mercredi 14 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2113067 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | FERSTENBERT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête initiale et des mémoires complémentaires, enregistrés le 19 juin 2021, le 21 février 2022 et le 28 mars 2022, M. C, représenté par Me Ferstenbert, demande au tribunal :
1°) de condamner le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) à lui verser une somme de 57 311,68 euros pour réparer les préjudices matériels et moraux causés par la faute née de l'illégalité de la délibération du 6 juin 2019 du jury d'admission du concours de chargé de recherche de la section 37 en économie au titre de l'année 2019 ;
2°) d'assortir cette somme des intérêts légaux et de leur capitalisation ;
3°) de mettre à la charge du CNRS une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient qu'il a subi un préjudice matériel et moral du fait de la décision de refus d'admission au CNRS dont il a fait l'objet.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 14 février 2022 et le 14 mars 2022, le président du Centre national de la recherche scientifique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Belle, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ferstenbert, représentant M. C .
Considérant ce qui suit :
1. M. C, titulaire d'un doctorat en sciences économiques délivré par l'université d'Orléans et chargé de recherche stagiaire auprès de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) s'est présenté au concours organisé pour l'accès pour le recrutement de chargés de recherche de classe normale au titre de l'année 2019 et a été classé en première position sur la liste d'admissibilité. Par une délibération du 6 juin 2019, le jury d'admission ne l'a pas déclaré admis. Par un jugement du 10 mars 2020, le tribunal administratif de Paris a annulé cette délibération au motif que le jury du concours avait illégalement fondé sa décision sur des considérations étrangères au mérite de l'intéressé et par un arrêt, devenu définitif, du
25 septembre 2020, la Cour administrative d'appel de Paris a confirmé ce jugement. M. C a effectué une demande préalable le 20 février 2021, qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 20 avril 2021. Par la présente requête, M. C sollicite l'indemnisation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de l'illégalité de cette délibération.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne la faute :
2. Il résulte de l'instruction que M. C était classé en première position, sur six candidats retenus, à l'issue de la phase d'admissibilité du concours sur titres et travaux pour le recrutement de chargés de recherche de classe normale n°37/02 (section 37) au CNRS ouvert au titre de l'année 2019 par un arrêté du 29 novembre 2018 pour lequel trois postes étaient offerts et qu'il n'a pas été déclaré admis pour des raisons étrangères à ses mérites individuels. Par suite, l'illégalité de la délibération du jury de concours du 6 juin 2019 qui en résulte l'a privé d'une chance sérieuse de réussite à ce concours. Cette illégalité, constitutive d'une faute, est de nature à engager la responsabilité du CNRS pour les préjudices en lien direct et certain avec cette faute.
En ce qui concerne le préjudice financier :
3. M. C fait valoir qu'il serait privé d'une somme de 23 724,48 euros correspondant au traitement indiciaire annuel net à l'indice majoré 510, d'une somme de 2200 euros correspondant à la prime de recherche prévue par l'arrêté du 26 février 2021 et une prime de 14 000 euros correspondant à quatre années de prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR). Toutefois, il résulte de l'instruction que M. C occupait un emploi de chargé de recherche stagiaire de classe normale, au 2ème échelon et à l'indice majoré 510 à l'Institut de recherche pour le développement, conforme à celui qu'il aurait occupé s'il avait été admis au concours du CNRS. En se bornant à produire un arrêté du 26 février 2021 fixant le montant annuel des attribution individuelles de la prime de recherche instituée par le décret n°57-759 du
6 juillet 1957 instituant un fonds de participation à la recherche scientifique, il ne justifie pas qu'il aurait eu droit à cette prime au titre de l'année 2020. Par ailleurs, s'il indique que la prime d'encadrement doctoral et de recherche (PEDR) est versée automatiquement à l'ensemble des chargés de recherche, il résulte de l'instruction, et notamment du formulaire intitulé " PEDR - Campagne 2019 ", que cette prime récompense l'engagement des chercheurs dans leur activité de recherche et qu'il convient de se porter candidat dans le cadre d'une campagne d'attribution, sans qu'il en résulte qu'elle aurait un caractère automatique. Par suite, M. C n'établit pas les préjudices matériels qu'il invoque.
4. M. C peut se prévaloir de frais relatifs au suivi de séances de consultation médicale d'un montant de 760 euros en lien direct et certain avec son préjudice, qu'il convient de mettre à la charge du CNRS.
5. M. C fait valoir qu'il aurait eu à sa charge 6 480 euros de frais d'avocat et une somme de 127,20 euros correspondant à des billets de train pour se rendre en juridiction les 23 juillet 2019, 25 février 2020 et 11 septembre 2020 pour assister respectivement aux audiences du juge des référés du tribunal administratif de Paris, puis de la formation collégiale au fond du même tribunal et enfin de la Cour administrative d'appel de Paris. Toutefois, des frais de justice lui ont été accordés dans ces deux dernières instances de 1 500 euros et 1 000 euros respectivement. Ces frais ne peuvent donc être indemnisés une seconde fois. Par ailleurs, il ne produit qu'un billet de train d'un montant de 15, 80 euros pour un voyage à Paris le 23 juillet 2019, qu'il convient de mettre à la charge du CNRS.
En ce qui concerne le préjudice moral :
6. D'autre part, M. C demande réparation du préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence, incluant sa perte de réputation résultant du refus d'admission pour l'accès au poste de chargé de recherche de classe normale n°37/02 (section 37) au CNRS. Il sera fait une juste appréciation des préjudices de cette nature subis par M. C en lui octroyant, à ce titre, la somme de 5 000 euros.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. C est fondé à demander la condamnation du CNRS à lui verser la somme de 5 775,80 euros.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
8. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1153 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
9. Les sommes allouées au point 7 du présent jugement porteront intérêt au taux légal à compter de la date de la demande préalable le 28 février 2021 de M. C avec capitalisation à compter du 28 février 2022, puis à chaque échéance annuelle.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du CNRS le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Le Centre national de la recherche scientifique est condamné à verser à M. C la somme de 5 775,80 euros, assortie des intérêts au taux légal à compter du 28 février 2021. Les intérêts échus à la date du 19 juin 2022 puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes des intérêts.
Article 2 : Le Centre national de la recherche scientifique versera également à M. C la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête de M. C est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au président du Centre national de la recherche scientifique.
Délibéré après l'audience du 30 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Vidal, présidente,
Mme Edert, première conseillère,
M. Baudat, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 décembre 2022.
Le rapporteur,
J-B A
La présidente,
S. VIDALLa greffière,
S. COULANT
La République mande et ordonne à la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026