lundi 21 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2200847 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | SOTOMAYOR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 janvier 2022, 26 avril 2022 et 19 octobre 2022, Mme G A, M. B C et M. D C, représentés par Me Yvernat, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de police a refusé d'accorder le concours de la force publique en vue de l'exécution du jugement du tribunal judiciaire de Paris du 15 septembre 2020 ordonnant l'expulsion des occupants de leur logement situé 11 rue Boyer Barret dans le 14ème arrondissement de Paris ;
2°) d'enjoindre au préfet de police d'accorder le concours de la force publique ;
3°) de condamner l'Etat à leur verser une indemnité de 17 571, 69 euros, au titre du préjudice de jouissance, une indemnité de 1 866, 90 euros au titre du préjudice tenant aux indemnités d'occupation non payées du 1er avril 2022 au 10 juin 2022 et une indemnité globale de 3 000 euros au titre de leur préjudice moral, assorties des intérêts capitalisés à compter du 2 août 2021 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont refusé la proposition d'indemnisation du 26 août 2022 d'un montant de 1 866, 09 euros car celle-ci est insuffisante ;
- la responsabilité sans faute de l'Etat est engagée sur le fondement de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution à compter du refus implicite de concours de la force publique né le 2 août 2021 et jusqu'au 10 juin 2022 ;
- Mme A a subi un préjudice de jouissance correspondant au montant du loyer qu'elle a exposé pour se loger entre le 2 mai 2021 et le 10 juin 2022, évalué à la somme de 24 771, 69 euros à laquelle il convient de retrancher la somme de 7 200 euros au titre de l'indemnité d'occupation dont l'occupant s'est acquitté jusqu'au mois de mars 2021 ;
- ils ont subi un préjudice tenant au non-paiement de l'indemnité d'occupation entre le 1er avril 2022 et le 10 juin 2022, évalué à la somme de 1 866, 90 euros ;
- ils ont subi un préjudice moral, évalué à la somme de 1 000 euros chacun.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, le préfet de police conclut, à titre principal, au rejet de la requête et, à titre subsidiaire, à ce que la condamnation mise à la charge de l'Etat soit limitée à la somme de 2 115, 43 euros.
Il soutient que :
- le concours de la force publique ayant été accordé le 7 décembre 2021 et le logement ayant été libéré le 1er juin 2022, les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête sont irrecevables ou, en tout état de cause, ont perdu leur objet en cours d'instance de sorte qu'il n'y a plus lieu d'y statuer ;
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute pour la requérante de les avoir redirigées contre la décision du 26 août 2022 par laquelle une proposition d'indemnisation lui a été faite ;
- à titre subsidiaire, la responsabilité de l'Etat est engagée pour la période du 2 août 2021 au 1er juin 2022, date de libération intégrale des lieux ;
- à titre principal, le préjudice tenant au trouble de jouissance évalué au regard du coût du loyer du logement occupé par Mme A n'est pas établi et n'est pas en lien direct avec le refus de concours de la force publique ;
- en tout état de cause, le préjudice allégué ayant affecté une seule co-indivisaire, elle ne pourrait prétendre à la réparation de son préjudice qu'à hauteur des parts détenues dans l'indivision ;
- à titre subsidiaire, le trouble de jouissance invoqué ne peut être calculé qu'à partir de la différence entre la valeur locative du bien, évaluée à la somme de 1 132, 52 euros, et l'indemnité d'occupation versée par les occupants, soit une somme de 2 115, 43 euros.
Les parties ont été informées, par lettre du 28 juin 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions indemnitaires en l'absence de production de la demande indemnitaire préalablement formée devant l'administration, en application du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative.
Une réponse au moyen d'ordre public, présentée pour les requérants, a été enregistrée le 5 juillet 2022.
Par une lettre du 17 octobre 2022, le tribunal a demandé aux parties de produire, pour compléter l'instruction, le justificatif de la date de réception, par le préfet, du commandement de quitter les lieux, signifié aux occupants du logement le 22 mars 2021 et la décision accordant le concours de la force publique à compter du 1er juin 2022.
Les parties ont été informées, par lettre du 18 octobre 2022, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sont irrecevables dans la mesure où, à la date d'introduction de la requête, le concours de la force publique avait déjà été accordé par une décision du 7 décembre 2021.
Un mémoire, présenté pour les requérants, a été enregistré le 4 novembre 2022, postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.
La requête a été communiquée à M. H F, occupant du logement, qui n'a pas produit d'observations.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme E en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La magistrate désignée a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme E ;
- et les observations de Me Espino, représentant les requérants.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est usufruitière d'un appartement situé 11 rue Boyer Barret dans le 14ème arrondissement de Paris qu'elle a acquis le 5 janvier 2018 avec ses deux enfants majeurs, M. B C et M. D C. Par actes d'huissier des 2 juin 2021 et 2 août 2021, Mme A et MM. C ont requis le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des époux F, occupants de ce logement, en exécution d'un jugement du tribunal judiciaire de Paris du 15 septembre 2020 constatant la résiliation du bail à compter du 5 janvier 2020, à la suite du congé pour reprise régulièrement notifié aux locataires, et ordonnant l'expulsion des occupants à l'expiration du délai de quatre mois accordé pour quitter les lieux. Par la présente requête, Mme A et MM. C demandent, d'une part, l'annulation de la décision implicite de refus de concours de la force publique, d'autre part, la condamnation de l'Etat à réparer les préjudices qu'ils ont subis du fait de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :
2. Il résulte de l'instruction que, par une décision du 7 décembre 2021, le concours de la force publique a été accordé aux requérants, à compter du 1er avril 2022, en vue de procéder à l'expulsion des époux F et de tous occupants de leur chef. Il est constant, d'une part, que cette décision n'a pas été contestée, d'autre part, que le logement a été effectivement libéré le 1er juin 2022. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation du refus implicite de prêter le concours de la force publique et à ce qu'il soit enjoint au préfet de police d'octroyer ce concours étaient sans objet à la date d'introduction de la requête le 12 janvier 2022. Ces conclusions doivent, par suite, être rejetées comme irrecevables.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence de liaison du contentieux :
3. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, dans sa rédaction applicable au litige : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle () ". Lorsqu'un requérant a introduit devant le juge administratif un contentieux indemnitaire à une date où il n'avait présenté aucune demande en ce sens devant l'administration et qu'il forme, postérieurement à l'introduction de son recours juridictionnel, une demande auprès de l'administration sur laquelle le silence gardé par celle-ci fait naître une décision implicite de rejet avant que le juge de première instance ne statue, cette décision lie le contentieux. La demande indemnitaire est recevable, que le requérant ait ou non présenté des conclusions additionnelles explicites contre cette décision, et alors même que le mémoire en défense de l'administration aurait opposé à titre principal l'irrecevabilité faute de décision préalable, cette dernière circonstance faisant seulement obstacle à ce que la décision liant le contentieux naisse de ce mémoire lui-même.
4. En l'espèce, les requérants ont présenté, postérieurement à l'introduction de leur requête, une demande indemnitaire préalable, qui a été reçue par les services de la préfecture de police le 5 juillet 2022. Par une décision du 26 août 2022, le préfet de police a proposé de faire partiellement droit à la demande des requérants. Ces derniers ont toutefois refusé la conclusion d'un protocole d'accord transactionnel estimant la proposition indemnitaire insuffisante. Cette décision du 26 août 2022, en tant qu'elle refuse de faire droit aux demandes indemnitaires des requérants, a lié le contentieux en application des dispositions précitées. En outre, les requérants ont présenté des conclusions additionnelles contre la décision du 26 août 2022. Par suite, le préfet n'est, en tout état de cause, pas fondé à soutenir que les conclusions indemnitaires sont irrecevables en l'absence de liaison du contentieux.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne la responsabilité de l'Etat :
5. D'une part, aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'Etat est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'Etat de prêter son concours ouvre droit à réparation ". Aux termes de l'article R. 153-1 du même code : " Si l'huissier de justice est dans l'obligation de requérir le concours de la force publique, il s'adresse au préfet. La réquisition contient une copie du dispositif du titre exécutoire. Elle est accompagnée d'un exposé des diligences auxquelles l'huissier de justice a procédé et des difficultés d'exécution. Toute décision de refus de l'autorité compétente est motivée. Le défaut de réponse dans un délai de deux mois équivaut à un refus. Ce refus est porté à la connaissance du créancier par l'huissier de justice ".
6. D'autre part, aux termes de l'article L. 412-1 de ce code : " Si l'expulsion porte sur un lieu habité par la personne expulsée ou par tout occupant de son chef, elle ne peut avoir lieu qu'à l'expiration d'un délai de deux mois qui suit le commandement, sans préjudice des dispositions des articles L. 412-3 à L. 412-7. ( ) ". Aux termes de l'article L. 412-5 du même code : " Dès le commandement d'avoir à libérer les locaux, l'huissier de justice chargé de l'exécution de la mesure d'expulsion en saisit le représentant de l'Etat dans le département () ".
7. Enfin, aux termes de l'article L. 412-6 de ce même code : " Nonobstant toute décision d'expulsion passée en force de chose jugée et malgré l'expiration des délais accordés en vertu de l'article L. 412-3, il est sursis à toute mesure d'expulsion non exécutée à la date du 1er novembre de chaque année jusqu'au 31 mars de l'année suivante, à moins que le relogement des intéressés soit assuré dans des conditions suffisantes respectant l'unité et les besoins de la famille. () ".
8. Il résulte de ces dispositions que lorsque le préfet, régulièrement requis à cet effet, refuse le concours de la force publique pour l'exécution d'une décision juridictionnelle exécutoire ordonnant l'expulsion de l'occupant d'un local, la responsabilité de l'Etat se trouve engagée à compter de ce refus ou, s'il intervient à une date où l'occupant bénéficie du sursis prévu à l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution, à compter du terme de la période de sursis. Par ailleurs, si la période de responsabilité de l'Etat au titre d'un refus d'accorder le concours de la force publique pour l'exécution d'un jugement s'achève en principe le jour où l'administration décide d'octroyer ce concours, elle ne prend fin qu'à la date de mise en œuvre effective du concours lorsque celle-ci intervient plus de quinze jours après la décision, sauf si ce délai est imputable au propriétaire ou à l'huissier ou justifié par des circonstances particulières.
9. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision par laquelle le préfet de police a implicitement refusé le concours de la force publique pour l'exécution du jugement du tribunal judiciaire de Paris du 15 septembre 2020 est intervenue le 2 août 2021, soit à une date à laquelle les occupants du logement ne bénéficiaient pas du sursis prévu à l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution. Par suite, la responsabilité de l'Etat se trouve engagée à compter du refus de concours de la force publique du 2 août 2021.
10. En second lieu, il résulte de l'instruction que le logement en cause a été libéré le 1er juin 2022, soit plus de quinze jours après la date du 1er avril 2022 fixée, en application des dispositions précitées de l'article L. 412-6 du code des procédures civiles d'exécution, par la décision d'octroi du concours de la force publique du 7 décembre 2021. Or il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas même allégué, que le délai supérieur à quinze jours qui s'est écoulé entre la date d'effet de la décision d'octroi du concours de la force publique et la mise en œuvre effective de ce concours aurait été imputable au propriétaire ou à l'huissier, ou justifié par des circonstances particulières. Par suite, il incombe à l'Etat de réparer les préjudices que l'occupation irrégulière a causé aux requérants entre le 2 août 2021 et le 1er juin 2022.
En ce qui concerne le préjudice tenant à la perte de revenus :
11. Il est constant que les occupants du logement des requérants ne se sont plus acquittés de l'indemnité d'occupation, fixée à 900 euros par mois par le jugement du 15 septembre 2020 du tribunal judiciaire de Paris, à compter du mois d'avril 2022 et jusqu'à la libération des lieux le 1er juin 2022. Compte tenu du montant de l'indemnité d'occupation et du montant de la taxe d'ordures ménagères que le préfet de police a reconnu être également due par l'Etat dans la proposition d'indemnisation du 26 août 2022 refusée par les requérants, il y a lieu de condamner l'Etat au paiement de la somme de 1 866, 09 euros réclamée par les requérants.
En ce qui concerne le préjudice de jouissance :
12. Le propriétaire qui, faute d'avoir obtenu le concours de la force publique, se trouve privé de la disposition de locaux subit de ce fait un préjudice. Toutefois, le préjudice indemnisable à ce titre doit être évalué par référence à la valeur locative du bien en cause. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que leur préjudice de jouissance doit être évalué au regard du coût du loyer du logement loué par Mme A dans l'attente du départ effectif des occupants, logement dont la configuration ne correspond au demeurant pas à celle du logement dont elle a été privée au cours de la période d'indemnisation.
13. Dans les circonstances de l'espèce, eu égard à la valeur locative du logement estimée par les services de l'Etat à la somme mensuelle de 1 132, 52 euros et au montant de l'indemnité d'occupation de 900 euros dont il est constant que les occupants se sont acquittés jusqu'au mois de mars 2022 inclus, il sera fait une juste appréciation du préjudice de jouissance subi par les requérants en le fixant à la somme de 2 115, 43 euros. A cet égard, contrairement à ce que le préfet de police fait valoir, cette somme ne doit pas être réduite à la part de l'indivision de Mme A dès lors que la demande indemnitaire a, en tout état de cause, été présentée à ce titre pour le compte des trois indivisaires, lesquels justifient d'un préjudice tenant à la privation du bien dont ils sont propriétaires au cours de la période en cause, quand bien même seule Mme A avait vocation à vivre effectivement dans le logement.
En ce qui concerne le préjudice moral :
14. Eu égard à l'ensemble des circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par les requérants du fait du retard de l'Etat à prêter le concours de la force publique pour procéder à l'expulsion des occupants de leur logement en leur allouant une indemnité globale de 2 000 euros.
15. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont fondés à demander le versement de la somme totale de 5 981, 52 euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement, en réparation des préjudices de pertes de revenus, de jouissance et moral qu'ils ont subis entre le 2 août 2021 et le 1er juin 2022.
Sur la subrogation de l'Etat :
16. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il détermine le montant et la forme des indemnités allouées par lui, de prendre, au besoin d'office, les mesures nécessaires pour que sa décision n'ait pas pour effet de procurer à la victime d'un dommage, par les indemnités qu'elle a pu ou pourrait obtenir en raison des mêmes faits, une réparation supérieure au préjudice subi. Par suite, lorsqu'il condamne l'Etat à indemniser le propriétaire auquel le préfet a refusé le concours de la force publique pour exécuter un jugement ordonnant l'expulsion des occupants d'un local, le juge doit, au besoin d'office, subroger l'Etat dans la limite de l'indemnité mise à sa charge, dans les droits que le propriétaire peut détenir sur les occupants au titre de l'occupation irrégulière de son bien pendant la période de responsabilité de l'Etat.
17. Il y a lieu de subordonner le versement de l'indemnité que le présent jugement accorde aux requérants à la subrogation de l'Etat, dans la limite du montant de cette indemnité, dans les droits qu'ils peuvent détenir sur les époux F, au titre de l'occupation irrégulière, entre le 2 août 2021 et le 1er juin 2022, du logement situé 11 rue Boyer Barret dans le 14ème arrondissement de Paris.
Sur les frais liés au litige :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser à Mme G A, à M. B C et à M. D C la somme totale de 5 981, 52 euros, tous intérêts compris à la date de lecture du présent jugement.
Article 2 : Le paiement de l'indemnité visée à l'article 1er est subordonné à la subrogation de l'Etat dans les droits que Mme G A, M. B C et M. D C peuvent détenir sur les époux F au titre de l'occupation irrégulière, entre le 2 août 2021 et le 1er juin 2022, du logement leur appartenant situé 11 rue Boyer Barret dans le 14ème arrondissement de Paris.
Article 3 : L'Etat versera à Mme G A, M. B C et M. D C la somme globale de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Les conclusions de la requête sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme G A, à M. B C, à M. D C, au ministre de l'intérieur et des Outre-mer et à M. H F.
Copie en sera adressée au préfet de police.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 novembre 2022.
La magistrate désignée,
E. ELa greffière,
P. Tardy-Panit
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026