jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2112660 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET KADRAN AVOCATS (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 14 juin 2021, M. C D, représenté par Me Hubert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'action et comptes publics a mis à sa charge le remboursement de la somme de 30 719,77 euros, ensemble la décision implicite par laquelle le ministre de l'action et des comptes publics a rejeté son recours gracieux du 10 février 2021 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer la somme de 30 719,77 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 15 décembre 2020 est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle a réclamé le remboursement des traitements bruts alors que seul le remboursement des traitements nets aurait dû lui être réclamé, hors cotisations sociales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mars 2022, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins de décharge de la somme demandée sont irrecevables, en l'absence de demande indemnitaire préalable et de chiffrage des conclusions ;
- les moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations,
- l'arrêté du 28 décembre 2017 portant délégation des pouvoirs d'ordonnateur secondaire du ministre de l'action et des comptes publics,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. C D, inspecteur principal des finances publiques, a été affecté, par un arrêté du 11 août 2014, en position normale d'activité auprès du service à compétence nationale " traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins " (Tracfin), afin d'exercer les fonctions de responsable sécurité et conformité, à compter du 1er septembre 2014. Par arrêté du 8 mars 2018, M. D a été réintégré pour ordre et affecté à compter du 1er avril 2018 auprès du service Tracfin, en position normale d'activité avec délégation de gestion. A sa demande, par arrêté du 4 juin 2020, M. D a été placé en disponibilité pour convenances personnelles, du 17 août 2020 au 1er septembre 2021. Son traitement lui a été maintenu jusqu'au 15 décembre 2020. Par une décision du directeur du service d'appui aux ressources humaines (SARH) de la direction générale des finances publiques (DGFiP) en date du 15 décembre 2020, M. D a été informé qu'une rémunération d'un montant de 30 719,77 euros brut lui avait été indûment versée à compter du 17 août 2020, correspondant à 134 jours comptables. M. D a formé un recours gracieux contre cette décision le 10 février 2021, reçu le 15 février 2021. En l'absence de réponse de l'administration, une décision implicite de refus est née le 15 avril 2021. Par la présente requête, M. D sollicite l'annulation des décisions du 15 décembre 2020 et du 15 avril 2021.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 28 décembre 2017 portant délégation des pouvoirs d'ordonnateur secondaire du ministre de l'action et des comptes publics : " Les directeurs ou les adjoints des directeurs des services à compétence nationale mentionnés en annexe sont institués ordonnateurs secondaires et, à ce titre, reçoivent délégation de pouvoirs du ministre de l'action et des comptes publics pour l'engagement, la liquidation et l'ordonnancement des recettes et des dépenses relatives à leur activité. " L'annexe de cet arrêté mentionne, parmi ces délégataires, " le directeur du service d'appui aux ressources humaines (SARH) ". Par une décision du 30 novembre 2020, portant délégation de signature en matière d'ordonnancement secondaire, publiée au bulletin officiel des finances publiques n°20-0946 en date du 1er décembre 2020, le directeur du service d'appui aux ressources humaines du ministère de l'action et des comptes publics, M. F B, a subdélégué sa signature à Mme E G, administratrice des finances publiques adjointe, en sa qualité de chargée du pôle centre de services des ressources humaines, lequel gère les indus de rémunération. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision du 15 décembre 2020 détaille les bases et les éléments de calcul sur lesquels l'administration s'est fondée pour déterminer l'indu de rémunération versé à M. D. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit, par suite, être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 37-1 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, alors applicable : " Les créances résultant de paiements indus effectués par les personnes publiques en matière de rémunération de leurs agents peuvent être répétées dans un délai de deux années à compter du premier jour du mois suivant celui de la date de mise en paiement du versement erroné, y compris lorsque ces créances ont pour origine une décision créatrice de droits irrégulière devenue définitive. "
5. Un agent placé en position de disponibilité pour convenance personnelle, par une décision explicite en ce sens et n'étant plus de ce fait en position d'activité, ne peut nécessairement toucher un quelconque traitement, en l'absence de tout service fait. Le maintien indu du versement d'un avantage financier à un agent public, alors même que le bénéficiaire a informé l'ordonnateur qu'il ne remplit plus les conditions de l'octroi de cet avantage, n'a pas le caractère d'une décision accordant un avantage financier et constitue une simple erreur de liquidation. Il appartient à l'administration de corriger cette erreur et de réclamer le reversement des sommes payées à tort, sans que l'agent intéressé puisse se prévaloir de droits acquis à l'encontre d'une telle demande de reversement.
6. Il est constant que M. D a reçu, du 17 août 2020 au 15 décembre 2020, un traitement qui lui était maintenu par erreur alors qu'il se trouvait placé en disponibilité pour convenances personnelles. Si la décision litigieuse du 15 décembre 2020 constate l'existence d'un trop perçu de traitement, dont elle établit le montant brut à 30 719,77 euros, elle renvoie expressément à un titre de perception qui sera établi ultérieurement et devra indiquer les bases de la liquidation. Par suite, la décision attaquée ne peut être regardée comme un titre de perception exigeant de M. D le paiement de la somme de 30 719,77 euros. Dans ces conditions, M. D n'est pas fondé à soutenir qu'en retenant un montant brut plutôt qu'un montant net, la décision litigieuse est entachée d'erreur de droit.
7. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, que la requête de M. D doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
Le rapporteur,
R. A
La présidente,
F. Versol La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2112660/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026