LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2117499

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2117499

mercredi 10 janvier 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2117499
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET ARENTS, TRENNEC (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 août 2021 et 27 novembre 2023, M. BB AY, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 ;

2°) d'annuler la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de l'inscrire au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 ;

3°) d'annuler l'ensemble des arrêtés de nomination au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 et notamment les arrêtés portant nomination de Mme BZ CC, de Mme AN BO, de M. BP CI, de M. J CD, de M. BM BN, de M. AK AW, de M. AI CP, de M. BG M, de M. BY CR, de M. CG CU, de Mme T CE,

de M. L AT, de M. AD O, de M. CQ CV,

de M. AM AA, de M. BG AC, de M. B CA, de Mme V CS, de M. CW CB, de Mme CO AR, de M. C AP,

de M. CG W, de M. AL BJ, de Mme T BI, de M. H G,

de M. L BS, de M. BT I, de M. AJ BE, de M. U A,

de Mme CM BW, de M. AU AH, de M. CG AO,

de M. X AG, de M. P AX, de M. AD BV, de M. Q BL,

de M. BG CJ, de M. AJ AQ, de M. BR BA,

de M. CG BH, de M. BK R, de M. S AZ,

de M. CN BU, de M. CK AV, de M. H CL,

de M. AS BQ, de M. Y N, de M. BG Z, de M. U AB,

de M. BD CF, de M. BX CH, de M. E AE, de M. H K,

de M. BG AF, de M. BK CT, de Mme D F et de

Mme BC BF ;

4°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les candidats n'ont pas bénéficié d'un examen particulier de leurs dossiers ;

- l'arrêté portant tableau d'avancement est illégal dès lors que M. AV, M. CL, M. BQ, M. N et M. Z ne justifiaient pas de 12 ans de service, conformément aux dispositions du 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 et ne remplissaient pas les conditions préalables pour être inscrits au tableau d'avancement ;

- il est illégal dès lors que M. AF ne justifiait pas de dix ans de service en secteur difficile conformément aux dispositions du 3 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 ;

- il est entaché d'erreurs manifestes d'appréciation dès lors que ces fonctionnaires inscrits ont des notations inférieures aux siennes, notamment Mme CC, Mme CE, M. AP, M. BI, M. AO, M. AG, M. AC, M. BE, M. BW, M. BA, M. BH, M. CB, Mme BW, M. BV, M. AA, M. CT, Mme F et Mme BF ;

- la décision portant refus d'inscription et les décisions portant nomination des agents promus sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AY ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 4 novembre 2023, Mme BC BF conclut au rejet de la requête de M. AY.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AY ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 15 novembre 2023, M. BG Z conclut au rejet de la requête de M. AY.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AY ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 22 novembre 2023, M. CK AV conclut au rejet de la requête de M. AY.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AY ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 5 décembre 2023, M. X AG conclut au rejet de la requête de M. AY.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AY ne sont pas fondés.

M. BX CH a produit un mémoire, enregistré le 3 décembre 2023, qui n'a pas fait l'objet d'une communication.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ;

- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :

- le rapport de M. Gandolfi,

- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.

Une note en délibéré, enregistrée le 16 décembre 2023, a été présentée par M. CG AO.

Une note en délibéré, enregistrée le 16 décembre 2023, a été présentée par M. AJ BE.

Considérant ce qui suit :

1. M. BB AY, gardien de la paix, a sollicité son inscription sur le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021. Par un télégramme du 16 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a diffusé la liste des fonctionnaires promus au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a fixé le tableau d'avancement au grade de brigadier de police pour l'année 2021 et a nommé à ce grade 3 213 fonctionnaires de police. M. AY, dont la candidature n'a pas été retenue, demande au tribunal d'annuler cet arrêté et l'ensemble des décisions individuelles portant nomination au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / () / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 ; / () / 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel. / Il peut être prévu que le jury complète son appréciation résultant des épreuves de l'examen par la consultation du dossier individuel de tous les candidats ; / 3° Soit par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel. / () / Tout fonctionnaire bénéficiant d'un avancement de grade est tenu d'accepter l'emploi qui lui est assigné dans son nouveau grade. Sous réserve de l'application des dispositions de l'article 60, son refus peut entraîner la radiation du tableau d'avancement ou, à défaut, de la liste de classement. ".

3. L'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale, dans sa version alors en vigueur, dispose que : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté. ".

4. Aux termes de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa rédaction en vigueur : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de brigadier de police :/ 1-1. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, quatre ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, et qui, soit ont reçu par arrêté interministériel la qualité d'officier de police judiciaire, soit ont satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique ; / 1-2. Dans la limite du dixième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix affectés dans l'un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, ayant satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique, et qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, soit quatre ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade dont une année au moins dans un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, soit six années au moins de services effectifs depuis leur titularisation ; / 2. Dans la limite du neuvième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent douze ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade ; / 3. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, dix ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, accomplis intégralement dans les secteurs classés difficiles définis par arrêté du ministre de l'intérieur ; / 4. Les gardiens de la paix âgés de cinquante-quatre ans et demi au moins au cours de l'année considérée, qui comptent au moins deux ans de services effectifs dans l'échelon terminal de leur grade. / Les secteurs ou unités d'encadrement prioritaire mentionnés au 1-2 ci-dessus sont ceux où sont constatées des difficultés particulières pour pourvoir les emplois confiés aux titulaires des grades d'avancement et où l'exercice des missions de police impose une charge d'activité supérieure à la moyenne. La liste des secteurs ou unités ainsi classés et les critères permettant de l'établir sont fixés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique. ".

5. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les candidats au tableau d'avancement au grade de brigaduer de la police nationale au titre de l'année 2021 n'auraient pas bénéficié d'un examen particulier de leurs dossiers. Par suite, ce moyen, au demeurant dépourvu de toute précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, ne peut qu'être écarté.

6. En deuxième lieu, le ministre de l'intérieur fait valoir sans être contesté que M. AV, M. CL, M. BQ, M. N, M. Z, respectivement gardiens de la paix depuis les 1er avril 2000, 1er février 2001, 1er octobre 2001, 1er octobre 2000 et 1er mars 2001, remplissaient ainsi, contrairement à ce que soutient M. AY, les conditions d'ancienneté prévues par le 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004.

7. En troisième lieu, le ministre de l'intérieur et de l'outre-mer fait également valoir sans être contesté que M. AF, gardien de la paix depuis le 1er mars 2004, a exercé ses fonctions du 1er septembre 2007 au 31 mai 2021 et à compter du 1er juin 2021 dans le département du Val-d'Oise et dans des circonscriptions classées difficiles définies par le décret susvisé du 15 décembre 1999. Il suit de là que le moyen tiré de ce que M. AF ne remplissait pas les conditions prévues par le 3 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 ne peut qu'être écarté.

8. En quatrième lieu, d'une part, il résulte de l'ensemble des dispositions citées aux points 3 et 4 du présent jugement que les fonctionnaires, même s'ils remplissent les conditions statutaires requises pour bénéficier d'une promotion au choix, ne détiennent aucun droit à être inscrits sur un tableau d'avancement. Le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres agents candidats à ce même grade. En outre, dès lors que seuls des fonctionnaires expérimentés peuvent être inscrits au tableau d'avancement, l'ancienneté dans le grade de brigadier ne constitue pas, en soi, un élément déterminant de l'appréciation de la valeur professionnelle des agents.

9. Par ailleurs, si les dispositions de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 prévoient cinq voies de promotion au grade de brigadier de la police nationale, dans des proportions qu'elles déterminent, elles n'impliquent pas que les tableaux d'avancement prévus aux 1, 2, 3 et 4 soient nécessairement distincts.

10. Enfin, il résulte enfin des dispositions précitées que l'inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale a lieu au choix. Dès lors que le tableau d'avancement au titre de l'année 2021 ne pouvait comporter qu'un nombre limité de fonctionnaires, la valeur professionnelle de M. AY ne peut être appréciée, aux fins d'inscription sur ce tableau d'avancement, que par comparaison avec celle des autres agents remplissant les conditions statutaires pour prétendre au même avancement.

11. En l'espèce, il ressort du dernier compte-rendu d'évaluation professionnelle de M. AY que ce dernier a intégré les effectifs de la police nationale le 1er septembre 2006 et était affecté depuis le 1er mai 2009 à la brigade anti-criminalité d'Argenteuil. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu les notes de 6, 6 et 7 au titre des années de référence et que son supérieur hiérarchique a indiqué que sa " nomination à un niveau supérieur [était] prématurée " et qu'il devant " encore progresser pour pouvoir y prétendre ".

En ce qui concerne l'inscription de M. AG :

12. D'une part, il ressort des pièces du dossier que M. AG a été titularisé dans le corps des gardiens de la paix la police nationale le 1er septembre 2006 et a été affecté à la circonscription de sécurité publique de Sarcelles. D'autre part, M. AG fait valoir sans être contesté que, après avoir été adjoint de sécurité affecté à la circonscription de sécurité publique d'Argenteuil en 1998, il a été affecté à la brigade de nuit du commissariat de Sarcelles, qu'il a occupé le poste de brigadier-major adjoint, chef de l'unité de nuit, chef de bord en patrouille, chef de poste et d'opérateur radio. M. AG fait également valoir que, en 2012, il a été affecté au groupe d'appui judiciaire d'Enghien-les-Bains, qu'il occupe, depuis 2016, un poste au sein de la circonscription de sécurité publique d'Argenteuil au bureau de liaison et de soutien et qu'il a obtenu plusieurs témoignages de satisfaction, lettres de félicitations et la médaille d'argent de la police nationale pour 20 ans de service. Enfin, il ressort des pièces que, au titre des années de référence, M. AG a obtenu les notes de 5, 6 et 6. Il suit de là que, en préférant la candidature de M. AG à celle de M. AY, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché ses décisions d'erreurs manifestes dans l'appréciation de leurs valeurs professionnelles respectives, appréciation qui doit tenir compte non seulement des notations obtenues par les candidats et de leur ancienneté, mais aussi, notamment, de la nature des postes occupés et de la durée de leur dernière affectation.

En ce qui concerne l'inscription de M. Z :

13. Il ressort des pièces du dossier que M. Z fait valoir sans être contesté qu'après avoir occupé les fonctions d'adjoint de sécurité pendant trois ans, il a intégré les effectifs de la police nationale en mars 2001 et a été titularisé dans le corps des gardiens de la paix en février 2002, qu'il est affecté depuis cette date au commissariat de police de Cergy en unité d'intervention de police secours de nuit et est chef de poste. Il ressort des pièces du dossier que, au titre des années de référence, M. Z a obtenu les notes de 7, qu'il a obtenu deux médailles de bronze pour acte de courage et de dévouement le 30 septembre 2005 et le 20 septembre 2018 et la médaille d'honneur de la police nationale-échelon argent, le 9 janvier 2020. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le ministre de l'intérieur aurait entaché sa décision d'erreurs manifestes d'appréciation en préférant à la candidature de M. AY celle de M. Z, lequel disposait notamment d'une meilleure notation et d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale plus importante, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'inscription de M. AV :

14. Il ressort des pièces du dossier que M. AV a intégré les effectifs de la police nationale le 1er avril 2000 et qu'il était affecté à DDSP du Val-d'Oise et occupait un poste à l'UIPS de nuit depuis le 1er septembre 2013. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu les notes de 7 au titre des années de référence et que son supérieur hiérarchique a estimé qu'il était immédiatement apte à des fonctions plus importantes. Par suite, le moyen soulevé par M. AY et tiré de ce que la nomination de M. AV serait entaché d'erreurs manifestes d'appréciation, lequel, au demeurant, est dépourvu de toute précision, ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les inscriptions de Mme CC, de Mme CE,

de M. AP, de M. BI, de M. AO, de M. BA, de M. AC et de Mme BW :

15. Il ressort des pièces du dossier que, au titre des années de référence, Mme CC, M. CE, M. AP, M. BI et M. AO ont obtenu les notes de 5, 6 et 6, M. BA et M. AC ont obtenu les notes de 5, 5 et 6, et Mme BW a obtenu les notes de 5. Il ressort également des pièces du dossier qu'ils ont été titularisés dans le corps des gardiens de la paix le 1er septembre 2007, le 1er septembre 2009, le 1er décembre 2012, le 1er décembre 2008, le 1er septembre 2010, le 1er septembre 2007, le 1er mars 2006 et le 1er septembre 2010. S'il suit de là que ces agents ont obtenu des notes inférieures à celles de M. AY et que certains d'entre eux justifiaient d'une ancienneté dans le corps des gardiens de la paix légèrement inférieure, ces seuls éléments, égard aux faibles écart de notation, à leur ancienneté et leurs profils, alors que le supérieur hiérarchique du requérant a estimé que sa nomination à un niveau supérieur était prématuré et qu'il devait encore progresser pour pouvoir y prétendre, ne suffisent pas à démontrer que le ministre de l'intérieur aurait entaché ses décisions d'erreurs manifestes dans l'appréciation de leurs valeurs professionnelles respectives, appréciation qui doit tenir compte non seulement des notations obtenues par les candidats et de leur ancienneté, mais aussi, notamment, de la nature des postes occupés et de la durée de leur dernière affectation. Par suite, les moyens tirés de ce que ces décisions seraient entachées d'erreurs manifestes d'appréciation doivent être écartés.

En ce qui concerne l'inscription de M. CT :

16. Il ressort des pièces du dossier que M. CT a obtenu, au titre des années de références, les notes de 4, 6 et 6. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a été titularisé dans le corps des gardiens de la paix le 8 avril 2013. Ainsi, il disposait d'une notation inférieure à celle de M. AY et d'une ancienneté dans le corps des gardiens de la paix nettement moins importante que celle de ce dernier. Par suite, et en l'absence de tout autre élément, M. AY est fondé à soutenir que l'arrêté portant tableau d'avancement et la décision portant inscription de M. CT sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation.

En ce qui concerne les inscriptions de M. BV et de M. AA :

17. Il ressort des pièces du dossier que, au titre des années 2018 à 2020, M. BV et M. AA ont obtenu les de 5, 5 et 6 et les notes de 5, 6 et 6. Il ressort également des pièces du dossier que M. BV et M. AA ont été titularisés dans le corps des gardiens de la paix le 1er septembre 2011 et le 1er janvier 2014. Il suit de là qu'ils justifiaient d'une notation inférieure à celle de M. AY et d'une ancienneté nettement moins importante. Par suite, et en l'absence de tout autre élément produit, M. AY est fondé à soutenir que l'arrêté portant tableau d'avancement et les décisions portant inscription de M. BV et de M. AA sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation.

En ce qui concerne l'inscription de M. BE :

18. Il ressort des pièces du dossier que M. BE a obtenu, au titre des années de références, les notes de 5, 5 et 6. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a été titularisé dans le corps des gardiens de la paix le 1er septembre 2012. Ainsi, il disposait d'une notation inférieure à celle de M. AY et d'une ancienneté dans le corps des gardiens de la paix nettement moins importante que celle de ce dernier. Par suite, et en l'absence de tout autre élément, M. AY est fondé à soutenir que l'arrêté portant tableau d'avancement et la décision portant inscription de M. BE sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation.

En ce qui concerne les inscriptions de M. CB, de Mme F et de Mme BF :

19. Il ressort des pièces du dossier que M. CB et Mme F d'une part, et que Mme BF d'autre part, ont obtenu les notes de 4, 4 et 5 et 3, 3 et 4 au titre des années de référence. Il ressort également des pièces du dossier qu'ils ont été titularisés dans le corps des gardiens de la paix le 1er janvier 2016, le 6 janvier 2014 et le 1er juin 2014. Il suit de là que ces fonctionnaires de police disposaient de notations nettement inférieures à celles de M. AY et d'une ancienneté dans le corps des gardiens de la paix nettement moins importante. Par suite, et en l'absence de tout autre élément produit, M. AY est fondé à soutenir que l'arrêté portant tableau d'avancement et les décisions portant inscription de M. CB, de Mme F et de Mme BF sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation.

En ce qui concerne les inscriptions de Mme BO, de M. CI, de M. CD, de M. BN, de M. AW, de M. CP, de M. M, de M. CR,

de M. CU, de M. AT, de M. O, de M. CV, de M. CA,

de Mme CS, de Mme AR, de M. W, de M. BJ, de Mme BI,

de M. G, de M. BS, de M. I, de M. A, de M. AH, de M. AO,

de M. AX, de M. BL, de M. CJ, de M. AQ, de M. BH, de M. R, de M. AZ, de M. BU, de M. CL, de M. BQ, de M. N, de M. AB,

de M. CF, de M. CH, de M. AE, de M. K et de M. AF :

20. Si M. AY soutient que les décisions portant nomination de ces fonctionnaires seraient entachées d'erreurs manifestes d'appréciation, ces moyens, qui ne sont assortis d'aucune précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, ne peuvent qu'être écartés.

En ce qui concerne les conclusions à fin d'annulation de l'ensemble des décisions portant nomination au grade de brigadier au titre de l'année 2021 :

21. Ces conclusions, qui ne sont assorties d'aucun moyen spécifiquement dirigé contre ces décisions, ne peuvent qu'être rejetées.

22. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 et la décision portant refus implicite d'inscription de M. AY doivent être annulées, ainsi que les décisions portant nomination de M. CT, de M. BV, de M. AA, de M. BE, de M. CB, de Mme F et de Mme BF, qui ont été contestées dans le délai de recours contentieux et qui ne sont donc pas devenues définitives.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

23. L'annulation par le présent jugement de l'arrêté du 30 juillet 2021 du ministre de l'intérieur portant tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 sur lequel ne figurait pas le nom de M. AY et des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau qui ne sont pas devenues définitives, n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de procéder à la nomination de celui-ci au grade de brigadier, dès lors que le requérant ne peut se prévaloir d'un droit à être nommé à un grade supérieur ou d'être inscrit sur un tableau d'avancement. En revanche, le présent jugement implique, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que le ministre de l'intérieur et des outre-mer réexamine la candidature de M. AY, ainsi que celles des fonctionnaires dont les décisions de nominations sont annulées, dans un délai de trois mois à compter de sa notification.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

24. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. AY et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 30 juillet 2021 relatif au tableau d'avancement au grade de brigadier de police nationale au titre de l'année 2021 est annulé.

Article 2 : Les décisions portant refus d'inscription de M. AY et portant nomination de M. CT, de M. BV, de M. AA, de M. BE, de M. CB,

de Mme F et de Mme BF sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réexaminer la candidature de M. AY, de M. CT, de M. BV, de M. AA, de M. BE,

de M. CB, de Mme F et de Mme BF dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 4 : L'Etat versera à M. AY une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : Le surplus des conclusions présentées pour M. AY est rejeté.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. BB AY, au ministre à l'intérieur et des outre-mer, à Mme AN BO, à M. BP CI, à M. J CD, à M. BM BN, à M. AK AW, à M. AI CP, à M. BG M, à M. BY CR, à M. CG CU, à Mme T CE, à M. L AT, à M. AD O, à M. CQ CV, à M. AM AA, à M. BG AC, à M. B CA, à Mme V CS, à M. CW CB, à Mme CO AR, à M. C AP, à M. CG W, à M. AL BJ, à Mme T BI, à M. H G, à M. L BS, à M. BT I, à M. AJ BE, à M. U A, à Mme CM BW, à M. AU AH, à M. CG AO, à M. X AG, à M. P AX, à M. AD BV, à M. Q BL, à M. BG CJ, à M. AJ AQ, à M. BR BA, à M. CG BH, à M. BK R, à M. S AZ, à M. CN BU, à M. CK AV, à M. H CL, à M. AS BQ, à M. Y N, à M. BG Z, à M. U AB, à M. BD CF, à M. BX CH, à M. E AE, à M. H K, à M. BG AF, à M. BK CT, à Mme D F et à Mme BC BF.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Ladreyt, président,

M. Gandolfi, premier conseiller,

Mme Leravat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 janvier 2024.

Le rapporteur,

G. Gandolfi

Le président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

L. Sueur

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.

27/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314

Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.

27/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783

**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.

27/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697

Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

27/03/2026

← Retour aux décisions