mardi 14 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2123345 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET CBA - CABINET BENAYOUN ASSOCIES (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 octobre 2021, M. B A et Mme C A, représentés par Me Benayoun, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, de la cotisation supplémentaire d'impôt sur le revenu et des contributions sociales auxquels ils ont été assujettis au titre de l'année 2017 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a rehaussé la plus-value générée en 2017 par la cession de titres litigieuse en tenant compte de leur valeur d'acquisition, alors que la plus-value d'apport née en 2006 bénéficiait du report d'imposition prévue par l'article L. 150-0 C du code général des impôts ;
- le droit de reprise de l'administration était prescrit dès lors que l'impôt dû sur la plus-value d'apport mise en report était devenu exigible dès l'année 2007.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- la loi n° 2005-1720 du 30 décembre 2005 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Halard, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Lors de la création de la société Georges Williams 55, le 31 décembre 2006, M. A a reçu de cette société 1 000 titres en échange de son apport de parts de diverses sociétés. Après avoir cédé ces titres le 27 décembre 2017, il a souscrit une déclaration n° 2074-DIR faisant état d'une plus-value de 2 532 000 euros. A l'issue d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a rectifié le montant de cette plus-value en considérant que le gain net devait être calculé à partir du prix ou de la valeur d'acquisition des titres en cause, en application des dispositions du 9 de l'article 150-D du code général des impôts, et mis à la charge de M. et Mme A des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, de contribution sur les hauts revenus et de prélèvements sociaux pour un montant, en droits et pénalités, de 167 629 euros. Après avoir présenté une réclamation préalable rejetée le 3 septembre 2021, les requérants demandent au tribunal de prononcer la décharge de ces suppléments d'impôt.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article 150-0 A du code général des impôts dans sa version applicable aux impositions en litige : " I. - 1. Sous réserve des dispositions propres aux bénéfices industriels et commerciaux, aux bénéfices non commerciaux et aux bénéfices agricoles ainsi que des articles 150 UB et 150 UC, les gains nets retirés des cessions à titre onéreux, effectuées directement ou par personne interposée, de valeurs mobilières, de droits sociaux, de titres mentionnés au 1° de l'article 118 et aux 6° et 7° de l'article 120, de droits portant sur ces valeurs, droits ou titres ou de titres représentatifs des mêmes valeurs, droits ou titres, sont soumis à l'impôt sur le revenu lorsque le montant de ces cessions excède, par foyer fiscal, 20 000 euros pour l'imposition des revenus de l'année 2007 () ". Aux termes de son article 150-0 B dans sa version applicable aux impositions en litige : " Les dispositions de l'article 150-0 A ne sont pas applicables, au titre de l'année de l'échange des titres, aux plus-values réalisées dans le cadre d'une opération d'offre publique, de fusion, de scission, d'absorption d'un fonds commun de placement par une société d'investissement à capital variable, de conversion, de division, ou de regroupement, réalisée conformément à la réglementation en vigueur ou d'un apport de titres à une société soumise à l'impôt sur les sociétés. " Aux termes de son article 150-0 D dans sa version applicable aux impositions en litige : " 1. Les gains nets mentionnés au I de l'article 150-0 A sont constitués par la différence entre le prix effectif de cession des titres ou droits, net des frais et taxes acquittés par le cédant, et leur prix effectif d'acquisition par celui-ci diminué, le cas échéant, des réductions d'impôt effectivement obtenues dans les conditions prévues à l'article 199 terdecies-0 A, ou, en cas d'acquisition à titre gratuit, leur valeur retenue pour la détermination des droits de mutation () / 9. En cas de vente ultérieure ou de rachat mentionné au 6 du II de l'article 150-0 A de titres reçus à l'occasion d'une opération mentionnée à l'article 150-0 B, au quatrième alinéa de l'article 150 A bis en vigueur avant la publication de la loi de finances pour 2004 (n° 2003-1311 du 30 décembre 2003) et au II de l'article 150 UB le gain net est calculé à partir du prix ou de la valeur d'acquisition des titres échangés, diminué du montant de la soulte reçue, qui n'a pas fait l'objet d'une imposition au titre de l'année de l'échange, ou majoré de la soulte versée lors de cet échange () ".
3. Lors de l'opération de regroupement mentionnée au point 1, M. A a procédé à l'apport de 2 274 parts de trois sociétés à la société Georges Williams 55, d'une valeur totale de 188 815 euros, et reçu en contrepartie 1 000 titres d'une valeur unitaire de 750 euros, soit un total de 750 000 euros. En application des dispositions précitées du code général des impôts, l'administration fiscale a rectifié le montant de la plus-value déclarée résultant de la cession de ces titres en retenant un prix d'acquisition égal à la moyenne du prix des parts apportées, soit 188,82 euros.
4. En premier lieu, les requérants ne peuvent utilement soutenir que l'apport de parts réalisé au profit de la société Georges Williams 55 le 31 décembre 2006 bénéficiait du report de l'imposition de la plus-value un temps prévu par les dispositions de l'article 150-C du code général des impôts, qui avaient été abrogées par l'article 29 de la loi n° 2005-1720 du 30 décembre 2005 de finances rectificatives pour 2005 pour les cessions réalisées à compter du 1er janvier 2006. A cet égard, la circonstance que les statuts constitutifs de la société Georges Williams 55 prévoyaient que l'opération litigieuse serait susceptible de bénéficier du report d'imposition des plus-values prévu par ces dispositions reste sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige.
5. En second lieu, dès lors, ainsi qu'il vient d'être dit, que la plus-value d'apport réalisée en décembre 2006 n'était pas placée sous le régime du report prévu par les dispositions de l'article 150-C du code général des impôts, les requérants ne peuvent pas davantage se prévaloir utilement de ce que le non-respect des conditions prévues au 5° de cet article aurait déclenché l'exigibilité immédiate de l'impôt sur la plus-value et ainsi fait courir le délai de reprise prévu à l'article L. 169 du livre des procédures fiscales.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge présentées M. et Mme A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et Mme C A et à la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris (pôle juridictionnel administratif).
Délibéré après l'audience du 21 février 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
M. Halard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 mars 2023.
Le rapporteur,
G. HALARD
La présidente,
J. EVGENAS
La greffière,
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision
2/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026