lundi 20 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118023 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | JEANTET ET ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 août 2021, la société Épargne foncière, représentée par Mes Follorou et di Chiara, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge partielle, à hauteur de 42 815 euros, de la taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020, augmentée des intérêts moratoires, en application de l'article L. 208 du livre des procédures fiscales ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 6 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la surface retenue par l'administration est erronée, dès lors qu'elle prend en compte des surfaces occupées par des activités exonérées, à savoir des activités d'enseignement ;
- les dispositions de l'article 231 ter du code général des impôts ne subordonnent pas le bénéfice de l'exonération qu'elles prévoient à l'absence de caractère modulable des aménagements réalisés dans les locaux aménagés pour l'exercice d'activités à caractère éducatif.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 février 2022, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au non-lieu à statuer à hauteur des dégrèvements prononcés en cours d'instance, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société Épargne foncière ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Lahary, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société Épargne foncière a souscrit une déclaration de taxe sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement au titre des années 2018, 2019 et 2020 concernant les locaux à usage de bureaux qu'elle possède au 13 rue Miollis à Paris (15ème arrondissement). Par une réclamation du 23 décembre 2020, elle a demandé le dégrèvement partiel de cette taxe. Cette demande a fait l'objet d'une décision implicite de rejet. Dans le cadre de la présente instance, la société Épargne foncière demande la décharge partielle des impositions en litige.
Sur l'étendue du litige :
2. Par une décision du 10 décembre 2021, postérieure à l'introduction de la requête, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris a prononcé un dégrèvement partiel, à hauteur, respectivement, de 9 284 euros au titre de l'année 2018, de 10 215 euros au titre de l'année 2019 et de 12 263 euros au titre de l'année 2020. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur de ces sommes.
Sur le bien-fondé des impositions :
Sur le terrain de la loi fiscale :
3. Aux termes de l'article 231 ter du code général des impôts : " I. Une taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux et les locaux de stockage est perçue, dans les limites territoriales de la région d'Ile-de-France, composée de Paris et des départements de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-et-Marne, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val-d'Oise et des Yvelines. / () III. La taxe est due : / 1° Pour les locaux à usage de bureaux, qui s'entendent, d'une part, des bureaux proprement dits et de leurs dépendances immédiates et indispensables destinés à l'exercice d'une activité, de quelque nature que ce soit, par des personnes physiques ou morales privées, ou utilisés par l'État, les collectivités territoriales, les établissements ou organismes publics et les organismes professionnels, et, d'autre part, des locaux professionnels destinés à l'exercice d'activités libérales ou utilisés par des associations ou organismes privés poursuivant ou non un but lucratif ;/() V. Sont exonérés de la taxe :() 2° Les locaux appartenant aux fondations et aux associations, reconnues d'utilité publique, dans lesquels elles exercent leur activité, ainsi que les locaux spécialement aménagés pour l'archivage administratif et pour l'exercice d'activités de recherche ou à caractère sanitaire, social, éducatif ou culturel. " Pour l'application des dispositions du 2° du V de l'article 231 ter du code général des impôts citées ci-dessus, doivent être regardés comme des locaux spécialement aménagés pour l'exercice d'activités à caractère éducatif les salles de cours, d'étude et les amphithéâtres des établissements d'enseignement ou de formation initiale ou continue, ainsi que les locaux aménagés pour certains types d'enseignement comme, notamment, les laboratoires de langue ou les salles d'informatique.
4. Les locaux en cause sont loués à un établissement supérieur privé technique, dénommé école de Condé. La société requérante soutient que la surface imposable de 748 m² qu'elle a mentionnée dans ses déclarations au titre des années en litige correspond à celle qui résulte de l'analyse menée par le service dans sa décision du 2 mai 2017 dans le cadre de l'acceptation partielle de la réclamation portant sur les années 2013 à 2015, mais que cette analyse n'est désormais plus conforme ni à la jurisprudence, ni à la doctrine référencée BOI-IF-AUT-50-10-20 en date du 19 février 2020, dans la mesure où les dispositions de l'article 231 ter du code général des impôts ne subordonnent pas le bénéfice de l'exonération qu'elles prévoient à l'absence de caractère modulable des aménagements réalisés dans les locaux aménagés pour l'exercice d'activités à caractère éducatif. La société requérante en infère que la surface taxable ne serait que de 34,9 m², correspondant à une salle des professeurs située au 3ème étage du bâtiment.
5. Il résulte de l'instruction que le service, par la décision en date du 10 décembre 2020, a procédé à un dégrèvement partiel, mentionné au point 2 ci-dessus, conduisant à exonérer de taxe sur les locaux à usage de bureaux les locaux spécialement aménagés pour l'exercice d'activités à caractère éducatif. Ne restent donc soumis à la taxe en cause que les bureaux administratifs, pour une surface de 219 m². La société requérante n'établit, ni même n'allègue, que les surfaces ainsi taxées correspondraient à des locaux spécialement aménagés pour l'exercice d'activités à caractère éducatif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 231 ter du code général des impôts ne peut qu'être écarté.
Sur le terrain de la doctrine :
6. La société requérante ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement des dispositions de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, des énonciations de la doctrine référencée BOI-IF-AUT-50-10-20 en date du 19 février 2020, dès lors que les impositions qu'elle conteste sont des impositions primitives et n'ont fait l'objet d'aucun rehaussement. En tout état de cause, la doctrine référencée BOI-IF-AUT-50-10-20 en date du 19 février 2020 a été publiée postérieurement à la période concernée par le présent litige.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la société requérante n'est pas fondée à demander la décharge partielle de la taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement à laquelle elle a été assujettie au titre des années 2018, 2019 et 2020.
Sur les frais liés au litige :
8. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. " Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête à hauteur des dégrèvements prononcés par le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris dans sa décision du 10 décembre 2021, pour des montants respectifs de 9 284 euros au titre de l'année 2018, de 10 215 euros au titre de l'année 2019 et de 12 263 euros au titre de l'année 2020.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Épargne foncière est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Épargne foncière et à la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris, pôle juridictionnel administratif.
Délibéré après l'audience du 6 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
M. Errera, premier conseiller,
M. Huin-Morales, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 février 2023.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
J. EVGÉNASLa greffière,
B. CHAHINE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026