mardi 20 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2127590 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL (SELAFA) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 décembre 2021, Mme A B, représentée par la SELAFA Cabinet Cassel, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de Paris a rejeté son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 8 juillet 2021 par laquelle elle avait refusé de lui délivrer la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " ;
2°) d'enjoindre à la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Paris de lui délivrer cette carte ou, à tout le moins, de réexaminer sa situation, sans délai et sous astreinte de 200 euros par jour de retard.
3°) de mettre à la charge de la MDPH de Paris la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée du 9 novembre 2021 méconnaît les dispositions de l'article
L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration,
- elle a été prise par une personne incompétente,
- elle est entachée de vices de procédure en l'absence de preuve que sa demande a bien été examinée sérieusement par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée au I de
l'article R. 241-12-1 du code de l'action sociale et des familles, d'une part, qu'elle a été examinée sérieusement par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du même code et réunie valablement au regard des règles de quorum applicables,
- la cervicalgie dont elle souffre justifie que la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées " lui soit délivrée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 juin 2022, la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles,
- l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, prévues aux articles
R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles,
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Thulard, premier conseiller, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par la présente requête, Mme B doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 9 novembre 2021 par laquelle la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) de Paris a rejeté son recours administratif préalable obligatoire à l'encontre de la décision du 8 juillet 2021 par laquelle elle avait refusé de lui délivrer la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement "
2. D'une part, aux termes de l'article L. 241-3 du code de l'action sociale et des
familles : " I.- La carte " mobilité inclusion " destinée aux personnes physiques est délivrée par le président du conseil départemental au vu de l'appréciation, sur le fondement du 3° du I de l'article L. 241-6, de la commission mentionnée à l'article L. 146-9. Elle peut porter une ou plusieurs des mentions prévues aux 1° à 3° du présent I, à titre définitif ou pour une durée déterminée. () / 3° La mention " stationnement pour personnes handicapées " est attribuée à toute personne atteinte d'un handicap qui réduit de manière importante et durable sa capacité et son autonomie de déplacement à pied ou qui impose qu'elle soit accompagnée par une tierce personne dans ses déplacements. (). ". Aux termes du IV de l'article R. 241-12-1 du même code : " Pour l'attribution de la mention " stationnement pour personnes handicapées ", un arrêté des ministres chargés des personnes handicapées, des personnes âgées et des anciens combattants définit les modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel, en tenant compte notamment de la limitation du périmètre de marche de la personne ou de la nécessité pour celle-ci de recourir systématiquement à certaines aides techniques ou à une aide humaine lors de tous ses déplacements à l'extérieur. (). ". Aux termes de l'annexe de l'arrêté du 3 janvier 2017 relatif aux modalités d'appréciation d'une mobilité pédestre réduite et de la perte d'autonomie dans le déplacement individuel prévues aux articles R. 241-12-1 et R. 241-20-1 du code de l'action sociale et des familles : " 1. Critère relatif à la réduction importante de la capacité et de l'autonomie de déplacement à pied : La capacité et l'autonomie de déplacement à pied s'apprécient à partir de l'activité relative aux déplacements à l'extérieur. (). Ce critère est rempli dans les situations suivantes : - la personne a un périmètre de marche limité et inférieur à 200 mètres ; ou - la personne a systématiquement recours à l'une des aides suivantes pour ses déplacements extérieurs : - une aide humaine ; (). ".
3. D'autre part, lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant la délivrance d'une carte de stationnement pour personnes handicapées ou d'une carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ", il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux de l'aide et de l'action sociale, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si cette délivrance est justifiée et de se prononcer lui-même sur la demande en recherchant si, au regard des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision, le handicap du demandeur justifie que lui soit délivrée une telle carte.
4. En premier lieu, il résulte des principes qui ont été rappelés au point précédent que Mme B ne peut utilement soutenir que la décision litigieuse en date du 9 novembre 2021 méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration, qu'elle aurait été prise par une personne incompétente ou qu'elle serait entachée de vices de procédure dès lors que de tels moyens sont relatifs à des éventuels vices propres de ladite décision.
5. En second lieu, le certificat médical renseigné par le médecin traitant de
Mme B et joint à sa demande de carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement " mentionne que son périmètre de marche est de 1 000 mètres et qu'elle peut marcher, se déplacer à l'intérieur et se déplacer à l'extérieur sans difficulté et sans aucune aide. Aucun des nombreux certificats médicaux qu'elle a joints à l'appui de sa requête ne contredit cette appréciation. Dans ces conditions, nonobstant la gravité éventuelle de l'état de santé de l'intéressée et son retentissement sur certaines autres fonctions, Mme B ne remplit pas les conditions d'obtention de la carte mobilité inclusion portant la mention " stationnement pour personnes handicapées ".
6. Il en résulte que les conclusions à fin d'annulation de Mme B doivent être écartées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et à la maison départementale des personnes handicapées de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
V. C
Le greffier,
A. Lemieux
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
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01/06/2026