, soit d'assortir le décompte de réserves ; à défaut, si le maître d'ouvrage notifie le décompte général du marché, le caractère définitif de ce décompte fait obstacle à ce qu'il puisse obtenir l'indemnisation de son préjudice éventuel sur le fondement de la responsabilité contractuelle du constructeur, y compris lorsque ce préjudice résulte de désordres apparus postérieurement à l'établissement du décompte. Il lui est alors loisible, si les conditions en sont réunies, de rechercher la responsabilité du constructeur au titre de la garantie décennale et de la garantie de parfait achèvement lorsque celle-ci est prévue au contrat.

10. Il résulte de ce qui a été dit au point 9 que la circonstance que la signature sans réserves du décompte général du marché ou, le cas échéant, la levée de ces réserves ainsi que celles relevant de la garantie de parfait achèvement, ne fait pas obstacle à ce que le maître d'ouvrage recherche la responsabilité du constructeur au titre de la garantie décennale. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société Entreprise générale Léon Grosse aux conclusions dirigées à son encontre par la Ville de Paris doit être écartée.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la société SMAC :

11. D'une part, le litige né de l'exécution d'un marché de travaux publics et opposant des participants à l'exécution de ces travaux relève de la compétence de la juridiction administrative, sauf si les parties en cause sont unies par un contrat de droit privé.

12. En l'espèce, aucun contrat n'a été conclu entre la Ville de Paris, maître d'ouvrage, et la société sous-traitante SMAC, laquelle n'a participé à l'exécution des travaux qu'à raison du contrat de droit privé qu'elle a conclu avec l'Entreprise générale Léon Grosse retenue pour l'exécution des travaux. Dans ces conditions, en dépit du raisonnement erroné tenu par la Ville de Paris concernant les autres sous-traitantes de la titulaire du marché de travaux, l'action en responsabilité qu'elle a engagée à l'encontre de la société sous-traitante sur le terrain de la garantie décennale est portée devant une juridiction compétente pour en connaître et la fin de non-recevoir opposée par la société SMAC doit être écartée.

13. D'autre part, aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties ".

14. La société SMAC soutient, sans être contestée, que la requête de la Ville de Paris lui a été communiquée à une mauvaise adresse, et qu'elle n'a donc pu avoir connaissance de la procédure qu'après clôture de l'instruction, ce dont elle déduit que la procédure serait entachée d'irrégularité. Toutefois, il résulte de l'instruction que cette société a été en mesure de présenter ses observations en défense à la requête de la Ville de Paris le 7 mars 2022, que la totalité de la procédure lui a été communiquée, y compris par voie dématérialisée, que la clôture de l'instruction est intervenue en dernier lieu le 18 août 2022 et qu'ainsi, le caractère contradictoire de la procédure n'a pas été méconnu. Dans ces conditions, les circonstances, à les supposer même établies, que la requête de la Ville de Paris mentionnerait une adresse erronée et n'aurait pas communiqué sa requête au défendeur à son adresse exacte, aucune obligation en ce sens ne pesant au demeurant sur elle, sont restées sans incidence et la fin de non-recevoir opposée à ce titre par la société SMAC doit être écartée.

Sur les conclusions indemnitaires :

15. Il résulte des principes qui régissent la garantie décennale des constructeurs que des désordres apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, de nature à compromettre la solidité de l'ouvrage ou à le rendre impropre à sa destination dans un délai prévisible, engagent leur responsabilité, même s'ils ne se sont pas révélés dans toute leur étendue avant l'expiration du délai de dix ans. Le constructeur dont la responsabilité est recherchée sur ce fondement ne peut en être exonéré, outre les cas de force majeure et de faute du maître d'ouvrage, que lorsque, eu égard aux missions qui lui étaient confiées, il n'apparaît pas que les désordres lui soient en quelque manière imputables. Il incombe au juge administratif, lorsqu'est recherchée devant lui la responsabilité décennale des constructeurs, d'apprécier, au vu de l'argumentation que lui soumettent les parties sur ce point, si les conditions d'engagement de cette responsabilité sont ou non réunies et d'en tirer les conséquences, le cas échéant d'office, pour l'ensemble des constructeurs.

16. La responsabilité décennale du constructeur peut être recherchée pour des dommages survenus sur des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage s'ils rendent celui-ci impropre à sa destination. La circonstance que les désordres affectant un élément d'équipement fassent obstacle au fonctionnement normal de cet élément n'est pas de nature à engager la responsabilité décennale du constructeur si ces désordres ne rendent pas l'ouvrage lui-même impropre à sa destination.

En ce qui concerne l'inconfort thermique :

17. La Ville de Paris demande l'indemnisation des travaux de dépose des radiateurs défectueux et de pose de nouveaux radiateurs nécessaires afin de faire cesser l'inconfort thermique du bâtiment en litige. Si la réalité de ces désordres est établie, notamment par le rapport final de l'expert judiciaire, il résulte de l'instruction, d'une part, que ces radiateurs sont des éléments d'équipement dissociables de l'ouvrage et, d'autre part, que " la température ambiante est rarement inférieure à 19°C pendant les horaires d'ouverture " dans les bureaux concernés par les désordres et jamais inférieure à 16°C, ce qui ne permet pas de conclure que le dysfonctionnement des radiateurs rendrait l'immeuble impropre à sa destination de bureaux. Par suite, les désordres constatés, par leur nature, n'ouvrent pas droit à indemnité au titre de la garantie décennale. Il n'y a donc pas lieu de condamner les constructeurs de l'ouvrage au versement d'une quelconque indemnité à ce titre.

En ce qui concerne l'isolation thermique :

18. La Ville de Paris demande l'indemnisation des travaux d'isolation thermique nécessaires pour faire cesser l'inconfort thermique du bâtiment. A cet égard, l'expert judiciaire constate dans son rapport final que " l'isolation s'avère être du bricolage ", que " cette isolation rudimentaire ne résiste pas aux gros écarts de températures " et provoque " d'importantes infiltrations d'air " dans l'ensemble des bureaux et circulations au R+2 des locaux du service technique de l'énergie et du génie climatique (STEGC). Toutefois, il ressort du même rapport d'expertise, ainsi qu'il a été dit au point précédent, que l'inconfort thermique résultant de ces infiltrations d'air n'a pas pour conséquence des températures globalement inférieures à 19°. Par suite, la Ville de Paris n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne les infiltrations des eaux dans l'ascenseur de charge :

19. La Ville de Paris demande l'indemnisation des travaux de remise en état de l'ascenseur de charge, affecté par des infiltrations d'eau résultant, selon l'expert judiciaire, de " la position du monte-charge en contrebas de 18 cm par rapport au niveau du sol ". Toutefois, si la réalité de cette malfaçon est établie, il résulte de ce qui a été dit aux points 15 et 16 que la garantie décennale n'a pas vocation à couvrir toutes les malfaçons, c'est-à-dire les inexécutions contractuelles qui relèvent soit de la responsabilité contractuelle, soit de la garantie de parfait achèvement ou de bon fonctionnement, d'une durée de deux ans après la réception. En l'espèce, la gravité et la fréquence des pannes de l'ascenseur de charge ne sont pas précisées et aucune pièce du dossier ne permet de démontrer qu'elles auraient pour effet de rendre le bâtiment impropre à sa destination. Il n'y a donc pas lieu de condamner les constructeurs de l'ouvrage au versement d'une quelconque indemnité à ce titre.

En ce qui concerne le carottage de l'allée devant l'ascenseur de charge et nacelle d'investigation de la liaison toiture-mur :

20. Pour le même motif que celui retenu au point 19, la Ville de Paris n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne les infiltrations dans les entrepôts du sous-sol des locaux de la direction des espaces verts et de l'environnement (DEVE) :

21. La Ville de Paris demande l'indemnisation des travaux nécessaires à la remise en état des entrepôts du sous-sol des locaux de la DEVE de la Ville. Si l'expert judiciaire indique que " la présence de cunettes dans les locaux indique que, dès l'origine, la présence d'eau et d'humidité était acceptée et prévue ", il résulte de l'instruction, d'une part, que ces cunettes n'avaient vocation, aux termes du contrat du marché, qu'à contenir une humidité ponctuelle et non permanente, que leur mauvaise fixation, leur défaut d'étanchéité et le nombre insuffisant d'évacuations rendent le local de stockage impropre à sa destination. D'autre part, il résulte de l'instruction que le partage des responsabilités établi par l'expert, selon lequel le dommage est imputable à 35% à la société Léon Grosse et à 65% à la Ville de Paris elle-même, n'est pas sérieusement contesté. Il y a donc lieu de condamner la société Entreprise générale Léon Grosse au versement d'une indemnité correspondant à 35% du dommage à ce titre.

22. Il résulte de l'instruction que, au regard du devis produit par la Ville de Paris et après retrait des éléments inutiles ou non nécessaires, l'expert judiciaire a estimé le montant du préjudice à la somme de 35 639, 50 euros HT. Si la Ville de Paris soutient que ce montant n'est pas correctement apprécié et que le devis qu'elle a produit comprend " les prestations minimales strictement nécessaires pour assurer un bâtiment étanche " conformément aux documents du marché, elle ne l'établit pas. Par suite, il y a lieu de condamner la société Entreprise générale Léon Grosse au versement d'une somme de 12 473,83 euros HT.

En ce qui concerne le dysfonctionnement de la trappe de désenfumage :

23. La Ville de Paris demande l'indemnisation du dommage résultant du dysfonctionnement de la trappe de désenfumage. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire et n'est pas contesté que " les trappes extérieures sont en mauvais état et hors service ", inadaptées à la configuration des puits d'air et que " le système de commande de la trappe de désenfumage ne fonctionne pas non plus ". Ce dysfonctionnement d'un élément de sécurité et de protection contre les incendies a pour effet de porter atteinte aux conditions de sécurité de l'immeuble et, par suite, le rend impropre à sa destination de bureaux. Par suite, la Ville de Paris est fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

24. Il résulte de l'instruction que le partage des responsabilités établi par l'expert judiciaire, selon lequel le dommage est imputable à 75% à la société Air Climo, à qui la société Entreprise générale Léon Grosse avait sous-traité ces travaux, à 10% à cette dernière, à 10% à la société Atelier Jean-François Schmit Architectes et à 5% à la sous-traitante de celle-ci, Edeis. Il y a donc lieu, au regard du désistement de conclusions de la Ville de Paris à l'encontre des sociétés Air Climo et Edeis, d'imputer la faute à 85% à la société Entreprise générale Léon Grosse et à 15% à la société Atelier Jean-François Schmit Architectes. Dès lors que le montant correspondant au désordre a été évalué par l'expert judiciaire à 42 940,66 euros HT et n'est pas sérieusement contesté par les parties, il y a lieu de condamner la société Entreprise générale Léon Grosse au versement d'une somme de 36 499,56 euros HT et la société Atelier Jean-François Schmit Architectes au versement d'une somme de 6 441,1 euros HT.

En ce qui concerne les odeurs nauséabondes et le défaut de ventilation :

25. La Ville de Paris demande l'indemnisation du dommage résultant des odeurs nauséabondes présentes dans le bâtiment municipal. Il résulte de l'instruction que ces nuisances olfactives sont liées à un défaut de ventilation du bâtiment à cause de l'obstruction fautive des sorties d'aération. De telles nuisances, indissociables de l'ouvrage, rendent l'immeuble impropre à sa destination de bureaux. Par suite, la Ville de Paris est fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

26. Il résulte de l'instruction que le partage des responsabilités établi par l'expert judiciaire, selon lequel le dommage est imputable à 100% à la société Air Climo, à qui la société Entreprise générale Léon Grosse avait sous-traité ces travaux, n'est pas sérieusement contesté. Dès lors que la Ville de Paris dirige ses conclusions contre l'Entreprise générale Léon Grosse, en sa qualité de maître d'œuvre, il y a lieu d'imputer la totalité de la faute à cette dernière.

27. Il résulte du rapport d'expertise judiciaire que la mise en place d'aérateurs pour réparer le dommage représente des travaux d'un montant de 1 479,98 euros HT. Si la Ville de Paris fait valoir que de tels travaux ne permettent pas la remise en état du système d'aération primaire et qu'il est nécessaire d'entreprendre une mise en conformité globale de la ventilation mécanique contrôlée (VMC), il résulte de l'instruction, d'une part, que l'expert indique que " le chiffrage produit par la Ville de Paris pour mettre en place des ventilations avec des extractions spécifiques dans toutes les pièces () n'a pas du tout été évoqué en cours d'expertise ", d'autre part, qu'il appartenait à la Ville de Paris de s'assurer du respect des clauses contractuelles lors de la réception des travaux et dans le cadre de la garantie de parfait achèvement, la garantie décennale n'ayant d'autre vocation qu'indemniser la partie des désordres rendant l'ouvrage impropre à sa destination et apparus dans le délai d'épreuve de dix ans, soit postérieurement à la réception des travaux. Par suite, il y a lieu de condamner la société Entreprise générale Léon Grosse à verser à la Ville de Paris une somme de 1 479,98 euros HT.

En ce qui concerne les fissures des joints de dilatation :

28. Il résulte du rapport final de l'expertise judiciaire que les travaux de reprise des joints de dilation procèdent de " motifs esthétiques ". Si la Ville de Paris soutient au contraire que les fissures des joints constatées révèlent un défaut de stabilité du bâtiment, ni les quelques photographies qu'elle produit, ni les relevés de mesure du géomètre, ne permettent de contredire l'affirmation de ce dernier selon lequel elles ne sont " pas alarmantes " et celle du sapiteur, selon lequel elles ne révèlent " aucun désordre anormal ". Par suite, la Ville de Paris n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne les sols souples gondolés :

29. Il résulte de l'instruction, éclairée par le rapport final de l'expert judiciaire, que plusieurs salles, dont la salle de réunion et le réfectoire du 2ème étage du bâtiment, présentent des sols gondolés liés à un manquement aux règles de l'art dans la pose du revêtement. Toutefois, il n'est ni établi ni même allégué que ces malfaçons auraient pour effet de compromettre la stabilité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination. La Ville de Paris n'est donc pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne l'absence de trappes de visite dans les locaux de la DEVE :

30. S'il est constant que l'absence de trappes de visite dans les locaux de la DEVE constitue une non-façon, il n'est ni établi ni même allégué qu'elle aurait pour effet de compromettre la stabilité de l'ouvrage ou de le rendre impropre à sa destination. Par suite, la Ville de Paris n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne la rupture du coffrage et l'effritement de la poutre :

31. Pour le même motif que celui retenu aux deux points précédents, la Ville de Paris n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne la fissure du mur extérieur du bâtiment du STEGC :

32. Pour le même motif que celui retenu au point précédent, la Ville de Paris n'est pas fondée à rechercher la responsabilité des constructeurs au titre de la garantie décennale.

En ce qui concerne les honoraires d'expertise et de maîtrise d'œuvre :

33. La Ville de Paris demande l'indemnisation des frais d'expertise et de maîtrise d'œuvre exposés lors des travaux de reprise. Il résulte de l'instruction que ces frais s'élèvent à 40 410 euros HT. Si la Ville de Paris soutient qu'elle a dû exposer des frais complémentaires, non soumis à l'appréciation de l'expert, elle n'en démontre pas, en se bornant à faire valoir que " les prestations réalisées sont tenues d'être payées ", le caractère nécessaire. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner solidairement l'Entreprise générale Léon Grosse et l'Atelier Jean-François Schmit Architectes à verser à la Ville de Paris la moitié de la somme retenue par l'expert, soit 20 205 euros HT, à ce titre.

En ce qui concerne les frais de chantier :

34. Si la Ville de Paris indique devoir exposer des frais de chantier, à hauteur de 53 000 euros HT, afin de pouvoir procéder à la remise en état du bâtiment, elle n'a pas soumis ces éléments dans les délais de l'expertise judiciaire et n'apporte pas d'éléments permettant d'apprécier le bien-fondé de son estimation. Par suite, la demande indemnitaire présentée à ce titre ne peut qu'être rejetée.

En ce qui concerne la taxe sur la valeur ajoutée :

35. Le montant du préjudice, dont le maître de l'ouvrage est fondé à demander réparation aux constructeurs en raison des désordres affectant l'immeuble qu'ils ont réalisé, correspond aux frais qu'il doit engager pour les travaux de réfection. Ces frais comprennent, en règle générale, la taxe sur la valeur ajoutée, élément indissociable du coût des travaux, à moins que le maître de l'ouvrage ne relève d'un régime fiscal qui lui permet normalement de déduire tout ou partie de cette taxe de celle dont il est redevable à raison de ses propres opérations. En application du premier alinéa de l'article 256 B du code général des impôts, les personnes morales de droit public ne sont pas assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée pour l'activité de leurs services administratifs lorsque leur non-assujettissement n'entraîne pas de distorsions dans les conditions de la concurrence. Aucun élément du dossier n'étant de nature à remettre en cause la présomption de non-assujettissement de la Ville de Paris à la taxe sur la valeur ajoutée, le préjudice indemnisable doit être augmenté du montant de cette taxe qui serait dû à raison des travaux entrepris pour remédier aux dommages indemnisés.

36. Il résulte de ce qui précède que la Ville de Paris est fondée à demander que les sommes mentionnées aux points 22, 24, 27 et 33 soient augmentées de la taxe sur la valeur ajoutée.

Sur les intérêts et leur capitalisation :

37. La Ville de Paris a droit aux intérêts sur les sommes mentionnées aux points 22, 24, 27 et 33, augmentées de la taxe sur la valeur ajoutée comme il est dit au point 36, à compter du 6 mai 2021, date d'enregistrement de sa requête au greffe du tribunal. Dans sa requête introductive d'instance, la Ville de Paris a en outre demandé la capitalisation des intérêts. Cette demande a pris effet à compter du 6 mai 2022, date à laquelle les intérêts étaient dus pour une année entière. La Ville de Paris est donc fondée à demander le paiement des intérêts capitalisés à compter de la date du 6 mai 2022 et à chaque date anniversaire de cette date.

Sur les demandes d'appel en garantie :

38. D'une part, l'action en garantie formée par le titulaire du marché contre son sous-traitant avec lequel il est lié par un contrat de droit privé relève de la compétence du juge judiciaire.

39. Il résulte de ce qui a été dit au point 38 que les appels en garantie formés par la société Entreprise générale Léon Grosse à l'encontre de ses sous-traitantes Air Climo, Bangui et SMAC sont présentés devant un juge incompétent pour en connaître, de même que l'appel en garantie formé par la société Atelier Jean-François Schmit Architectes à l'encontre de la société Edeis. Par suite, ces demandes doivent être rejetées comme irrecevables.

40. D'autre part, dès lors que les sociétés Entreprise générale Léon Grosse et Atelier Jean-François Schmit Architectes ne sont condamnées que pour la seule part des désordres imputables respectivement à l'exécution du marché de travaux et à la maîtrise d'œuvre, les appels en garantie formés par la première à l'encontre de l'Atelier Jean-François Schmit Architectes et d'Edeis et par la seconde à l'encontre des sociétés Air Climo, Entreperise générale Léon Grosse, SMAC, Bangui et la Ville de Paris doivent être rejetées.

Sur les dépens :

41. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

42. Les frais et honoraires de l'expert ont été liquidés et taxés par ordonnance du président du tribunal du 29 novembre 2018 à la somme de 58 463,55 euros HT.

43. Dans les circonstances de l'espèce, pour tenir compte, d'une part, des manquements aux diligences qui revenaient à la Ville de Paris en sa qualité de maître d'ouvrage lors de la réception des travaux, d'autre part, de la responsabilité respective qui incombe à chacune des entreprises au regard de la garantie décennale, ces frais doivent être mis à la charge définitive de la Ville de Paris à hauteur de 50%, soit la somme de 29 231,78 euros HT, de la société Entreprise générale Léon Grosse à hauteur de 44 %, soit la somme de 25 723,96 euros HT et de la société Atelier Jean-François Schmit Architectes à hauteur de 6%, soit la somme de 3 507,81 euros HT.

Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

44. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par les parties à l'instance sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les sociétés Areas, MAAF Assurances, Generali Iard, Lloyd's France, SMABTP, BTP Consultants et Paris-Charpente sont mises hors de cause dans la présente instance.

Article 2 : La société Entreprise générale Léon Grosse versera à la Ville de Paris la somme de 50 453,37 euros hors taxes (HT) augmentée de la taxe sur la valeur ajoutée au titre des désordres affectant le bâtiment du 5 rue de Cambrai à Paris (19ème arrondissement). Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 mai 2021 et de leur capitalisation à compter du 6 mai 2022.

Article 3 : La société Atelier Jean-François Schmit Architectes versera à la Ville de Paris la somme de 6 441,10 euros hors taxes (HT) augmentée de la taxe sur la valeur ajoutée au titre des désordres affectant le bâtiment du 5 rue de Cambrai à Paris (19ème arrondissement). Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 mai 2021 et de leur capitalisation à compter du 6 mai 2022.

Article 4 : Les sociétés Entreprise générale Léon Grosse et Atelier Jean-François Schmit Architectes sont condamnées solidairement à verser une somme de 20 205 euros hors taxes (HT) augmentée de la taxe sur la valeur ajoutée à la Ville de Paris au titre des frais de chantier et de maîtrise d'œuvre des travaux de reprise. Cette somme sera assortie des intérêts au taux légal à compter du 6 mai 2021 et de leur capitalisation à compter du 6 mai 2022.

Article 5 : Les dépens sont mis à la charge définitive de la Ville de Paris à hauteur de 29 231,78 euros HT, de la société Entreprise générale Léon Grosse à hauteur de 25 723,96 euros HT et de la société Atelier Jean-François Schmit Architectes à hauteur de 3 507,81 euros HT.

Article 6 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à l'Entreprise générale Léon Grosse, à la société d'économie mixte Essonne aménagement, à la société Atelier Jean-François Schmit Architectes, à la société SMAC, à la société BTP consultants, à la société Air Climo, à la société Edeis, venant aux droits de la SNC Lavalin et de la société Ingénierie studio, à la société France 2000, à la compagnie Aréas dommages en qualité d'assureur de la société France 2000, à Eurogypse, à Me Pellegrini en qualité de liquidateur de la société SPI, à Allianz Iard, à la société SMA SA, à la SMABTP en qualité d'assureur de la SMAC et d'Eurogypse, à la société Denost, à la société BHB, à la société MAAF ASSURANCES SA, à la société Koné, à la société Bangui, à la société Paris Charpente et son assureur la SMABTP, à la société SPIE fondations, à la société Generali assurances IARD, à la société BLM ingénierie, à la société Lloyd's France, à la société VERRALU, à la SNA, et à la Ville de Paris

.

Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Simonnot, président,

M. Perrot, conseiller,

M. Palla, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 mai 2023.

Le rapporteur,

V. PERROT

Le président,

J-F. SIMONNOTLa greffière,

L. THOMAS

La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2109882

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TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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