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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2112020

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2112020

mardi 5 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2112020
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6e Section - 2e Chambre - R.222-13
Avocat requérantDESFARGES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée sous le no 2112022 le 4 juin 2021, Mme A B représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle la ville de Paris a rejeté son recours préalable obligatoire formé le 13 janvier 2021 contre la décision du directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris en date du 4 janvier 2021 lui notifiant un indu de revenu de solidarité active (RSA) d'un montant de 6 847,81 euros portant sur la période de juin 2018 à juillet 2020 et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

2°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son recours est recevable ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- la commission de recours amiable n'a pas été saisie ;

- elle n'a pas été mise en mesure de faire valoir ses observations dès lors que le rapport de contrôle ne lui a pas été communiqué ;

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 262-2 et R. 262-5 du code de l'action sociale et des familles et elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- la prescription biennale ne pouvait pas être levée en l'absence d'intention frauduleuse de sa part ;

- il devait être tenu compte de son droit à l'erreur reconnu par les dispositions des articles L. 123-1 et L. 123-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- à titre subsidiaire, une remise gracieuse doit lui être accordée compte tenu de sa bonne foi et de la situation de précarité dans laquelle elle se trouve.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 février 2022, la présidente du conseil de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

En ce qui concerne la régularité de la décision attaquée :

- la décision d'indu ne résulte pas d'un traitement algorithmique mais du constat fait par un contrôleur assermenté de la CAF de Paris ;

- s'agissant d'une décision implicite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte ne peut qu'être écarté ;

- la requérante ne peut pas se prévaloir de l'absence de motivation d'une décision implicite de rejet dès lors qu'elle n'a pas demandé à la communication des motifs de cette décision ;

- la commission de recours amiable a bien été saisie conformément aux dispositions de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles mais elle ne s'est pas prononcée dans les délais qui lui étaient impartis ;

- les droits de la défense n'ont pas été méconnus ;

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision d'indu :

- la requérante était tenue en application des dispositions de l'article R. 262-37 du code de l'action sociale et des familles de mentionner son changement de résidence dès lors qu'elle séjournait de manière stable et effective à l'étranger depuis le mois de juin 2018 ;

- elle ne peut pas se prévaloir des dispositions des articles L. 123-1 et L. 123-2 du code des relations entre le public et l'administration relatives au droit à l'erreur ;

En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :

- la requérante ne peut pas se prévaloir de sa bonne foi.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2021.

II. Par une requête, enregistrée sous le no 2112020 le 4 juin 2021, Mme A B représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 7 mars 2022 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris lui demande le remboursement de la prime exceptionnelle de fin d'année (PEFA) au titre de l'année 2018 et de la décharger de l'obligation de payer la somme de 152,45 euros ;

2°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son recours est recevable ;

En ce qui concerne la régularité de la décision attaquée :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle n'est pas motivée ;

- elle méconnaît les droits de la défense ;

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision d'indu :

- elle est entachée d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 21 avril 2022, le directeur de la CAF de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

En ce qui concerne la régularité de la décision attaquée :

- la décision d'indu ne résulte pas d'un traitement algorithmique mais du constat fait par un contrôleur assermenté de la CAF de Paris ;

- la décision du 7 mars 2022 qui s'est substituée à une décision implicite de rejet comprend les noms, prénom et signature de son auteur ;

- elle est motivée et les droits de la défense ont été respectés ;

- l'assermentation de l'agent de contrôle ne peut pas être remise en cause ;

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision d'indu :

- la requérante ne remplit pas les conditions pour bénéficier de la prime exceptionnelle de fin d'année (PEFA) au titre de l'année 2018 ;

- elle ne peut pas se prévaloir du droit à l'erreur.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2021.

III. Par une requête, enregistrée sous le no 2112021, le 4 juin 2021, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris a rejeté son recours préalable formé contre la décision du 4 janvier 2021 lui notifiant un indu de prime d'activité d'un montant de 2 941,44 euros portant sur la période de juin 2018 à juillet 2020 et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

2°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son recours est recevable ;

Sur la régularité de la décision attaquée :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 845-2 et R. 142-4 du code de la sécurité sociale ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

Sur le bien-fondé de la décision attaquée :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 842-1 du code de la sécurité sociale ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- il devait être tenu compte de son droit à l'erreur reconnu par les dispositions des articles L. 123-1 et L. 123-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à solliciter une remise de dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, le directeur de la CAF de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la décision d'indu ne résulte pas d'un traitement algorithmique mais du constat fait par un contrôleur assermenté de la CAF de Paris ;

- elle n'est entachée d'aucune irrégularité externe ;

- la requérante ne remplissait pas les conditions pour bénéficier de la prime d'activité dès lors qu'elle a séjourné à l'étranger plus de 90 jours pour chaque année civile ;

- elle ne peut pas se prévaloir d'un droit à l'erreur ;

- aucune remise de dette ne peut lui être accordée dès lors qu'elle n'est pas de bonne foi.

Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 mai 2021.

IV. Par une requête, enregistrée sous le no 2202579, le 3 février 2022, Mme A B, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 23 novembre 2021 qui s'est substituée à la décision implicite de rejet de son recours préalable, formé contre la décision du 4 janvier 2021, et par laquelle la commission de recours amiable de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris a confirmé un indu de prime d'activité d'un montant de 2 941,44 euros portant sur la période de juin 2018 à juillet 2020 et de la décharger de l'obligation de payer cette somme ;

2°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- son recours est recevable ;

Sur la régularité de la décision attaquée :

- la décision attaquée méconnaît les dispositions des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- elle ne comporte aucune signature ;

- le décompte de la créance ne lui a pas été communiqué ;

- l'assermentation de l'agent de contrôle n'est pas établie ;

- les droits de la défense ont été méconnus ;

Sur le bien-fondé de la décision attaquée :

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 842-1 du code de la sécurité sociale ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- il devait être tenu compte de son droit à l'erreur reconnu par les dispositions des articles L. 123-1 et L. 123-2 du code des relations entre le public et l'administration ;

- à titre subsidiaire, elle est fondée à solliciter une remise de dette.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, le directeur de la CAF de Paris conclut au rejet de la requête par les mêmes moyens que dans la requête n° no 2112021.

Par une décision du 7 mars 2022 la demande d'aide juridictionnelle de Mme B a été rejetée.

Vu les pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'action sociale et des familles,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de la sécurité sociale,

- le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018,

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

La magistrate désignée a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B a déposé une demande de revenu de solidarité active (RSA) pour une personne seule le 22 juin 2018. A cette occasion, elle a déclaré être hébergée gratuitement et être auto entrepreneur. Elle a également bénéficié de la prime exceptionnelle de fin d'année (PEFA) au titre de l'année 2018 et, compte tenu de sa situation professionnelle, de la prime d'activité à compter du mois de septembre 2018. Toutefois, à l'occasion d'un contrôle diligenté le 1er octobre 2020, les services de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris ont relevé que Mme B avait effectué de nombreux séjours en Belgique et au Maroc depuis l'année 2018. Sur la base de ce rapport de contrôle, les droits de Mme B ont été recalculés et après accord donné par la ville de Paris, le 27 novembre 2020, pour lever la prescription biennale, la CAF de Paris a notifié à Mme B, le 4 janvier 2021, un indu de 6 847,81 euros au titre du RSA et de 2 941,44 euros au titre de la prime d'activité pour la période de juin 2018 à juillet 2020. Par un courrier du 13 janvier 2021, Mme B a contesté ces indus auprès de la CAF de Paris. Toutefois la commission de recours amiable a rejeté la contestation de Mme B relative à l'indu de prime d'activité par une décision du 23 novembre 2021. En outre, par une décision du 7 mars 2022 , le directeur de la CAF a notifié à l'intéressée un indu de PEFA 2018 d'un montant de 152,45 euros. Enfin, s'agissant de l'indu de RSA, la réclamation de Mme B doit également être regardée comme ayant été implicitement rejetée par la ville de Paris. Par les présentes requêtes, qu'il convient de joindre afin de statuer par un seul jugement, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet par laquelle la ville de Paris a implicitement confirmé un indu de RSA pour un montant total de 6 847,81 euros, d'annuler la décision du 7 mars 2022 par laquelle le directeur de la CAF de Paris a notifié un indu de PEFA de 152,45 euros au titre de l'année 2018 et enfin d'annuler la décision du 23 novembre 2021 qui s'est substituée à la décision implicite de rejet initiale et par laquelle la commission de recours amiable de la CAF de Paris a confirmé un indu de prime d'activité de 2 941,44 euros et de la décharger de l'obligation de payer ces sommes ou titre subsidiaire de lui accorder une remise gracieuse.

Sur l'indu de RSA :

En ce qui concerne la régularité de la décision d'indu :

2. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée a été prise au vu des résultats du contrôle réalisé par un agent assermenté et non sur le fondement d'un traitement algorithmique. Par suite, le moyen tiré de ce que cette décision ne comporterait aucune des mentions exigées par les articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient seulement, au demeurant, leur communication à tout intéressé qui en ferait la demande ne peut qu'être écarté comme inopérant.

3. En deuxième lieu, Mme B n'est pas fondée à se prévaloir de l'incompétence de l'auteur de l'acte dès lors, qu'ainsi qu'il a été indiqué plus haut, elle entend contester une décision implicite de rejet, qui a nécessairement été prise par l'autorité compétente.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Aux termes de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration : " Une décision implicite intervenue dans les cas où la décision explicite aurait dû être motivée n'est pas illégale du seul fait qu'elle n'est pas assortie de cette motivation. Toutefois, à la demande de l'intéressé, formulée dans les délais du recours contentieux, les motifs de toute décision implicite de rejet devront lui être communiqués dans le mois suivant cette demande. Dans ce cas, le délai du recours contentieux contre ladite décision est prorogé jusqu'à l'expiration de deux mois suivant le jour où les motifs lui auront été communiqués ".

5. Le silence gardé par la présidente du Conseil de Paris pendant plus de deux mois sur le recours de Mme B contestant le bien-fondé de l'indu de RSA dont la CAF exige le remboursement a fait naître une décision implicite confirmant l'existence d'un trop-perçu et rejetant le recours préalable obligatoire formé contre la décision du 4 janvier 2021 et venant se substituer à cette dernière décision. Une décision implicite intervenue dans un domaine qui, en cas de décision explicite, aurait dû faire l'objet d'une motivation, n'est pas illégale du seul fait de son absence de motivation. La requérante n'établit, ni même n'allègue, qu'elle aurait présenté à l'administration une demande de communication des motifs de la décision implicite confirmant la mise à sa charge d'un trop-perçu de RSA. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'absence de motivation de cette décision implicite doit être écarté.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ", laquelle est composée et constituée au sein du conseil d'administration de la caisse d'allocations familiales. Aux termes de l'article 9 de la convention de gestion du revenu de solidarité active du 28 décembre 2017 conclue entre le département de Paris et la caisse d'allocations familiales de Paris : " Recours administratifs. Les recours administratifs préalables prévus à l'article L. 262-47 du CASF examinés par la commission de recours amiable prévue à l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale sont : - l'évaluation forfaitaire des revenus visée à l'article L. 262-41 du CASF ; - les conditions de résidence en France prévues à l'article L. 262-2 du CASF. / La commission de recours amiable (CRA) rend, sur sa demande, sous un mois, un avis motivé à la Présidente du conseil départemental. / La Présidente du conseil départemental statue sous deux mois sur toutes les autres décisions sans avis préalable de la commission visée à l'article R. 142-1 du code de la sécurité sociale (CRA) ". Aux termes de l'article R. 262-90 du code de l'action sociale et des familles : " Lorsqu'elle est saisie, la commission de recours amiable se prononce dans un délai d'un mois à compter de la date de saisine. A réception de l'avis, le président du conseil général statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé. Si elle ne s'est pas prononcée au terme du délai mentionné au précédent alinéa, son avis est réputé rendu et le président du conseil général statue, sous un mois, sur le recours administratif qui lui a été adressé () ".

7. Il résulte de l'instruction que, saisie du recours amiable présenté par Mme B le 13 janvier 2021, la ville de Paris a communiqué ce recours, pour avis, à la commission de recours amiable de la CAF par un courrier du 1er février 2021. Si la commission n'a pas formulé d'avis exprès dans le délai imparti, son avis est réputé avoir été rendu ainsi qu'en dispose l'article R. 262-90 précité du code de l'action sociale et des familles. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que la décision implicite rejetant son recours préalable a été prise à la suite d'une procédure irrégulière.

8. En dernier lieu, Mme B se prévaut de la méconnaissance du principe du respect du contradictoire en ce qu'elle n'a pas reçu communication du rapport d'enquête établi à son encontre. Il résulte toutefois de l'instruction que Mme B a été informée lors du contrôle qui s'est déroulé le 1er octobre 2020 de son droit à apporter toute précision nécessaire et à contester le rapport du contrôleur. En outre, l'intéressée a pu faire de nouveau valoir ses observations en exerçant le recours administratif préalable obligatoire, à caractère suspensif, mentionné à l'article L. 262-47 précité, et elle a eu communication des documents sur le fondement desquels la caisse a pris sa décision et en particulier du rapport de contrôle, dans le cadre de la présente instance. Dans ces conditions, et alors que Mme B a bénéficié dans la cadre de cette procédure de garanties en tous points conformes aux exigences garanties par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de la méconnaissance du respect du principe du contradictoire doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision d'indu :

9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active ". Aux termes de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ".

10. Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de RSA, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elle mentionne et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de RSA a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le RSA ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du RSA est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.

11. En l'espèce, Mme B ne conteste pas s'être absentée du territoire français plus de 90 jours par année civile, mais elle soutient ne pas avoir été informée de cette obligation, avoir maintenu sa résidence en France jusqu'en février 2021, date de son installation en Belgique et avoir effectué régulièrement des brefs déplacements en Belgique et au Maroc exclusivement à des fins professionnelles afin de développer son activité d'auto entrepreneur. La requérante produit, au soutien de ses allégations, son inscription auprès de l'Urssaf à compter de juin 2018 ainsi que ses relevés d'imposition faisant état de revenus déclarés auprès de l'administration fiscale au titre des années 2018, 2019 et 2020 soit 1 478 euros en 2018, 3 973 euros en 2019 et 8 025 euros en 2019 et une attestation de concubinage établie en Belgique le 16 février 2021. Toutefois, ces seuls éléments produits au soutien de ses allégations ne permettent pas de remettre en cause les conclusions du rapport d'enquête basées notamment sur les relevés bancaires de l'intéressée qui relèvent que Mme B s'est absentée du territoire français pendant 180 jours en 2018, 332 jours en 2019 et 201 jours en 2020. Cette dernière n'est donc pas fondée à soutenir qu'elle résidait sur le territoire français au cours de la période litigieuse et que par suite, l'administration ne pouvait pas lui demander de rembourser un indu de RSA de 6 847,81 euros pour la période de juin 2018 à juillet 2020.

12. En second lieu, aux termes de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles : " L'action en vue du paiement du revenu de solidarité active se prescrit par deux ans. Cette prescription est également applicable, sauf en cas de fraude ou de fausse déclaration, à l'action intentée par l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active, le département ou l'Etat en recouvrement des sommes indûment payées. ".

13. Il résulte de l'instruction que la requérante a perçu le RSA à compter du mois de juin 2018 en indiquant, de façon réitérée, une résidence en France alors même qu'elle ne justifiait plus d'une résidence stable et effective sur le territoire français au cours des années 2018, 2019 et 2020. Dès lors, la CAF de Paris a pu, à bon droit, considérer que la déclaration d'une résidence en France, effectuée de façon répétée pendant près de deux ans, révélait une volonté manifeste de dissimulation et était constitutive d'une fraude. Par suite, la requérante ne saurait faire valoir qu'une partie des indus de RSA serait prescrite en application des dispositions précitées de l'article L. 262-45 du code de l'action sociale et des familles.

14. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, créé par l'article 2 de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d'une société de confiance : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ".

15. En l'espèce, Mme B fait valoir son " droit à l'erreur ", en application des dispositions précitées. Toutefois, une décision de récupération d'indu ne constitue pas une sanction pécuniaire. Dès lors, son édiction n'est pas soumise au respect des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.

16. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision par laquelle la présidente du conseil de Paris a implicitement rejeté le recours préalable formé le 13 janvier 2021 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence celles tendant à la décharge de la somme de 6 847,81 euros pour la période de juin 2018 à juillet 2020.

En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :

17. Aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".

18. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.

19. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au RSA ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.

20. Il résulte de ce qui a été dit au point 11 que les indus mis à la charge de Mme B résultent de ce que la requérante ne justifie pas d'une résidence stable et effective sur le territoire français depuis le mois de juin 2018. Eu égard à la circonstance qu'elle ne pouvait ignorer l'absence de résidence en France, la requérante doit être regardée comme ayant fait de fausses déclarations lesquelles font en principe obstacle à ce qu'elle puisse prétendre à une remise gracieuse de sa dette. Par ailleurs, si la requérante allègue se trouver dans une situation de précarité, elle se borne à faire état de la crise sanitaire, de l'absence d'aide sociale, de son installation en Belgique et de son activité de travailleur indépendant afin de faire valoir qu'elle se trouverait dans une situation de précarité à la date du présent jugement. Par suite, Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle la présidente du conseil de Paris a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette de RSA.

Sur l'indu de PEFA :

21. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 2, la décision attaquée a été prise au vu des résultats du contrôle réalisé par un agent assermenté et non sur le fondement d'un traitement algorithmique. Le moyen tiré d'une prétendue méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.

22. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui a été transmise à la requérante, comporte le nom, le prénom et la qualité de son auteur. Par suite, le moyen manque en fait.

23. En troisième lieu, la décision attaquée cite les textes sur lesquels est fondé l'indu litigieux, notamment le décret n° 2018-1150 du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année aux bénéficiaires du RSA, et précise le motif de l'indu résultant de ce que la requérante ne remplissait pas les conditions pour bénéficier du RSA en novembre 2018 et décembre 2018. Par suite cette décision est motivée en droit et en fait et le moyen tiré d'un défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

24. En quatrième lieu, si, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ", l'article L. 121-2 du même code précise que : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction () ". La décision litigieuse de récupération d'un indu de PEFA prise par la CAF de Paris, qui est un organisme de sécurité sociale, ne constitue pas une sanction. Dès lors, son édiction n'est pas soumise au respect des dispositions précitées de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant. Au surplus, Mme B ne saurait se prévaloir d'une méconnaissance du principe du contradictoire alors qu'elle a pu exercer un recours préalable auprès du directeur de la CAF de Paris afin de contester la décision initiale du 4 janvier 2021.

25. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 14 décembre 2018 portant attribution d'une aide exceptionnelle de fin d'année à certains allocataires du RSA et aux bénéficiaires de l'allocation de solidarité spécifique, de l'allocation équivalent retraite et de l'allocation transitoire de solidarité : " Une aide exceptionnelle est attribuée aux allocataires du revenu de solidarité active qui ont droit à cette allocation au titre du mois de novembre 2018 ou, à défaut, du mois de décembre 2018, sous réserve que le montant dû au titre de ces périodes ne soit pas nul et à condition que les ressources du foyer, appréciées selon les dispositions prises en vertu de l'article L. 262-3 du code de l'action sociale et des familles, n'excèdent pas le montant forfaitaire mentionné au 2° de l'article L. 262-2 du même code. Une seule aide est due par foyer. ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Tout paiement indu d'une aide exceptionnelle attribuée en application du présent décret est récupéré pour le compte de l'Etat par l'organisme chargé du service de celle-ci (). ".

26. Il résulte de l'instruction que la décision par laquelle la CAF a réclamé à Mme B le remboursement de la PEFA 2018 pour un montant de 152,45 euros a été prise au motif qu'il résultait du contrôle de situation de la requérante qu'elle ne remplissait pas la condition de résidence sur le territoire national entre juin 2018 et juillet 2020 pour bénéficier du RSA et, par voie de conséquence, de la PEFA. La CAF de Paris était ainsi fondée à lui demander le remboursement de cette prime indument perçue. Il suit de là que les conclusions tendant à l'annulation de la décision du 7 mars 2022 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence celles tendant au remboursement de la somme de 152,45 euros.

Sur l'indu de prime d'activité :

En ce qui concerne la régularité de la décision d'indu :

27. En premier lieu, ainsi qu'il a été dit aux points 2 et 21, la décision attaquée a été prise au vu des résultats du contrôle réalisé par un agent assermenté et non sur le fondement d'un traitement algorithmique. Le moyen tiré d'une prétendue méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311 3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ne peut qu'être écarté.

28. En deuxième lieu, Mme B soutient que la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale qui prévoit que toute réclamation dirigée contre une décision relative à la prime d'activité doit faire l'objet d'un recours auprès de la commission de recours amiable. Or, il résulte de l'instruction que la requérante a pu former un recours administratif auprès de la commission de recours amiable qui a expressément rejeté son recours par une décision intervenue le 23 novembre 2021. Par suite le moyen manque en fait.

29. En troisième lieu, la requérante soutient que la décision du 23 novembre 2021 de la commission de recours amiable ne comporte pas de signature et qu'ainsi, elle est entachée d'un vice substantiel justifiant son annulation. Toutefois, la CAF de Paris produit à l'instance la décision de la commission de recours amiable dûment signée par Mme Dolorés Dambrin présidente de cette commission. En outre, la décision de la commission de recours amiable a été notifiée par lettre, à entête de la CAF de Paris, du 23 décembre 2021 signée de Mme Marie-Pierre Bouyroux, secrétaire de la commission de recours amiable. Ainsi, l'ensemble de ces éléments permettent d'identifier avec certitude que la décision du 23 novembre 2021 a été prise par la commission de recours amiable. Il suit de là que, dans les circonstances de l'espèce, l'absence de signature, sur l'exemplaire de décision de la commission de recours amiable notifiée à Mme B, n'a pas revêtu un caractère substantiel pouvant justifier l'annulation de la décision attaquée.

30. En quatrième lieu, Mme B soutient que la caisse d'allocations familiales de Paris n'a pas fourni le décompte de la créance, la privant ainsi de la possibilité d'en contester utilement le montant. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que la requérante a sollicité à l'occasion de son recours amiable en date du 13 janvier 2021 la communication de l'ensemble des documents sur lesquels était fondée cette décision, il est constant que la CAF de Paris a communiqué dans le cadre de la présente instance le détail du solde de sa créance et a ainsi mis à même la requérante de contester utilement les sommes qui lui sont réclamées.

31. En cinquième lieu, selon le premier alinéa de l'article L. 114-10 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction applicable au litige : " Les directeurs des organismes chargés de la gestion d'un régime obligatoire de sécurité sociale ou du service des allocations et prestations mentionnées au présent code confient à des agents chargés du contrôle, assermentés et agréés dans des conditions définies par arrêté du ministre chargé de la sécurité sociale ou par arrêté du ministre chargé de l'agriculture, le soin de procéder à toutes vérifications ou enquêtes administratives concernant l'attribution des prestations, le contrôle du respect des conditions de résidence et la tarification des accidents du travail et des maladies professionnelles. (). Ces agents ont qualité pour dresser des procès-verbaux faisant foi jusqu'à preuve du contraire. ". Les conditions d'agrément des agents chargés du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale ont été définies, en dernier lieu, par un arrêté du 5 mai 2014 de la ministre des affaires sociales et de la santé. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que tant l'absence d'agrément que l'absence d'assermentation des agents de droit privé désignés par les caisses d'allocations familiales pour conduire des contrôles sur les déclarations des bénéficiaires du RSA sont de nature à affecter la validité des constatations des procès-verbaux qu'ils établissent à l'issue de ces contrôles et à faire ainsi obstacle à ce qu'elles constituent le fondement d'une décision déterminant pour l'avenir les droits de la personne contrôlée ou remettant en cause des paiements déjà effectués à son profit en ordonnant la récupération d'un indu.

32. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'indu de prime d'activité mis à la charge de Mme B pour un montant de 2 941,44 euros au titre de la période de juin 2018 à juillet 2020 a comme fondement les constatations d'un agent chargé du contrôle de l'application des législations de sécurité sociale. Toutefois, la ville de Paris a établi par les pièces qu'elle a produites que cet agent avait été assermenté le 25 avril 2013 et agrée le 25 juillet 2014. Il en résulte que le moyen tiré d'un vice en l'absence de qualité de l'agent de contrôle manque en fait.

33. En dernier lieu, Mme B se prévaut de la méconnaissance du principe du respect du contradictoire en ce qu'elle n'a pas reçu communication du rapport d'enquête établi à son encontre et qu'elle n'a pas pu présenter ses observations devant la commission du recours amiable de la CAF de Paris. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 8, il résulte de l'instruction que l'intéressée a été informée lors du contrôle qui s'est déroulé le 1er octobre 2020 de son droit à apporter toute précision nécessaire et à contester le rapport du contrôleur. En outre, l'intéressée a pu faire de nouveau valoir ses observations en exerçant le recours préalable obligatoire auprès de la commission de recours amiable, à caractère suspensif, mentionné à l'article L. 845-2 du code de la sécurité sociale, et elle a eu communication des documents sur le fondement desquels la caisse a pris sa décision et en particulier du rapport de contrôle, dans le cadre de la présente instance. Dans ces conditions, et alors que Mme B a bénéficié dans la cadre de cette procédure de garanties en tous points conformes aux exigences garanties par l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, le moyen tiré de la méconnaissance du respect du principe du contradictoire doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé de la décision d'indu :

34. Aux termes de l'article L. 842-1 du code de la sécurité sociale : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective qui perçoit des revenus tirés d'une activité professionnelle a droit à une prime d'activité, dans les conditions définies au présent titre ". Aux termes de l'article R. 842-1 du même code : " Pour l'application de l'article L. 842-1, est considérée comme résidant en France de manière stable et effective la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. Les séjours hors de France qui résultent des contrats mentionnés aux articles L. 262-34 ou L. 262-35 du code de l'action sociale et des familles ou du projet personnalisé d'accès à l'emploi mentionné à l'article L. 5411-6-1 du code du travail ne sont pas pris en compte dans le calcul de cette durée ". Aux termes de l'article R. 842-2 du même code : " Les conditions mentionnées aux articles L. 842-1 et L. 842-2 doivent être remplies par le bénéficiaire de la prime d'activité et son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité :1° Chaque mois civil au cours du trimestre précédant l'examen ou la révision du droit à la prime d'activité ; et 2° Le mois du droit. ".

35. Ainsi qu'il a été dit au point 11, il résulte de l'instruction que Mme B a omis de déclarer à la CAF qu'elle séjournait régulièrement à l'étranger entre juin 2018 et juillet 2020, ainsi qu'il résulte des relevés bancaires consultés par le contrôleur assermenté de la CAF de Paris. En particulier, Mme B ne conteste pas utilement ne pas avoir séjourné hors de France pendant 180 jours en 2018, 332 jours en 2019 et 201 jours en 2020. Si Mme B soutient qu'elle n'a en aucun cas cherché à dissimuler ses départs hors de France et que ses déplacements ont été effectués uniquement à des fins professionnelles, il est constant que ses séjours prolongés et répétés hors de France depuis juin 2018 n'ont fait l'objet d'aucune information auprès de la CAF de Paris, alors que tout séjour à l'étranger supérieur à trois mois doit être signalé. Dans ces conditions, la CAF de Paris a suffisamment établi les manquements imputés à Mme B à raison de l'absence de déclaration de plusieurs séjours à l'étranger pour une durée prolongée. Il s'ensuit que Mme B n'est pas fondée à demander la décharge des sommes en litige.

36. Ainsi qu'il a été dit au point 15, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.

37. Dans ces conditions, les conclusions de Mme B tendant à l'annulation de la décision du 23 novembre 2021 par laquelle la commission de recours de la CAF de Paris a confirmé un indu de prime d'activité de 2 941,44 euros pour la période de juin 2018 à juillet 2020 doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence les conclusions tendant à la décharge de cette somme.

En ce qui concerne la demande de remise gracieuse :

38. Il résulte de l'instruction que Mme B a omis de déclarer à la CAF qu'elle séjournait régulièrement à l'étranger depuis le mois de juin 2018. En particulier, la requérante a résidé à l'étranger pendant 180 jours en 2018, 332 jours en 2019 et 201 jours en 2020. Si Mme B soutient qu'elle n'a en aucun cas cherché à dissimuler ses départs hors de France, il est constant que son absence prolongée et répétée de France entre juin 2018 et juillet 2020 n'a fait l'objet d'aucune information auprès de la CAF de Paris, alors que tout séjour à l'étranger supérieur à trois mois doit être signalé. Dans ces conditions, Mme B ne pouvait ignorer qu'elle était susceptible de ne plus remplir la condition de résidence mentionnée à l'article R. 842-2 précité du code de la sécurité sociale. Il s'ensuit qu'aucune remise de dette ne peut lui être accordée au titre de l'indu de prime d'activité d'un montant de 2 941,44 euros qui a été mis à sa charge

39. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes de Mme B doivent être rejetées dans toutes leurs conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et à la ville de Paris.

Copie sera adressée au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris et à la caisse d'allocations familiales de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juillet 2022.

La magistrate désignée,

S. CLa greffière,

K. Bak-Piot

La République mande et ordonne au ministre des solidarités, de l'autonomie et des personnes handicapées et au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui les concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Nos 2112020/6-2, 2112021/6-2, 2112022/6-2 et 2202579/6-

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