jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2117226 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | JANURA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 10 août 2021 et 13 février 2023, M. B C, représenté par Me Janura, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 16 juin 2021 par laquelle la ville de Paris a rejeté sa demande indemnitaire préalable ;
2°) de condamner le préfet de police ou la ville de Paris à lui verser une indemnité de 2 433,74 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de la mise en fourrière de son véhicule le 25 janvier 2020 ;
3°) de mettre à la charge du préfet de police ou de la ville de Paris la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable dans la mesure où il produit la décision attaquée ;
- la responsabilité de la ville de Paris est engagée dès lors que la fiche de réclamation remplie le 25 janvier 2020, qui n'est pas antidatée, atteste des rayures causées au niveau de l'aile droite arrière et du pare-chocs arrière droit de son véhicule qui n'apparaissent pas dans la fiche d'enlèvement ; la fiche d'enlèvement du 25 janvier 2020 atteste également des dégradations et les bris constatés peuvent avoir été causés par la manœuvre indépendamment de la méthode de traction par l'arrière ;
- son préjudice matériel s'élève à la somme de 2 433,74 euros TTC.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 décembre 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l'absence de production de la décision du 16 juin 2021 attaquée ;
- aucune faute ni aucun lien de causalité ne sont établis dès lors que le requérant a rempli la fiche de réclamation deux jours après la sortie de la préfourrière et les dommages invoqués ne sont pas établis ou sont sans lien avec le mode d'enlèvement du véhicule par l'arrière.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- et les conclusions de Mme Privet, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C est propriétaire d'un véhicule de la marque Peugeot, immatriculé WW-060-YC. Le 25 janvier 2020, son véhicule, qui était irrégulièrement stationné dans le 19ème arrondissement de Paris, a été transporté à la préfourrière. Son véhicule lui a été restitué le même jour. Par une lettre du 2 juin 2020, dont les services de la ville de Paris ont accusé réception le 11 juin 2020, M. C sollicité une indemnité en réparation des matériels causés à son véhicule par l'opération de mise en fourrière. M. C a ensuite adressé une nouvelle demande indemnitaire aux services du préfet de police, par lettre du 10 août 2021 à hauteur de la somme de 2 433,74 euros TTC. Par la présente requête, il demande l'annulation de la décision du 16 juin 2021 par laquelle la ville de Paris a expressément rejeté sa demande d'indemnisation et la condamnation de cette collectivité ou du préfet de police à lui verser une indemnité de 2 433,74 euros.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
3. Dans le cadre de la présente instance, M. C sollicite la condamnation de la ville de Paris au paiement d'une somme d'argent. Ainsi, compte tenu de l'objet du recours, la requête présentée par M. C présente le caractère d'un recours de plein contentieux. Ce faisant, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision de rejet de sa demande indemnitaire préalable, qui n'a eu pour effet que de lier le contentieux, sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation de cette décision sont sans objet.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de production de la décision attaquée :
4. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué () ". M. C a produit la décision du 16 juin 2021 par laquelle la ville de Paris a expressément rejeté sa demande indemnitaire préalable. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'absence de production de cette décision doit être écartée.
Sur la responsabilité de la ville de Paris :
5. M. C soutient que son véhicule a été endommagé lors de l'opération de mise en fourrière le 25 janvier 2020, au niveau du pare-chocs avant gauche, du pare-chocs arrière droit, du flanc droit et du bas de caisse avant. Toutefois, il résulte de l'instruction que la fiche de réclamation dans laquelle il indique avoir signalé ces dégâts lors de la restitution de son véhicule, n'a en réalité été enregistrée par le préposé de la fourrière que le 27 janvier 2020, soit deux jours après la sortie du véhicule. Si le requérant soutient que ce retard est imputable au préposé qui aurait refusé d'enregistrer sa réclamation dès le 25 janvier 2020, aucune pièce versée au dossier ne permet de confirmer ses déclarations sur ce point. En tout état de cause, compte tenu du mode d'enlèvement du véhicule, par tractage arrière, il ne résulte pas de l'instruction que les dommages causés aux pare-chocs avant, au bas de caisse avant et au flanc droit- niveau passager avant-, dont le requérant demande l'indemnisation seraient imputables à l'opération de mise en fourrière.
6. En revanche, il résulte de la fiche d'enlèvement du véhicule qu'avant l'opération de mise en fourrière, aucun dommage préexistant au niveau du pare-chocs arrière droit n'avait été constaté alors que, lors de l'arrivée au parc après enlèvement, l'agent compétent a relevé une rayure au-dessus de ce pare-chocs. Cette rayure, qui apparaît sur les photographies prises par le préposé de la fourrière le 27 janvier 2020, a également été signalée par M. C dans la fiche de réclamation. Dans ces conditions, le lien de causalité entre les conditions de mise en fourrière du véhicule et le dommage occasionné au niveau du pare-chocs arrière droit est suffisamment établi.
7. Il résulte de ce qui précède que la responsabilité de la ville de Paris est engagée à l'égard de M. C en ce qui concerne ce seul dommage matériel. En revanche, le requérant n'est, en tout état de cause, pas fondé à invoquer la responsabilité du préfet de police dès lors que ni les dispositions de l'article L. 325-1 du code de la route ni celles de l'article L. 2512-13 du code général des collectivités territoriales, qui renvoient à l'arrêté des consuls du 12 messidor an VIII, n'ont pour effet de substituer la responsabilité de l'Etat à celle de la ville de Paris dans le cas où celle-ci se trouve engagée du fait des dommages causés par l'exercice de ces compétences.
Sur les préjudices :
8. Il résulte de l'instruction, en particulier du devis de réparation produit par le requérant, que les travaux de peinture pour la réfection de la rayure située au-dessus du pare-chocs arrière droit du véhicule peuvent être évalués à la somme de 200 euros. En conséquence, il sera fait une juste appréciation du préjudice matériel subi par M. C en condamnant la ville de Paris à lui verser une indemnité de 200 euros.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La ville de Paris est condamnée à verser à M. C une somme de 200 euros.
Article 2 : La ville de Paris versera à M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la ville de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
La magistrate désignée,
E. A
La greffière,
C. Pavilla
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/3-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026