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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2118068

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2118068

mercredi 11 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2118068
TypeDécision
PublicationC
Formation5e Section - 3e Chambre
Avocat requérantCABINET ARENTS, TRENNEC (SCP)

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par requête et des mémoires, enregistrés le 24 août 2021 et les 16 janvier et 6 février 2023, M. A AF, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 portant tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale au titre de l'année 2021 et la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement refusé de l'inscrire sur ce tableau ;

2°) d'annuler l'ensemble des arrêtés de nomination au grade de brigadier de la police nationale au titre de l'année 2021 et notamment ceux portant nomination de Mme S T, de M. Y X, de Mme K D, de Mme N AD, de Mme AB L, de Mme B Z, de Mme R V, de M. O G, de Mme F J, de M. AA Q, de M. C AC, de M. P W, de M. H E, de M. U I et de M. U M ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'inscrire au tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale au titre de l'année 2021 dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les candidats n'ont pas bénéficié d'un examen particulier de leurs dossiers ;

- MM. Q, AC, W, E et I ne remplissaient pas les conditions préalables pour être inscrits au tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale dès lors qu'ils ne justifiaient pas de douze années de service conformément à ce que prévoit l'article 12-2 du décret du 23 décembre 2004 ;

- M. M ne justifiait pas de dix années de service en secteur difficile comme l'exige l'article 12-3 du décret du 23 décembre 2004 ;

- l'arrêté et la décision portant refus d'inscription sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation quant aux mérites professionnels des fonctionnaires inscrits dès lors qu'ils ont des notations inférieures aux siennes.

Par un mémoire, enregistré le 4 janvier 2023, M. O G conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par deux mémoires, enregistrés les 6 janvier et 2 février 2023, Mme B Z, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel conclut au rejet de la requête de M. AF et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 12 janvier 2023, Mme F J conclut au rejet de la requête de M. AF.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 15 janvier 2023, Mme S T conclut au rejet de la requête de M. AF.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 16 janvier 2023, Mme N AD conclut au rejet de la requête de M. AF.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 30 janvier 2023, Mme R V conclut au rejet de la requête de M. AF.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 1er février 2023, M. U M conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 3 février 2023, M. Y X conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 3 février 2023, Mme AB L conclut au rejet de la requête de M. AF.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 4 février 2023, M. U I conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 5 février 2023, M. AA Q conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 5 février 2023, M. P W conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire, enregistré le 26 février 2023, M. H E conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 septembre 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête de M. AF.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. AF ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;

- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ;

- le décret n° 2009-1055 du 15 décembre 1999 portant attribution d'une indemnité de fidélisation en secteurs difficile aux fonctionnaires actifs de la police nationale ;

- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale.

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :

- le rapport de M. Gandolfi,

- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A AF, gardien de la paix, a sollicité son inscription sur le tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021. Par un télégramme du 16 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a diffusé la liste des fonctionnaires promus au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a fixé le tableau d'avancement au grade de brigadier de police pour l'année 2021 et a nommé à ce grade 3 213 fonctionnaires de police. M. AF, dont la candidature n'a pas été retenue, demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen de légalité externe :

2. Contrairement à ce que soutient M. AF, il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le ministre de l'intérieur aurait entaché son arrêté relatif au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre de l'année 2021 et les arrêtés individuels de nomination d'un défaut d'examen. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les moyens de légalité interne :

3. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / () / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 ; / () / 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel. / Il peut être prévu que le jury complète son appréciation résultant des épreuves de l'examen par la consultation du dossier individuel de tous les candidats ; / 3° Soit par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel. / () / Tout fonctionnaire bénéficiant d'un avancement de grade est tenu d'accepter l'emploi qui lui est assigné dans son nouveau grade. Sous réserve de l'application des dispositions de l'article 60, son refus peut entraîner la radiation du tableau d'avancement ou, à défaut, de la liste de classement. ".

4. L'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale, dans sa version alors en vigueur, dispose que : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté. ".

5. Aux termes de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa rédaction en vigueur : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de brigadier de police :/ 1-1. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, quatre ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, et qui, soit ont reçu par arrêté interministériel la qualité d'officier de police judiciaire, soit ont satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique ; / 1-2. Dans la limite du dixième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix affectés dans l'un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, ayant satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique, et qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, soit quatre ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade dont une année au moins dans un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire, soit six années au moins de services effectifs depuis leur titularisation ; / 2. Dans la limite du neuvième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les gardiens de la paix qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent douze ans de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade ; / 3. Les gardiens de la paix qui comptent, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, dix ans au moins de services effectifs depuis leur titularisation dans ce grade, accomplis intégralement dans les secteurs classés difficiles définis par arrêté du ministre de l'intérieur ; / 4. Les gardiens de la paix âgés de cinquante-quatre ans et demi au moins au cours de l'année considérée, qui comptent au moins deux ans de services effectifs dans l'échelon terminal de leur grade. / Les secteurs ou unités d'encadrement prioritaire mentionnés au 1-2 ci-dessus sont ceux où sont constatées des difficultés particulières pour pourvoir les emplois confiés aux titulaires des grades d'avancement et où l'exercice des missions de police impose une charge d'activité supérieure à la moyenne. La liste des secteurs ou unités ainsi classés et les critères permettant de l'établir sont fixés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique. ".

6. En premier lieu, M. Q, M. AC, M. W, M. E et M. I, respectivement gardiens de la paix depuis les 1er avril 2000, 1er février 2003, 1er octobre 2003, 1er octobre 2002 et 1er mars 2003, remplissaient ainsi, contrairement à ce que soutient M. AE, les conditions prévues par le 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004.

7. En deuxième lieu, M. M et le ministre de l'intérieur et des outre-mer font valoir sans être contestés que M. M a été titularisé au grade de gardien de la paix en février 2004 et qu'il a exercé ses fonctions du 1er septembre 2007 au 31 mai 2021 et à compter du 1er juin 2021 dans le département du Val-d'Oise et dans des circonscriptions classées difficiles définies par le décret susvisé du 15 décembre 1999. Il suit de là que le moyen tiré de ce que M. M ne remplissait pas les conditions prévues par le 3 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004 ne peut qu'être écarté.

8. En troisième lieu, il résulte de l'ensemble des dispositions précitées aux points 3 et 4 du présent jugement que les fonctionnaires, même s'ils remplissent les conditions statutaires requises pour bénéficier d'une promotion au choix, ne détiennent aucun droit à être inscrits sur un tableau d'avancement. Le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres agents candidats à ce même grade. En outre, dès lors que seuls des fonctionnaires expérimentés peuvent être inscrits au tableau d'avancement, l'ancienneté dans le grade de brigadier ne constitue pas, en soi, un élément déterminant de l'appréciation de la valeur professionnelle des agents.

9. Il résulte également des dispositions précitées que l'inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de la police nationale a lieu au choix. Dès lors que le tableau d'avancement au titre de l'année 2021 ne pouvait comporter qu'un nombre limité de fonctionnaires, la valeur professionnelle de M. AF ne peut être appréciée, aux fins d'inscription sur ce tableau d'avancement, que par comparaison avec celle des autres agents remplissant les conditions statutaires pour prétendre au même avancement.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. AF, a intégré les effectifs de la police nationale le 2 juin 2009, a été nommé dans le grade de gardien de la paix le 1er avril 2015 et occupait son dernier poste en secteur ou unité d'encadrement prioritaire dans le département de la Seine-Saint-Denis depuis le 1er avril 2017. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu, au titre des années 2017, 2018 et 2019 les notes de 4, 5 et 5.

S'agissant de l'inscription de Mme S T, de M. O G, de Mme B Z, de Mme F J, de Mme N AD, de Mme R V, de M. Y X, de Mme K D et de Mme AB L :

11. Il ressort des pièces du dossier et il est constant que Mme T, M. G, Mme Z, Mme J, Mme AD, Mme V, M. X, de Mme D et Mme L ont sollicité leur inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier au titre de l'année 2021 sur le fondement des dispositions du 1-1 de l'article 12 du décret du

23 décembre 2004 citées au point 5 du présent jugement et étaient titulaires de la qualité d'officier de police judiciaire. Or, il ressort du récépissé de dépôt de candidature de M. AF que celui-ci a présenté sa candidature à l'inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier au titre des dispositions du 1-2 de l'article 12 de ce même décret. Par suite, le moyen tiré de ce que le ministre de l'intérieur aurait entaché l'arrêté portant tableau d'avancement contesté d'erreurs manifestes d'appréciation en préférant les candidatures de Mme T,

M. G, Mme Z, Mme J, Mme AD, Mme V, M. X, Mme D et Mme L à celle de M. AF, est inopérant et doit être écarté.

S'agissant de l'inscription de M. AA Q :

12. Il ressort des pièces du dossier que M. Q, qui, au demeurant, a sollicité son inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre au titre des dispositions du 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004, a été titularisé dans le grade de gardien de la paix le 1er avril 2000 et occupait son dernier poste dans le département du Val d'Oise depuis le 1er septembre 2013. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu, les notes de 7 au titre des années 2019 et 2020. Il suit de là que M. Q justifiait d'une ancienneté dans le grade de gardien de la paix plus importante que celle de M. AF et d'une notation nettement supérieure à celle de ce dernier. Par suite, en préférant la candidature de M. Q à celle de M. AF, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux mérites professionnels de ces candidats.

S'agissant de l'inscription de M. U I :

13. M. I et le ministre de l'intérieur et des outre-mer font valoir sans être contestés que M. I, qui, au demeurant, a sollicité son inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre au titre des dispositions du 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004, a intégré les effectifs de la police nationale en mars 2001, qu'il est affecté dans le département du Val-d'Oise depuis février 2002, qu'il occupe des fonctions de chef de poste et qu'il a obtenu les notes de 7 au titre des années 2018, 2019 et 2020. En outre, il ressort des pièces du dossier qu'il s'est vu décerner la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement par le préfet du Val-d'Oise le 30 septembre 2005 et le 20 septembre 2018, et la médaille d'honneur de la police " échelon argent " par le ministre de l'intérieur, le 9 janvier 2020. Il suit de là qu'en préférant la candidature de M. I, qui justifiait notamment d'une notation et d'une ancienneté nettement supérieure à celle du requérant, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux mérites respectifs de ces candidats.

S'agissant de l'inscription de M. H E :

14. Il ressort des pièces du dossier que M. E, qui, au demeurant, a sollicité son inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre au titre des dispositions du 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004, a été titularisé dans le grade de gardien de la paix le 1er octobre 2000 et qu'il a obtenu les notes de 6 au titre des années 2018, 2019 et 2020. Il suit de là qu'en préférant la candidature de M. E, qui bénéficiait d'une ancienneté dans le grade de gardien de la paix plus importante que celle de M. AF et d'une notation supérieure à celle de ce dernier, le ministre de l'intérieur n'a pas entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux mérites respectifs de ces candidats.

S'agissant de l'inscription de M. P W :

15. Il ressort des pièces du dossier que M. W qui, au demeurant, a sollicité son inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre au titre des dispositions du 2 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004, a été titularisé dans les effectifs de la police nationale le 1er octobre 2001 et qu'il a obtenu les notes de 7, 6 et 7 au titre des années 2018, 2019 et 2020. Il fait également valoir sans être contesté qu'il est affecté à la compagnie département d'intervention du département du Val-d'Oise depuis septembre 2007, qu'il a toujours obtenu de bonnes appréciations et qu'il s'est vu confier un rôle d'encadrement avant sa promotion au grade de brigadier. Par suite, M. AF, qui justifiait d'une ancienneté dans le grade de gardien de la paix moins importante que celle de M. W et d'une notation nettement inférieure, ne démontre pas qu'en préférant la candidature de ce dernier, le ministre de l'intérieur aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux mérites respectifs de ces candidats.

S'agissant de l'inscription de M. U M :

16. Il ressort des pièces du dossier M. M, qui a demeurant a sollicité son inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier de police au titre des dispositions du 3 de l'article 12 du décret du 23 décembre 2004, a été titularisé dans les effectifs de la police nationale le 1er mars 2004 et a obtenu les notes de 6 au titre des années 2018, 2019 et 2020. Par ailleurs, il ressort également des pièces du dossier qu'il exerçait ses fonctions au sein de la brigade motorisée départementale du Val-d'Oise depuis le 1er septembre 2007. M. M fait valoir qu'il a obtenu la médaille d'argent pour acte de courage et de dévouement. Par suite, M. AF, qui justifiait d'une ancienneté dans le grade de gardien de la paix moins importante que celle de M. M et d'une notation inférieure, ne démontre pas qu'en préférant la candidature de ce dernier, le ministre de l'intérieur aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux mérites respectifs de ces candidats.

S'agissant de l'inscription de M. C AC :

17. Il ressort des pièces du dossier que M. AC a été titularisé le 1er février 2001 et a obtenu les notes de 6 au titre des années 2018, 2019 et 2020. Par suite, M. AF, qui justifiait d'une ancienneté dans le grade de gardien de la paix moins importante que celle de M. AC et d'une notation nettement inférieure, ne démontre pas qu'en préférant la candidature de ce dernier, le ministre de l'intérieur aurait entaché son arrêté d'une erreur manifeste d'appréciation quant aux mérites respectifs de ces candidats.

18. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées pour de M. AF et, par voie de conséquences, ses conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. AF demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. AF une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme Z et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. AF est rejetée.

Article 2 : M. AF versera à Mme Z une somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A AF, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Mme S T, à M. Y X, à Mme K D, à Mme N AD, à Mme AB L, à Mme B Z, à Mme R V, à M. O G, à Mme F J, à M. AA Q, à M. C AC, à M. P W, à M. H E, à M. U I et à M. U M.

Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023 à laquelle siégeaient :

M. Ladreyt, président,

M. Gandolfi, premier conseiller,

Mme Leravat, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 octobre 2023.

Le rapporteur,

G. Gandolfi

Le président,

J-P. Ladreyt

La greffière,

L. Sueur

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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