jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2119981 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET ALAIN BENSOUSSAN (SELAS) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 20 septembre 2021, 1er septembre 2022, 24 octobre 2022 et 19 janvier 2023, la société Viamédis, représentée par Me Bensoussan, demande au tribunal, dans le dernier état de ses conclusions ;
1°) d'annuler les titres de recettes émis par l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) visés dans le tableau de synthèse communiqué aux parties, en tant que ceux-ci sont prescrits, ont d'ores et déjà été réglés ou ne lui ont jamais été transmis ;
2°) d'annuler les titres de recettes émis pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris visés dans la saisie administrative à tiers détenteur n°TP2021B0008 du 17 juillet 2021 pour un montant de 164 955,20 euros ;
3°) de prononcer la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur en litige ;
4°) d'ordonner la décharge des sommes visées dans la saisie administrative à tiers détenteur en cause ;
5°) de condamner solidairement l'Etat et l'AP-HP au paiement de la somme de 1 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, avec intérêt au taux légal à compter de l'introduction de la requête.
Elle soutient que :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
- plusieurs titres de recettes visés dans la saisie administrative à tiers détenteur ont été mis en paiement et soldés depuis l'émission de la saisie administrative à tiers détenteur. Il n'y a plus lieu, en conséquence, de statuer sur ces demandes ;
En ce qui concerne la recevabilité de la requête :
- sa requête est recevable dès lors que ni l'AP-HP ni la direction spécialisée pour les finances publiques (DSFP) n'établissent que les titres de recettes en cause lui auraient été régulièrement adressés, alors qu'elle a, en outre, fait des demandes de duplicatas afin de vérifier le bien-fondé des créances correspondantes. Par ailleurs, en application de l'article L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration, il incombait à l'AP-HP et à la DSFP d'accuser réception de ses recours gracieux, à défaut de quoi les délais de recours contentieux ne lui sont pas opposables. Pour la même raison, le délai de recours raisonnable d'un an ne lui est pas opposable ;
- l'instruction codificatrice n° 02-015-M0 du 14 février 2002 prévoit une émission des titres exécutoires sous format papier, notamment pour vérifier la date de réception des titres, ouvrant ainsi le délai de recours gracieux au débiteur pour contester le bien-fondé de la créance ;
En ce qui concerne le bien-fondé des créances en litige :
- l'AP-HP n'apporte pas la preuve qui lui incombe du bien-fondé des créances en litige ;
- les titres restant en litige sont infondés pour les motifs dans les tableaux de synthèse produits à l'instance : montant non valide car non conforme à l'accord de prise en charge ou non conforme aux droits ouverts ou non conforme à la réglementation en vigueur, prise en charge ne lui incombant pas en raison d'une erreur du centre hospitalier sur le débiteur, risque ou garantie non-couvert ou non pris en charge, bénéficiaire inconnu ou radié, absence de carte mutuelle pour la période considérée, fin de convention avec la mutuelle et facturation non conforme aux codes acte.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 juillet, 7 octobre 2022, 30 novembre 2022 et 12 juin 2023, le comptable public responsable de la direction spécialisée pour les finances publiques (DSFP) pour l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) et le directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris, représentés par Me Fricaudet, concluent :
1°) au rejet de la requête ;
2°) à ce qu'il soit mis à la charge de la société Viamédis le versement à l'Etat et à l'AP-HP des sommes respectives de 5 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
- seuls trois titres exécutoires ont fait l'objet d'un règlement auprès du comptable public de l'AP-HP, postérieurement à l'envoi de la saisie administrative à tiers détenteur, de sorte que sa légalité n'en est pas affectée ;
En ce qui concerne la recevabilité de la requête :
- la requête de la société Viamédis est irrecevable dès lors que les titres exécutoires en litige, ainsi que les lettres de relance et mises en demeure afférentes, lui ont été régulièrement notifiés. La société, qui ne peut soutenir ne pas les avoir reçus, n'apporte pas la preuve qu'elle aurait introduit un recours gracieux dans le délai de deux mois à compter de leur notification, en vertu de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ;
- l'instruction codificatrice du 14 février 2002 a été expressément abrogée ;
- en tout état de cause, la société requérante a introduit son recours contentieux au-delà d'un délai raisonnable d'un an à compter de la notification des titres exécutoires transmis en mars et mai 2020 ;
En ce qui concerne le bien-fondé :
- sur les 111 titres exécutoires en litige, 105 ne sont pas contestés par la société Viamédis, qui se borne à indiquer comme motif de rejet : " demandes de duplicata ", tandis que trois titres sont contestés au motif d'un paiement déjà intervenu et trois autres sont contestés au motif que le montant facturé ne serait pas conforme à la prise en charge consentie. Ces trois derniers titres sont justifiés dans leur montant.
Les parties ont été informées, par courrier en date du 5 juin 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître des conclusions de la requête de la société Viamédis tendant à la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur en litige.
La société Viamédis a présenté des observations en réponse à ce courrier le 9 juin 2023, qui ont été communiquées.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique,
- le code général des collectivités territoriales,
- le livre des procédures fiscales,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pény, rapporteur,
- les conclusions de M. Cicmen, rapporteur public,
- et les observations de Me Fricaudet, pour le comptable public responsable de la direction spécialisée pour les finances publiques pour l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et le directeur général de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. La société anonyme Viamédis s'est vu notifier, le 23 juillet 2021, une saisie administrative à tiers détenteur n°TP2021B0008 du 17 juillet 2021 pour un montant de 164 955,20 euros, correspondant à des titres de recettes émis entre mars et mai 2020. Par la présente requête, la société Viamédis demande au tribunal, d'une part, de prononcer la mainlevée totale de la saisie administrative à tiers détenteur en litige et, d'autre part, d'annuler les titres de recettes émis pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris visés dans la saisie administrative à tiers détenteur précitée et de la décharger des sommes restant en litige.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Aux termes de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables publics compétents mentionnés à l'article L. 252 doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° Soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° Soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le juge de l'exécution, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article L. 199. ".
3. En application des dispositions précitées, il n'appartient qu'à l'autorité judiciaire, juge de l'exécution, de se prononcer sur une demande tendant à la mainlevée d'un avis à tiers détenteur. Par suite, les conclusions formées par la société Viamédis aux fins de mainlevée de la saisie à tiers détenteur litigieuse doivent être rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
4. Aux termes de l'article L. 6145-9 du code de la santé publique : " I.- Les créances des établissements publics de santé sont recouvrées selon les modalités définies aux articles L. 1611-5 et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales () ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. / 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () 2° L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie d'opposition à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales qui détiennent des fonds pour le compte de redevables, qui ont une dette envers lui ou qui lui versent une rémunération. / () Les contestations relatives à l'opposition sont introduites et instruites dans les conditions fixées aux 1° et 2° du présent article ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
5. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable.
6. S'agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance.
7. La DSFP pour AP-HP fait valoir que la société Viamédis a introduit son recours contentieux au-delà du délai de recours contentieux mentionné à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales et, en tout état de cause, au-delà d'un délai raisonnable d'un an à compter de la réception des titres exécutoires qui lui ont été adressés par voie dématérialisée entre mars et mai 2020, en vertu du protocole conclu le 14 juin 2016 avec la société.
8. D'une part, la société Viamédis, qui a demandé l'annulation des titres exécutoires visés dans la saisie administrative à tiers détenteur du 17 juillet 2021 pour un montant de 164 955,20 euros, a produit un tableau de synthèse énumérant, pour chacun des titres, sa date d'émission et sa référence, la date des soins, le montant visé par le titre ainsi que le motif de contestation du titre. La société établit également avoir demandé auprès de l'AP-HP un duplicata de ces mêmes titres, ainsi qu'en atteste notamment un courriel du 16 juillet 2020 en ce sens. La DSFP pour AP-HP et l'AP-HP, qui ne remettent en cause ni la réalité ni le contenu des titres mentionnés dans ce tableau, disposaient d'éléments suffisants pour connaître les titres critiqués, sans qu'il n'y ait aucune ambiguïté sur l'objet de la contestation de la société. Les titres exécutoires n'ayant pas été produits à l'instance, il ne peut être établi, lorsqu'ils ont été notifiés par voie dématérialisée, qu'ils mentionnaient les voies et délais de recours applicables en l'espèce. En outre, la date de notification des lettres de relance et mises en demeure adressées à la société Viamédis n'est pas établie, en l'absence de production des accusés de réception afférents. Il s'ensuit que le délai de recours contentieux de deux mois mentionné au 2° de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ne peut être opposé à la société Viamédis.
9. D'autre part, il résulte de l'instruction, notamment du protocole conclu le 14 juin 2016 entre la DSFP pour l'AP-HP et la société Viamédis, que les titres de recettes émis par l'établissement sont transmis de manière dématérialisée, toutes les semaines, dans la nuit du mardi au mercredi pour les actes externes et les frais de transport, et dans la nuit du mercredi au jeudi pour les frais d'hospitalisation. Ces titres sont transmis par lots, correspondant à un hôpital dépendant de l'AP-HP et à un produit de facturation, frais de séjour ou traitements externes. Pour le flux dit " aller ", la norme B2 permet d'attester la bonne réception des titres. Un flux dit " retour " permet à la société Viamédis de confirmer la réception des titres et de les contester, en utilisant à cette fin la référence " Noémie 578 " pour les paiements et la référence " Noémie 909 " pour les rejets. Ainsi que le précise en outre les défendeurs, ce dispositif de notification par voie électronique est fondé sur la norme de télétransmission d'échange nationale B2 " Noémie " utilisée dans le cadre des échanges relatifs aux facturations entre les professionnels de santé et les caisses primaires d'assurance maladie (CPAM). Ainsi qu'il est établi en défense par la production du cahier des charges de la norme B2, sans être contestée sur ce point, cette norme repose sur l'impossibilité de toute altération du fichier télétransmis et de la parfaite concordance entre l'information codée dans le fichier et sa retranscription sous format lisible dans les logiciels utilisés par la DSFP.
10. En l'espèce, la DSFP pour l'AP-HP et l'AP-HP produisent les extraits informatiques des différents lots transmis à la société Viamédis en identifiant, pour chacun d'entre eux, les titres contestés ainsi qu'au moins un titre issu du lot ayant fait l'objet d'un paiement de la société. Ces mêmes extraits mentionnent la date d'envoi de chaque lot. Est également produit une liste complète des titres exécutoires en litige mentionnant la date d'envoi des différents lots ainsi que l'identification de la date du flux " retour " attestant leur notification. Ce document est corroboré par une extraction informatique issue du logiciel SAP indiquant la date d'envoi des titres en litige, assortie de la mention " Message trt ASAP " permettant de s'assurer de la bonne réception des titres. Les défendeurs produisent enfin les justificatifs de paiement des titres non contestés par la société Viamédis figurant dans les lots d'envoi incluant également des titres contestés. L'ensemble de ces titres ont été émis entre mars et mai 2020 et les lots dématérialisés ont été transmis entre le 4 mars 2020 et le 7 mai 2020. En outre, chacun des titres contestés a fait l'objet d'une lettre de relance en date du 9 octobre 2020 et d'une mise en demeure du 21 janvier 2021. Par suite, dans la mesure où le règlement d'au moins un titre exécutoire pour chaque lot télétransmis est établi, la société Viamédis doit être regardée comme ayant eu connaissance de ces titres entre le 4 mars et le 6 mai 2020. Enfin, si la société Viamédis soutient qu'elle aurait introduit une réclamation gracieuse auprès de la DSFP avant l'émission des actes de mise en recouvrement, qui aurait eu pour effet d'interrompre le délai de recours contentieux, elle ne l'établit pas.
11. Ainsi qu'il a été dit, dès lors qu'il ne peut être établi que les titres exécutoires en litige comportaient l'indication des voies et délais de recours, le délai de recours mentionné à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ne peut être opposé à la société requérante. La société Viamédis disposait, dès lors, d'un délai d'un an à la date de réception des titres en litige pour introduire sa requête. Celle-ci ayant été introduite le 20 septembre 2021, plus d'un an après la date de réception des titres en litige, soit entre mars et mai 2020, les conclusions de la société tendant à l'annulation de ces titres sont, en l'absence de circonstances particulières, tardives et, par suite, irrecevables.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu de mettre à la charge de la société Viamédis le versement respectivement à l'Etat et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les conclusions formées par la société Viamédis aux fins de mainlevée de la saisie à tiers détenteur litigieuse formée sont rejetées comme portées devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de la société Viamédis est rejeté.
Article 3 : La société Viamédis versera respectivement à l'Etat (direction spécialisée des finances publiques pour l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris) et à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Viamédis, au comptable public responsable de la direction spécialisée pour les finances publiques pour l'Assistance publique -Hôpitaux de Paris et au directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Délibéré après l'audience du 22 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe 6 juillet 2023.
Le rapporteur
A. Pény
La présidente,
F. Versol
La greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2119981/6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026