vendredi 16 septembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2127968 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 1re Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | ZZ_DESACTIVE HB2M AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 24 décembre 2021 et 1er septembre 2022, M. A C, représenté par Me Marcel, demande au tribunal :
1°) d'annuler la contrainte par laquelle le directeur général de la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris lui a réclamé le paiement d'une somme de 6 035,50 euros au titre d'un indu d'aide personnalisée au logement (APL) pour la période du 1er mai 2013 au 31 mai 2015 ;
2°) de le décharger du paiement de la somme précitée de 6 035,50 euros ;
3°) de condamner la CAF de Paris à lui rembourser la somme de 4 288 euros correspondant aux retenues illégalement pratiquées sur ses prestations ;
4°) de condamner la CAF de Paris à lui verser une indemnité de 25 000 euros en réparation de son préjudice moral ;
5°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'action en recouvrement de l'indu litigieux est prescrite en application de l'article L. 351-11 du code de la construction et de l'habitation ;
- l'indu litigieux n'est pas justifié ;
- les retenues pratiquées sur ses prestations l'ont été illégalement ;
- il est fondé à réclamer une indemnité de 1 500 euros en réparation du préjudice moral qu'il a subi du fait de l'attitude de la CAF de Paris à son égard.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2022, la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le requérant n'est plus recevable à contester le bien-fondé de l'indu litigieux ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président du Tribunal a désigné M. D pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La rapporteure publique a été dispensée, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 15 mai 2015, le directeur général de la Caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris a réclamé à M. C le remboursement d'une somme totale de 17 758,18 euros au titre d'un trop-perçu de revenu de solidarité active (RSA) et d'aide personnalisée au logement (APL). Le 13 octobre 2015, l'intéressé a été mise en demeure de rembourser la somme de 7 709,50 euros correspondant au trop-perçu d'APL, dû pour la période du 1er mai 2013 au 31 mai 2015. Par la présente requête, M. C demande au tribunal d'annuler la contrainte, délivrée le 3 décembre 2021 par le directeur général de la CAF de Paris en application des articles L. 161-1-5 du code de la sécurité sociale et L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, pour avoir paiement d'une somme de 6 035,50 euros correspondant au reliquat de l'indu d'APL précité.
Sur les conclusions relatives à la contrainte délivrée le 3 décembre 2021 :
En ce qui concerne la prescription :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 821-7 du code de la construction et de l'habitation : " L'action pour le paiement de l'aide personnelle au logement et pour le recouvrement des sommes indûment payées se prescrit dans les conditions prévues à l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale. / La prescription est interrompue par l'une des causes prévues par le code civil ". Aux termes de l'article L. 553-1 du code de la sécurité sociale : " L'action de l'allocataire pour le paiement des prestations se prescrit par deux ans. / Cette prescription est également applicable à l'action intentée par un organisme payeur en recouvrement des prestations indûment payées, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausse déclaration, l'action de l'organisme se prescrivant alors par cinq ans. / La prescription est interrompue tant que l'organisme débiteur des prestations familiales se trouve dans l'impossibilité de recouvrer l'indu concerné en raison de la mise en œuvre d'une procédure de recouvrement d'indus relevant des articles L. 553-2 () du code de la sécurité sociale, L. 262-46 du code de l'action sociale et des familles ou L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation. ". Aux termes de l'article L. 553-2 du même code : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve des dispositions des quatrième à neuvième alinéas de l'article L. 133-4-1, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles / () ". Aux termes de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation : " Les articles L. 161-1-5 et L. 553-2 du code de la sécurité sociale sont applicables au recouvrement des montants d'aide personnelle au logement indûment versés ".
3. D'autre part, il résulte des principes dont s'inspirent les dispositions des articles 2241 et 2242 du code civil qu'un recours juridictionnel, quel que soit l'auteur du recours, interrompt le délai de prescription et que l'interruption du délai de prescription par cette demande en justice produit ses effets jusqu'à l'extinction de l'instance.
4. Il résulte de l'instruction et n'est pas contesté que l'indu d'APL en litige, afférent à la période du 1er mai 2013 au 31 mai 2015, a été initialement notifié à M. C le 15 mai 2015, soit dans le délai de prescription de deux ans prévu par les dispositions citées au point 2. Cet indu a par la suite donné lieu à une récupération sous la forme de retenues pratiquées sur les prestations du requérant entre mars 2016 et décembre 2017, lesquelles ont interrompu la prescription en application des mêmes dispositions. Le requérant a par ailleurs formé un recours juridictionnel contre ce même indu devant le tribunal administratif de Paris le 19 février 2019 qui a de nouveau interrompu le délai de prescription, conformément à ce qui a été dit au point 3, jusqu'à l'extinction de l'instance, soit jusqu'au 16 juillet 2020, date du jugement du tribunal, lequel n'a fait l'objet d'aucune voie de recours. Il en résulte que l'action en recouvrement de l'indu d'APL en litige n'était pas prescrite à la date du 3 décembre 2021 à laquelle a été délivrée la contrainte contestée. Le moyen tiré de la prescription de ladite action doit ainsi être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé de l'indu :
5. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, M. C a contesté l'indu d'APL en litige par un recours formé devant le tribunal administratif le 19 février 2019. Par son jugement précité du 16 juillet 2020, devenu définitif, le tribunal a rejeté les conclusions de M. C relatives à cet indu. Le requérant n'est dès lors plus recevable, à l'appui de son opposition à la contrainte du 3 décembre 2021, à contester le bien-fondé dudit indu.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. C tendant à l'annulation de la contrainte délivrée le 3 décembre 2021 doivent être rejetées. Il en va de même, par voie de conséquence, de ses conclusions tendant à la décharge des sommes qui lui ont été réclamées par ladite contrainte.
Sur les conclusions tendant au remboursement des retenues pratiquées sur les prestations de M. C :
7. Il résulte des motifs qui précède que les conclusions de M. C tendant au remboursement des retenues pratiquées sur ses prestations au titre de l'indu en litige doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Si M. C soutient qu'il a subi un préjudice moral du fait de l'attitude de la CAF de Paris à son égard, il ne fournit, en tout état de cause, aucun élément permettant d'apprécier la réalité et l'étendue de ce préjudice. Il n'est dès lors pas fondé à demander à être indemnisé à ce titre.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la CAF de Paris, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. C au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et à la Caisse d'allocations familiales de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 septembre 2022.
Le magistrat désigné,
N. DLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la région Ile-de-France, préfet de Paris en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2/6-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026