mardi 19 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118474 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | TERRIEN |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 14 septembre 2021, la présidente de la 5e chambre du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal administratif de Paris la requête de l'association Costic, enregistrée le 31 août 2021.
Par cette requête et un mémoire enregistré le 13 décembre 2023, l'association Costic, représentée par Me Terrien, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016 ainsi que des pénalités correspondantes pour un montant total de 66 056 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les prestations de formation en génie climatique facturées à l'INSA pour des montants de 52 812 euros en 2014, 56 842 euros en 2015 et 129 516 euros en 2016 sont exonérées de taxe sur la valeur ajoutée sur le fondement du a du 4° du 4 de l'article 261 du code général des impôts ;
- la somme de 58 777,23 euros qui lui a été versée par l'ADEME constitue une subvention n'entrant pas dans le champ d'application de la taxe sur la valeur ajoutée au sens de l'article 256 du code général des impôts.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2022, l'administrateur général des finances publiques représentant la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amadori,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. L'association " Comité scientifique et technique des industries climatiques " (Costic) est un centre d'études et de recherches indépendant ayant notamment pour activité la réalisation de prestations de formation professionnelle. Elle a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle le service vérificateur, par des propositions de rectification des 4 décembre 2017 et 13 avril 2018 a procédé, notamment, à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016. A la suite des observations du contribuable, le service a partiellement confirmé les rappels par lettre modèle n° 3926 du 3 septembre 2018. Les rappels proposés ont fait l'objet d'un abandon partiel ultérieur par le supérieur hiérarchique du vérificateur et par l'interlocuteur départemental. Les rappels de taxe sur la valeur ajoutée maintenus ont été mis en recouvrement par avis des 31 décembre 2018 et 15 avril 2019. Par une réclamation du 28 décembre 2020, l'association Costic a contesté les rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre des prestations de formation professionnelle délivrées à l'Institut National de Sciences Appliquées (INSA) de Strasbourg, d'une part, et sur la somme versée par l'agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), d'autre part. Cette réclamation a fait l'objet d'une décision de rejet du 2 juillet 2021.
Sur les rémunérations des prestations de formation professionnelle délivrées à l'INSA :
2. Aux termes de l'article 261 du code général des impôts : " Sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée : () 4. (Professions libérales et activités diverses) : () 4° a. les prestations de services () effectuées dans le cadre : () de l'enseignement universitaire dispensé dans les établissements publics et dans les établissements privés visés aux articles () L. 718-16 du code de l'éducation ". En renvoyant aux dispositions de l'article L. 718-6 du code de l'éducation, le législateur a entendu faire référence à tout établissement ou organisme, public ou privé, concourant aux missions du service public de l'enseignement supérieur ou de la recherche.
3. En l'espèce, il résulte de l'instruction que l'association requérante a conclu le 26 juin 2014 avec, d'une part, l'INSA de Strasbourg et, d'autre part, l'Union des Entreprises de Génie climatique et Energétique de France (UECF), une convention de coopération portant sur la formation des ingénieurs en Génie Climatique et Energétique et aux termes de laquelle l'INSA, école d'ingénieur reconnue comme un établissement d'enseignement supérieur, confie à l'association Costic la charge d'accueillir dans ses locaux les élèves en dernière année du cycle, d'y organiser les cours, travaux dirigés et travaux pratiques conformément à la maquette de formation INSA et d'encadrer une partie de leurs projets de recherche technologique et leurs projets de fin d'études. A ce titre, elle dispense des cours de spécialisation destinés aux élèves de l'INSA Strasbourg, en section " équipement technique du bâtiment ". En contrepartie de ces prestation, l'INSA verse à l'association requérante une participation financière aux charges d'enseignement d'encadrement pédagogique et de dépenses matérielles qui lui sont déléguées. Il résulte de ce qui précède qu'alors même que l'association Costic n'est ni un établissement à caractère scientifique, culturel ou professionnel, ni un établissement d'enseignement supérieur agréé par l'État, les prestations qu'elle a rendues à l'INSA ont été effectuées dans le cadre d'un enseignement universitaire dispensé dans un établissement privé concourant aux missions du service public de l'enseignement supérieur et doivent, dès lors, être regardées comme étant éligibles à l'exonération de taxe sur la valeur ajoutée sur le fondement du a du 4° du 4 de l'article 261 du code général des impôts.
Sur la subvention versée par l'ADEME :
4. Aux termes du I de l'article 256 du code général des impôts : " Sont soumises à la taxe sur la valeur ajoutée les livraisons de biens et les prestations de services effectuées à titre onéreux par un assujetti agissant en tant que tel. ".
5. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'à la suite d'une proposition formulée le 19 mai 2010, l'association requérante a conclu une convention avec l'ADEME le 26 octobre 2010 et un avenant le 3 décembre 2013, prévoyant son accompagnement, de concert avec la SA ALPHEEIS, du " PACTE ECS (eau chaude sanitaire) ". L'annexe technique à la convention précise les objectifs suivants : constituer une base de données de références sur les consommations d'eau chaude sanitaire (volumes, profils, températures, usages) à mettre à la disposition des équipes lauréates pour la réalisation de leurs travaux de RetD ; assurer un état de l'art sur les technologies, les marchés, les acteurs, les programmes et les mesures incitatives susceptibles d'influencer, à court et moyen terme, les développements industriels et d'équipements destinés à la production d'eau chaude sanitaire (en France et en Europe) ; organiser des rencontres pour l'échange, la restitution et la discussion des résultats des différents travaux conduits par les équipes (rencontres annuelles du PACTE ECS de l'ADEME) ; organiser des échanges entre les équipes lauréates du Pacte ECS de l'ADEME, pour assurer la cohérence entre les différents développements et projets ; assurer la communication des principaux résultats et enseignements du Pacte ECS à l'ensemble des acteurs concernés par cette problématique. Les premières annexes à la convention et à l'avenant détaillent l'opération confiée aux deux intervenants et la répartition entre eux des tâches. L'annexe 2 à la Convention de financement prévoit il est vrai que le montant de la subvention - fixé en dernier lieu par l'annexe 2 à l'avenant n°1 à la convention de financement à un montant de 58 777,23 euros - est évalué en fonction du nombre de jours prévus pour chaque tâche identifiée dans le programme de travail détaillé dans la convention et du coût journalier des ressources mobilisées pour la réalisation de ces tâches. Dans ces conditions, la subvention en litige doit être regardée comme étant en lien avec la prestation d'étude particulière et de travaux stipulée dans le cadre du Pacte ECS. Toutefois, la subvention versée par l'ADEME ne donnait pas lieu à des prestations de service individualisées au profit de l'ADEME et l'association Costic n'avait souscrit, en contrepartie de ces subventions, aucune obligation en ce qui concerne la nature des prestations offertes ou leur prix. Cette aide ne peut être regardée, dans ces conditions, comme entrant dans le champ d'application de l'article 256 A du code général des impôts.
6. Il résulte de tout ce qui précède que l'association Costic est fondée à demander la décharge de l'ensemble des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige auxquels elle a été assujettie au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016 ainsi que des pénalités correspondantes.
7. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'association Costic en vue de la présente instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'association Costic est déchargée des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016 ainsi que des pénalités correspondantes.
Article 2 : L'Etat versera à l'association Costic une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Costic et à l'administrateur général des finances publiques représentant la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 5 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
M. Pertuy, premier conseiller,
M. Amadori, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 19 mars 2024.
Le rapporteur,
A. AMADORI
Le président,
B. BACHOFFERLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400288
La société First Trading contestait devant le **Tribunal Administratif de Paris** des rappels d'impôts et pénalités suite à un contrôle fiscal. Le tribunal a **rejeté sa requête**, considérant que la proposition de rectification avait été régulièrement notifiée conformément aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, et que les autres moyens soulevés (prescription, qualification de la cession immobilière) n'étaient pas fondés.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407139
**Sujet principal** : La requête de la SAS Etablissements A. Chollet contestant la réintégration fiscale de provisions pour dépréciation de ses stocks et demandant la décharge d'impositions supplémentaires sur les sociétés. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (1re Section - 2e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de la société. Il estime que la méthode d'évaluation de la provision pour dépréciation appliquée au groupe de produits "V" n'est pas suffisamment précise et détaillée, car elle utilise un taux unique basé sur la durée de stockage pour des produits hétérogènes, sans justification d'une dépréciation homogène. **Textes appliqués** : Les articles 39-1 5° et 38-3 du Code général des impôts (CGI), en application de l'article 209 du CGI, ainsi que l'article 38 decies de l'annexe III au CGI, relatifs aux conditions de déductibilité des provisions pour dépréciation des stocks.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418646
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision du recteur de l'académie de Paris refusant la révision de l'affectation de sa fille en classe de première STMG. Le juge a estimé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en maintenant l'affectation initiale, les arguments fondés sur une prétendue erreur d'un conseiller principal d'éducation et sur les risques pour la scolarité de l'élève n'étant pas de nature à caractériser une situation exceptionnelle justifiant une révision. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et de l'arrêté académique fixant les procédures d'affectation.
31/03/2026