jeudi 8 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2128399 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MOUGHLI AVOCAT (SELARLU) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 30 décembre 2021, M. B C, représenté par Me Moughli, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme totale de 11 959,05 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de son défaut de prise en charge à l'hôpital européen Georges-Pompidou le 21 février 2018, assortie des intérêts au taux légal à compter de la première demande d'indemnisation, avec capitalisation des intérêts échus ;
2°) de mettre à la charge de l'AP-HP les dépens ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 5 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la responsabilité de l'AP-HP est engagée du fait de l'absence de prise en charge immédiate par les urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou le 21 février 2018, alors qu'il présentait des douleurs thoraciques ainsi que dans le bras gauche, symptômes évocateurs d'un accident cardiaque, dont il a été victime deux jours plus tard, le 23 février 2018 ;
- les préjudices résultant de cette faute doivent être évalués à la somme totale de 11 959,05 euros, se décomposant comme suit : 472,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 %, 1 174,50 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire partiel de 10 %, 6 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, 4 312,05 au titre de la perte de gains professionnels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 octobre 2022, le directeur général de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris conclut au rejet de la demande formulée par M. C au titre des pertes de gains professionnels et à ce que les sommes demandées au titre des autres chefs de préjudice soient ramenées à de plus justes proportions.
L'AP-HP soutient que :
- l'établissement n'entend pas contester les fautes commises par l'équipe médicale de l'hôpital européen Georges-Pompidou dans le cadre de la prise en charge du requérant en février 2018 ;
- l'expert ayant retenu dans son rapport que ces manquements ont fait perdre au requérant une chance d'éviter la survenue d'un arrêt cardiaque et de constituer un infarctus, évaluée à 98 %, il convient de retenir le taux de 98 % pour la part qui lui est strictement imputable ;
- la demande formulée par M. C au titre des pertes de gains professionnels devra être rejetée dès lors qu'elle n'est pas justifiée ;
- les autres demandes indemnitaires de M. C seront ramenées à de plus justes proportions.
Par un mémoire, enregistré le 14 octobre 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, représentée par Mme D, demande au tribunal :
1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 28 709,98 euros au titre des prestations servies dans l'intérêt de M. C, assortie des intérêts au taux légal à compter de la première demande, ainsi que de la capitalisation ;
2°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 1 114 euros correspondant à l'indemnité forfaitaire de gestion de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ;
3°) de mettre à la charge de l'AP-HP les dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La CPAM de Paris fait valoir qu'elle est bien fondée à solliciter la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 28 709,98 euros correspondant aux prestations imputables à l'accident de M. C.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. A,
- et les conclusions de M. Abrahami, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, né le 13 juillet 1970, s'est rendu au service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris, le 21 février 2018, présentant des symptômes de douleurs thoraciques et au bras gauche. L'intéressé a alors été invité à retourner chez lui et à consulter un cardiologue. Le 23 février suivant, M. C s'est de nouveau présenté à l'hôpital où il a été victime d'un arrêt cardio-respiratoire. Après avoir été réanimé, M. C a été transféré au service de réadaptation cardiaque de l'hôpital Corentin-Celton le 27 février 2018.
2. Par une ordonnance du vice-président du tribunal du 4 décembre 2018, le Dr E, cardiologue, a été désigné pour procéder à une expertise en vue de se prononcer sur la prise en charge médicale de M. C par l'hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. L'expert a remis son rapport le 15 octobre 2019. Par courrier en date du 7 septembre 2021, M. C a adressé à l'AP-HP une demande préalable, qui a été implicitement rejetée. Par la présente requête, M. C demande de condamner l'AP-HP à l'indemniser des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de son défaut de prise en charge à l'hôpital européen Georges-Pompidou le 21 février 2018.
Sur la responsabilité de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris :
En ce qui concerne la prise en charge médicale de M. C :
3. Aux termes des dispositions l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. ".
4. Le 21 février 2018, après avoir ressenti des douleurs thoraciques oppressantes avec une irradiation du membre supérieur gauche, M. C s'est présenté au service des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou. A l'issue d'un examen clinique normal et d'un test négatif pour la troponine ainsi que d'une radiographie pulmonaire sans particularité, M. C a été invité à regagner son domicile en lui conseillant de prendre du paracétamol. Après avoir de nouveau ressenti des douleurs les 22 et 23 février 2018, M. C a appelé le service d'aide médicale d'urgente (SAMU) à 11 heures du matin. A son arrivée à l'hôpital européen Georges-Pompidou, M. C a été victime d'un arrêt cardio-respiratoire nécessitant sa réanimation par défibrillation. Un transfert en salle de coronarographie a permis de constater une occlusion thrombotique de la coronaire droite, traitée par angioplastie et implantation d'un stent actif. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise du 15 octobre 2019, que la prise en charge médicale de M. C, le 21 février 2018, n'a pas été conforme aux bonnes pratiques dès lors qu'en dépit d'une douleur typique, constrictive, violente et irradiante au membre supérieur gauche, le médecin urgentiste n'a pas évoqué une origine cardiovasculaire ni pratiqué d'électrocardiogramme (ECG) 18 dérivations, pas plus qu'il n'a prescrit de prélèvement biologique comprenant un cycle complet de troponine alors que ces deux examens contribuent à écarter les diagnostics de dissection aortique ou l'infarctus du myocarde, qui présentent le caractère d'une urgence vitale. Enfin, aucun avis cardiologique n'a été requis. Ce retard de prise en charge n'a pas permis de traiter la pré-occlusion de l'artère coronaire droite, survenue dès le 21 février 2018, ni les douleurs en rapport avec une sténose ou une rupture de plaque d'arthrosclérose préexistante ni la survenue d'une thrombose responsable d'un infarctus, alors que le rapport précise que " l'arrêt cardiaque aurait pu être évité par un diagnostic plus précoce, dès le 21 février, et l'administration précoce des traitements ad hoc ". Dans ces conditions, la prise en charge médicale de M. C, le 21 février 2018, ne peut être regardée comme ayant été conforme aux règles de l'art et aux données acquises de la science. Il s'ensuit que les dommages qu'a conservés M. C à la suite de cet arrêt cardiaque présentent un lien direct et certain avec le défaut de prise en charge dont il a été victime. M. C est donc fondé à engager la responsabilité de l'AP-HP pour ce motif.
En ce qui concerne la perte de chance :
5. Dans le cas où la faute commise lors de la prise en charge ou du traitement d'un patient dans un établissement public hospitalier a compromis ses chances d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation, le préjudice résultant directement de la faute commise par l'établissement et qui doit être intégralement réparé n'est pas le dommage corporel constaté, mais la perte de chance d'éviter que ce dommage soit advenu. La réparation qui incombe à l'hôpital doit alors être évaluée à une fraction du dommage corporel déterminée en fonction de l'ampleur de la chance perdue.
6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que si les soins prodigués à M. C avaient été conformes, ce dernier aurait eu une chance d'éviter l'arrêt cardiaque et l'infarctus dont il a été victime deux jours plus tard, le 23 février 2018, ainsi que la séquelle ventriculaire gauche post-infarctus. Au regard du rapport d'expertise, la perte de chance de M. C d'obtenir une amélioration de son état de santé ou d'échapper à son aggravation doit être évaluée à 98 %, le risque spontané de survenue d'une fibrillation ventriculaire au cours d'un infarctus étant évalué à 2 %.
Sur les préjudices :
7. En application des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale dans sa rédaction résultant de la loi du 21 décembre 2006 relative au financement de la sécurité sociale, le juge saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et du recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime ou, le cas échéant, de ce que cette responsabilité n'est engagée que dans la limite d'une perte de chance pour la victime d'obtenir une amélioration ou d'éviter une aggravation de son état. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué à l'organisme de sécurité sociale.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport d'expertise, que l'état de santé de M. C était consolidé au 13 juin 2019. L'intéressé, conformément à ce qui a été dit au point 4, a droit à la réparation de ses préjudices. Il en va de même de la CPAM de Paris.
En ce qui concerne les préjudices patrimoniaux :
S'agissant des pertes de gains professionnels passés :
9. M. C soutient que les conséquences du défaut de prise en charge dont il a été victime le 21 février 2018 sont à l'origine d'un préjudice professionnel dès lors qu'il n'était plus en mesure d'exercer ses fonctions d'agent de sécurité au sein de la SARL " General Security " où il exerçait dans le cadre d'un contrat de travail à durée indéterminée depuis le 1er juillet 2016. Il résulte de l'instruction que M. C a fait l'objet d'un avis d'inaptitude de la médecine du travail, sans possibilité de reclassement, le 16 janvier 2019, et qu'il a en conséquence été mis fin à son contrat de travail le 31 janvier 2019. Cet avis d'inaptitude présente un lien direct et certain avec la faute commise par l'AP-HP dans sa prise en charge. En l'espèce, M. C a perçu pour la période du 16 avril au 18 avril 2018 puis du 19 avril au 31 janvier 2019, des indemnités journalières de la sécurité sociale à hauteur de 24,33 euros par jour durant 288 jours, alors que son salaire s'établissait à 1 183,86 euros net par mois, soit 39,46 euros par jour. Il s'ensuit que, pour la période du 16 avril 2018 au 31 janvier 2019, le préjudice financier de M. C s'établit à 4 357,44 euros, soit 4 270 euros après application du taux de perte de chance. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
En ce qui concerne les préjudices extra patrimoniaux :
S'agissant du déficit fonctionnel temporaire :
10. Il résulte de l'instruction que M. C a souffert d'un déficit fonctionnel temporaire partiel de 50 % du 28 février au 4 avril 2018, au cours de sa réadaptation à l'hôpital Corentin-Celton, laquelle était indispensable après la survenue d'un arrêt cardiaque, et d'un déficit fonctionnel temporaire partiel de 10 % du 5 avril 2018 au 13 juin 2019. Il sera fait une exacte appréciation de ce chef de préjudice en le fixant à une somme totale de 1 230 euros, que l'AP-HP versera à M. C, après application du taux de perte de chance.
S'agissant du déficit fonctionnel permanent :
11. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise, que M. C conserve un déficit fonctionnel permanent strictement imputable au défaut de prise en charge dont il a été victime de 5 %, tel qu'évalué par l'expert. Par suite, au regard de l'âge du requérant, il sera fait une juste appréciation de ce poste de préjudice en l'évaluant à 6 000 euros, soit 5 880 euros après application du taux de perte de chance. Cette somme sera mise à la charge de l'AP-HP.
12. Il résulte de qui précède que l'AP-HP versera une somme globale de 11 380 euros à M. C en réparation de ses préjudices.
En ce qui concerne les droits de la CPAM de Paris :
13. La CPAM de Paris justifie, par la production d'un relevé de ses débours et d'une attestation d'imputabilité de son médecin conseil, des frais d'un montant de 28 709,98 euros pour la période du 23 février 2018 au 31 janvier 2019, correspondant à des frais hospitaliers, des frais pharmaceutiques, des frais médicaux, des frais de transport et le versement d'indemnités journalières. Ces frais ne sont pas contestés par l'AP-HP, ni dans leur principe ni dans leur montant. Il y a donc lieu de mettre à la charge de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris la somme de 28 136 euros, au titre de ce chef de préjudice, après application du taux de perte de chance.
Sur les intérêts et leur capitalisation :
14. Lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.
15. Il y a lieu de faire droit à la demande de M. C tendant à ce que la somme mise à la charge de l'AP-HP porte intérêts au taux légal à compter du 7 septembre 2021, date de la demande préalable. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 7 septembre 2022.
16. Il y a également lieu de faire droit à la demande de la CPAM de Paris tendant à ce que la somme mise à la charge de l'AP-HP porte intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2022, date d'enregistrement de son premier mémoire.
Sur l'indemnité forfaitaire de gestion prévue par l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale :
17. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " () En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. A compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ".
18. La CPAM de Paris a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale, pour le montant de 1 114 euros auquel elle a été fixée par l'arrêté du 14 décembre 2021 relatif aux montants de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale. En conséquence, l'AP-HP versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme de 1 114 euros.
Sur les frais d'expertise :
19. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'État peut être condamné aux dépens. ".
20. Par une ordonnance du 25 février 2020, les frais et honoraires de l'expertise réalisée par le Dr E ont été liquidés et taxés à la somme de 1 500 euros. Ces frais doivent être mis à la charge définitive de l'AP-HP.
Sur les frais liés au litige :
21. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, au titre des frais exposés par le requérant et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la CPAM de Paris tendant au versement d'une somme sur le fondement du même l'article.
D E C I D E :
Article 1er : Il est mis à la charge de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris une somme de 11 380 euros à verser à M. C. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 7 septembre 2021. Ces intérêts seront capitalisés à compter du 7 septembre 2022.
Article 2 : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris versera à la CPAM de Paris la somme de 28 136 euros au titre des frais exposés pour le compte de M. C. Cette somme portera intérêts au taux légal à compter du 14 octobre 2022.
Article 3 : Les frais de l'expertise, d'un montant total de 1 500 euros, sont mis à la charge définitive de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris.
Article 4 : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris versera à M. C la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris versera à la CPAM de Paris la somme de 1 114 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.
Article 6 : Le surplus des conclusions de M. C est rejeté.
Article 7 : Le surplus des conclusions de la CPAM de Paris est rejeté.
Article 8 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.
Délibéré après l'audience du 24 novembre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Versol, présidente,
M. Pény, premier conseiller,
M. Doan, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 décembre 2022.
Le rapporteur,
A. A
La présidente,
F. VersolLa greffière,
A. Cardon
La République mande et ordonne au ministre des solidarités et de la santé, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision./6-3
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026