lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111039 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET AYINDA MAH FÉLIX (SELARLU) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 et 26 mai 2021, M. B A, représentée par Me Ayinda Mah, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles il a été assujetti au titre des années d'imposition 2016, 2017 et 2018 ;
2°) la réduction de l'impôt sur le revenu auquel il a été assujetti au titre ces mêmes années d'imposition.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dès lors qu'en application des dispositions de l'article R. 197-3 du livre des procédures fiscales, sa réclamation contentieuse, adressée au service fiscal le 25 janvier 2021, indiquait clairement, quoique sommairement, les raisons pour lesquelles il contestait le montant de la taxe sur la valeur ajoutée ;
- la taxe sur la valeur ajoutée prise en compte à tort s'élève à la somme de 4 371,46 euros dès lors que les services fiscaux n'ont pas pris en compte le montant des dépenses professionnelles qu'il a versées à Me Ayinda à hauteur de 21 857,35 euros, ainsi que trois montants de 3 000, 10 000 et 2 000 euros, correspondant à des prêts bancaires mais que les services fiscaux ont considéré à tort comme des recettes ;
- des dépenses à hauteur de 21 835 euros n'ont pas été prises en compte dans la détermination des bénéfices non-commerciaux, et que le montant total de son imposition doit être réduit à 114 229 euros ;
- la majoration de 40% qui lui a été appliquée sur le fondement des dispositions du I de l'article 1728 ne pouvait l'être dès lors que l'administration ne s'est pas assurée que son adresse professionnelle était exacte ;
- les intérêts de retard ainsi que l'amende qui lui ont été appliqués au titre, respectivement, des articles 1727 et 1729 D du code général des impôts doivent être abandonnés dès lors que sa société a été placée en redressement judiciaire.
Par un mémoire en défense, enregistré les 9 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient, à titre principal, que :
- les conclusions portant sur l'impôt sur le revenu sont irrecevables dès lors que sa réclamation contentieuse ne portait que sur la taxe sur la valeur ajoutée et que, par conséquent, l'obligation, pour le contribuable, de soumettre une réclamation contentieuse préalablement à un recours devant le tribunal administratif n'a pas été respectée, contrairement à ce que prévoient les dispositions des articles R. 190-1 du livre des procédures fiscales et R. 772-2 du code de justice administrative ;
- les conclusions portant sur la taxe sur la valeur ajoutée sont irrecevables dès lors que, contrairement à ce que prévoient les dispositions de l'article R. 197-3 du livre des procédures fiscales, la réclamation préalable ne comportait pas l'exposé sommaire des moyens et conclusions.
A titre subsidiaire, il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huin-Morales,
- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, qui exerce la profession d'avocat au 2, rue de Poissy à Paris (5ème), a été soumis à une vérification de comptabilité du 8 octobre au 25 novembre 2019 pour la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018. Par une proposition de rectification en date du 29 novembre 2019, le service a évalué d'office le bénéfice non-commercial au titre de l'impôt sur le revenu, taxé d'office des rappels de taxe sur la valeur ajoutée, et assorti les rehaussements d'imposition de l'intérêt de retard, des majorations de 10 % et de 40 % pour défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration prévue par les dispositions des a) et b) du I de l'article 1728 du code général des impôts, et de l'amende de 5 000 euros prévue par les dispositions du I de l'article 1729 D du même code pour défaut de présentation des fichiers des écritures comptable. Par trois courriels du 10 février 2020, M. A a contesté ces rehaussements. Par un courrier du 4 mars 2020, l'administration fiscale a partiellement confirmé ces rehaussements. Le 30 avril 2021, l'administration fiscale a mis en recouvrement l'impôt sur le revenu de M. A, pour un montant de 39 575 euros. Le 16 novembre 2020, elle a mis en recouvrement les rappels de taxe sur la valeur ajoutée pour un montant de 48 936 euros. Par une réclamation contentieuse du 25 janvier 2021, M. A a contesté ces deux impositions. Par une décision du 22 mars 2021, le service a partiellement confirmé ces impositions. Par la présente requête, M. A demande au tribunal, d'une part, de prononcer la décharge, en droits et en pénalités, des cotisations supplémentaires de taxe sur la valeur ajoutée auxquelles il a été assujetti au titre des années d'imposition 2016, 2017 et 2018 et, d'autre part, la réduction de l'impôt sur le revenu auquel il a été assujetti au titre ces mêmes années d'imposition.
Sur l'impôt sur le revenu :
2. Aux termes de l'article R. 190-1 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui désire contester tout ou partie d'un impôt qui le concerne doit d'abord adresser une réclamation au service territorial, selon le cas, de la direction générale des finances publiques ou de la direction générale des douanes et droits indirects dont dépend le lieu de l'imposition (). "
3. L'administration fiscale oppose une fin de non-recevoir à la requête de M. A en ce qui concerne ses conclusions aux fins de réduction de l'impôt sur le revenu au motif que la réclamation contentieuse préalable adressée que lui a adressée l'intéressé le 25 janvier 2021 ne portait que sur la taxe sur la valeur ajoutée. D'une part, il résulte de l'instruction, que la décision du 22 mars 2021 par laquelle l'administration a partiellement rejeté les demandes formulées par M. A dans sa réclamation contentieuse préalable du 25 janvier 2021 ne vise que la taxe sur la valeur ajoutée et qu'elle ne répond qu'à des contestations adressées à cette imposition. D'autre part, M. A, qui ne produit pas la réclamation préalable en cause, ne conteste pas les allégations de l'administration fiscale. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée en défense et de rejeter les conclusions de la requête tendant à la réduction de l'impôt sur le revenu, en droit et en pénalités, comme irrecevables.
Sur la taxe sur la valeur ajoutée :
En ce qui concerne le bien-fondé de l'imposition :
4. M. A soutient que la taxe sur la valeur ajoutée prise en compte à tort s'élève à la somme 4 371,46 euros dès lors que les services fiscaux n'ont pas pris en compte le montant des dépenses professionnelles qu'il a versés à Me Ayinda à hauteur de 21 857,35 euros, ainsi que trois montants de 3 000, 10 000 et 2 000 euros, correspondant à des prêts bancaires mais que les services fiscaux ont considéré à tort comme des recettes. S'il détaille, dans sa requête, ces différentes dépenses, à savoir les honoraires rétrocédés, les charges supplémentaires de cabinet, les frais de transport, les cotisations ordinales, les cotisations sociales, les intérêts débiteurs ainsi que les recettes considérées à tort comme recettes professionnelles, il n'établit pas le bien-fondé de ses allégations, dès lors qu'il ne produit aucune précision ni aucune pièce, ne mettant ainsi pas le juge à même de se prononcer sur le bien-fondé de ses prétentions. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne les pénalités :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 1727 du code général des impôts : " I. - Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard. " Aux termes de l'article 1756 du même code : " En cas de sauvegarde ou de redressement ou de liquidation judiciaires, les frais de poursuite et les pénalités fiscales encourues en matière d'impôts directs et taxes assimilées, de taxes sur le chiffre d'affaires et taxes assimilées, de droits d'enregistrement, taxe de publicité foncière, droits de timbre et autres droits et taxes assimilés, dus à la date du jugement d'ouverture, sont remis, à l'exception des majorations prévues aux b et c du 1 de l'article 1728 et aux articles 1729 et 1732 et des amendes mentionnées aux articles 1737 et 1740 A. " Aux termes de l'article 1728 du même code : " 1. Le défaut de production dans les délais prescrits d'une déclaration ou d'un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt entraîne l'application, sur le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement, d'une majoration de : / a. 10 % en l'absence de mise en demeure ou en cas de dépôt de la déclaration ou de l'acte dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; / b. 40 % lorsque la déclaration ou l'acte n'a pas été déposé dans les trente jours suivant la réception d'une mise en demeure, notifiée par pli recommandé, d'avoir à le produire dans ce délai ; (). " Aux termes de l'article 1729 D de ce même code : " le défaut de présentation de la comptabilité selon les modalités prévues au I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales entraîne l'application d'une amende égale à 5 000 € ou, en cas de rectification et si le montant est plus élevé, d'une majoration de 10 % des droits mis à la charge du contribuable (). "
6. Pour contester les intérêts de retard qui lui ont été appliqués sur le fondement des dispositions du I de l'article 1727 du code général des impôts, M. A soutient qu'il a transmis, dans les délais légaux, l'ensemble de ses bilans informatisés, à l'exception d'un seul. Il se prévaut de sa bonne foi et de son droit à l'erreur. Toutefois, il ne produit aucune pièce ni aucun élément permettant d'apprécier le bien-fondé de ses allégations. En outre, il ne saurait utilement se prévaloir de son placement en redressement judiciaire pour invoquer la remise de l'intérêt de retard prévue par les dispositions de l'article 1756 du code général des impôts dès lors qu'il résulte de l'instruction que le jugement d'ouverture de la procédure de redressement judiciaire dont il a fait l'objet a été prononcé le 1er octobre 2015 et a fixé la date de cessation de paiement au 1er avril 2014, soit à des dates antérieures à la proposition de rectification contestée, qui lui a été adressée le 29 novembre 2019. Par suite, M. A n'est pas fondé à contester les intérêts de retard qui lui ont été appliqués sur le fondement des dispositions du I de l'article 1727 du code général des impôts. Le moyen doit donc être écarté.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, créé par l'article 2 de la loi du 10 août 2018 pour un Etat au service d'une société de confiance : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude (). "
8. M. A soutient, en tout état de cause, qu'il était de bonne foi et doit être regardé comme se prévalant des dispositions précitées. Toutefois, contrairement à ce que prévoient les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, M. A, en ne présentant une comptabilité dématérialisée ni de sa propre initiative, ni après l'établissement du procès-verbal du 8 octobre 2019, n'établit pas avoir régularisé sa situation, ni même avoir cherché à le faire. Le moyen doit donc être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par l'administration fiscale, que M. A n'est pas fondé à solliciter la décharge, en droits et en pénalités, de taxe sur la valeur ajoutée à laquelle il a été assujetti au titre des années d'imposition 2016, 2017 et 2018.
10. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 13 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2023.
Le rapporteur,
B. Huin-Morales
Le président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026