vendredi 20 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2116649 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée sous le numéro 2202013, enregistrée le 27 janvier 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de Paris a rejeté son recours préalable du 9 novembre 2021 qu'elle a formé contre la décision du 5 octobre 2021 par laquelle la Ville de Paris lui a demandé de rembourser la somme initiale de 11 949,29 euros correspondant à un indu de revenu de solidarité active (RSA) pour la période de mai 2019 à novembre 2020 ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 10 329,56 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- la décision de la commission de recours amiable est entachée d'un défaut de signature ;
- elle a été prise en méconnaissance des droits de la défense ;
- l'indu qui lui est réclamé n'est pas justifié dès lors qu'elle n'avait pas perdu sa résidence en France ;
- elle a été prise en méconnaissance du droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 décembre 2022, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée sous le numéro 2116649, enregistrée le 3 août 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 février 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris lui a demandé le remboursement de la prime exceptionnelle de fin d'année 2020 ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 381,12 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle ne comporte pas le nom de son auteur ;
- méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la procédure de récupération par prélèvement sur d'autres prestations à échoir ne concerne pas la prime exceptionnelle de fin d'année et qu'aucun texte ne prévoit que les caisse d'allocations familiales puissent compenser toutes les prestations de manière confondue ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les articles L.121-1 et L. 121-2 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle n'a pas été précédée d'une procédure contradictoire ;
- est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle réunissait les conditions lui permettant d'avoir droit au versement de la prime exceptionnelle de fin d'année.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
III. Par une requête enregistrée sous le numéro 2202468, enregistrée le 2 février 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 17 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris a rejeté son recours du 3 mai 2021 par lequel elle contestait la décision du 27 février 2021 lui demandant le remboursement de la prime exceptionnelle de fin d'année au titre de l'année 2020 ;
3°) de la décharger du paiement de la somme de 381,12 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle ne comporte pas le nom de son auteur ;
- méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la procédure de récupération par prélèvement sur d'autres prestations à échoir ne concerne pas la prime exceptionnelle de fin d'année et qu'aucun texte ne prévoit que les caisse d'allocations familiales puissent compenser toutes les prestations de manière confondue ;
- est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle réunissait les conditions lui permettant d'avoir droit au versement de la prime exceptionnelle de fin d'année ;
- elle a été prise en méconnaissance du droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
IV. Par une requête enregistrée sous le numéro 2202470, enregistrée le 2 février 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 4 décembre 2021 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour la mensualité d'avril 2020, d'un montant de 450 euros ;
3°) de la décharger du paiement de la somme de 450 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- méconnaît l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors qu'elle ne comporte pas le nom de son auteur ;
- méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la procédure de récupération par prélèvement sur d'autres prestations à échoir ne concerne pas la prime exceptionnelle de solidarité et qu'aucun texte ne prévoit que les caisse d'allocations familiales puissent compenser toutes les prestations de manière confondue ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les droits de la défense ;
- est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle réunissait les conditions lui permettant d'avoir droit au versement de la prime exceptionnelle de fin d'année.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2022, la caisse d'allocations familiales de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
V. Par une requête enregistrée sous le numéro 2224858, enregistrée le 1er décembre 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 août 2022 par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris a rejeté son recours gracieux contre la notification d'un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour la mensualité d'avril 2020, d'un montant de 450 euros ;
2°) de la décharger du paiement de la somme de 450 euros ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision attaquée :
- la décision attaquée a été prise en méconnaissance des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale ;
- méconnaît l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, dès lors que la procédure de récupération par prélèvement sur d'autres prestations à échoir ne concerne pas la prime exceptionnelle de solidarité et qu'aucun texte ne prévoit que les caisse d'allocations familiales puissent compenser toutes les prestations de manière confondue ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les droits de la défense ;
- est entachée d'erreur d'appréciation dès lors qu'elle réunissait les conditions lui permettant d'avoir droit au versement de la prime exceptionnelle de fin d'année.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 décembre 2022, la caisse d'allocations familiales de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
VI. Par une requête enregistrée sous le numéro 2202015, enregistrée le 27 janvier 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le titre exécutoire n°10000-2021-209941 émis le 1er octobre 2021 par lequel la Ville de Paris a mis à la charge de Mme F le somme de 10 329,56 euros ;
3°) de la décharger du paiement de la somme de 10 329,56 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire a été émis alors que la dette n'était pas exigible ;
- le titre exécutoire est illégal en l'absence de justification de la signature du bordereau de titre de recettes ;
- l'indu qui lui est réclamé n'est pas justifié dès lors qu'elle n'avait pas perdu sa résidence en France ;
- il a été pris en méconnaissance du droit à l'erreur.
VII. Par une requête enregistrée sous le numéro 2214535, enregistrée le 6 juillet 2022, Mme C F, représentée par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler le titre exécutoire n° 10000-2022-4051-175598 émis le 1er juin 2022 par lequel la Ville de Paris a mis à la charge de Mme F le somme de 4 881,17 euros ;
3°) de la décharger du paiement de la somme de 4 881,17 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le titre exécutoire a été émis alors que la dette n'était pas exigible ;
- le titre exécutoire est illégal en l'absence de justification de la signature du bordereau de titre de recettes ;
- l'indu qui lui est réclamé n'est pas justifié dès lors qu'elle n'avait pas perdu sa résidence en France ;
- il a été pris en méconnaissance du droit à l'erreur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2022, la Ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme F ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de l'action sociale et des familles,
- le code de la sécurité sociale,
- le code des relations entre le public et l'administration,
- le décret n° 2020-519 du 5 mai 2020,
- le décret n° 2020-1453 du 27 novembre 2020,
- le code de justice administrative.
Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2022.
Le président du tribunal a désigné M. Doan pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
M. Doan a donné lecture de son rapport au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C F a perçu le revenu de solidarité active (RSA) à compter d'octobre 2015. A la suite d'un contrôle effectué par la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris dont les conclusions ont été rendues le 10 novembre 2020, il a été constaté que Mme F et ses enfants avaient été absents du territoire français pendant 126 jours en 2019 et étaient partis à l'étranger à partir du 28 février 2020, et que des libéralités pour un montant total de 1 700 euros en 2019 et 4 150 euros en 2020 n'avaient pas été déclarées par Mme F. La CAF a alors réintégré ces ressources non déclarées et recalculé les droits de l'intéressée et estimé qu'elle était redevable d'un trop perçu de RSA d'un montant de 11 949,29 euros pour la période du 1er mai 2019 au 30 novembre 2020. Par un courrier en date du 17 décembre 2020, la CAF a informé Mme F qu'elle était redevable de ce trop perçu de RSA. Par un courrier du 30 avril 2022, elle lui a notifié un indu de RSA de 4 881,17 euros relatif à la période de janvier 2019 à janvier 2020. Un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 lui a été notifié le 27 février 2021. Mme F a formé un recours préalable le 13 janvier 2021. La CAF de Paris lui a notifié le 7 avril 2021 l'engagement d'une procédure de pénalité. Cette notification a été remplacée par une correction du 11 octobre 2021, puis du 25 janvier 2022. Une opération de compensation immédiate a réduit à 10 329,56 euros la créance mise à sa charge. La Ville de Paris a émis le 1er octobre 2021 un avis de sommes à payer et lui a notifié le 5 octobre 2021 le trop-perçu de 10 329,56 euros. Le 1er juin 2022, elle lui a notifié le trop-perçu de 4 881,17 euros pour la période de janvier 2019 à janvier 2020, ainsi qu'un avis de sommes à payer s'y rapportant. Mme F a contesté ces sommes le 9 novembre 2021 et le 23 juin 2022. La Ville de Paris a confirmé sa décision le 22 novembre 2021 et le 7 décembre 2021. La CAF a confirmé sa décision d'indu de prime exceptionnelle de fin d'année le 17 décembre 2021, et d'indu de revenu de solidarité le 19 mai 2022. Par la même décision, elle a prononcé une pénalité administrative de 1 640 euros, et rejeté la demande de remise de dette de Mme F. Un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour la mensualité d'avril 2020 a également été notifié le 4 décembre 2021 pour un montant de 450 euros, notification corrigée et remplacée par celle du 15 avril 2022. Par une décision du 16 août 2022, la CAF de Paris a rejeté le recours déposé le 13 juin 2022 contre l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité.
2. Par les présentes requêtes, Mme F demande au tribunal d'annuler la décision du 7 décembre 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental de Paris a rejeté son recours préalable du 9 novembre 2021, la décision du 27 février 2021 par laquelle la CAF de Paris lui a notifié un indu de prime exceptionnelle de fin d'année 2020 et le rejet de son recours gracieux le 17 décembre 2021, la décision du 4 décembre 2021 par laquelle la CAP de Paris lui a notifié un indu d'aide exceptionnelle de solidarité 2020 et le rejet de son recours gracieux le 16 août 2022, ainsi que les titres exécutoires du 1er octobre 2021 et du 1er juin 2022.
Sur la jonction :
3. Les requêtes enregistrées par Mme F sous les n°2116649, 2202013, 2202015, 2202468, 2202470, 2214535 et 2224858 présentent à juger des questions connexes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :
4. Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2022. Par suite, il n'y a pas lieu de faire droit à sa demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur l'indu de revenu de solidarité active pour la période de mai 2019 à novembre 2020 :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 311-3-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve de l'application du 2° de l'article L. 311-5, une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique comporte une mention explicite en informant l'intéressé. Les règles définissant ce traitement ainsi que les principales caractéristiques de sa mise en œuvre sont communiquées par l'administration à l'intéressé s'il en fait la demande () ". Aux termes de l'article R. 311-3-1-2 du même code : " L'administration communique à la personne faisant l'objet d'une décision individuelle prise sur le fondement d'un traitement algorithmique, à la demande de celle-ci, sous une forme intelligible et sous réserve de ne pas porter atteinte à des secrets protégés par la loi, les informations suivantes : 1° Le degré et le mode de contribution du traitement algorithmique à la prise de décision ; 2° Les données traitées et leurs sources ; 3° Les paramètres de traitement et, le cas échéant, leur pondération, appliqués à la situation de l'intéressé ; 4° Les opérations effectuées par le traitement ". Il ne résulte pas de l'instruction que la décision de récupération de l'indu de RSA en litige aurait été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique. Le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées ne peut ainsi qu'être écarté comme inopérant.
6. En deuxième lieu, M. G E, attaché principal du pôle juridique du RSA, bénéficiait d'une délégation de signature accordée par arrêté du 27 octobre 2021 du maire de Paris, à l'effet notamment de statuer sur les recours gracieux, les recouvrements d'indus et les remises de dettes présentés par les allocataires du revenu de solidarité active. Cette délégation a été régulièrement publiée au bulletin municipal officiel de la ville de Paris du 2 novembre 2021. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles : " Toute réclamation dirigée contre une décision relative au revenu de solidarité active fait l'objet, préalablement à l'exercice d'un recours contentieux, d'un recours administratif auprès du président du conseil départemental. Ce recours est, dans les conditions et limites prévues par la convention mentionnée à l'article L. 262-25, soumis pour avis à la commission de recours amiable qui connaît des réclamations relevant de l'article L. 142-1 du code de la sécurité sociale. () ". Il résulte de l'article 7 de la convention de gestion du RSA signée entre la Ville de Paris et la CAF de Paris, que si les recours administratifs préalables prévus à l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles sont examinés par la commission de recours amiable, une telle consultation n'est pas prévue s'agissant des recours relatifs à la contestation d'un indu. Dès lors, Mme F ne peut utilement soutenir que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de signature d'une décision de la commission de recours amiable.
8. En quatrième lieu, Mme F, qui a pu faire valoir ses observations dans le cadre du recours administratif qu'elle a exercé devant la maire de Paris en application des dispositions précitées de l'article L. 262-47 du code de l'action sociale et des familles, n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait été prise en méconnaissance des droits de la défense. En outre, aucune disposition n'imposait que le rapport établi par l'agent contrôleur de la CAF lui soit communiqué indépendamment de toute demande de sa part en ce sens.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 262-2 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne résidant en France de manière stable et effective, dont le foyer dispose de ressources inférieures à un montant forfaitaire, a droit au revenu de solidarité active dans les conditions définies au présent chapitre. (). ". Aux terme de l'article R. 262-5 du même code : " Pour l'application de l'article L. 262-2, est considérée comme résidant en France la personne qui y réside de façon permanente ou qui accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois. () / En cas de séjour hors de France de plus de trois mois, l'allocation n'est versée que pour les seuls mois civils complets de présence sur le territoire ". Aux termes de l'article R. 262-37 du même code : " Le bénéficiaire de l'allocation de revenu de solidarité active est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation toutes informations relatives à sa résidence, à sa situation de famille, aux activités, aux ressources et aux biens des membres du foyer ; il doit faire connaître à cet organisme tout changement intervenu dans l'un ou l'autre de ces éléments ". Il résulte de ces dispositions que, pour bénéficier de l'allocation de RSA, une personne doit remplir la condition de ressources qu'elles mentionnent et résider en France de manière stable et effective. Pour apprécier si cette seconde condition est remplie, il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités, ainsi que de toutes les circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d'éventuels séjours à l'étranger et ses liens personnels et familiaux. La personne qui remplit les conditions pour bénéficier de l'allocation de RSA a droit, lorsqu'elle accomplit hors de France un ou plusieurs séjours dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n'excède pas trois mois, au versement sans interruption de cette allocation. En revanche, lorsque ses séjours à l'étranger excèdent cette durée de trois mois, le RSA ne lui est versé que pour les mois civils complets de présence en France. En toute hypothèse, le bénéficiaire du RSA est tenu de faire connaître à l'organisme chargé du service de la prestation, outre l'ensemble des ressources dont il dispose, sa situation familiale et tout changement en la matière, toutes informations relatives au lieu de sa résidence, ainsi qu'aux dates et motifs de ses séjours à l'étranger lorsque leur durée cumulée excède trois mois.
10. En l'espèce, il ressort du rapport d'enquête du 10 novembre 2020 établi à la suite du contrôle des déclarations de Mme F que l'intéressée a séjourné plus de 126 jours à l'étranger au cours de l'année 2019 et de manière définitive à partir du 28 février 2020, aucune opération bancaire n'ayant été réalisée en France à partir de cette date. Si Mme F produit une facture téléphonique française, elle date du 6 février 2021 et est donc postérieure à la période concernée par l'indu litigieux. L'attestation du 13 novembre 2020 de l'association mandatée par la Ville de Paris pour l'accompagnement social de Mme F n'établit pas plus la présence régulière en France de l'intéressée de mai 2019 à novembre 2020. L'enquête de la CAF indique que les enfants de la requérante n'étaient pas scolarisés à Paris depuis septembre 2019. Conformément aux dispositions précitées, Mme F ne pouvait dès lors prétendre au versement du RSA pour cette période. Le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'erreur de droit ou d'erreur d'appréciation au regard desdites dispositions ne peut ainsi qu'être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration, créé par l'article 2 de la loi n° 2018-727 du 10 août 2018 pour un Etat au service d'une société de confiance : " Une personne ayant méconnu pour la première fois une règle applicable à sa situation ou ayant commis une erreur matérielle lors du renseignement de sa situation ne peut faire l'objet, de la part de l'administration, d'une sanction, pécuniaire ou consistant en la privation de tout ou partie d'une prestation due, si elle a régularisé sa situation de sa propre initiative ou après avoir été invitée à le faire par l'administration dans le délai que celle-ci lui a indiqué. / La sanction peut toutefois être prononcée, sans que la personne en cause ne soit invitée à régulariser sa situation, en cas de mauvaise foi ou de fraude () ".
12. En l'espèce, Mme F fait valoir son " droit à l'erreur ", en application des dispositions précitées. Toutefois, une décision de récupération d'indu ne constitue pas une sanction pécuniaire. Dès lors, son édiction n'est pas soumise au respect des dispositions de l'article L. 123-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté comme inopérant.
13. En septième lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () La créance peut être remise ou réduite par le président du conseil départemental ou l'organisme chargé du service du revenu de solidarité active pour le compte de l'Etat, en cas de bonne foi ou de précarité de la situation du débiteur, sauf si cette créance résulte d'une manœuvre frauduleuse ou d'une fausse déclaration (). ".
14. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision rejetant une demande de remise gracieuse d'un indu de RSA, il appartient au juge administratif d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, la situation de précarité du débiteur et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise.
15. Lorsque l'indu résulte de ce que l'allocataire a manqué à ses obligations déclaratives, il y a lieu, pour apprécier la condition de bonne foi de l'intéressé, hors les hypothèses où les omissions déclaratives révèlent une volonté manifeste de dissimulation ou, à l'inverse, portent sur des éléments dépourvus d'incidence sur le droit de l'intéressé au RSA ou sur son montant, de tenir compte de la nature des éléments ainsi omis, de l'information reçue et notamment, le cas échéant, de la présentation du formulaire de déclaration des ressources, du caractère réitéré ou non de l'omission, des justifications données par l'intéressé ainsi que de toute autre circonstance de nature à établir que l'allocataire pouvait de bonne foi ignorer qu'il était tenu de déclarer les éléments omis.
16. Il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que l'indu mis à la charge de Mme F résulte de ce que la requérante ne justifie pas d'une résidence stable et effective sur le territoire français depuis le mois de mai 2019 jusqu'à novembre 2020. Eu égard à la circonstance qu'elle ne pouvait ignorer l'absence de résidence en France, la requérante doit être regardée comme ayant fait de fausses déclarations lesquelles font en principe obstacle à ce qu'elle puisse prétendre à une remise gracieuse de sa dette. Par ailleurs, si la requérante allègue se trouver dans une situation de précarité, les pièces qu'elle produit ne permettent pas de l'établir. Par suite, Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision implicite de rejet par laquelle la présidente du conseil de Paris a refusé de lui octroyer la remise gracieuse de sa dette de RSA.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à contester la régularité et le bien-fondé de la décision de récupération attaquée. Les conclusions de sa requête n°2202013, y compris les conclusions aux fins d'injonction et celles relatives aux frais d'instance, doivent donc être rejetées.
Sur la prime exceptionnelle de fin d'année 2020 :
18. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () imposent des sujétions () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
19. La décision par laquelle l'autorité administrative procède à la récupération de sommes indûment versées au titre de la PEFA est au nombre des décisions imposant une sujétion et doit, par suite et en l'absence de texte spécial sur ce point, être motivée en application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il en résulte qu'une telle décision doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. A ce titre, l'autorité administrative doit faire figurer dans la motivation en fait de sa décision la nature de la prestation et le montant des sommes réclamées, ainsi que le motif et la période sur laquelle porte la récupération. En revanche, elle n'est pas tenue d'indiquer dans cette décision les éléments servant au calcul du montant de l'indu. Elle doit par ailleurs viser les textes juridiques dont elle fait application.
20. En l'espèce, d'une part, aucun recours administratif préalable obligatoire n'ayant été institué en matière de PEFA, la décision expresse du 17 décembre 2021 de rejet du recours gracieux de Mme F à l'encontre de la décision du 27 février 2021 portant notification d'un indu de PEFA d'un montant de 381,12 euros ne s'est pas substituée à cette dernière. Il en résulte que la requérante peut utilement soutenir que la décision du 27 février 2021 est insuffisamment motivée. D'autre part, il résulte de l'instruction que cette décision, ainsi que le reconnaît la CAF de Paris, ne mentionne pas les éléments de droit qui en constituent le fondement. Elle est par suite insuffisamment motivée.
21. Il résulte de ce qui précède que la décision du 27 février 2021 par laquelle le directeur de la CAF de Paris a mis à la charge de Mme F un indu de PEFA d'un montant de 381,12 euros doit être annulée ainsi que, par voie de conséquence, la décision du 17 décembre 2021 par laquelle la caisse a rejeté son recours gracieux dirigé contre cette décision.
Sur l'aide exceptionnelle de solidarité :
22. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que la décision du 4 décembre 2021 aurait été prise sur le fondement d'un traitement algorithmique. Dès lors, et en tout état de cause, le moyen tiré de la violation des articles L. 311-3-1 et R. 311-3-1-2 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté.
23. En deuxième lieu, la décision du 15 avril 2022 notifiant à Mme F un indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour avril 2020 d'un montant de 450 euros s'est substituée à la décision du 4 décembre 2021. Par suite, le moyen tiré de l'absence de signature de cette dernière décision, ainsi que celui tiré de son insuffisance de motivation, doit être écarté. En outre, la décision du 15 avril 2022 comprend les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Elle est, par suite, suffisamment motivée.
24. En troisième lieu, il ne résulte pas de l'instruction que l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité aurait été recouvré à la date du présent jugement. En tout état de cause, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles, concernant les conditions de récupération d'un paiement indu d'aide exceptionnelle de solidarité, ne peut être utilement soulevé et doit être écarté.
25. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Aux termes de l'article L. 121-2 du même code : " Les dispositions de l'article L. 121-1 ne sont pas applicables : () 4° Aux décisions prises par les organismes de sécurité sociale () sauf lorsqu'ils prennent des mesures à caractère de sanction () ".
26. La décision par laquelle la caisse d'allocations familiales de Paris, qui est un organisme de sécurité sociale, a notifié à Mme F un indu d'aide exceptionnelle de solidarité, ne constitue pas une sanction et n'était donc pas soumise au respect de la procédure contradictoire organisée par l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe du respect des droits de la défense doit être écarté.
27. En cinquième lieu, il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 262-16 et L. 262-40 du code de l'action sociale et des familles et L. 114-19 et L. 114-21 du code de la sécurité sociale que les caisses d'allocations familiales et les caisses de mutualité sociale agricole, chargées du service du RSA, réalisent les contrôles relatifs à cette prestation d'aide sociale selon les règles, procédures et moyens d'investigation applicables aux prestations de sécurité sociale, au nombre desquels figurent le droit de communication instauré par l'article L. 114-19 du code de la sécurité sociale au bénéfice des organismes de sécurité sociale pour contrôler la sincérité et l'exactitude des déclarations souscrites ou l'authenticité des pièces produites en vue de l'attribution et du paiement des prestations qu'ils servent, ainsi que les garanties procédurales qui s'attachent, en vertu de l'article L. 114-21 du même code, à l'exercice de ce droit par un organisme de sécurité sociale. Il incombe ainsi à l'organisme ayant usé du droit de communication, avant la suppression du service de la prestation ou la mise en recouvrement, d'informer l'allocataire à l'encontre duquel est prise la décision de supprimer le droit au RSA ou de récupérer un indu de RSA, tant de la teneur que de l'origine des renseignements qu'il a obtenus de tiers par l'exercice de son droit de communication et sur lesquels il s'est fondé pour prendre sa décision. Cette obligation a pour objet de permettre à l'allocataire, notamment, de discuter utilement leur provenance ou de demander que les documents qui, le cas échéant, contiennent ces renseignements soient mis à sa disposition avant la récupération de l'indu ou la suppression du service de la prestation, afin qu'il puisse vérifier l'authenticité de ces documents et en discuter la teneur ou la portée. Les dispositions de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale instituent ainsi une garantie au profit de l'intéressé. Toutefois, la méconnaissance de ces dispositions par l'organisme demeure sans conséquence sur le bien-fondé de la décision prise s'il est établi qu'eu égard à la teneur du renseignement, nécessairement connu de l'allocataire, celui-ci n'a pas été privé, du seul fait de l'absence d'information sur l'origine du renseignement, de cette garantie.
28. Les énonciations portées par l'agent de contrôle sur le rapport d'enquête établi le 10 novembre 2020 mentionnent le nom des consultations des organismes contactés par l'agent de contrôle de la CAF de Paris, notamment le fichier des comptes bancaires (FICOBA) et indiquent que le requérant sera informé par écrit de la faculté pour la CAF de mettre en œuvre le droit de communication prévu aux articles L. 114-19 et suivants du code de la sécurité sociale, et de son droit d'obtenir la communication des documents obtenus des tiers si le contrôle aboutit à un recouvrement ou à la suppression de la prestation. Mme F, qui a eu communication du rapport d'enquête du 10 novembre 2020, doit dès lors être regardée comme ayant été informée de la teneur et de l'origine des informations retenues par la caisse d'allocations familiales pour estimer qu'elle ne remplissait pas les conditions de résidence pour bénéficier du RSA au cours de la période litigieuse et, par suite, de l'aide exceptionnelle de solidarité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées ci-dessus de l'article L. 114-21 du code de la sécurité sociale doit être écarté.
29. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, Mme F n'avait pas droit à bénéficier du revenu de solidarité active au titre des mois d'avril et mai 2020. Dès lors que, en vertu de l'article 1er de chacun des décrets des 5 mai 2020 et 27 novembre 2020 susvisés, la prime exceptionnelle de solidarité est due aux allocataires du revenu de solidarité active qui en bénéficient au titre des mois d'avril ou de mai 2020 et au titre des mois de septembre ou octobre 2020, Mme F, qui n'établit pas être en droit de percevoir le revenu de solidarité active pour les mois d'avril ou mai 2020, n'est pas fondée à soutenir que l'indu de prime exceptionnelle de solidarité serait injustifié.
30. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à solliciter l'annulation de la décision du 15 avril 2022 ni celle du 4 décembre 2021 lui notifiant l'indu d'aide exceptionnelle de solidarité pour 2020, non plus que le rejet de son recours gracieux intervenu le 16 août 2022.
Sur le titre exécutoire n°10000-2021-209941 émis le 1er octobre 2021 :
31. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ". Si Mme F soutient que la somme mise à sa charge par le titre de recettes contesté n'était pas exigible à la date d'émission dudit titre, il ne résulte pas de l'instruction qu'à cette date, elle avait formé contre la décision du 5 octobre 2021 lui notifiant l'indu correspondant un recours sur lequel il n'avait pas été statué. Le moyen doit par suite être écarté.
32. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ". Il résulte d'une attestation de la société Docaposte Fast, prestataire de la ville de Paris, que le bordereau de titres de recettes auquel était joint le titre contesté comportait la signature de M. A D, émetteur dudit titre. Le moyen tiré du défaut de signature du titre de recettes attaqué ne peut ainsi qu'être écarté.
33. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au sujet du bienfondé de l'indu de revenu de solidarité active litigieux que les moyens tirés de l'erreur de droit et d'appréciation doivent être écartés, de même que celui tiré de la méconnaissance du droit à l'erreur.
34. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à solliciter l'annulation du titre exécutoire n°10000-2021-209941 émis le 1er octobre 2021.
Sur le titre exécutoire n°10000-2022-4051-175598 émis le 1er juin 2022 :
35. En premier lieu, aux termes de l'article L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles : " () / Toute réclamation dirigée contre une décision de récupération de l'indu, le dépôt d'une demande de remise ou de réduction de créance ainsi que les recours administratifs et contentieux, y compris en appel, contre les décisions prises sur ces réclamations et demandes ont un caractère suspensif. () ". Si Mme F soutient que la somme mise à sa charge par le titre de recettes contesté n'était pas exigible à la date d'émission dudit titre, il ne résulte pas de l'instruction qu'à cette date, elle avait formé contre la décision du même jour lui notifiant l'indu correspondant un recours sur lequel il n'avait pas été statué. Le moyen doit par suite être écarté.
36. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " () 4° Quelle que soit sa forme, une ampliation du titre de recettes individuel ou de l'extrait du titre de recettes collectif est adressée au redevable. () / En application de l'article L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration, le titre de recettes individuel ou l'extrait du titre de recettes collectif mentionne les nom, prénoms et qualité de la personne qui l'a émis ainsi que les voies et délais de recours. / Seul le bordereau de titres de recettes est signé pour être produit en cas de contestation () ". Il résulte d'une attestation de la société Docaposte Fast, prestataire de la ville de Paris, que le bordereau de titres de recettes auquel était joint le titre contesté comportait la signature de M. A D, émetteur dudit titre. Le moyen tiré du défaut de signature du titre de recettes attaqué ne peut ainsi qu'être écarté.
37. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au sujet du bienfondé de l'indu de revenu de solidarité active litigieux que les moyens tirés de l'erreur de droit et d'appréciation doivent être écartés, de même que celui tiré de la méconnaissance du droit à l'erreur.
38. Il résulte de ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à solliciter l'annulation du titre exécutoire n°10000-2022-4051-175598 émis le 1er juin 2022.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
39. Le présent jugement, qui annule la décision de la CAF de Paris en date du 27 février 2021 notifiant à Mme F un indu d'un montant de 381,12 euros au titre de l'aide exceptionnelle de fin d'année versée en 2020 ainsi que par voie de conséquence la décision du 17 décembre 2021 par laquelle cette même caisse a rejeté son recours gracieux dirigé contre cette décision, implique nécessairement que l'administration procède au remboursement des sommes éventuellement recouvrées à ce titre, sauf à régulariser ses décisions de récupération. Il lui sera enjoint, sous cette réserve, de procéder à ce remboursement dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
40. Le surplus des conclusions présentées par Mme F ne peut en revanche, eu égard aux motifs du présent jugement, qu'être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
41. Mme F a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle. Ainsi, Me Desfarges peut se prévaloir des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Desfarges renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Desfarges.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 27 février 2021 par laquelle le directeur de la caisse d'allocations familiales de Paris a mis à la charge de Mme F un indu de PEFA d'un montant de 381,12 euros et la décision du 17 décembre 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux dirigé contre cette décision sont annulées.
Article 2 : Mme F est déchargée de l'obligation de payer la somme susmentionnée de 381,12 euros.
Article 3 : Il est enjoint à la caisse d'allocations familiales de Paris, sauf à régulariser les décisions de récupération d'indus de l'aide exceptionnelle de fin d'année versée en 2020 pour un montant de 381,12 euros, de procéder au remboursement des sommes éventuellement recouvrées à ce titre dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera une somme de 1 000 euros à Me Desfarges, avocat de Mme F, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Desfarges renonce à percevoir la contribution de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le surplus des conclusions des requêtes de Mme F est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C F à la Ville de Paris, à la caisse d'allocations familiales de Paris et au préfet de la région d'Île-de-France, préfet de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 janvier 2023.
Le magistrat désigné,
R. DoanLa greffière,
C. Blondel
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°s 2116649, 2202013, 2202015, 2202468, 2202470, 2214535 et 2224858/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026