vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2110290 |
| Type | Décision |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | FIDUCIAL LEGAL BY LAMY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 mai 2021 et un mémoire enregistré le 28 juillet 2021, la SNC Hôtel Résidence Monceau, représentée par Me Martin du cabinet Fiducial Legal, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de cotisation foncière des entreprises auxquels elle a été assujettie au titre des années 2014 à 2016 à raison de son établissement dénommé " Hôtel Relais Monceau ", sis 85 rue du Rocher, dans le 8e arrondissement de Paris ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, le bien en litige ne peut être régulièrement évalué par comparaison avec le local-type n° 275 de la commune 108 quart 030, à savoir l'hôtel " Le Mayflower " sis 3 rue Châteaubriand dans le " quartier de l'Etoile " ;
- à titre subsidiaire, il convient de pratiquer un coefficient d'ajustement de 30%, pour tenir compte des différences de " standing " et d'état entre le local en ligie et le local de comparaison.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 juin et 24 août 2021, l'administrateur général des finances représentant la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 17 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 8 novembre 2023 à 12 :00 en application de l'article R. 613-1 du code de justice administrative
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amadori,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,
- et les observations de Me Vancraeynest, substituant Me Martin, représentant la SNC Hôtel Résidence Monceau.
Considérant ce qui suit :
1. La SNC Hôtel Résidence Monceau, qui exploite au 85 rue du Rocher (75008) un établissement hôtelier, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service vérificateur a rehaussé ses bases imposables à la cotisation foncière des entreprisses au titre des années 2014 à 2016. Ces dernières ont été portées de 23 073 euros (2014), 23 279 euros (2014) et 23 516 euros (2015) à des montants respectifs de 70 669 euros, 71 031 euros et 72 026 euros. Les rappels de cotisation foncière des entreprises et de taxes annexes en résultant ont été mis en recouvrement par voie de rôle le 30 novembre 2018 pour des montants de 14 802 euros (2014), 15 163 euros (2015) et 15 291 euros (2016). Ces impositions supplémentaires ont été contestées par réclamation du 21 décembre 2020, à la suite de laquelle le service a prononcé des dégrèvements partiels de 932, 958 et 956 euros pour tenir compte des coefficients de pondération proposés par la société pour les surfaces afférentes aux zones de circulation et aux locaux techniques, ramenant ainsi la surface pondérée du local de 1 413 mètres carrés à 1 346 mètres carrés. La SNC Hôtel Résidence Monceau demande au tribunal de prononcer la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle reste assujettie au titre des années 2014 à 2016.
Sur les conclusions à fin de décharge :
2. Aux termes de l'article 1467 du code général des impôts : " La cotisation foncière des entreprises a pour base la valeur locative des biens passibles d'une taxe foncière situés en France, à l'exclusion des biens exonérés de taxe foncière sur les propriétés bâties en vertu des 11°, 12° et 13° de l'article 1382, dont le redevable a disposé pour les besoins de son activité professionnelle pendant la période de référence () ". Aux termes de l'article 1494 du code général des impôts : " La valeur locative des biens passibles de la taxe foncière sur les propriétés bâties, de la taxe d'habitation ou d'une taxe annexe établie sur les mêmes bases est déterminée, conformément aux règles définies par les articles 1495 à 1508, pour chaque propriété ou fraction de propriété normalement destinée à une utilisation distincte ". Aux termes de l'article 1498 du même code, dans sa version applicable au litige : " La valeur locative de tous les biens autres que les locaux visés au I de l'article 1496 et que les établissements industriels visés à l'article 1499 est déterminée au moyen de l'une des méthodes indiquées ci-après : / 1° Pour les biens donnés en location à des conditions de prix normales, la valeur locative est celle qui ressort de cette location ; / 2° a. Pour les biens loués à des conditions de prix anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un autre titre que la location, vacants ou concédés à titre gratuit, la valeur locative est déterminée par comparaison. / Les termes de comparaison sont choisis dans la commune. Ils peuvent être choisis hors de la commune pour procéder à l'évaluation des immeubles d'un caractère particulier ou exceptionnel ; / b. La valeur locative des termes de comparaison est arrêtée : / Soit en partant du bail en cours à la date de référence de la révision lorsque l'immeuble type était loué normalement à cette date, / Soit, dans le cas contraire, par comparaison avec des immeubles similaires situés dans la commune ou dans une localité présentant, du point de vue économique, une situation analogue à celle de la commune en cause et qui faisaient l'objet à cette date de locations consenties à des conditions de prix normales ; 3° A défaut de ces bases, la valeur locative est déterminée par voie d'appréciation directe ".
3. Il est constant que le local en litige, situé dans le 8e arrondissement de Paris, a été réévalué par le service vérificateur, en application de la méthode d'évaluation prévue au 2° de l'article 1498 du code général des impôts, par comparaison avec un local à usage d'hôtel quatre étoiles, d'une surface de 699 mètres carrés et en bon état d'entretien, situé 3 rue Châteaubriand, dans le 8e arrondissement de Paris.
En ce qui concerne le caractère adéquat du local employé comme terme de comparaison :
4. Il résulte des dispositions citées au point 2 que, d'une part, pour arrêter la valeur locative de l'immeuble à évaluer, l'administration, faisant application de la méthode par comparaison, peut procéder par comparaisons itératives, pourvu qu'il n'existe pas pour chacune de ces évaluations un terme de comparaison plus approprié, que le terme de comparaison ultime ne soit pas inadéquat et que l'analogie de la situation économique des communes en cause puisse être admise. D'autre part, un local-type qui, depuis son inscription régulière au procès-verbal des opérations de révision foncière d'une commune, a été détruit ou a été entièrement restructuré, notamment à la suite d'un changement de destination, ne peut plus servir de terme de comparaison, pour évaluer directement ou indirectement la valeur locative d'un bien au 1er janvier d'une année postérieure à sa restructuration ou à sa disparition. Enfin, lorsque l'administration fiscale renonce au terme de comparaison initialement choisi pour lui substituer un autre et que celui-ci est contesté au motif qu'il ne serait pas comparable à l'immeuble à évaluer, il appartient au juge de l'impôt de se prononcer sur les autres termes de comparaison proposés par le contribuable, afin de déterminer si l'un deux serait plus approprié que le local retenu par l'administration.
5. En l'espèce, pour demander la décharge des suppléments de cotisation foncière des entreprises auxquels elle reste assujettie, la société requérante conteste le caractère adéquat du local de comparaison en soutenant que la nature de la construction, l'état d'entretien et l'aménagement de l'hôtel Relais Monceau seraient inférieurs à ceux qui caractérisaient l'Hôtel Mayflower, lequel n'existe plus à ce jour.
6. Il résulte toutefois de l'instruction que, d'une part, alors même que le bien en litige présente une façade en enduit peint, les deux locaux à usage d'hôtel, situés dans le même arrondissement de la capitale, sont tous deux construits en pierre de taille, en style dit " haussmannien " et présentent une architecture comparable et un état d'entretien - à savoir " bon " - qui est également comparable. D'autre part, ni la différence d'emplacement ni celle de surface ne sont de nature à faire obstacle à ce que ces locaux fassent l'objet d'une comparaison sur le fondement du 2° de l'article 1498 du code général des impôts. Enfin, si la société requérante affirme que l'hôtel " Le Relais Monceau " aurait accédé à la 4e étoile du seul fait de la modification du classement hôtelier de 2008 qui a créé une 5e étoile, alors que l'hôtel " Mayflower " aurait offert des prestations de plus grande qualité et davantage " haut de gamme ", il n'est pas établi que l'hôtel " Mayflower " aurait accédé à la 5e étoile en suivant le nouveau classement hôtelier.
7. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que le local en litige aurait été évalué par comparaison avec un local inadéquat doit être écarté.
En ce qui concerne le coefficient d'ajustement :
8. Aux termes de l'article 324 AA de l'annexe III au code général des impôts alors applicable : " La valeur locative cadastrale des biens loués à des conditions anormales ou occupés par leur propriétaire, occupés par un tiers à un titre autre que celui de locataire, vacants ou concédés à titre gratuit est obtenue en appliquant aux données relatives à leur consistance - telles que superficie réelle, nombre d'éléments - les valeurs unitaires arrêtées pour le type de la catégorie correspondante. Cette valeur est ensuite ajustée pour tenir compte des différences qui peuvent exister entre le type considéré et l'immeuble à évaluer, notamment du point de vue de la situation, de la nature de la construction, de son état d'entretien, de son aménagement, ainsi que de l'importance plus ou moins grande de ses dépendances bâties et non bâties si ces éléments n'ont pas été pris en considération lors de l'appréciation de la consistance ".
9. Pour tenir compte des différences entre la situation géographique des deux immeubles et de la moindre attractivité du quartier dit " A ", par rapport à celui " des Champs-Elysées-Georges V ", il y a lieu, en application des dispositions précitées, d'ajuster la valeur du local-type n°275 du procès-verbal de la commune de 108 quart 030 en lui appliquant un abattement de 20%. Il y a lieu en conséquence d'établir les suppléments d'imposition à la cotisation foncière des entreprises et à ses taxes annexes au titre des années 2014 à 2016 sur une valeur locative foncière revalorisée de 23 636 euros.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la SNC Hôtel Résidence Monceau est seulement fondée à demander, dans la mesure évoquée au point 9 du présent jugement, la réduction des suppléments de cotisation foncière des entreprises et de taxes annexes auxquels elle est restée assujettie au titre des années 2014 à 2016.
Sur les frais liés au litige :
11. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SNC Hôtel Résidence Monceau en vue de la présente instance et non compris dans les dépens
D E C I D E :
Article 1er : Les bases d'imposition rectifiées à la cotisation foncière des entreprises de la SNC Hôtel Résidence Monceau au titre des années 2014 à 2016 sont établies à partir d'une valeur locative foncière revalorisée de 23 636 euros.
Article 2 : La SNC Hôtel Résidence Monceau est déchargée, à due concurrence de la réduction de la base d'imposition définie à l'article 1er , des suppléments de cotisation foncière des entreprises et de taxes annexes auxquels elle a été assujettie au titre des années 2014 à 2016.
Article 3 : L'Etat versera à la SNC Hôtel Résidence Monceau une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de la SNC Hôtel Résidence Monceau est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à SNC Hôtel Résidence Monceau et à l'administrateur général des finances représentant la direction spécialisée du contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 22 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Duchon-Doris, président,
M. Pertuy, premier conseiller,
M. Amadori, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2023
Le rapporteur,
A. AMADORI
Le président,
J.-C. DUCHON-DORISLa greffière,
L. REGNIER
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400288
La société First Trading contestait devant le **Tribunal Administratif de Paris** des rappels d'impôts et pénalités suite à un contrôle fiscal. Le tribunal a **rejeté sa requête**, considérant que la proposition de rectification avait été régulièrement notifiée conformément aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, et que les autres moyens soulevés (prescription, qualification de la cession immobilière) n'étaient pas fondés.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407139
**Sujet principal** : La requête de la SAS Etablissements A. Chollet contestant la réintégration fiscale de provisions pour dépréciation de ses stocks et demandant la décharge d'impositions supplémentaires sur les sociétés. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (1re Section - 2e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de la société. Il estime que la méthode d'évaluation de la provision pour dépréciation appliquée au groupe de produits "V" n'est pas suffisamment précise et détaillée, car elle utilise un taux unique basé sur la durée de stockage pour des produits hétérogènes, sans justification d'une dépréciation homogène. **Textes appliqués** : Les articles 39-1 5° et 38-3 du Code général des impôts (CGI), en application de l'article 209 du CGI, ainsi que l'article 38 decies de l'annexe III au CGI, relatifs aux conditions de déductibilité des provisions pour dépréciation des stocks.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418646
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision du recteur de l'académie de Paris refusant la révision de l'affectation de sa fille en classe de première STMG. Le juge a estimé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en maintenant l'affectation initiale, les arguments fondés sur une prétendue erreur d'un conseiller principal d'éducation et sur les risques pour la scolarité de l'élève n'étant pas de nature à caractériser une situation exceptionnelle justifiant une révision. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et de l'arrêté académique fixant les procédures d'affectation.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517216
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. C... A... visant à annuler plusieurs mesures d'éloignement (obligation de quitter le territoire, interdiction de retour, etc.) prises par le préfet de police. Le tribunal a jugé que le préfet était compétent pour signer ces décisions et que leur motivation était suffisante, notamment au regard de la menace pour l'ordre public. Il a également déclaré irrecevable le recours contre le signalement Schengen, cette inscription n'étant pas une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et la Convention européenne des droits de l'homme.
31/03/2026