mercredi 11 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2119186 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ARENTS, TRENNEC (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 septembre 2021 et les 30 janvier, 8 et 25 mai et 13 juin 2023, M. CK J, représenté par Me Trennec, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 et la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement refusé de l'inscrire sur ce tableau ;
2°) d'annuler les arrêtés de nomination au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2021 de Mme Y CM, de M. BB AG, de M. AV BP, de M. DW K, de M. CZ AB, de M. D CN, de Mme AF CY, de M. BK AY, de M. BC G, de M. B V, de M. L CT, de M. CB AC, de M. AZ AK, de M. AU BR, de M. BJ BA, de M. AW H, de Mme DE DO, de Mme CD DR, de M. BC DD, de M. R DN, de M. N BF, de M. T BE, de M. CA S, de M. DK CW, de Mme AO DT, de Mme BZ I DV, de M. CH CE, de M. DC CG, de M. CA DA, de M. CZ CF, de M. AW BT, de M. AP F, de M. BI BX, de M. E CC, de M. BU DB, de M. AI CL, de Mme CJ DQ, de M. AE DJ, de M. CB BS, de M. BW BH, de M. CQ AQ, de M. CR X, de Mme Z P, de M. DI O, de M. BK CP, de Mme BD Q, de M. BM AH, de M. EA CU, de M. BC AM, de Mme BD A, de M. BO DF, de M. AS AR, de Mme DZ BQ, de M. BI DL, de M. BM BG, de Mme Y BA, de M. CO BV, de M. C AT, de M. BL de DU, de M. U W, de M. AD CI, de M. AA DG, de Mme CX DP, de M. AX AJ, de Mme AF CV, de M. CA BN, de M. BY DM, de Mme M CS, de Mme DX AN et M. BM AL.
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de l'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les candidats n'ont pas bénéficié d'un examen particulier de leurs dossiers ;
- l'arrêté portant tableau d'avancement, la décision portant refus d'inscription et les décisions portant nomination des agents promus sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- Mme CM ne satisfait pas aux conditions d'ancienneté dans le grade ;
- elle ne pouvait être titularisée au titre des effectifs de la brigade des réseaux franciliens pour lesquels elle n'a jamais travaillé dès lors qu'elle est détachée dans le département du Val-de-Marne où elle est représentante du personnel à la commission d'action sociale depuis le 28 août 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 8 mai 2023, Mme AF CV conclut au rejet de la requête de M. J.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 10 mai 2023, M. BK CP conclut au rejet de la requête de M. J.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 16 mai 2023, M. BU DB conclut au rejet de la requête de M. J.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 22 mai 2023, M. AZ AK conclut au rejet de la requête de M. J et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la requête de M. J est irrecevable dès lors qu'il n'est pas démontré qu'elle été enregistrée avant l'expiration du délai de recours et qu'elle était accompagnée des décisions attaquées ;
- elle est également irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;
- les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 10 juin 2023, M. BM AH, conclut au rejet de la requête de M. J et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à sa charge au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 15 juin 2023, M. AX AJ, conclut au rejet de la requête de M. J.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 26 juin 2023, Mme Z P, conclut au rejet de la requête de M. J.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 9 juillet 2023, M. AE DJ, conclut au rejet de la requête de M. J.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Par un mémoire, enregistré le 19 juillet 2023, Mme BZ I, conclut au rejet de la requête de M. J.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. J ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 95-654 du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale ;
- le décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gandolfi,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- et les observations de Me Poujade, représentant M. AG et M. AK,
- le ministre de l'intérieur n'étant ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. CK J, brigadier de police, a sollicité son inscription sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021. Par un télégramme du 16 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a diffusé la liste des fonctionnaires promus au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2021. Par un arrêté du 30 juillet 2021, le ministre de l'intérieur a fixé le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police pour l'année 2021 et a nommé à ce grade 1 872 fonctionnaires de police. M. J, dont la candidature n'a pas été retenue, demande au tribunal d'annuler cet arrêté, la décision refusant implicitement de l'inscrire sur ce tableau et les décisions individuelles portant nomination de Mme CM, de M. AG, de M. BP, de M. K, de M. AB, de M. CN, de Mme CY, de M. AY, de M. G, de M. V, de M. CT, de M. AC, de M. AK, de M. BR, de M. BA, de M. H, de Mme DO, de Mme DS, de M. DD, de M. DN, de M. BF, de M. BE, de M. S, de M. CW, de Mme DT, de Mme I DV, de M. CE, de M. CG, de M. DA, de M. CF, de M. BT, de M. F, de M. BX, de M. CC, de M. DB, de M. CL, Mme DQ, de M. DJ, de M. BS, de M. BH, de M. AQ, de M. X, de Mme P, de M. O, de M. CP, de Mme Q, de M. AH, de M. CU, de M. AM, de Mme A, de M. DF, de M. AR, de Mme BQ, de M. DL, de M. BG, de Mme BA, de M. BV, de M. AT, de M. de DU, de M. W, de M. CI, de M. DG, de Mme DP, de M. AJ, de Mme CV, de M. BN, de M. DM, de Mme CS, de Mme AN et de M. AL, au titre de l'année 2021.
Sur les fins de non-recevoir opposée par M. AK :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
3. En l'espèce, l'arrêté du 30 juillet 2021 portant tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de la police nationale au titre de l'année 2021 n'a été publié au bulletin officiel du ministère de l'intérieur n° 2 que le 27 août 2021. Par suite, la requête de M. J, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 10 septembre 2021 n'était pas tardive. Il suit de là que la fin de non-recevoir opposée par M. AK ne peut qu'être rejetée.
4. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
5. Contrairement à ce que soutient M. AK, la requête présentée pour M. J contient l'exposé de faits et de moyens et l'énoncé de conclusions. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par M. AK ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
6. Aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / () / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 ; / () / 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel. / Il peut être prévu que le jury complète son appréciation résultant des épreuves de l'examen par la consultation du dossier individuel de tous les candidats ; / 3° Soit par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel. / () / Tout fonctionnaire bénéficiant d'un avancement de grade est tenu d'accepter l'emploi qui lui est assigné dans son nouveau grade. Sous réserve de l'application des dispositions de l'article 60, son refus peut entraîner la radiation du tableau d'avancement ou, à défaut, de la liste de classement. ".
7. L'article 17 du décret du 9 mai 1995 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires actifs des services de la police nationale, dans sa version alors en vigueur, dispose que : " Pour l'établissement du tableau d'avancement de grade qui est soumis à l'avis des commissions administratives paritaires, il est procédé à un examen approfondi de la valeur professionnelle des agents susceptibles d'être promus compte tenu des notes obtenues par les intéressés, des propositions motivées formulées par les chefs de service et de l'appréciation portée sur leur manière de servir. Cette appréciation prend en compte les difficultés des emplois occupés et les responsabilités particulières qui s'y attachent ainsi que, le cas échéant, les actions de formation continue suivies ou dispensées par le fonctionnaire et l'ancienneté. ".
8. L'article 15 du décret du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, dans sa rédaction en vigueur, dispose que : " Peuvent être inscrits au tableau d'avancement pour l'accès au grade de brigadier-chef de police : / 1. Après avoir satisfait aux obligations d'un examen professionnel dont le contenu et les modalités sont fixés par arrêté du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique : / 1-1. Les brigadiers de police qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent cinq ans au moins de services effectifs depuis leur nomination dans le grade de brigadier ; / 1-2. Dans la limite du dixième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les brigadiers de police affectés dans l'un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire définis à l'article 12 et qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent trois ans au moins de services effectifs depuis leur nomination dans ce grade et sont affectés depuis au moins deux ans dans l'un des secteurs ou unités d'encadrement prioritaire ; ou qui comptent six ans au moins de services effectifs depuis leur nomination dans ce grade ; / 2. Dans la limite du douzième de l'ensemble des promotions de grade de l'année à réaliser au titre du présent article, les brigadiers de police qui, au 1er janvier de l'année pour laquelle le tableau d'avancement a été arrêté, comptent huit ans de services effectifs depuis leur nomination dans ce grade ; / 3. Les brigadiers de police âgés de cinquante-quatre ans et demi au moins au cours de l'année considérée qui comptent deux ans au moins de services effectifs dans l'échelon terminal du grade de brigadier. ". Aux termes de l'article 12 de ce même décret : " () Les secteurs ou unités d'encadrement prioritaire mentionnés au 1-2 ci-dessus sont ceux où sont constatées des difficultés particulières pour pourvoir les emplois confiés aux titulaires des grades d'avancement et où l'exercice des missions de police impose une charge d'activité supérieure à la moyenne. La liste des secteurs ou unités ainsi classés et les critères permettant de l'établir sont fixés par arrêté conjoint du ministre de l'intérieur et du ministre chargé de la fonction publique. ".
9. D'une part, les fonctionnaires, même s'ils remplissent les conditions statutaires requises pour bénéficier d'une promotion au choix, ne détiennent aucun droit à être inscrits sur un tableau d'avancement. D'autre part, le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres agents candidats à ce même grade. En outre, dès lors que seuls des fonctionnaires expérimentés peuvent être inscrits au tableau d'avancement, l'ancienneté dans le grade de brigadier ne constitue pas, en soi, un élément déterminant de l'appréciation de la valeur professionnelle des agents.
10. En l'espèce, il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que l'inscription au tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de la police nationale a lieu au choix. Dès lors que le tableau d'avancement au titre de l'année 2021 ne pouvait comporter qu'un nombre limité de fonctionnaires, la valeur professionnelle de M. J ne peut être appréciée, aux fins d'inscription sur ce tableau d'avancement, que par comparaison avec celle des autres agents remplissant les conditions statutaires pour prétendre au même avancement.
11. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les candidats au tableau d'avancement n'auraient pas bénéficié d'un examen particulier de leurs dossiers. Par suite, ce moyen, au demeurant dépourvu de toute précision permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé, ne peut qu'être écarté.
12. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. J, a intégré les effectifs de la police nationale le 1er octobre 2003 a été promu brigadier de police le 1er juillet 2014 et était affecté au commissariat subdivisionnaire de Sevran depuis le 1er janvier 2009 où il occupait le poste de responsable de la brigade de police technique et scientifique depuis 2017 au moins. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu, au titre des années 2018, 2019 et 2020 les notes de 6 et la note de 5 en 2020 s'agissant de son aptitude à l'encadrement.
En ce qui concerne l'inscription de Mme CM :
13. D'une part, il ressort des pièces du dossier que Mme CM, déléguée syndicale, a été promue au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 sur le fondement, non pas des dispositions de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée alors en vigueur, qui consacrent un droit à l'avancement pour un fonctionnaire bénéficiant d'une décharge totale d'activité pour l'exercice d'un mandat syndical, mais sur le fondement des dispositions précitées de l'article 15 du décret du 23 décembre 2014. Contrairement à ce que soutient le requérant, cette circonstance n'imposait pas que sa candidature à l'avancement soit examinée au seul regard des dispositions de l'article 23 bis de la loi du 13 juillet 1983. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté du 30 juillet 2021 et la décision portant nomination de Mme CM seraient entachés sur ce point d'une erreur de droit au regard de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
14. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, conformément aux dispositions de l'article 12 et du 1-2 de l'article 15 du décret du 23 décembre 2004 citées au point 6 du présent jugement, Mme CM justifiait au 1er janvier 2021 de trois ans au moins de services effectifs depuis sa nomination dans le grade de brigadier intervenue le 1er juillet 2017 et il est constant qu'elle était affectée depuis plus de deux ans en secteur et unité d'encadrement prioritaire. Enfin, la circonstance que Mme CM n'aurait jamais exercé ses fonctions au sein de la brigade des réseaux franciliens ne suffit pas à démontrer que l'arrêté portant tableau d'avancement et l'arrêté la nommant dans le grade de brigadier-chef de police seraient entachés d'erreurs manifestes d'appréciation.
En ce qui concerne l'inscription de M. BS :
15. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer fait valoir sans être contesté que M. BS a renoncé à son avancement au grade de brigadier-chef. Par suite, le moyen tiré de ce que sa nomination au grade de brigadier-chef serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation est inopérant et les conclusions du M. J dirigées contre la décision portant nomination de celui-ci à ce grade ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne l'inscription de Mme CV :
16. Il ressort des pièces du dossier et des compte-rendu d'entretiens professionnels produits par Mme CV que celle-ci a intégré les effectifs de la police nationale le 1er décembre 2005 et a été promue brigadier de police le 1er juillet 2017 et qu'elle était affectée à Issy-les-Moulineaux depuis le 1er décembre 2006 où elle occupait un poste à la brigade anti-criminalité depuis 2017. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a obtenu les notes de 6 au titre des années 2018 et 2019 et la note de 5 au titre de l'année 2017 et la note de 5 s'agissant de son aptitude à l'encadrement en 2019 et 2020. Ainsi, Mme CV bénéficiait d'une notation légèrement inférieure à celle de M. J et justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale, dans le grade de brigadier et sur sa précédente affectation moins importante que celle du requérant. Toutefois, ces seuls éléments ne suffisent pas, eu égard notamment au dernier poste occupé par Mme CV, à démontrer que le ministre de l'intérieur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs mérites respectifs et quant à leurs expériences professionnelles en inscrivant Mme CV plutôt que M. J sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021.
En ce qui concerne l'inscription de M. CP :
17. Il ressort des pièces du dossier et des compte-rendu d'entretiens professionnels produits par M. CP que celui-ci a intégré les effectifs de la police nationale le 1er février 2002, a été promu brigadier de police le 1er juillet 2012 et qu'il était affecté à la circonscription de sécurité publique de Montgeron depuis le 1er septembre 2006 et au sein d'une brigade de nuit après avoir occupé un poste à la brigade anti-criminalité de nuit. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu les notes de 6 au titre des années 2017, 2018 et 2019. Ainsi, M. CP bénéficiait d'une notation identique à celle de M. J et justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale, dans le grade de brigadier et sur sa précédente affectation plus importante que celle du requérant. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation quant à leurs mérites respectifs et quant à leurs expériences professionnelles que le ministre de l'intérieur a pu décider d'inscrire M. CP plutôt que M. J sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021.
En ce qui concerne l'inscription de M. AH :
18. Il ressort des pièces du dossier que M. AH a intégré les effectifs de la police nationale le 1er décembre 2007, a été promu brigadier de police le 1er juillet 2017 et qu'il était affecté au commissariat de police de Villeneuve-la-Garenne depuis le 1er décembre 2009 où il occupait un poste de chef de brigade après avoir occupé des fonctions de chef de poste et de chef de bord. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu les notes de 6 au titre des années 2017, 2018, 2019 et 2020 et la note de 6 s'agissant de son aptitude à l'encadrement. Enfin, M. AH a obtenu plusieurs lettres de félicitations individuelles et un témoignage de satisfaction. Par suite, si M. AH justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale et dans le grade de brigadier moins importante que celle de M. J, il bénéficiait d'une notation identique à celle de ce dernier. Cette seule circonstance ne suffit donc pas, eu égard aux mérites et à l'expérience professionnelle que présentaient M. AH, à démontrer que le ministre de l'intérieur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en décidant de l'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 plutôt que M. J.
En ce qui concerne l'inscription de M. AJ :
19. Il ressort des pièces du dossier que M. AJ a intégré les effectifs de la police nationale le 2 mai 2006, a été promu brigadier de police le 1er juillet 2016 et qu'il était affecté au commissariat de Clichy-sous-Bois depuis le 1er octobre 2010 et occupait le poste d'enquêteur au bureau d'enquête et d'initiative depuis le mois de mars 2019 après avoir été affecté à la brigade anti-criminalité où il occupait un poste de chef de groupe. Il ressort également des pièces du dossier qu'il a obtenu les notes de 6 au titre des années 2018 et 2019 et la note de 5 au titre de l'année 2017. Enfin, M. AJ a obtenu plusieurs lettres de félicitations collectives et plusieurs témoignages de satisfactions. Par suite, si M. AJ justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale et dans le grade de brigadier moins importante que celle de M. J et d'une notation légèrement inférieure à celle de ce dernier, ces seules circonstances ne suffisent pas, démontrer que, eu égard aux mérites, à l'expérience professionnelle et aux postes occupés, le ministre de l'intérieur aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en décidant de l'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 plutôt que M. J.
En ce qui concerne l'inscription de Mme P :
20. Il ressort des pièces du dossier que Mme P a titularisée dans les effectifs de la police nationale le 1er avril 2004 et a été promue brigadier de police le 1er juillet 2009. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a obtenu les notes de 6 au titre des années de référence. Ainsi, si Mme P justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale légèrement moins importante que celle de M. J, elle bénéficiait d'une ancienneté dans le grade de brigadier plus importante que celle du requérant et d'une notation supérieure à celle de ce dernier. Par suite, en décidant d'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 Mme P plutôt que M. J, le ministre de l'intérieur n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation quant à leurs mérites respectifs et quant à leur expérience professionnelle.
En ce qui concerne l'inscription de Mme I :
21. Il ressort des pièces du dossier que Mme I a intégré les effectifs de la police nationale le 1er février 2000 et a été promue brigadier de police en 2009. Il ressort également des pièces du dossier qu'elle a obtenu la note de 6 au titre de l'année 2020 et qu'elle a été admise à l'examen professionnel pour l'accès au grade de brigadier-chef le 6 juillet 2020. Ainsi, Mme I justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale et dans le grade de brigadier nettement plus importante que celle de M. J. Par ailleurs, au titre de l'année 2020, elle a bénéficié d'une notation légèrement supérieure à celle de ce dernier. Par suite, en décidant d'inscrire Mme I sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 plutôt que M. J, le ministre de l'intérieur n'a commis aucune erreur manifeste d'appréciation quant à leurs mérites respectifs et quant à leur expérience professionnelle.
En ce qui concerne l'inscription de M. AK :
22. Il ressort des pièces du dossier que M. AK a intégré les effectifs de la police nationale le 1er mars 1999, a été promu brigadier de police le 1er août 2009 et qu'il a été admis à l'examen professionnel de brigadier-chef en 2013. Il ressort également des pièces du dossier qu'en raison de son mandat syndical permanent, il n'a pas été noté au titre des années 2018 et 2019 et qu'il a obtenu la note de 4 au titre de l'année 2020. Ainsi, si M. AK justifiait d'une ancienneté dans les effectifs de la police nationale et dans le grade de brigadier plus importante que celle de M. J, il bénéficiait d'une notation nettement inférieure à celle de ce dernier. Par suite, en décidant d'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 M. AK plutôt que M. J, le ministre de l'intérieur a commis une erreur manifeste d'appréciation quant à leurs mérites respectifs et quant à leur expérience professionnelle.
En ce qui concerne l'inscription de M. DJ :
23. Il ressort des pièces du dossier que M. DJ fait valoir sans être contesté avoir intégré les effectifs de la police nationale en 2006 et a été promu brigadier de police en 2015. M. DJ fait également valoir sans être contesté avoir été admis à l'examen professionnel pour l'accès au grade de brigadier-chef. Toutefois, il résulte de ce qui vient d'être dit que M. DJ justifiait d'une ancienneté moins importante dans les effectifs de la police nationale et dans le grade de brigadier que M. J. Par ailleurs, s'ils font valoir qu'il bénéficiait de mérites professionnels supérieur à ceux de M. J, ni M. DJ, ni le ministre de l'intérieur n'assortissent cette allégation de pièce permettant au tribunal d'en apprécier la mesure. Par suite, M. J est fondé à soutenir que, en décidant d'inscrire sur le tableau d'avancement au grade de brigadier-chef au titre de l'année 2021 M. DJ, le ministre de l'intérieur a commis aucune erreur manifeste d'appréciation quant à leurs mérites respectifs et quant à leur expérience professionnelle.
En ce qui concerne les inscriptions de M. AG, de M. BP, de M. K, de M. AB, de M. CN, de Mme CY, de M. AY, de M. G, de M. V, de M. CT, de M. AC, de M. BR, de M. BA, de M. H, de Mme DO, de Mme DS, de M. DD, de M. DN, de M. BF, de M. BE, de M. S, de M. CW, de Mme DT, de M. CE, de M. CG, de M. DA, de M. CF, de M. BT, de M. F, de M. BX, de M. CC, de M. DB, de M. CL, Mme DQ, de M. BH, de M. AQ, de M. X, de M. O, de Mme Q, de M. CU, de M. AM, de Mme A, de M. DF, de M. AR, de Mme BQ, de M. DL, de M. BG, de Mme BA, de M. BV, de M. AT, de M. de DU, de M. W, de M. CI, de M. DG, de Mme DP, de M. BN, de M. DM, de Mme CS, de Mme AN et de M. AL :
24. Si le ministre de l'intérieur, ni présent, ni représenté à l'audience, fait valoir qu'il n'est pas établi que M. J disposerait d'une valeur professionnelle manifestement supérieure à celle de ces agents, il n'assortit cette allégation, en dépit des mesures d'instruction qui lui ont été adressées par le tribunal et en l'absence de toute indication précise contenue dans son mémoire en défense relative notamment à leur notation, leur ancienneté et leur profil, d'aucun élément permettant au tribunal d'analyser, conformément à ce qui a été relevé aux points 9 et 10 du présent jugement, les mérites comparés de M. J et de ceux de ces agents. La seule circonstance que, lors de son entretien professionnel en 2020, l'aptitude à l'encadrement de M. J a été noté 5 ne saurait suffire à démontrer, en l'absence de tout élément permettant au tribunal d'apprécier les capacités de ces candidats à accéder à ce grade, que les décisions attaquées ne seraient pas entachées d'erreurs manifestes d'appréciation. Par suite, les moyens tirés de ce que l'arrêté portant tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de la police nationale au titre de l'année 2021 et la décision portant refus implicite d'inscription de M. J, sont entachés d'erreurs manifestes d'appréciation ne peuvent qu'être accueillis.
25. Il résulte de tout ce qui précède que l'arrêté du 30 juillet 2021 portant tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de la police nationale au titre de l'année 2021 et la décision portant refus implicite d'inscription de M. J doivent être annulés, ainsi que les décisions portant nominations de M. AK, de M. DJ, de M. AG, de M. BP, de M. K, de M. AB, de M. CN, de Mme CY, de M. AY, de M. G, de M. V, de M. CT, de M. AC, de M. BR, de M. BA, de M. H, de Mme DO, de Mme DS, de M. DD, de M. DN, de M. BF, de M. BE, de M. S, de M. CW, de Mme DT, de M. CE, de M. CG, de M. DA, de M. CF, de M. BT, de M. F, de M. BX, de M. CC, de M. DB, de M. CL, Mme DQ, de M. BH, de M. AQ, de M. X, de M. O, de Mme Q, de M. CU, de M. AM, de Mme A, de M. DF, de M. AR, de Mme BQ, de M. DL, de M. BG, de Mme BA, de M. BV, de M. AT, de M. DH, de M. W, de M. CI, de M. DG, de Mme DP, de M. BN, de M. DM, de Mme CS, de Mme AN et de M. AL, qui ont été contestées dans le délai de recours contentieux et qui ne sont donc pas devenues définitives.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
26. L'annulation par le présent jugement de l'arrêté du 30 juillet 2021 du ministre de l'intérieur portant tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de police au titre de l'année 2021 sur lequel ne figurait pas le nom de M. J et des mesures individuelles de nomination intervenues en exécution de ce tableau qui ne sont pas devenues définitives, n'implique pas nécessairement qu'il soit enjoint au ministre de l'intérieur de procéder à la nomination de celui-ci au grade de brigadier-chef, dès lors que le requérant ne peut se prévaloir d'un droit à être nommé à un grade supérieur ou d'être inscrit sur un tableau d'avancement. En revanche, le présent jugement implique, par application des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, que le ministre de l'intérieur réexamine la candidature de M. J, ainsi que celles des fonctionnaires dont les décisions de nominations sont annulées, dans un délai de trois mois à compter de sa notification.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
27. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. J, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les sommes demandées par M. AK et M. AH qui, au demeurant, n'ont pas eu recours au ministère d'un avocat et n'établissent pas avoir exposé des frais non compris dans les dépens au sens de ces dispositions. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. J et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du ministre de l'intérieur du 30 juillet 2021 relatif au tableau d'avancement au grade de brigadier-chef de la police nationale au titre de l'année 2021 est annulé.
Article 2 : Les décisions portant nomination dans ce grade de M. AK, de M. DJ, de M. AG, de M. BP, de M. K, de M. AB, de M. CN, de Mme CY, de M. AY, de M. G, de M. V, de M. CT, de M. AC, de M. BR, de M. BA, de M. H, de Mme DO, de Mme DS, de M. DD, de M. DN, de M. BF, de M. BE, de M. S, de M. CW, de Mme DT, de M. CE, de M. CG, de M. DA, de M. CF, de M. BT, de M. F, de M. BX, de M. CC, de M. DB, de M. CL, Mme DQ, de M. BH, de M. AQ, de M. X, de M. O, de Mme Q, de M. CU, de M. AM, de Mme A, de M. DF, de M. AR, de Mme BQ, de M. DL, de M. BG, de Mme BA, de M. BV, de M. AT, de M. de DU, de M. W, de M. CI, de M. DG, de Mme DP, de M. BN, de M. DM, de Mme CS, de Mme AN et de M. AL sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de réexaminer les candidatures de M. J, de M. AK, de M. DJ, de M. AG, de M. BP, de M. K, de M. AB, de M. CN, de Mme CY, de M. AY, de M. G, de M. V, de M. CT, de M. AC, de M. BR, de M. BA, de M. H, de Mme DO, de Mme DS, de M. DD, de M. DN, de M. BF, de M. BE, de M. S, de M. CW, de Mme DT, de M. CE, de M. CG, de M. DA, de M. CF, de M. BT, de M. F, de M. BX, de M. CC, de M. DB, de M. CL, de Mme DQ, de M. BH, de M. AQ, de M. X, de M. O, de Mme Q, de M. CU, de M. AM, de Mme A, de M. DF, de M. AR, de Mme BQ, de M. DL, de M. BG, de Mme BA, de M. BV, de M. AT, de M. DH, de M. W, de M. CI, de M. DG, de Mme DP, de M. BN, de M. DM, de Mme CS, de Mme AN et de M. AL dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à M. J une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. J est rejeté.
Article 6 : Les conclusions présentées par M. AH et M. AK, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. CK J, au ministre de l'intérieur et des outre-mer, à Mme Y CM, à M. BB AG, à M. AV BP, à M. DW K, à M. CZ AB, à M. D CN, à Mme AF CY, à M. BK AY, à M. BC G, à M. B V, à M. L CT, à M. CB AC, à M. AZ AK, à M. AU BR, à M. BJ BA, à M. AW H, à Mme DE DO, à Mme CD DR, à M. BC DD, à M. R DN, à M. N BF, à M. T BE, à M. CA S, à M. DK CW, à Mme AO DT, à Mme BZ I DV, à M. CH CE, à M. DC CG, à M. CA DA, à M. CZ CF, à M. AW BT, à M. AP F, à M. BI BX, à M. E CC, à M. BU DB, à M. AI CL, à Mme CJ DQ, à M. AE DJ, à M. CB BS, à M. BW BH, à M. CQ AQ, à M. CR X, à Mme Z P, à M. DI O, à M. BK CP, à Mme BD Q, à M. BM AH, à M. EA CU, à M. BC AM, à Mme BD A, à M. BO DF, à M. AS AR, à Mme DZ BQ, à M. BI DL, à M. BM BG, à Mme Y BA, à M. CO BV, à M. C AT, à M. BL de DU, à M. U W, à M. AD CI, à M. AA DG, à Mme CX DP, à M. AX AJ, à Mme AF CV, à M. CA BN, à M. BY DM, à Mme M CS, à Mme DY AN et à M. BM AL.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023 à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 octobre 2023.
Le rapporteur,
G. Gandolfi
Le président,
J-P. LadreytLa greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783
**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
27/03/2026