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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2115493

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2115493

mercredi 30 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2115493
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation3e Section - 1re Chambre - R.222-13
Avocat requérantCABINET KIRMEN & LEFEBVRE (SELARL)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 juillet 2021, Mme B C, représenté par Me Lefebvre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 avril 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de l'ensemble des points de son permis de conduire et a constaté la perte de validité de son titre de conduite pour défaut de points ;

2°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points de son permis de conduire à la suite des infractions des 7 novembre 2019, 31 décembre 2019, 10 janvier 2020, 4 mai 2020, 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 17 h 49 et 21 h 49, 19 mai 2020, 18 juin 2020, 10 juillet 2020, 28 octobre 2020, 7 novembre 2020, 16 novembre à 19 h 07, 19 h 19 et 19 h 23 et 11 décembre 2020 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que :

- les décisions de retrait de points qui n'ont pas été matérialisées par un écrit n'ont jamais été notifiées ;

- la réalité des infractions n'est pas établie ;

- elle n'a pas reçu l'information relative au permis à points au moment de la constatation des infractions en méconnaissance des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juin 2022, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête.

Il fait valoir que :

- les infractions des 10 juillet 2020, 28 octobre 2020, 16 novembre 2020 à 19 h 07 et 19 h 19 et du 11 décembre 2020 ont été supprimées du dossier de Mme C qui dispose d'un solde positif de points ; les conclusions dirigées contre ces retraits sont donc sans objet ;

- les autres moyens ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme A a présenté son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a commis, les 7 novembre 2019, 31 décembre 2019, 10 janvier 2020, 4 mai 2020, 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 17 h 49 et 21 h 49, 19 mai 2020, 18 juin 2020, 10 juillet 2020, 28 octobre 2020, 7 novembre 2020, 16 novembre à 19 h 07, 19 h 19 et 19 h 23 et 11 décembre 2020, diverses infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de la totalité des points affectés à son permis de conduire. Par une décision en date du 16 avril 2021, le ministre de l'intérieur a notifié à Mme C le dernier retrait de points et a constaté, en lui rappelant les précédentes décisions portant retrait de points, qu'elle avait perdu le droit de conduire. Mme C demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte tant des déclarations du ministre de l'intérieur que des mentions concordantes du relevé d'information intégral relatif à la situation de la requérante, que les infractions des 10 juillet 2020, 28 octobre 2020, 16 novembre 2020 à 19 h 07 et 19 h 19 et du 11 décembre 2020 ont été supprimées du dossier de Mme C qui dispose d'un solde positif de points et que ce document ne comporte pas de décision constatant l'invalidation du permis de conduire de l'intéressée pour solde de points nul. Par suite, dès lors que les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions, qui doivent être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'intérieur postérieurement à l'introduction de la requête, sont devenues sans objet, il n'y a plus lieu d'y statuer.

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du requérant édité le 26 juin 2022 et produit par le ministre de l'intérieur, que le point retiré du capital de points affectés au permis de conduire de Mme C à la suite de l'infraction du 10 janvier 2020, a été réattribué antérieurement à l'introduction de la requête de Mme C enregistrée le 9 juillet 2021. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de cette décision relative à ce retrait, dépourvues d'objet, sont en conséquence irrecevables et doivent être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

S'agissant du moyen tiré du défaut de notification des décisions de retraits de points :

4. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif. ".

5. Les conditions de notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévue par les dispositions précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressée et de faire courir le délai dont elle dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, la circonstance, à la supposer établie, que Mme C n'aurait été informée des décisions successives de retrait de points qu'à la lecture de son relevé d'information intégral est, en tout état de cause, sans incidence sur la légalité des décisions de retrait de points. De même, l'absence de notification de la décision " 48 SI " est sans influence sur la légalité de cette décision. Par suite, le moyen tiré du défaut de notification des décisions attaquées doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré du défaut de matérialisation des décisions de retrait de points :

6. Aux termes de l'article L.223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. Lorsque le nombre de points est nul, le permis perd sa validité. La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Le contrevenant est dûment informé que le paiement de l'amende entraîne reconnaissance de la réalité de l'infraction et par là même réduction de son nombre de points. ". Aux termes de l'article L.225-1 du code de la route : " Il est procédé, dans les services de l'Etat et sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, à l'enregistrement : () 7° De toute modification du nombre de points affectant un permis de conduire dans les conditions définies aux articles L. 223-1 à L. 223-8. ".

7. Il résulte des dispositions qui précèdent que le retrait de points

qu'elles prévoient intervient de plein droit dès lors qu'a été établie la réalité de l'infraction et que ce retrait est matérialisé par l'inscription de la perte de points correspondant au fichier

national des permis de conduire sur le relevé d'information intégral. Le moyen ainsi soulevé doit être écarté comme manquant en fait.

S'agissant du moyen tiré du défaut d'information préalable :

8. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle en ce qu'elles mettent l'intéressé en mesure de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis.

9. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Lorsque le contrevenant, après avoir reçu le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, ne forme pas de réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale ou s'acquitte spontanément de cette amende forfaitaire majorée, sans élever d'objection, il doit être regardé comme renonçant à contester la majoration de l'amende forfaitaire dont il devait s'acquitter dans le délai en reconnaissant que le délai dont il disposait, en vertu du formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus qui lui a alors nécessairement été remis, pour s'acquitter de cette amende forfaitaire, était expiré. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique au modèle et dont il est établi, notamment dans les conditions décrites ci-dessus, qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation à son encontre, a nécessairement reçu le formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

Quant aux infractions des 7 novembre 2019, 31 décembre 2019, 4 mai 2020, 19 mai 2020, 7 novembre 2020 et 16 novembre à 19 h 23 :

10. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte, d'une part, les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire et, d'autre part, une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En conséquence, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises en vertu des dispositions précitées, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.

11. Les infractions commises les 7 novembre 2019, 31 décembre 2019, 4 mai 2020, 19 mai 2020, 7 novembre 2020 et 16 novembre à 19 h 23 ont été constatées par un radar automatique. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral, que la requérante a payé les amendes forfaitaires dans les délais indiqués, ce qui démontre qu'elle a reçu les avis de contravention relatifs à ces contraventions. Dans ces conditions, le ministre doit être regardé comme établissant que la requérante a reçu les informations requises par les dispositions précitées du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information doit être écarté.

Quant aux infractions des 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 17 h 49 et 21 h 49 et 18 juin 2020

12. Il résulte des arrêtés pris pour l'application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment de leurs dispositions codifiées à l'article A. 37-8 de ce code, que, lorsqu'une contravention mentionnée à l'article L. 121-3 du code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique, le service verbalisateur adresse à l'intéressé un formulaire unique d'avis de contravention, qui comprend en bas de page la carte de paiement et comporte non seulement les références de l'infraction dont la connaissance est matériellement indispensable pour procéder au paiement de l'amende forfaitaire, mais aussi une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Enfin, lorsque le contrevenant, après avoir reçu le titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, ne forme pas de réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale ou s'acquitte spontanément de cette amende forfaitaire majorée, sans élever d'objection, il doit être regardé comme renonçant à contester la majoration de l'amende forfaitaire dont il devait s'acquitter dans le délai en reconnaissant que le délai dont il disposait, en vertu du formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus qui lui a alors nécessairement été remis, pour s'acquitter de cette amende forfaitaire, était expiré. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée sans interception du véhicule et à l'aide d'un système de contrôle automatisé enregistrant les données en numérique au modèle et dont il est établi, notamment dans les conditions décrites ci-dessus, qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation à son encontre, a nécessairement reçu le formulaire unique d'avis de contravention décrit ci-dessus. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

13. D'une part, l'infraction du 10 mai 2020 à 17 h 49 été constatée par un radar automatique. S'il ressort du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire que l'infraction commise par Mme C a donné lieu, en application des dispositions de l'article 529-2 du code de procédure pénale, à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, cette circonstance, qui établit la réalité de l'infraction en application des dispositions du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code la route, n'est toutefois pas de nature à établir que la requérante aurait reçu l'information prévue à l'article L. 223-3 du même code. Si le ministre produit des modèles d'avis d'amende forfaitaire majorée et un avis de contravention vierge qui comporte les informations prescrites par le code de la route, il n'apporte pas la preuve que la requérante a reçu des documents identiques comportant les informations légales. Si le ministre fait valoir qu'elle aurait bénéficié à l'occasion d'autres infractions similaires de l'ensemble des informations légalement exigées, il est toutefois constant que la requérante n'a reçu aucune information sur la qualification de l'infraction commise le 10 mai 2020 à 17 h 49, information déterminante pour connaître le nombre de points en jeu, ce qui a eu pour effet de la priver d'une garantie substantielle instituée par la loi. Par suite, la décision de retrait de point consécutive à l'infraction du 10 mai 2020 à 17 h 49 est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière.

14. D'autre part, en ce qui concerne les infractions des 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 21 h 49 et 18 juin 2020, également relevées par radar automatique, il résulte de l'instruction, et notamment des attestations de paiement émanant du Trésorier principal de la Trésorerie du contrôle automatisé produites par le ministre que Mme C a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant à ces infractions. En l'absence de tout élément avancé par l'intéressée de nature à mettre en doute la réalité des paiements ainsi attestée, ces documents, dont les mentions sont suffisamment précises, permettent d'établir que l'intéressée s'est acquittée des amendes forfaitaires majorées correspondant aux infractions en cause. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme C aurait par ailleurs formé une réclamation, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, contre ces titres exécutoires qui lui ont nécessairement été notifiés. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme apportant la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information prescrite à l'article L. 223-3 du code de la route à l'occasion des infractions commises les 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 21 h 49 et 18 juin 2020.

S'agissant du moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions :

15. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le nombre de points affecté au permis de conduire est réduit de plein droit lorsqu'est établie, par le paiement d'une amende forfaitaire, l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive, la réalité de l'infraction donnant lieu à retrait de points.

16. Il résulte des articles 529 et 529-1 du code de procédure pénale que, pour les contraventions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'Etat, l'action publique est éteinte par le paiement d'une amende forfaitaire dont le montant doit être acquitté dans un délai de quarante-cinq jours à compter de la constatation de l'infraction ou de l'envoi d'un avis au contrevenant ; que l'article 529-2 de ce code prévoit que, si le contrevenant peut, dans le même délai, former auprès du ministère public une requête tendant à son exonération, " à défaut de paiement ou d'une requête présentée dans le délai de quarante-cinq jours, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public ". Aux termes du second alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. () ".

17. L'article L. 225-1 du code de la route fixe la liste des informations qui, sous l'autorité et le contrôle du ministre de l'intérieur, sont enregistrées au sein du système national des permis de conduire. Sont notamment mentionnés au 5° de cet article les procès-verbaux des infractions entraînant retrait de points et ayant donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire en vertu de l'article 529 du code de procédure pénale ou à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée prévu à l'article 529-2 du code de procédure pénale. En vertu de l'arrêté du 29 juin 1992 fixant les supports techniques de la communication par le ministère public au ministre de l'intérieur des informations prévues à l'article L. 30 du code de la route, les informations mentionnées au 6° de l'article L. 30, devenu le 5° de l'article L. 225-1 du code de la route sont communiquées par l'officier du ministère public par support ou liaison informatique.

18. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

19. Eu égard aux mentions du relevé intégral d'information, extrait du système national du permis de conduire, versé au dossier par le ministre de l'intérieur et relatif à la situation de la requérante, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressée de nature à mettre en doute leur exactitude, il doit être tenu pour établi que la requérante a acquitté les amendes forfaitaires relatives aux infractions des 7 novembre 2019, 31 décembre 2019, 4 mai 2020, 19 mai 2020, 7 novembre 2020 et 16 novembre à 19 h 23 et que des titres exécutoires d'amendes forfaitaires majorées ont été émis à la suite des infractions commises les 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 21 h 49 et 18 juin 2020. Ainsi, et sans qu'il soit besoin de rechercher si la requérante a reçu notification des avis d'amendes forfaitaires majorées, le moyen tiré de ce que la réalité de ces infractions ne serait pas établie doit être écarté.

20. Il résulte de ce qui précède que Mme C est fondée à soutenir que la décision relative à l'infraction du 10 mai 2020 à 17 h 49 par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré un point de son permis de conduire doit être annulée. En revanche il n'est pas fondé à soutenir que les décisions relatives aux infractions des 7 novembre 2019, 31 décembre 2019, 4 mai 2020, 6 mai 2020, 10 mai 2020 à 21 h 49, 19 mai 2020, 18 juin 2020, 7 novembre 2020, 16 novembre à 19 h 23 seraient entachées d'illégalité, ni par suite, à en demander l'annulation.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

21. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

22. Le présent jugement implique nécessairement que l'administration restitue à Mme C le point qui lui a été irrégulièrement retiré à la suite de l'infraction commise le 10 mai 2020 à 17 h 49.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

23. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme C demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI en date du 16 avril 2021 et des décisions relatives aux infractions en date des 10 juillet 2020, 28 octobre 2020, 16 novembre 2020 à 19 h 07 et 19 h 19 et du 11 décembre 2020.

Article 2: La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait d'un point du capital de points affecté au permis de conduire de Mme C, à la suite de l'infraction du 10 mai 2020 à 17 h 49 est annulée.

Article 3 : Il est enjoint au ministre chargé de l'intérieur de restituer dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement, le point illégalement retiré par la décision annulée à l'article 1er, dans la limite du capital de points affecté à son permis de conduire et sous réserve des infractions non prises en compte à la date de la décision attaquée.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 novembre 2022.

Le magistrat désigné,

A. A Le greffier,

S. DICK

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

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