jeudi 9 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2117341 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 4e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 août 2021 et 8 avril 2022, la société Wor ingénierie, représentée par Me de Thier, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet de police du 16 juin 2021 rejetant son mémoire en réclamation relatif au marché conclu le 25 juillet 2019 ;
2°) de fixer le montant définitif du marché à la somme de 96 934,92 euros hors taxes (HT) ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Elle soutient que le montant des honoraires qui lui sont dus au titre de sa prestation d'assistance à la maîtrise d'ouvrage doit être réévalué à la hausse, proportionnellement à l'écart entre le coût prévisionnel et le coût définitif du marché de travaux dont elle a assuré la maîtrise d'œuvre.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 février 2022, le préfet de police, représenté par Me Lonqueue, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la société Wor ingénierie une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la demande indemnitaire de la société Wor ingénierie est irrecevable, le mémoire en réclamation transmis par cette dernière ne précisant pas le montant de la somme dont le paiement était demandé, en méconnaissance de l'article 37 du cahier des clauses administratives générales relatif aux prestations intellectuelles ;
- en tout état de cause, le moyen invoqué est infondé.
Par une ordonnance du 19 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 19 mai 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la commande publique ;
- le code de commerce ;
- le cahier des clauses et conditions générales applicables aux marchés de prestations intellectuelles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- les conclusions de Mme Baratin, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La préfecture de police de Paris a engagé, à la fin de l'année 2018, des travaux de réhabilitation d'un bâtiment indépendant de trois niveaux d'une surface utile de 364,6 m² situé 2 Rue Eugène Lamarre à Deuil-la-Barre (Val d'Oise), occupé auparavant par la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM), afin d'y reloger le commissariat de police. Dans ce cadre, par un acte d'engagement notifié le 25 juillet 2019, le préfet de police a attribué à la société Wor ingénierie le marché n°1509560902 relatif à une mission d'étude technique et de suivi de chantier. Le marché a été conclu pour un montant global et forfaitaire de 58 500 euros hors taxes, soit 70 200 euros toutes taxes comprises (TTC). Par un courrier du 4 février 2021, notifié le 8 février suivant, la société Wor Ingénierie a demandé, suite à la notification des marchés de travaux, la conclusion d'un avenant à son marché aux fins de porter le montant global et forfaitaire de sa rémunération à un montant de 88 620,84 euros HT. Par un courrier du 2 mars 2021, la préfecture de police a rejeté cette demande. Par un courrier du 11 mars 2021, la société Wor ingénierie a réitéré sa demande, à laquelle la préfecture de police a opposé un nouveau refus le 16 juin 2021. Par la présente requête, la société Wor ingénierie demande au tribunal de fixer le montant définitif du marché à la somme de 96 934,92 euros HT et de condamner le préfet de police à lui verser le solde restant dû.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 juin 2021 :
2. La décision de la préfecture de police du 16 juin 2021 a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande de la société Wor ingénierie qui, en formulant des conclusions indemnitaires, a donné à l'ensemble de sa requête le caractère d'un recours de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressée à percevoir la somme qu'elle réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux est sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision du 16 juin 2021 ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur la demande indemnitaire :
3. Aux termes de l'article 37 du cahier des clauses administratives générales - prestations intellectuelles (CCAG-PI) applicable au présent marché : " Le pouvoir adjudicateur et le titulaire s'efforceront de régler à l'amiable tout différend éventuel relatif à l'interprétation des stipulations du marché ou à l'exécution des prestations objet du marché ./ Tout différend entre le titulaire et le pouvoir adjudicateur doit faire l'objet, de la part du titulaire, d'une lettre de réclamation exposant les motifs de son désaccord et indiquant, le cas échéant, le montant des sommes réclamées. Cette lettre doit être communiquée au pouvoir adjudicateur dans le délai de deux mois, courant à compter du jour où le différend est apparu, sous peine de forclusion. / Le pouvoir adjudicateur dispose d'un délai de deux mois, courant à compter de la réception de la lettre de réclamation, pour notifier sa décision. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la réclamation ".
4. Un mémoire du titulaire du marché ne peut être regardé comme une réclamation au sens de l'article 37 du cahier des clauses administratives générales relatif aux prestations intellectuelles que s'il comporte l'énoncé d'un différend et expose, de façon précise et détaillée, les chefs de la contestation en indiquant, d'une part, les montants des sommes dont le paiement est demandé et, d'autre part, les motifs de ces demandes, notamment les bases de calcul des sommes réclamées.
5. En l'espèce, le courrier de réclamation adressé le 11 mars 2021 par la société Wor ingénierie à la préfecture de police n'indique pas la somme demandée au titre de l'augmentation de ses honoraires et se borne à demander la signature d'un avenant en vue de la révision de ceux-ci. Il ne correspond donc pas aux exigences mentionnées ci-dessus. De plus, si la requérante fait référence, sans précision au demeurant, au courrier du 4 février précédent, auquel était jointe une proposition d'avenant portant le montant du forfait de sa rémunération à la somme de 88 620,84 euros, distincte de celle demandée dans la présente requête, il résulte de l'instruction que courrier n'était pas annexé à celui du 11 mars. Par suite, le mémoire en réclamation de la société Wor ingénierie doit être regardé comme ne précisant pas le montant de la somme dont le paiement était demandé, en méconnaissance de l'article 37 du cahier des clauses administratives générales relatif aux prestations intellectuelles et la fin de non-recevoir opposée par le préfet de police ne peut qu'être accueillie.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la société Wor ingénierie une somme de 1 500 euros à verser à l'Etat au titre de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Wor ingénierie est rejetée.
Article 2 : La société Wor ingénierie versera à l'Etat (préfet de police) une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Wor ingénierie et au préfet de police.
Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Viard, présidente,
M. Grandillon, premier conseiller,
M. Perrot, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.
Le rapporteur,
V. A
La présidente,
M-P. VIARD La greffière,
I. SZYMANSKI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2117341
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026