vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2118536 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | DAUSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 septembre 2021 et 8 janvier 2022, Mme C B, représentée par Me Dausse, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2021 par laquelle le directeur général de la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris a refusé de lui accorder la remise de l'indu d'allocation de logement sociale (ALS) d'un montant de 5 331,34 euros mis à sa charge au titre de la période de mars 2016 à février 2018 ;
2°) de lui accorder la remise totale ou, à titre subsidiaire, la remise partielle de la dette en litige ;
3°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle est de bonne foi et qu'elle se trouve dans une situation de précarité justifiant qu'il soit fait droit à sa demande de remise de dette.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2021, la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B est bénéficiaire de l'allocation de logement sociale (ALS) depuis le mois d'août 2006. Par décision du 14 mars 2018, la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris a notifié à l'intéressée un indu d'ALS s'élevant à la somme de 7 406 euros au titre de la période de mars 2016 à février 2018. Mme B a sollicité, en dernier lieu par courrier du 6 avril 2021, la remise de cet indu, dont le montant avait été ramené à 5 481,34 euros compte tenu des paiements effectués par l'intéressée. Par décision du 2 juin 2021, le directeur de la CAF de Paris a refusé de lui accorder la remise sollicitée. Par la présente requête, Mme B demande au tribunal de lui accorder la remise totale de l'indu en litige.
2. Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ". Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré () par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. () Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations ".
3. D'une part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. D'autre part, il résulte des dispositions citées au point 2 que l'allocataire d'une aide personnelle au logement ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de la dette résultant d'un paiement indu de cette aide, quelle que soit la précarité de sa situation, lorsque l'indu trouve sa cause dans une manœuvre frauduleuse de sa part ou dans une fausse déclaration, laquelle doit s'entendre comme désignant les inexactitudes ou omissions qui procèdent d'une volonté de dissimulation de l'allocataire caractérisant de sa part un manquement à ses obligations déclaratives.
5. Il résulte de l'instruction que Mme B a déclaré le 17 juillet 2015 être sans activité professionnelle et non indemnisée au titre du chômage depuis le 28 février 2015. Elle a bénéficié à ce titre, pour les mois de mars 2016 à février 2018, d'une ALS d'un montant total de 7 406 euros. La décision du 14 mars 2018 lui réclamant le remboursement de cette somme a été motivée par la circonstance qu'un contrôle de sa situation avait révélé que l'intéressée avait perçu durant la période en cause des revenus provenant d'allocations d'aide au retour à l'emploi et de revenus d'activité professionnelle qu'elle s'était abstenue de déclarer et dont le montant total était supérieur au plafond de ressources ouvrant droit à l'ALS. Eu égard notamment à la nature des ressources en cause et la présentation du formulaire de déclaration signée par Mme B le 17 juillet 2015, l'intéressée ne pouvait légitimement ignorer qu'elle était tenue de déclarer lesdites ressources. L'indu litigieux doit ainsi être regardé comme trouvant sa cause dans une fausse déclaration de la requérante. Dans ces conditions, et quelle que soit la précarité de sa situation, Mme B ne peut bénéficier d'une remise gracieuse de cet indu.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme B doit être rejetée, en l'ensemble de ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la Caisse d'allocations familiales de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
N. DLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-1
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