mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2111679 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er juin 2021, M. A C, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 mars 2021 de la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris en tant qu'elle emporterait rejet du recours préalable obligatoire formé à l'encontre de la décision du 29 janvier 2021 par laquelle la CAF de Paris a mis fin à ses droits à la prime d'activité ;
2°) d'enjoindre à la CAF de Paris, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de prime d'activité ;
4°) de mettre à la charge de la CAF de Paris le versement à son conseil de la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 11-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière, faute de saisine de la commission de recours amiable de la CAF ;
- cette décision, qui lui réclamerait le remboursement d'un indu de prime d'activité, est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense ;
- en considérant qu'il ne résidait pas en France, la CAF a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation ;
- à titre subsidiaire, sa bonne foi et sa situation de précarité justifient la remise gracieuse de sa dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 juin 2021, la CAF de Paris conclut au non-lieu à statuer.
Elle soutient que :
- le courrier attaqué du 29 janvier 2021 constitue un avis de fin de droit à la prime d'activité généré automatiquement du fait de la cessation des droits au RSA du requérant ; le requérant n'ayant jamais exercé d'activité professionnelle depuis sa demande de RSA, il ne pouvait prétendre à cette prestation ; le litige est donc à cet égard sans objet ;
- la décision de la commission de recours amiable de la CAF du 23 mars 2021 a pour seul objet de rejeter la demande de remise gracieuse de l'indu de RSA mis à la charge du requérant, sur laquelle seule la Ville de Paris est compétente pour défendre.
Par un mémoire, enregistré le 2 juin 2022, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête et soutient que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
Le bureau d'aide juridictionnelle a accordé l'aide juridictionnelle totale à M. C par une décision du 19 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, qui bénéficiait du revenu de solidarité active (RSA) depuis sa demande formulée en septembre 2015, s'est vu informer, par un courrier de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris du 29 janvier 2021, qu'il était mis fin au versement de cette prestation compte tenu de ses absences fréquentes, répétées ou prolongées hors du territoire français. Par un courrier de la CAF du même jour, il a également été informé que ces absences ne permettaient pas de lui verser la prime d'activité.
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article R. 846-1 du même code : " La demande du bénéfice de la prime d'activité est réalisée par téléservice. Elle peut également être réalisée par le dépôt d'un formulaire auprès de l'organisme chargé de son service. / La déclaration de l'exercice, de la prise ou de la reprise d'une activité professionnelle par un bénéficiaire du revenu de solidarité active vaut demande du bénéfice de la prime d'activité. "
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne à la prime d'activité, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative.
4. En l'espèce, il n'est pas contesté que M. C n'a exercé aucune activité professionnelle depuis sa demande tendant à percevoir le RSA. Dans ces conditions, indépendamment même de la condition de résidence stable et effective en France prévue par les dispositions de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale, il ne pouvait prétendre au bénéfice de la prime d'activité. Par conséquent, à supposer que M. C puisse être regardé comme demandant l'annulation du courrier du 29 janvier 2021 l'informant qu'il ne pouvait bénéficier de cette prime, de telles conclusions ne peuvent qu'être rejetées.
5. En deuxième lieu, si M. C demande l'annulation de la décision du 23 mars 2021 prise par la commission de recours amiable de la CAF de Paris, cette décision n'a nullement pour objet, comme il le prétend, de statuer sur le recours administratif préalable obligatoire qu'il indique avoir formé à l'encontre de la décision précitée du 29 janvier 2021, mais celui de rejeter la demande de remise gracieuse de l'indu de RSA mis à sa charge par d'autres décisions. Par suite, l'ensemble des moyens invoqués à l'encontre de cette décision par le requérant, qui concernent la prime d'activité, s'avèrent inopérants à l'encontre de la décision du 23 mars 2021.
6. En troisième lieu, à supposer que M. C ait entendu demander au tribunal de lui accorder la remise gracieuse de sa dette de prime d'activité, il résulte de l'instruction qu'il n'a jamais bénéficié de cette prime et qu'aucun indu de cette nature ne lui a été réclamé. Par suite, de telles conclusions seraient irrecevables.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de M. C, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais d'instance, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de la santé et de la prévention.
Copie en sera adressée à la Ville de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La magistrate désignée,
E. B Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026