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AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2126866

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2126866

jeudi 16 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2126866
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation6e Section - 3e Chambre - R.222-13
Avocat requérantMEHENNI-AZIZI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 décembre 2021 et 13 octobre 2022, M. B C, représenté par Me Mehenni-Azizi, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions des 1er janvier 2020, 1er janvier 2021 et 5 avril 2021 portant réévaluation de ses droits déterminant le montant de son aide personnalisée au logement (APL) ;

2°) d'enjoindre à la CAF de Paris de lui rembourser les sommes indûment retenues au titre de son droit à l'APL, pour la période du 1er janvier 2020 au 1er octobre 2022, pour un montant total de 7 791 euros ;

3°) d'enjoindre à la CAF de Paris de procéder à la reprise du versement de l'APL, à hauteur de 407 euros par mois.

Il soutient que :

- les décisions en litige sont insuffisamment motivées ;

- le montant de son APL a été incorrectement calculé à compter du mois de janvier 2020 dès lors que ses revenus n'ont quasiment pas augmenté entre 2018 et 2022, hormis la réévaluation de sa pension de retraite pour tenir compte de l'inflation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 décembre 2022, le directeur général de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. A,

- et les observations de M. C.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. B C, qui est bénéficiaire de l'aide personnalisée au logement (APL), a contesté auprès de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris, par plusieurs courriers recommandés du 28 février 2020 et des 15 et 19 mars 2021, la diminution du montant de cette allocation. La CAF de Paris a implicitement rejeté les demandes de M. C. Par la présente requête, M. C demande l'annulation des décisions des 1er janvier 2020, 1er janvier 2021 et 5 avril 2021 portant réévaluation de ses droits déterminant le montant de son aide personnalisée au logement.

2. En premier lieu, il ne résulte pas de l'instruction que M. C a sollicité auprès de la CAF de Paris la communication des motifs des décisions implicites de rejet qui lui ont été opposées à la suite de ces courriers du 28 février 2020 et des 15 et 19 mars 2021. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que ces décisions seraient insuffisamment motivées. En tout état de cause, M. C a été destinataire d'un courrier du 23 avril 2021 par lequel la CAF de Paris lui a apporté des explications précises et circonstanciées relatives à la diminution du montant de son APL. Le moyen doit donc être écarté.

3. En second lieu, aux termes de l'article R. 822-3 du code de la construction et de l'habitation : " Les ressources et les charges prises en compte pour le calcul de l'aide personnelle au logement sont appréciées, tous les trois mois, sous réserve des dispositions prévues à l'article R. 823-6-1, selon les périodes de référence suivantes : 1° Pour les ressources mentionnées à l'article R. 822-4 prises en compte par la déclaration sociale nominative définie à l' article L. 133-5-3 du code de la sécurité sociale et les revenus d'activité perçus hors de France ou versés par une organisation internationale, sur une période de référence courant du treizième au deuxième mois précédant la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement ; 2° Pour les pensions alimentaires versées ou perçues, les frais de tutelle, les frais professionnels exposés, lorsque ceux-ci excèdent la déduction forfaitaire mentionnée au 3° de l'article 83 du code général des impôts, et pour l'assujettissement à l'impôt sur la fortune immobilière mentionné à l'article 964 du même code, sur une période de référence correspondant à l'année civile qui précède la date d'ouverture ou de réexamen du droit à l'aide personnelle au logement. () ". Aux termes de l'article R. 822-4 du même code : " I.- Les ressources prises en compte s'entendent du total des revenus nets catégoriels retenus pour l'établissement de l'impôt sur le revenu, des revenus taxés à un taux proportionnel ou soumis à un prélèvement libératoire de l'impôt sur le revenu ainsi que des revenus perçus hors de France ou versés par une organisation internationale. () II.- Sont déduits du décompte des ressources : 1° Les créances alimentaires mentionnées au 2° du II de l'article 156 du code général des impôts et majorées dans les conditions prévues au 7 de l'article 158 du même code (). ".

4. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision par laquelle l'administration, sans remettre en cause des versements déjà effectués, détermine les droits d'une personne en matière d'aide ou d'action sociale, de logement ou au titre des dispositions en faveur des travailleurs privés d'emploi, et sous réserve du contentieux du droit au logement opposable, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner les droits de l'intéressé, en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction et, notamment, du dossier qui lui est communiqué en application de l'article R. 772-8 du code de justice administrative. Au vu de ces éléments, il lui appartient d'annuler ou de réformer, s'il y a lieu, cette décision, en fixant alors lui-même tout ou partie des droits de l'intéressé et en le renvoyant, au besoin, devant l'administration afin qu'elle procède à cette fixation pour le surplus, sur la base des motifs de son jugement.

5. M. C fait valoir que le montant de son APL a été incorrectement calculé à compter du mois de janvier 2020 dès lors que ses revenus n'ont quasiment pas augmenté entre 2018 et 2022, hormis la réévaluation de sa pension de retraite pour tenir compte de l'inflation. Il résulte de l'instruction que les revenus de M. C au titre de 2017 issus de la perception d'allocation de chômage ont été totalement neutralisés par la CAF de Paris dans le cadre de la détermination de ses droits pour l'année 2019, afin de tenir compte de sa situation de précarité, lui permettant de bénéficier d'un montant d'APL de 408 euros. Les revenus de M. C au titre de l'année 2018 ont également fait l'objet d'une neutralisation s'agissant des indemnités de chômage qu'il avait perçues. En revanche, les revenus tirés de la pension de retraite que M. C a commencé à percevoir en 2018 ont uniquement fait l'objet d'un abattement fiscal de 10 %. Ainsi, compte tenu de l'augmentation de l'assiette des ressources de M. C, le montant de l'APL qu'il percevait a diminué pour atteindre 241 euros de janvier à septembre 2020 puis 242 euros en octobre et novembre 2020. A compter du mois de janvier 2021, les ressources prises en considération ont été réévaluées tous les trois mois. Les revenus de l'intéressé ayant été supérieurs en 2021 à ceux perçus en 2020, les droits à l'APL ont été recalculés en conséquence. En l'espèce, M. C n'établit pas que la réduction du montant de son APL à compter du mois de janvier 2020 résulterait d'une erreur de la CAF de Paris dans la prise en compte de ses ressources et charges sur les périodes de référence mentionnées à l'article R. 822-3 précité du code de la construction et de l'habitation.

6. Il résulte de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent également, par voie de conséquence, qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la caisse d'allocations familiales de Paris.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 février 2023.

Le magistrat désigné,

A. ALa greffière,

A. Cardon

La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé et au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui les concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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