mardi 16 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2126591 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | SORIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires en réplique, enregistrés les 8 décembre 2021, 28 juin 2022 et 20 juillet 2022, la société IMCOM Première, représentée par Me Sorin, demande au tribunal :
1°) de prononcer le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée à hauteur 25 935 euros au titre du mois d'août 2021, constitué sur la période courant d'avril à août 2021 ;
2°) de mettre à a charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'en considérant que la circonstance qu'elle n'ait pas encore réalisé d'opérations imposables à la taxe sur la valeur ajoutée suffit à la priver de sa qualité d'assujettie, l'administration a méconnu les dispositions de l'article 271 du code général des impôts ainsi que sa propre doctrine BOI-TVA-DED-50-20-20, n° 130, publiée le 6 mai 2015.
Par trois mémoires en défense, enregistrés les 9 juin, 30 juin et 21 juillet 2022, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 27 juillet 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 août 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Halard, premier conseiller,
- et les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société civile immobilière IMCOM Première, créée le 28 juin 2010, a sollicité, le 20 septembre 2021, le remboursement d'un crédit de taxe sur la valeur ajoutée pour un montant de 25 935 euros au titre du mois d'août 2021, constitué sur la période courant d'avril 2019 à août 2021. Par une décision du 14 octobre 2021, le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris a rejeté sa demande. Par la présente requête, la société IMCOM Première demande au tribunal de prononcer le remboursement de ce crédit de taxe sur la valeur ajoutée.
Sur les conclusions aux fins de remboursement :
2. Aux termes de l'article 256 A du code général des impôts : " Sont assujetties à la taxe sur la valeur ajoutée les personnes qui effectuent de manière indépendante une des activités économiques mentionnées au cinquième alinéa () Les activités économiques visées au premier alinéa se définissent comme toutes les activités de producteur, de commerçant ou de prestataire de services () ". Aux termes de l'article 271 du même code : " I. 1. La taxe sur la valeur ajoutée qui a grevé les éléments du prix d'une opération imposable est déductible de la taxe sur la valeur ajoutée applicable à cette opération ".
3. Il résulte des dispositions précitées, interprétées à la lumière de l'article 4 de la sixième directive 77/388/CEE du Conseil des Communautés européennes du 17 mai 1977 repris à l'article 9 de la directive 2006/112/CE du Conseil du 28 novembre 2006 et de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, qu'une activité qui est soumise à la taxe sur la valeur ajoutée donne droit à la déduction ou, le cas échéant, au remboursement de la taxe ayant grevé les éléments de prix de revient de cette activité, dès que celle-ci a été entreprise et sans qu'il y ait lieu d'attendre la réalisation du fait générateur de la taxe due à raison des affaires faites par le contribuable dans l'exercice de cette activité. Les entreprises nouvellement constituées sont réputées commencer leur activité au regard de la taxe sur la valeur ajoutée dès lors qu'elles manifestent, par une déclaration d'existence et par l'acquisition de biens et de services nécessaires au besoin de l'exploitation, l'intention d'effectuer des opérations situées dans le champ d'application de cet impôt, même si aucune vente ou prestation n'a encore été effectuée à la date de dépôt de la déclaration d'existence. Il incombe, toutefois, à celui qui demande la déduction de la taxe sur la valeur ajoutée d'établir que les conditions pour en bénéficier sont remplies, l'administration fiscale pouvant exiger que l'intention déclarée de commencer des activités économiques donnant lieu à des opérations imposables soit confirmée par des éléments objectifs.
4. Il est constant que la société IMCOM Première a déclaré, lors de sa création, une activité de " construction vente " et a acquis, le 2 août 2010, une propriété composée d'une maison principale, d'un garage attenant et d'une maison de gardien située à Gassin, pour un montant de 8 200 000 euros, en s'engageant à y réaliser une opération économique de construction-revente.
5. Contrairement à ce que soutient l'administration, les seules circonstances que la requérante n'ait pas réalisé d'opérations taxables depuis cette acquisition, qu'avant de solliciter le remboursement du crédit litigieux elle ait seulement déposé, le 6 mai 2014, une déclaration d'ouverture de chantier et engagé, le 30 mai 2014, des travaux de " terrassement masse pré-construction villa " d'un montant de 30 048 euros, et que l'INSEE ait publié une notice en date du 30 janvier 2019 indiquant qu'elle était " en sommeil " ne suffisent pas, en elles-mêmes, à estimer qu'elle avait renoncé à son intention initiale.
6. Toutefois, en se bornant à verser au dossier des factures peu étayées émanant d'un cabinet d'architecture, d'un notaire, d'un géomètre-expert ou encore d'un paysager sans préciser un tant soit peu les contours des opérations projetées, voire en produisant au besoin la demande de permis de construire qu'elle aurait déposée ou certains des dossiers confectionnés par ses prestataires, la société IMCOM Première n'apporte pas de justifications suffisantes de la réalité et de l'utilité des prestations facturées et ne peut être regardée comme confirmant, par des éléments objectifs, son intention déclarée de commencer des activités économiques donnant lieu à des opérations imposables.
7. Il résulte de ce qui précède que la société IMCOM Première n'est pas fondée à soutenir que l'administration fiscale a méconnu les dispositions de l'article 271 du code général des impôts ni, en tout état de cause, sa doctrine BOI-TVA-DED-50-20-20, n° 130, publiée le 6 mai 2015, qui ne fait pas de la loi une interprétation différente de celle qui en est faite dans le présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en tout état de cause obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme demandée par la société IMCOM Première au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société IMCOM Première est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société IMCOM Première et à la direction régionale des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris (pôle juridictionnel administratif).
Délibéré après l'audience du 25 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
M. Halard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2023.
Le rapporteur,
G. HALARD
La présidente,
J. EVGENASLa greffière
M-C. POCHOT
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026