mardi 2 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2120210 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 1re Section - 2e Chambre |
| Avocat requérant | MISPELON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 septembre 2021 et un mémoire enregistré le 4 janvier 2022, la SELARL Elizabeth A Avocat, représentée par Me Mispelon, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des impositions supplémentaires et pénalités auxquelles elle a été assujettie pour un montant de 32 923 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le service vérificateur a mené ses opérations de contrôle en méconnaissance de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales protégeant le secret professionnel de l'avocat ;
- il a mis en œuvre un traitement informatisé de sa comptabilité sans respecter les garanties prévues par l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales ;
- l'administration fiscale ne rapporte pas la preuve qui lui incombe du bien-fondé des impositions supplémentaires en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amadori,
- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SELARL Elizabeth A Avocat, par laquelle Mme A exerce sa profession d'avocate, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 10 juin 2015 au 31 décembre 2016. A l'issue des opérations de contrôle externe, le service vérificateur a proposé à la société des rectifications de son bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés en suivant la procédure de rectification contradictoire sur le fondement de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée en suivant la procédure d'imposition d'office prévue par le 3° de l'article L. 66 du livre des procédures fiscales. La cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés et les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en résultant ont été mis en recouvrement par avis du 30 novembre 2018. La société a contesté ces impositions supplémentaires et les pénalités correspondantes par une réclamation du 14 juin 2021, laquelle a fait l'objet d'une décision de rejet du 31 août 2021.
Sur les rappels de taxe sur la valeur ajoutée :
2. En premier lieu, dès lors, d'une part, que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée en litige ont été mis en recouvrement à l'issue d'une procédure d'imposition d'office qui n'est pas contestée et, d'autre part, que la situation d'imposition d'office n'a pas été révélée par la vérification de comptabilité, sont inopérants au soutien des conclusions à fin de décharge de ces rappels présentées par la société les moyens tirés, d'une part, de ce que le service vérificateur aurait mené ses opérations de contrôle en méconnaissance de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales protégeant le secret professionnel de l'avocat et, d'autre part, de ce que le service aurait mis en œuvre un traitement informatisé de sa comptabilité sans respecter les garanties prévues par l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 193 du livre des procédures fiscales : " Dans tous les cas où une imposition a été établie d'office la charge de la preuve incombe au contribuable qui demande la décharge ou la réduction de l'imposition. ". En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société requérante a été imposée d'office à la taxe sur la valeur ajoutée sur les déclarations qu'elle a souscrites en cours de contrôle. En se bornant à soutenir qu'il ne serait pas justifié que les sommes sur lesquelles elle a été imposée à la taxe sur la valeur ajoutée auraient bien été encaissées, la société ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de ce que les rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période du 22 novembre 2015 au 31 décembre 2016 seraient mal fondés dans leur principe ou exagérés dans leurs montants.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la SELARL Elizabeth A Avocat tendant à la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie doivent être rejetées.
Sur la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés :
S'agissant de la régularité de la procédure :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales : " Les agents de l'administration des impôts peuvent demander toutes informations relatives au montant, à la date et à la forme des versements afférents aux recettes de toute nature perçues par les personnes dépositaires du secret professionnel en vertu des dispositions de l'article 226-13 du code pénal. Ils ne peuvent demander de renseignements sur la nature des prestations fournies par ces personnes. ". En l'espèce, alors même qu'il n'est pas contesté que les notes d'honoraires du cabinet d'avocats ont été présentées au service vérificateur, ce dernier s'est borné à procéder à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée fondés sur les déclarations souscrites en cours de vérification et à réintégrer au bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés une charge qui a été regardée comme n'ayant pas été engagée dans l'intérêt de l'exploitation. Il n'est pas établi, dans ces conditions, que les notes d'honoraires produites auraient fait l'objet par le service vérificateur d'un examen de nature à entacher la procédure de vérification de comptabilité d'une irrégularité tirée de la violation des dispositions de l'article L. 13-0 A du livre des procédures fiscales. Le moyen tiré de ce que le service vérificateur aurait mené ses opérations de contrôle en méconnaissance de l'article L. 13-0 A protégeant le secret professionnel de l'avocat n'est pas fondé et doit, par suite, être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales : " I. - Lorsque la comptabilité est tenue au moyen de systèmes informatisés, le contribuable qui fait l'objet d'une vérification de comptabilité satisfait à l'obligation de représentation des documents comptables mentionnés au premier alinéa de l'article 54 du code général des impôts en remettant au début des opérations de contrôle, sous forme dématérialisée (), une copie des fichiers des écritures comptables ()./ II. En présence d'une comptabilité tenue au moyen de systèmes informatisés et lorsqu'ils envisagent des traitements informatiques, les agents de l'administration fiscale indiquent par écrit au contribuable la nature des investigations souhaitées. Le contribuable formalise par écrit son choix ".
7. En l'espèce, s'il résulte de l'instruction qu'au début des opérations de contrôle externe dont elle a fait l'objet, la société requérante a remis au service vérificateur, en application du I de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales, des fichiers contenant sa comptabilité, il n'est pas établi que ce dernier, lequel s'est borné - ainsi qu'il a été dit - à procéder à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée fondés sur les déclarations souscrites en cours de vérification et à réintégrer au bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés une charge qui a été regardée comme n'ayant pas été engagée dans l'intérêt de l'exploitation, aurait procédé, sur ces données comptables, à des traitements informatisés qui auraient nécessité la mise en œuvre préalable de la garantie prévue au II de l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales. Le moyen tiré de ce que le service vérificateur n'aurait pas respecté les garanties prévues par l'article L. 47 A du livre des procédures fiscales est donc inopérant et doit, dès lors, être écarté.
S'agissant du bien-fondé de l'imposition :
8. Aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ". En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.
9. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société requérante a enregistré, dans ses charges de l'exercice clos en 2016, une écriture de 8 000 euros libellée " Ernest Harold ", pour laquelle le vérificateur a constaté en cours de contrôle qu'elle n'était appuyée d'aucune pièce justificative. La société, qui n'a présenté, ni devant l'administration fiscale ni devant le juge de l'impôt, aucune facture à l'appui de cette écriture, n'a pas produit d'élément suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'elle en a retirée.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la SELARL Elizabeth A Avocat tendant à la décharge de la cotisation supplémentaire d'impôt sur les sociétés à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2016 doivent être rejetées.
11. L'Etat n'étant pas la partie perdante dans la présente instance, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soient mis à sa charge les frais que la SELARL Elizabeth A Avocat soutient avoir exposés en vue de la présente instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SELARL Elizabeth A Avocat est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL Elizabeth A Avocat et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bachoffer, président,
M. Pertuy, premier conseiller,
M. Amadori, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 avril 2024.
Le rapporteur,
A. AMADORI
Le président,
B. BACHOFFERLa greffière,
S. RUBIRALTA
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/1-
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400288
La société First Trading contestait devant le **Tribunal Administratif de Paris** des rappels d'impôts et pénalités suite à un contrôle fiscal. Le tribunal a **rejeté sa requête**, considérant que la proposition de rectification avait été régulièrement notifiée conformément aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, et que les autres moyens soulevés (prescription, qualification de la cession immobilière) n'étaient pas fondés.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407139
**Sujet principal** : La requête de la SAS Etablissements A. Chollet contestant la réintégration fiscale de provisions pour dépréciation de ses stocks et demandant la décharge d'impositions supplémentaires sur les sociétés. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (1re Section - 2e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de la société. Il estime que la méthode d'évaluation de la provision pour dépréciation appliquée au groupe de produits "V" n'est pas suffisamment précise et détaillée, car elle utilise un taux unique basé sur la durée de stockage pour des produits hétérogènes, sans justification d'une dépréciation homogène. **Textes appliqués** : Les articles 39-1 5° et 38-3 du Code général des impôts (CGI), en application de l'article 209 du CGI, ainsi que l'article 38 decies de l'annexe III au CGI, relatifs aux conditions de déductibilité des provisions pour dépréciation des stocks.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418646
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision du recteur de l'académie de Paris refusant la révision de l'affectation de sa fille en classe de première STMG. Le juge a estimé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en maintenant l'affectation initiale, les arguments fondés sur une prétendue erreur d'un conseiller principal d'éducation et sur les risques pour la scolarité de l'élève n'étant pas de nature à caractériser une situation exceptionnelle justifiant une révision. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et de l'arrêté académique fixant les procédures d'affectation.
31/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517216
Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. C... A... visant à annuler plusieurs mesures d'éloignement (obligation de quitter le territoire, interdiction de retour, etc.) prises par le préfet de police. Le tribunal a jugé que le préfet était compétent pour signer ces décisions et que leur motivation était suffisante, notamment au regard de la menace pour l'ordre public. Il a également déclaré irrecevable le recours contre le signalement Schengen, cette inscription n'étant pas une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et la Convention européenne des droits de l'homme.
31/03/2026