lundi 31 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2113485 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BERGER, THIRY ET ASSOCIES - BTA (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 juin 2021, et deux mémoires en réplique, enregistrés les 5 septembre 2021 et 2 octobre 2022, M. B A, représenté par Me Thiry, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 avril 2021 par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris a rejeté son opposition à la saisie administrative à tiers détenteur en date du 23 mars 2021, ensemble ladite saisie ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les entiers dépens.
Il soutient que :
- dès lors qu'il avait fait appel du jugement n° 1900181 du 13 octobre 2020 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa requête tendant à la décharge des impôts sur le revenu et des prélèvements sociaux, en droits et en pénalités, mis à sa charge au titre des années d'imposition 2012 et 2013, le service ne pouvait régulièrement engager, à son encontre, une procédure de recouvrement et de saisie administrative à tiers détenteur ;
- la procédure de rectification suivie à son encontre par la proposition de rectification que lui a adressée l'administration fiscale dans le Bas-Rhin le 4 août 2015 est entachée de nullité dès lors qu'elle ne lui a pas été régulièrement notifiée ;
- les avis d'imposition pour l'année 2013 ne lui ont pas été régulièrement notifiés ;
- les rappels afférents à la SARL Sterling ne pouvaient être regardés comme des revenus distribués.
Par trois mémoires, enregistrés les 19 juillet 2021, 4 octobre et 6 octobre 2022, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Huin-Morales, conseiller,
- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, domicilié 24, avenue Suffren à Paris (15ème), est le gérant et l'associé unique de la société à responsabilité limitée (SARL) Sterling, qui a pour objet la gestion de patrimoine et le conseil aux entreprises et qui a été placée en liquidation judiciaire par un jugement du 13 octobre 2014 du tribunal de grande instance de Strasbourg. A la suite d'une vérification de comptabilité, l'administration fiscale a procédé à une évaluation d'office des bases d'impositions de la SARL Sterling relatives aux exercices clos en 2011, 2012 et 2013. Par une proposition de rectification du 4 mai 2015, M. A a été informé que les rehaussements du résultat de la SARL Sterling ont été regardés par l'administration fiscale comme des revenus distribués. M. A a été assujetti à des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour les années 2012 et 2013 s'élevant, en droits et pénalités, à la somme de 111 313 euros. Il a contesté cet assujettissement par un recours introduit le 11 janvier 2019 devant le tribunal administratif de Strasbourg, qui a rejeté sa requête par un jugement n° 1900181 du 13 octobre 2020. Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2020, il a interjeté appel de cette décision auprès de la cour administrative de Nancy. Le 23 mars 2021, une saisie administrative à tiers détenteur a été délivrée à son établissement bancaire, à la requête du pôle de recouvrement spécialisé parisien 2, pour paiement d'une somme de 180 176 euros correspondant au solde, en droits et en pénalités, des impôts sur le revenu et des prélèvements sociaux au titre des années d'imposition 2012 et 2013. Par une décision du 26 avril 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris a rejeté l'opposition à la saisie administrative à tiers détenteur formulée le 26 avril 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la procédure de recouvrement et de saisie administrative à tiers détenteur délivrée le 23 mars 2021.
2. En premier lieu, aux termes des deux premiers alinéas de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent. "
3. Les dispositions précitées de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales, qui ont pour objet de permettre de surseoir au paiement des impositions lorsqu'il a été formé contre elles une réclamation contentieuse, n'ont de portée que pendant la durée de l'instance devant le tribunal administratif, dès lors que, lorsque le tribunal s'est prononcé au fond, son jugement rend à nouveau exigibles les impositions dont il n'a pas prononcé la décharge.
4. En l'espèce, l'appel interjeté par M. A du jugement du tribunal administratif de Strasbourg n° 1900181 du 13 octobre 2020, en tant que celui-ci a rejeté ses conclusions à fin de décharge, ne faisait pas obstacle à ce que le comptable public du pôle de recouvrement spécialisé de Paris 2 poursuivît le recouvrement de ces impôts au moyen de la saisie administrative à tiers détenteur litigieuse. Pour autant, il résulte de l'instruction, d'une part, que, par un arrêt n° 20NC03698 du 9 juin 2022 devenu définitif, la cour administrative d'appel de Nancy a prononcé la décharge des impôts sur le revenu et des prélèvements sociaux, en droits et pénalités, mis à la charge de l'intéressé au titre des années d'imposition 2012 et 2013 et, d'autre part, que les sommes mises en recouvrement par la saisie administrative à tiers détenteur en date du 23 mars 2021 correspondent également aux impôts sur le revenu et aux prélèvements sociaux, en droits et pénalités, au titre des années d'imposition 2012 et 2013, qui ont fait l'objet d'une décharge. Par conséquent, en application de l'arrêt mentionné de la cour administrative d'appel de Nancy, la saisie administrative à tiers détenteur engagée à l'encontre de M. A est devenue sans fondement à hauteur des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012 et 2013, mises en recouvrement le 31 juillet 2015, soit un montant de 111 313 euros. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu à statuer sur les conclusions formées par M. A dans le cadre de la présente instance.
5. En deuxième lieu, M. A soutient qu'il n'a pas eu connaissance des cotisations d'impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux mises en recouvrement le 31 juillet 2016 dès lors que l'avis d'imposition ne lui a pas été régulièrement notifié. Il résulte de l'instruction, d'une part, que la saisie administrative à tiers détenteur fait état d'un montant de 180 176 euros supérieur aux 111 313 euros ayant fait l'objet de la décharge accordée par l'arrêt susmentionné de la cour administrative d'appel de Nancy et, d'autre part, que l'administration n'établit ni avoir notifié à M. A l'avis d'imposition relatif aux cotisations litigieuses, ni avoir informé l'intéressé de la mise en recouvrement du rôle. Par suite, la somme réclamée à M. A par la saisie administrative à tiers détenteur n'était pas légalement exigible. Dans ces conditions, M. A est fondé à solliciter la décharge de l'obligation de payer les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2013 mises en recouvrement le 31 juillet 2016.
6. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A à due concurrence des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012 et 2013, mises en recouvrement le 31 juillet 2015, soit un montant de 111 313 euros.
Article 2 : M. A est déchargé de l'obligation de payer les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2013 mises en recouvrement le 31 juillet 2016.
Article 3 : L'Etat versera à M. A la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sorin, président,
M. Huin-Morales, conseiller,
Mme de Saint Chamas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 octobre 2022.
Le rapporteur,
B. HUIN-MORALES
Le président,
J. SORINLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026