jeudi 20 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2114851 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | MARTIN SOL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 juillet 2021, Mme B A, représentée par
Me Martin-Sol, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 28 avril 2021, par laquelle la ministre des armées a rejeté son recours administratif préalable obligatoire devant la commission des recours des militaires ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 12 436,97 euros due au titre de sa solde, pour la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2020, et la somme de 3 000 euros, en raison du préjudice moral qu'elle estime avoir subi, assortie des intérêts au taux légal, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) d'enjoindre au ministre des armées de reconstituer sa carrière, de manière rétroactive, à compter du 1er novembre 2019, dans un délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat les dépens et la somme de 3 500 euros en application des dispositions de l'article L 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en ne la plaçant pas en congé maladie à compter du 1er novembre 2019, jusqu'à l'épuisement de ses droits à congés maladie, puis en congés de longue durée pour maladie, l'administration l'a placée dans une position irrégulière et a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- elle a subi un préjudice financier de 12 436, 97 euros due au titre de sa solde, pour la période du 1er novembre 2019 au 31 octobre 2020, et un préjudice moral, à hauteur de 3 000 euros ;
- la décision du 28 avril 2021 est illégale dès lors qu'en saisissant la commission de réforme et en la radiant des cadres pour inaptitude physique, elle a été privée du bénéfice de ses droits à congé de longue durée pour maladie.
Par un mémoire en défense enregistré le 20 octobre 2022, le ministre des armées conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- l'Etat n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;
- les préjudices allégués ne revêtent pas de caractère réel ;
- les moyens au soutien des conclusions à fin d'annulation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la défense ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Hélard,
- les conclusions de Mme Nikolic, rapporteure publique,
- et les observations de Me Gillotin, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, recrutée le 6 janvier 2003 en qualité d'élève-officier sous contrat rattaché au corps des officiers des bases de l'air, a été placée en position de détachement par un arrêté du 30 mai 2017, au sein de la direction des ressources humaines du ministère de la défense, pour une durée d'un an, du 1er novembre 2017 au 31 octobre 2018, afin d'exercer les fonctions de chef de section d'administration fonctionnelle au sein de la banque de données ressources humaines. Par un arrêté du 10 octobre 2018, l'intéressée a été maintenue en position de détachement pour la période du 1er novembre 2018 au 31 octobre 2019. Par un arrêté du
12 septembre 2019, Mme A a été placée en position de congé de longue maladie pour la période du 15 mars 2019 au 14 septembre 2019. Par un arrêté du 17 octobre 2019, elle s'est vue réintégrer dans les cadres de l'armée de l'air à compter du 1er novembre 2019. Le
25 octobre 2019, la ministre des armées l'a autorisée à contracter un engagement d'une durée d'un an à compter du 1er novembre 2019 en qualité d'officier sous contrat, ce que Mme A a accepté le 22 novembre 2019. Par une décision du 10 mars 2020, la ministre des armées a rayé Mme A des contrôles de l'armée de l'air à compter du 1er novembre 2019. Par une demande du 12 mars 2020, notifiée le 22 avril suivant, Mme A a demandé le versement d'une somme de 18 000 euros, à parfaire, correspondant à la solde qu'elle aurait dû percevoir et l'indemnisation du préjudice financier et du préjudice moral qu'elle estime avoir subis. Par une requête n°2006769, enregistrée le 28 avril 2020, elle a saisi le juge des référés d'une demande tendant à la suspension de la décision du 10 mars 2020. Par une décision du 7 mai 2020, la décision du 10 mars 2020 a été retirée. Par une ordonnance du 14 mai 2020, la juge des référés du tribunal administratif de Paris a jugé qu'il n'y avait plus de statuer sur les conclusions aux fins de suspension de la décision du 10 mars 2020. Le 19 juin 2020, l'intéressée a saisi la commission des recours des militaires du rejet implicite de sa demande du 12 mars 2020. Par une requête enregistrée le 22 juin 2020, Mme A a saisi le tribunal d'une requête en référé-provision. Le 5 août 2020, la ministre des armées a prorogé pour une période d'un an, à compter du 1er novembre 2019, le contrat d'engagement souscrit par Mme A le 14 septembre 2016, la plaçant ainsi en position d'activité. Le 25 août 2020, la ministre des armées a de nouveau réintégré Mme A suite à son détachement. Par une décision du 10 septembre 2020, la ministre des armées a agréé la présentation de Mme A devant la commission de réforme des militaires de l'armée de l'air. Le 25 septembre 2020, la ministre des armées a versé une somme de 19 771,59 euros à Mme A au titre des droits à solde de l'intéressée au cours de ses périodes de congés de maladie ordinaire du 1er novembre 2019 au 31 décembre 2019, du
16 janvier 2020 au 16 février 2020 et du 29 mai 2020 au 23 août 2020. Par un arrêté du
7 octobre 2020, la ministre des armées a radié Mme A des contrôles à compter du
1er novembre 2020, en raison de son inaptitude physique au service. Par un courrier du
12 novembre 2020, notifiée le 16 novembre suivant, Mme A a saisi la commission des recours des militaires du rejet implicite de sa demande indemnitaire préalable du 12 mars 2020 et d'une demande tendant à l'annulation de la décision du 10 septembre 2020 et de la décision du
7 octobre 2020. Par une décision du 14 avril 2021, la juge des référés du tribunal a condamné l'Etat à verser à Mme A la somme de 11 784,50 euros à titre de provision, avec intérêt au taux légal à compter de la date de réception de sa demande préalable indemnitaire du
12 mars 2020. Par une décision du 28 avril 2021, notifiée le 10 mai suivant, la ministre des armées a rejeté le recours préalable obligatoire de Mme A devant la commission des recours des militaires. Par la présente requête, Mme A demande d'annuler cette dernière décision, de condamner l'Etat à lui verser la somme de 15 436,97 euros en réparation des préjudices subis et de d'enjoindre au ministre des armées de reconstituer sa carrière.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 4138-3 du code de la défense : " Les congés de maladie, d'une durée maximale de six mois pendant une période de douze mois consécutifs, sont attribués en cas d'affection dûment constatée mettant le militaire dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. " Aux termes de l'article R. 4138-3 du même code : " Le congé de maladie prévu à l'article L. 4138-3 est la situation du militaire dont le service est interrompu en raison d'une maladie ou d'une blessure le plaçant dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. / Le congé de maladie est attribué sur demande ou d'office par le commandant de la formation administrative d'affectation ou d'emploi du militaire concerné, sur le fondement d'un certificat établi par le médecin, le chirurgien-dentiste ou la sage-femme qui en a prescrit la nécessité. () Le commandant de la formation administrative d'affectation ou d'emploi peut, à tout moment, faire procéder à un contrôle médical du militaire placé en congé de maladie afin de s'assurer que ce congé est justifié. / Le contrôle médical est effectué par un praticien des armées n'exerçant pas son activité au sein de cette formation. Le militaire doit se soumettre à ce contrôle, sous peine de suspension du versement de sa rémunération ou de l'interruption du congé. / Lorsque la durée des congés de maladie est, pendant une période de douze mois consécutifs, supérieure à six mois, le militaire qui ne peut pas reprendre ses fonctions est placé, selon l'affection présentée, en congé de longue durée pour maladie ou en congé de longue maladie dans les conditions prévues aux articles R. 4138-47 à R. 4138-58. Toutefois, si son état de santé le nécessite, il peut bénéficier d'un congé du blessé dans les conditions prévues aux articles R. 4138-3-1 et
R. 4138-3-2. "
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 4138-12 du code de la défense : " Le congé de longue durée pour maladie est attribué, après épuisement des droits de congé de maladie ou des droits du congé du blessé prévus aux articles L. 4138-3 et L. 4138-3-1, pour les affections dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat. / Lorsque l'affection survient du fait ou à l'occasion de l'exercice des fonctions ou à la suite de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article
L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, ce congé est d'une durée maximale de huit ans. Le militaire perçoit, dans les conditions fixées par décret en Conseil d'Etat, sa rémunération pendant cinq ans, puis une rémunération réduite de moitié les trois années qui suivent. / Dans les autres cas, ce congé est d'une durée maximale de cinq ans et le militaire de carrière perçoit, dans les conditions définies par décret en Conseil d'Etat, sa rémunération pendant trois ans, puis une rémunération réduite de moitié les deux années qui suivent. Le militaire servant en vertu d'un contrat réunissant au moins trois ans de services militaires bénéficie de ce congé, pour lequel il perçoit sa rémunération pendant un an, puis une rémunération réduite de moitié les deux années qui suivent. Celui réunissant moins de trois ans de services militaires bénéficie de ce congé, non rémunéré, pendant une durée maximale d'un an. / Le militaire placé en congé de longue durée pour maladie continue à figurer sur la liste d'ancienneté, concourt pour l'avancement à l'ancienneté et, dans les cas visés au deuxième alinéa du présent article, pour l'avancement au choix. Le temps passé en congé est pris en compte pour l'avancement et pour les droits à pension de retraite. " Aux termes de l'article
R. 4138-47 du même code : " Le congé de longue durée pour maladie est la situation du militaire, qui est placé, au terme de ses droits à congé de maladie ou de ses droits à congé du blessé, dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions pour l'une des affections suivantes : / 1° Affections cancéreuses ; / 2° Déficit immunitaire grave et acquis ; / 3° Troubles mentaux et du comportement présentant une évolution prolongée et dont le retentissement professionnel ou le traitement sont incompatibles avec le service. " Aux termes de l'article R. 4138-48 du même code : " Le congé de longue durée pour maladie est attribué, sur demande ou d'office, dans les conditions fixées à l'article L. 4138-12, par décision du ministre de la défense, ou du ministre de l'intérieur pour les militaires de la gendarmerie nationale, sur le fondement d'un certificat médical établi par un médecin des armées, par périodes de six mois renouvelables. " Aux termes de l'article R. 4138-51 du code de la défense : " La date de départ de la première période de congé de longue durée pour maladie est fixée au jour qui suit la date d'expiration des droits à congé de maladie ou à congé du blessé. / Le point de départ des autres périodes est fixé au jour qui suit la date d'expiration de la période précédente. / Le militaire en congé de longue durée pour maladie ne peut reprendre le service à l'expiration ou au cours d'une période de congé que s'il est reconnu apte à la suite d'un examen médical pratiqué par un médecin des armées. " Et aux termes de l'article R. 4138-52 du même code : " Le militaire placé en congé de longue durée pour maladie perçoit la solde indiciaire, l'indemnité pour charges militaires, les primes et indemnités liées à la qualification ainsi que l'indemnité pour services aériens au taux n° 1 dans la limite des droits ouverts par l'exécution des épreuves de contrôle. / Il perçoit en outre la totalité des indemnités de résidence et pour charge de famille ainsi que, le cas échéant, la majoration de l'indemnité pour charges militaires. "
4. Mme A, officier sous contrat d'engagement à compter du 1er novembre 2019 jusqu'au 31 octobre 2020, à la suite de son détachement dans le corps des attachés d'administration de l'Etat, a été rétroactivement placée en position d'activité à compter du
1er novembre 2019 jusqu'au 31 octobre 2020. Pour les périodes du 1er novembre 2019 au
31 décembre 2019, du 16 janvier 2020 au 16 février 2020 et du 29 mai 2020 au 23 août 2020, l'administration l'a rétroactivement placée en congé maladie ordinaire.
5. Mme A soutient que, en ne la plaçant pas en congé maladie ordinaire, à compter du 1er novembre 2019, puis en congé de longue durée pour maladie, après épuisement de ses droits à congés maladie, l'administration l'a maintenue dans une position irrégulière.
6. Il résulte de l'instruction que, à compter du 1er novembre 2019 jusqu'au
16 février 2020 et du 29 mai 2020 au 1er novembre 2020, date de sa radiation pour inaptitude physique au service, Mme A a été dans l'incapacité d'exercer ses fonctions d'officier sous contrat, en raison de son état de santé. Si le ministre des armées fait valoir qu'en l'absence de production de certificats médicaux justifiant son arrêt pour les périodes du 1er au 15 janvier 2020, du 17 février au 28 mai 2020 et du 24 août au 31 octobre 2020, Mme A, en position d'activité, devait être considérée comme n'ayant pas exécuté son service, il résulte toutefois de l'instruction que l'administration avait connaissance de l'état de santé de l'agent et de son incapacité à reprendre ses fonctions du 1er au 15 janvier 2020 et à compter du 5 juin 2020. A ce titre, le 17 décembre 2019, le médecin des armées, en estimant qu'elle devait bénéficier d'un renouvellement de son congé de longue durée pour maladie jusqu'au 30 juin 2020, a statué, implicitement mais nécessairement, sur son inaptitude à reprendre ses fonctions. Ce médecin a, le 6 février 2020, statué sur son inaptitude au service jusqu'au 16 février suivant, sans pouvoir se déterminer son aptitude ou son inaptitude générale au service. En outre, l'administration fait valoir que Mme A a été reconnue définitivement inapte au service par un médecin des armées, le 5 juin 2020, puis le 8 septembre 2020, avant que la commission de réforme se prononce, le 7 octobre 2020, sur son inaptitude définitive au service. En revanche, à défaut de certificat médical, il ne résulte pas de l'instruction que Mme A aurait été inapte à l'exercice de ses fonctions du 17 février 2020 au 5 juin suivant, ni qu'elle ait été examinée par un médecin des armées à ce titre. Dans ces conditions, le ministre des armées étant informé de l'état de santé de Mme A par ses propres services, il devait, en application des dispositions précitées aux points 2 et 3, placer Mme A en congé maladie pour une durée de six mois et en congé de longue durée pour maladie, sous réserve que son affection relève de celles prévues par l'article R. 4138-47 du code de la défense, jusqu'au 1er novembre 2020, date à laquelle elle a été réformée pour inaptitude physique au service et radiée des cadres, à l'exception de la période du 17 février 2020 au 5 juin 2020, au cours de laquelle Mme A était en position normale d'activité. En maintenant la requérante en position normale d'activité et se bornant à la placer rétroactivement en congé maladie pour les périodes mentionnées au point 4, le ministre n'a pas placé l'agent dans une position régulière et a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne les préjudices
7. Il résulte de l'instruction que Mme A a reçu, le 25 septembre 2020, la somme de 19 771,59 euros correspondant au montant net des émoluments lui étant dus pour les périodes du 1er novembre 2019 au 31 décembre 2019, du 16 janvier 2020 au 16 février 2020 et du
29 mai 2020 au 23 août 2020. Il résulte également de l'instruction que par l'ordonnance
n° 2008789/5-2 du 14 avril 2021, la juge des référés du tribunal administratif a condamné l'Etat à verser à Mme A une provision de 10 784,50 euros, correspondant au montant net des émoluments qui lui étaient dus pour la période du 1er au 15 janvier 2020 et pour la période du
24 août 2020 au 31 octobre 2020. Mme A, qui pouvait bénéficier de sa rémunération pendant son congé maladie ordinaire et son congé de longue durée pour maladie, a subi un préjudice financier tenant à l'absence de rémunération au cours des périodes du 1er au 15 janvier 2020 et du 24 août 2020 au 31 octobre 2020. Ainsi, Mme A est renvoyée devant l'administration pour procéder au calcul et au versement d'une indemnité correspondant à la rémunération qu'elle aurait dû percevoir du 1er au 15 janvier 2020 et du 24 août 2020 au 31 octobre 2020, dont il doit être déduit la provision de 10 784,50 euros allouée par l'ordonnance n° 2008789/5-2 du
14 avril 2021.
8. Il résulte de l'instruction que la situation administrative de Mme A a été perturbée à compter du 1er novembre 2019 et qu'elle a dû mener plusieurs actions contentieuses afin de régulariser sa situation administrative et obtenir l'indemnisation du préjudice financier qu'elle a subi. En outre, il résulte de l'instruction que par l'ordonnance n° 2008789/5-2 du
14 avril 2021, la juge des référés du tribunal administratif a condamné l'Etat à verser à
Mme A une provision de 1 000 euros au titre du préjudice moral qu'elle a subi. Dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en condamnant l'Etat à lui verser 2 000 euros au titre du préjudice, dont il doit être déduit la provision de 1 000 euros allouée par l'ordonnance n° 2008789/5-2 du 14 avril 2021 à ce titre.
9. Les sommes versées au titre du préjudice financier et du préjudice moral seront assorties des intérêts aux taux légal à compter du 22 avril 2020, date de réception de la demande indemnitaire préalable de Mme A.
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir ces conclusions d'une astreinte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
11. Aux termes de l'article L. 4139-14 du code de la défense : " La cessation de l'état militaire intervient d'office dans les cas suivants : () 4° Pour réforme définitive, après avis d'une commission de réforme dont les modalités d'organisation et de fonctionnement sont fixées par décret en Conseil d'Etat (). " Aux termes de l'article R. 4139-55 du même code : " La commission de réforme des militaires est compétente pour émettre un avis médical portant : / 1° Sur l'inaptitude définitive au service d'un militaire, quels que soient son statut et son lien au service (). " Aux termes de l'article 4139-56 du même code : " La commission de réforme des militaires est saisie : / 1° Dans le cas prévu au 1° de l'article R. 4139-55, par l'autorité administrative dont dépend le militaire. Cette autorité agit soit sur demande du militaire, soit de son propre chef (). " Aux termes de l'article R. 4139-60 du même code : " Le ministre de la défense, ou le ministre de l'intérieur pour les militaires de la gendarmerie nationale, prend, par arrêté, une décision conforme à l'avis de la commission de réforme des militaires. "
12. Mme A doit être regardée comme soutenant que la décision du
10 septembre 2020, par laquelle sa présentation à la commission de réforme a été agréée, et la décision du 7 octobre 2020, portant réforme définitive et radiation des cadres, sont entachées d'une erreur de droit, dès lors qu'elles l'ont privée du bénéfice des congés de longue durée pour maladie au-delà du 31 octobre 2020. Toutefois, il résulte des dispositions citées au point précédent que l'administration peut, de son propre chef, soumettre le militaire à la commission de réforme afin d'apprécier son aptitude au service et est tenue de prendre une décision conforme à l'avis de de la commission. Mme A ayant été reconnue définitivement inapte au service par un avis de la commission de réforme, réunie le 7 octobre 2020, la ministre était tenue de faire cesser son état militaire. Ainsi, le moyen, à le supposer opérant, ne peut être qu'écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation et les conclusions à fin d'injonction de Mme A ne peuvent être que rejetées.
Sur les frais d'instance
14. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat, partie perdante, une somme de 2 000 euros à verser à Mme A, représentée, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme A est renvoyée devant l'administration pour procéder au calcul et au versement d'une indemnité correspondant à la rémunération qu'elle aurait dû percevoir du
1er janvier 2020 au 15 janvier 2020 et du 24 août 2020 au 31 octobre 2020, dont il doit être déduit la provision de 10 784,50 euros allouée par l'ordonnance n° 2008789/5-2 du
14 avril 2021, sous réserve que son affection relève de celles prévues par l'article R. 4138-47 du code de la défense.
Article 2 : L'Etat versera 2 000 euros au titre du préjudice moral de Mme A, dont il doit être déduit la provision de 1 000 euros allouée par l'ordonnance n° 2008789/5-2 du
14 avril 2021.
Article 3 : Les sommes versées en exécution des articles 1 et 2 seront assorties des intérêts au taux légal à compter du 22 avril 2020.
Article 4 : L'Etat versera à Mme A la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre des armées.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2023 à laquelle siégeaient :
M. Gros, président,
M. Rebellato, premier conseiller,
M. Hélard, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.
Le rapporteur,
R. HELARD
Le président,
L. GROS
La greffière,
S. PORRINAS
La République mande et ordonne au ministre des armées, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
N°2114851/5-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026