mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116342 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LAWINT (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 24 juillet 2021 et 8 février 2022, la société Imediapp, représentée par Me Diehl, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement de la créance née du report en arrière de son déficit au titre de l'année 2014, pour un montant de 333 333 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 30 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'administration fiscale a fait une inexacte application des dispositions du c. de l'article R* 196-1 du livre des procédures fiscales et de la doctrine publiée le 25 juin 2014 sous la référence BOI-CTX-PREA-10-30 en estimant tardive sa déclaration rectificative déposée le 11 décembre 2020 ;
- l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 18 janvier et 10 mars 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société Imediapp au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 9 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 mars 2022.
Un mémoire de la société Imediapp a été enregistré le 9 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Halard, premier conseiller,
- les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public,
- et les observations de Me Diehl, pour la société Imediapp.
Considérant ce qui suit :
1. La société Imediapp, qui exerce une activité dans le secteur de la programmation informatique, a déposé le 17 mars 2020 une demande modèle 2573, rejetée par une décision du service du 25 mai 2020, en vue de bénéficier du remboursement de la créance d'un montant de 333 333 euros qui serait née du report en arrière de son déficit dégagé au titre de l'exercice 2014. Par lettre du 11 décembre 2020, la société a réclamé à nouveau le remboursement de la créance en cause et a déposé une déclaration rectificative d'impôt sur les sociétés au titre de ce même exercice 2014 mentionnant l'option pour le report en arrière de son déficit. L'administration fiscale ayant rejeté cette réclamation le 26 mai 2021, la société Imediapp demande au tribunal de prononcer le remboursement de cette créance.
Sur les conclusions aux fins de remboursement :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 220 quinquies du code général des impôts dans sa version alors en vigueur : " I. Par dérogation aux dispositions du troisième alinéa du I de l'article 209, le déficit constaté au titre d'un exercice ouvert à compter du 1er janvier 1984 par une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés peut, sur option, être considéré comme une charge déductible du bénéfice de l'exercice précédent, dans la limite de la fraction non distribuée de ce bénéfice () / La créance est remboursée au terme des cinq années suivant celle de la clôture de l'exercice au titre duquel l'option visée au premier alinéa a été exercée. Toutefois, l'entreprise peut utiliser la créance pour le paiement de l'impôt sur les sociétés dû au titre des exercices clos au cours de ces cinq années. Dans ce cas, la créance n'est remboursée qu'à hauteur de la fraction qui n'a pas été utilisée dans ces conditions. / II. L'option visée au I est exercée au titre de l'exercice au cours duquel le déficit est constaté et dans les mêmes délais que ceux prévus pour le dépôt de la déclaration de résultats de cet exercice () IV. Un décret fixe les conditions d'application du présent article, notamment les obligations déclaratives des entreprises ". Aux termes de l'article 46 quater-0 W de l'annexe III au code général des impôts : " I. - L'entreprise qui exerce l'option prévue au premier alinéa du I de l'article 220 quinquies du code général des impôts doit joindre au relevé de solde de l'exercice au titre duquel cette option est exercée, une déclaration conforme au modèle fixé par l'administration () ".
3. Par ailleurs, aux termes de l'article R* 196-1 du livre des procédures fiscales : " Pour être recevables, les réclamations relatives aux impôts autres que les impôts directs locaux et les taxes annexes à ces impôts, doivent être présentées à l'administration au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant celle, selon le cas : () c) De la réalisation de l'événement qui motive la réclamation. Ne constitue pas un tel événement une décision juridictionnelle ou un avis mentionné aux troisième et cinquième alinéas de l'article L. 190. ".
4. Il résulte de l'instruction et n'est d'ailleurs pas contesté que la société requérante n'a renseigné la ligne ZL du tableau 2058-A de détermination du résultat fiscal de la liasse fiscale destiné à formaliser l'option pour le report en arrière de son déficit, ni dans sa déclaration de résultats de l'exercice clos le 31 décembre 2014 déposée le 4 mai 2015, ni dans sa déclaration rectificative déposée le 5 mai 2015. Au contraire, elle a mentionné le déficit dégagé au titre de l'exercice pour 1 392 625 euros dans la ligne " Résultat fiscal, bénéfice ou déficit reportable en avant " de sa déclaration, ainsi que dans le cadre " I - Suivi des déficits " du tableau 2058-B de l'exercice 2014 et dans la ligne K4 " Déficits restant à reporter au titre de l'exercice précédent " de l'exercice 2015, laissant ainsi entendre qu'elle avait choisi, ainsi que le fait valoir l'administration en défense, le report en avant, et non en arrière, du déficit constaté au titre de son exercice 2014.
5. Si la société a renseigné, le 27 avril 2015, le formulaire n° 2039-SD déclarant qu'elle avait opté pour le report en arrière de son déficit constaté au cours de l'exercice 2014, un tel formulaire, ainsi que cela ressort au demeurant des mentions qui y figurent, n'a ni pour objet, ni pour effet d'exercer l'option qui devait l'avoir été dans les mêmes délais que pour la déclaration de résultats, mais seulement de calculer le montant de la créance sur le Trésor qui en résulte le cas échéant.
6. Enfin, contrairement à ce que soutient la société Imediapp, la décision du 25 mai 2020 par laquelle l'administration a rejeté sa demande du 17 mars 2020 tendant au remboursement d'une créance qui serait née d'un report en arrière du déficit, qui n'a pas pour effet de modifier rétroactivement l'assiette ou le calcul de l'imposition en litige, ne constitue pas un " événement " au sens des dispositions du c. de l'article R* 196-1 du livre des procédures fiscales. Dès lors, c'est à bon droit que l'administration a retenu que la déclaration de résultats rectificative déposée le 11 décembre 2020, soit après l'expiration du délai légal, est tardive et n'a pas pu entraîner rétroactivement l'exercice de l'option en cause. A cet égard, les points 60 et 70 de la doctrine administrative publiée au BOFIP le 25 juin 2014 sous la référence BOI-CTX-PREA-10-30, qui ne font pas de la loi fiscale une interprétation différente de celle qui précède, ne peuvent en tout état de cause être utilement invoqués par la société requérante.
7. En second lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. "
8. La société requérante ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, de sa bonne foi et de l'erreur matérielle qu'elle aurait commise en n'optant pas régulièrement pour le report en arrière de son déficit de l'exercice 2014, dès lors que n'est en cause, en l'espèce, ni une sanction, ni une " prestation due ".
9. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins de remboursement présentées par la société Imediapp doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme demandée par la société Imediapp au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
11. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante la somme demandée par l'administration fiscale au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par la société Imediapp est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Imediapp et à la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris (pôle juridictionnel administratif).
Délibéré après l'audience du 14 mars 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
M. Halard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
G. HALARD
La présidente,
J. EVGENAS
La greffière,
M.-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026