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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2118903

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2118903

jeudi 13 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2118903
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2e Section - 3e Chambre
Avocat requérantHENNI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 septembre 2021, M. B A, représenté par Me Henni, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 5 juillet 2021 par laquelle la maire de Paris lui a refusé l'octroi d'une indemnité tendant à la prise en charge des frais d'entretien de sa tenue de travail ;

2°) de condamner la ville de Paris à lui verser la somme de 10 920 euros, ou à tout le moins la somme de 3 920 euros, assortie des intérêts au taux légal, à compter du 12 mai 2021, en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis, en l'absence de prise en charge des frais de nettoyage de ses tenues de travail ;

3°) de mettre à la charge de la ville de Paris la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision rejetant sa réclamation est entachée d'un vice d'incompétence ;

- elle méconnaît le principe d'égalité de traitement, dès lors que, dans le cadre de l'exercice de ses fonctions d'agent d'accueil et de surveillance, affecté à la direction de la prévention, de la sécurité et de la protection de la ville de Paris, il est astreint à porter une tenue de travail, entièrement fournie par son employeur, comme d'autres catégories d'agents qui, eux, bénéficient d'une prise en charge des frais de nettoyage ;

- une telle sujétion imposée par l'employeur doit être compensée par la prise en charge des frais inhérents au nettoyage de ces tenues ;

- en outre, tant les dispositions du code du travail que la jurisprudence du Conseil d'Etat imposent la prise en charge par l'employeur des frais inhérents au nettoyage des tenues dont le port est rendu obligatoire ou est inhérent à l'emploi ;

- en refusant la prise en charge des frais en litige, la ville de Paris commet une erreur de droit ;

- dans ces circonstances, il est fondé à demander la réparation des préjudices subis et résultant de la non-prise en charge des frais de nettoyage de ses tenues de travail ;

- ces préjudices sont évalués à la somme de 10 920 euros ;

- si, toutefois, le tribunal était amené à retenir la prescription quadriennale opposée en défense, il serait fondé à demander une indemnité d'un montant de 3 920 euros.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 mai 2022, la ville de Paris conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'était fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail,

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 modifiée,

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée,

- le décret n°14-415 du 24 mai 1994 modifié,

- l'arrêté n°61-15 de la préfecture de la Seine du 8 avril 1961,

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Belkacem,

- les conclusions de Mme Mauclair, rapporteure publique,

- et les observations de Me Henni, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, agent d'accueil et de surveillance, affecté à la direction de la prévention, de la sécurité et de la protection de la ville de Paris depuis l'année 2008, a demandé à celle-ci de prendre en charge les frais d'entretien de ses tenues de travail, outre une indemnisation des frais qu'il a d'ores et déjà exposés à ce titre, par une réclamation datée du 11 mai 2021, reçue le lendemain par la ville de Paris. Par une décision du 5 juillet 2021, cette demande a été expressément rejetée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, que la décision attaquée a été signée par le directeur de la prévention, de la sécurité et de la protection de la ville de Paris, qui disposait à cet effet d'une délégation valablement consentie par la maire de Paris par un arrêté du 28 avril 2021, régulièrement publie au Bulletin des annonces de la ville du Paris le 4 mai 2021. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, le requérant ne saurait utilement se prévaloir tant des dispositions du code du travail que du principe général dont s'inspirent les dispositions des articles L. 1221-1 du code travail, et selon lequel les frais qu'un salarié expose pour les besoins de son activité professionnelle et dans l'intérêt de son employeur doivent, dès lors qu'ils résultent d'une sujétion particulière, être supportés par ce dernier, de telles dispositions et les principes généraux qui les inspirent ne s'appliquant pas aux fonctionnaires de la ville de Paris, dont le statut était alors régi par la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983, la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 modifiée, et le décret n°14-415 du 24 mai 1994 modifié. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

4. En troisième lieu, si le requérant soutient que certains agents d'accueil et de surveillance bénéficient de la prise en charge des frais de nettoyage de leur uniforme par la mise à disposition d'une carte de pressing, il ressort, toutefois, des pièces du dossier, que ces agents sont affectés à la direction des espaces verts et de l'environnement, et doivent exécuter des travaux au caractère particulièrement salissant, et il n'est pas établi, ni même allégué, que tel serait le cas des tâches confiées à M. A. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du principe d'égalité doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par suite, les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'indemnisation :

6. Il résulte de ce qui précède que la ville a pu légalement rejeter les demandes présentées par le requérant. Par suite, en l'absence de faute commise par la ville de Paris, le requérant n'est pas fondé à rechercher sa responsabilité. Par suite, les conclusions présentées à cette fin doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la ville de Paris, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, soit condamnée à verser au requérant la somme que celui-ci demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dès lors, ces conclusions doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ville de Paris.

Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :

M. Fouassier, président,

Mme Belkacem, première conseillère,

Mme Marchand, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.

La rapporteure,

N. BELKACEMLe président,

C. FOUASSIER

La greffière,

C. EL HOUSSINE

La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2118903/2-3

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