vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200619 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 2e Section - 1re Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LACOURTE, RAQUIN, TATAR (SCP) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 11 janvier et 10 octobre 2022, la société VIParis Holding, représentée par Mes Charriau et Sorel, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013 pour un montant total de 10 828 340 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sa filiale, la société VIParis Porte de Versailles, n'était pas une société à prépondérance immobilière, et, dans l'hypothèse où elle devait être ainsi qualifiée, les immeubles et droits sur des immeubles inscrits à son actif étaient affectés à sa propre exploitation commerciale, si bien que c'est à tort que le service a refusé de soumettre au régime de quasi-exonération prévu par le a sexies-0 bis) du I de l'article 219 général des impôts la plus-value à long terme afférente à la cession de ses titres ;
- l'administration a méconnu sa propre doctrine référencée BOI-IS-BASE-20-20-10-30 publiée le 31 décembre 2013.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2022, l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction des vérifications nationales et internationales conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général des propriétés des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Halard, premier conseiller,
- les conclusions de M. Mazeau, rapporteur public,
- et les observations de Me Sorel et de Me Charriau pour la société VIParis Holding.
Une note en délibéré présentée pour la société VIParis Holding a été enregistrée le 28 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. La société VIParis Holding, créée afin d'assurer la gestion de centres de congrès et d'exposition en Ile-de-France, a cédé, le 11 mars 2013, les titres de sa filiale, la société VIParis Porte de Versailles (VIParis PDV), chargée de l'exploitation du parc des expositions de la Porte de Versailles en vertu d'une convention de concession conclue avec la Ville de Paris le 23 juin 1987. La plus-value réalisée à l'occasion de cette cession de titres a été placée sous le régime de quasi-exonération prévu par le a sexies-0 bis) du I de l'article 219 du code général des impôts. A l'issue d'un contrôle sur pièces, l'administration fiscale a toutefois estimé que la société VIParis PDV était une société à prépondérance immobilière et a imposé cette plus-value au taux de 33,1/3 %, sous réserve de la taxation d'une quote-part de frais et charges fixée à 12 % de son montant brut. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale ont par conséquent été mises à la charge de la société VIParis Holding pour un montant total de 10 828 340 euros, mises en recouvrement le 16 septembre 2019. Après avoir vainement contesté ces suppléments d'impôts, la société VIParis Holding demande au tribunal de l'en décharger.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. En premier lieu, aux termes du a sexies-0 bis) du I de l'article 219 du code général des impôts : " Le régime des plus et moins-values à long terme cesse de s'appliquer à la plus ou moins-value provenant des cessions de titres de sociétés à prépondérance immobilière non cotées réalisées à compter du 26 septembre 2007. Sont considérées comme des sociétés à prépondérance immobilière les sociétés dont l'actif est, à la date de la cession de ces titres ou a été à la clôture du dernier exercice précédant cette cession, constitué pour plus de 50 % de sa valeur réelle par des immeubles, des droits portant sur des immeubles, des droits afférents à un contrat de crédit-bail conclu dans les conditions prévues au 2 de l'article L. 313-7 du code monétaire et financier ou par des titres d'autres sociétés à prépondérance immobilière. Pour l'application de ces dispositions, ne sont pas pris en considération les immeubles ou les droits mentionnés à la phrase précédente lorsque ces biens ou droits sont affectés par l'entreprise à sa propre exploitation industrielle, commerciale ou agricole ou à l'exercice d'une profession non commerciale. ".
3. Aux termes de l'article 38 quater de l'annexe III au code général des impôts : " Les entreprises doivent respecter les définitions édictées par le plan comptable général, sous réserve que celles-ci ne soient pas incompatibles avec les règles applicables pour l'assiette de l'impôt. " L'article 621-8 du plan comptable général, relatif aux immobilisations faisant l'objet d'une concession de service public ou de travaux publics, prévoit que " Les biens mis dans la concession par le concédant ou par le concessionnaire sont inscrits à l'actif du bilan de l'entité concessionnaire ".
4. Il résulte de l'instruction que la société VIParis PDV, comme elle le devait en vertu des dispositions précitées de l'article 621-8 du plan comptable général, a inscrit à l'actif de son bilan 2012 et de son bilan clos le 12 avril 2013, dans la rubrique " immobilisations corporelles ", au poste " constructions sur sol d'autrui ", les constructions correspondant aux biens immobiliers qu'elle exploitait dans le cadre de la convention de concession conclue avec la Ville de Paris le 23 juin 1987. Leur valeur nette comptable, qui s'élevait à la date de la cession litigieuse à 123 527 678 euros, représentait alors plus de 50 % de son actif.
5. Si la société VIParis Holding soutient que la société VIParis PDV n'était propriétaire d'aucun des immeubles qui lui était concédés, cette circonstance est sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige dès lors que, pour l'application des dispositions du a sexies-0 bis) du I de l'article 219 du code général des impôts, la prépondérance immobilière d'une société s'apprécie au seul regard des immeubles constituant son actif, qu'elle en soit ou non propriétaire.
6. Si la société requérante soutient par ailleurs que la société VIParis PDV ne disposait d'aucun droit réel sur les immeubles qu'elle exploitait, cette circonstance n'a en tout état de cause pas davantage d'incidence dès lors qu'à la date de la cession litigieuse, son actif était constitué d'immeubles et non de " droits portant sur des immeubles ".
7. Il résulte enfin de ce qui a été dit au point précédent que pour contester le rehaussement litigieux, la société VIParis Holding ne peut utilement se prévaloir, sur le fondement de l'article L. 80 A du livre des procédures fiscales, du paragraphe 40 de la doctrine référencée BOI-IS-BASE-20-20-10-30 publiée le 31 décembre 2013 en tant qu'elle énonce que seuls des " droits réels immobiliers " peuvent constituer des " droits portant sur des immeubles " au sens du a sexies-0 bis) du I de l'article 219 du code général des impôts.
8. En second lieu, la société VIParis Holding invoque l'exception posée au a sexies-0 bis) du I de l'article 219 du code général des impôts qui prévoit que, pour l'appréciation de la prépondérance immobilière, " ne sont pas pris en considération les immeubles ou les droits () affectés par l'entreprise à sa propre exploitation industrielle, commerciale ou agricole ou à l'exercice d'une profession non commerciale. ".
9. S'il est vrai que la société VIParis PDV offrait aux organisateurs de congrès et d'exposition, ainsi qu'aux exposants des foires et salons, un ensemble varié de prestations logistiques et techniques, et mettait le cas échéant à leur disposition de la main d'œuvre, ce qui représentait une part significative de son chiffre d'affaires, il résulte de l'instruction, en particulier de l'économie générale de la convention du 23 juin 1987 et des conditions générales d'occupation du parc, qu'elle exerçait à titre principal une activité de location des espaces du Parc des expositions, les preneurs liés à elle par une " convention d'occupation " les affectant eux-mêmes à leur propre exploitation commerciale. L'administration relève à cet égard, sans être utilement contredite, qu'une grande partie des prestations facturées correspondaient en réalité aux charges locatives inhérentes à toute location d'immeuble affecté à l'exploitation professionnelle d'un preneur - sanitaires, chauffages et ventilation, eau, collecte des déchets, ascenseurs et escaliers mécaniques, postes de sécurité incendie etc. - et que les autres, aussi techniques soient-elles, ne sauraient se concevoir autrement que comme des accessoires à la prestation principale de location, qui générait au demeurant, si l'on y inclut la location de parkings, la majorité du chiffre d'affaires de la société VIParis PDV. Dans ces conditions, les immeubles constituant l'actif de cette société ne peuvent être regardés comme affectés à sa propre exploitation commerciale au sens des dispositions du a sexies-0 bis) du I de l'article 219 du code général des impôts.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la société VIParis Holding n'est pas fondée à prétendre à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et de contribution sociale auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos le 31 décembre 2013 pour un montant total de 10 828 340 euros.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante, la somme demandée par la société VIParis Holding au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société VIParis Holding est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société VIParis Holding et à l'administrateur général des finances publiques chargé de la direction des vérifications nationales et internationales (division du contentieux).
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Evgénas, présidente,
Mme Laforêt, première conseillère,
M. Halard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
Le rapporteur,
G. HALARD
La présidente,
J. EVGENASLa greffière
C. EL HOUSSINE
La République mande et ordonne ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
2200619/2-1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026