LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2201133

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2201133

mardi 2 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2201133
TypeDécision
PublicationC
Formation1re Section - 2e Chambre
Avocat requérantBOURGI

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I - Par une requête enregistrée le 17 janvier 2022 sous le n° 2201133 et des mémoires enregistrés les 2 août 2023 et 30 avril 2024, la société Maslow Capital Partners France, représentée par Me Bourgi de la société Balzac Avocats, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016 ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de prononcer la décharge des rappels de taxe sur la valeur ajoutée auxquels elle a été assujettie au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016 ainsi que des pénalités correspondantes ;

3°) de prononcer la décharge des suppléments de cotisation sur la valeur ajoutée des entre reprises auxquels elle a été assujettie au titre de l'année 2015 ainsi que des pénalités correspondantes ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- à compter du 24 mai 2018 et jusqu'au terme des opérations de vérification de comptabilité, la vérificatrice a été accompagnée, dans le cadre de ses opérations de contrôle, d'un autre agent en méconnaissance des dispositions de la charte des droits et obligations du contribuable vérifié ;

- en refusant de lui communiquer copie de la demande d'assistance administrative internationale ainsi que des éléments obtenus à la suite de cette demande adressée aux autorités fiscales de Hong -Kong et sur lesquels il s'était appuyé pour remettre en cause la déduction des honoraires qu'elle avait payés à la société Asia Advisors LTD, le service vérificateur a méconnu les dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ;

- en écartant le contrat conclu par elle avec la société Maslow Capital Partners Luxembourg le 1er septembre 2014 et celui conclu avec la société Asia Advisors Limited en mettant en avant dans la proposition de rectification le but exclusivement fiscal de l'opération, le service a mis en œuvre de façon détournée la procédure de l'abus de droit fiscal sur le fondement de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales ;

- lors de la mise en recouvrement, le 15 avril 2021, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés réclamées au titre de l'exercice clos en 2014, la prescription d'assiette lui était acquise ;

- l'administration fiscale n'ayant pas rapporté la preuve qui lui incombe de ce que la société Maslow Capital Holding Luxembourg était établie dans un Etat à fiscalité privilégiée, elle n'était pas fondée à réintégrer à son bénéfice imposable les redevances de marques de 198 632 euros au titre de l'exercice clos en 2014, 838 529 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et 292 454 euros au titre de l'exercice clos en 2016 versées à cette société ;

- la prise en charge de ces redevances de marques présentait bien un intérêt pour son exploitation ;

- la déduction fiscale des honoraires payés à la société Maslow Capital Holding Luxembourg à hauteur de 150 000 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et 40 000 euros au titre de l'exercice clos en 2016 n'est pas constitutive d'un acte anormal de gestion ;

- les honoraires payés à la société Asia Advisors LTD établie à Hong-Kong à hauteur de 125 000 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et 500 000 euros au titre de l'exercice clos en 2016 ne pouvaient, eu égard à leur contrepartie, être réintégrés à son bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés sur le fondement de l'article 57 du code général des impôts ;

- la facture de 3 700 euros hors-taxes émise par la société Euronet Securities comptabilisée au titre de l'exercice clos en 2014, qui correspond à une rétrocession d'honoraires à une société apporteuse d'affaire, est appuyée de justificatifs et l'administration ne pouvait dès lors valablement refuser sa déduction fiscale ;

- la facture de 10 350 euros hors-taxes émise par Me Stéphane Lilti, comptabilisée au titre de l'exercice clos en 2016, rémunère des prestations de conseils juridiques fournies dans l'intérêt de la société et ne pouvait, dès lors, être valablement réintégrée au bénéfice imposable ;

- la commission de 60 000 euros versée à la société Marsac Advisors était destinée à rémunérer une société ayant mis en relation la société requérante et un investisseur qui a acheté un échange de bloc de 7 millions de titres de la société Avanquet à 0,14 euros l'unité ; elle ne pouvait dès lors valablement être réintégrée au bénéfice imposable de l'exercice clos en 2016 ;

- la rectification du bénéfice imposable de l'exercice clos en 2015 à hauteur de 15 000 euros est mal fondée dès lors que les deux factures de 7 500 euros hors-taxes dont il s'agit ont bien été comptabilisées et les produits correspondants déclarés dans le résultat fiscal ;

- la reprise par l'administration fiscale des soldes des comptes " 455170 comptes courants " (32 748 euros), " 455800 Associés intérêts co " (2 193 euros) et " 467000 Débiteurs créditeurs divers " (33 786 euros) n'entraîne pas une variation d'actif net au sens des dispositions du 2 de l'article 38 du code général des impôts ;

- les rectifications étant mal fondées, les pénalités de 40% pour manquements délibérés sont mal fondées par voie de conséquence ;

- le service ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de son intention délibérée d'éluder l'impôt ;

- les rectifications du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés étant mal fondées par les mêmes moyens, les suppléments d'imposition à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises sont mal fondés par voie de conséquence.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 5 juillet 2022 et le 14 décembre 2023, l'administrateur général des finances publiques représentant la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

II - Par une requête enregistrée 19 juillet 2023 sous le n° 2317065, la société Maslow Capital Partners France, représentée par Me Bourgi de la société Balzac Avocats, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et de Paris a rejeté son opposition à la saisie conservatoire de créances dont elle a fait l'objet le 24 mars 2023 ;

2°) de prononcer la mainlevée de cette saisie conservatoire de créances ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient qu'à défaut pour le service d'avoir répondu à sa proposition de garantie consistant dans le nantissement de son fonds de commerce, la saisie conservatoire pratiquée était dépourvue de base légale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2023, le directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- la requête de la société Maslow Capital Partners France tend à l'annulation d'une décision non détachable de la procédure liée au contentieux du recouvrement et est, dès lors, entachée d'irrecevabilité en application de l'article L. 281 du livre des procédures fiscales ;

- la demande de mainlevée de la saisie conservatoire ressortit à la compétence du juge du référé fiscal en application de l'article L. 279, alinéa 5 du livre des procédures fiscales ;

- en tout état de cause, cette saisie conservatoire pouvait être légalement pratiquée, faute pour la société d'avoir répondu dans les quinze jours à l'invitation qui lui avait été adressée par le comptable public le 9 juillet 2021 à constituer des garanties.

Les parties ont été informées le 10 juin 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions de la requête sont privées d'objet par effet du jugement du présent tribunal statuant sur les conclusions aux fins de décharge présentées par la requête n° 2201133.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;

- le code général des impôts ;

- le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Amadori,

- les conclusions de M. Charzat, rapporteur public,

- et les observations de Me Bourgi, représentant la société Maslow Capital Partners France.

Considérant ce qui suit :

1. La société Maslow Capital Partners France, qui exerce une activité de conseil en stratégie et investissements financiers, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre de la période du 1er janvier 2014 au 31 décembre 2016. A la suite de ces opérations de contrôle externe, le service vérificateur lui a proposé des rectifications de son bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016, des rectifications de sa valeur ajoutée imposable à la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises au titre de l'année 2015 et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2016. Les suppléments d'imposition issus de la procédure de rectification contradictoire ont été mis en recouvrement le 15 avril 2021 pour un montant total de 1 154 22 euros en droits et pénalités. Le 25 mai 2021, la société a présenté une réclamation pour contester ces suppléments d'imposition. Cette réclamation a été assortie d'une demande de sursis de paiement. Elle a fait l'objet d'une décision de rejet prise le 16 novembre 2021 par le directeur de contrôle fiscal d'Île-de-France et de Paris, qui a été contestée par la société dans sa requête n° 2201133. En cours d'instance, la société a fait l'objet, le 24 mars 2023, d'une saisie conservatoire de créances pratiquée par le comptable public en vue de garantir le paiement des impositions contestées. La société Maslow Capital Partners France a contesté cette mesure conservatoire par sa requête n° 2317065.

2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de joindre les requêtes n° 2201133 et 2317065 pour y statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions aux fins de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure :

3. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôts : " I. - Sous réserve des dispositions des articles 409 et 410 de l'annexe II au code général des impôts, seuls les fonctionnaires de la direction générale des finances publiques appartenant à des corps des catégories A et B peuvent fixer les bases d'imposition et liquider les impôts, taxes et redevances ainsi que proposer les rectifications. / Les fonctionnaires mentionnés au premier alinéa peuvent se faire assister pour les opérations de contrôle par des fonctionnaires stagiaires et par tout autre fonctionnaire de la direction générale des finances publiques affecté ou non dans le même service déconcentré ou service à compétence nationale ". D'autre part, aux termes de l'article L. 10, alinéa 4 du livre des procédures fiscales : " Les dispositions contenues dans la charte des droits et obligations du contribuable vérifié mentionnée au troisième alinéa de l'article L. 47 sont opposables à l'administration. ". La charte des droits et obligations du contribuable vérifié prévoit que " Le nom et la qualité du vérificateur sont précisés sur le document. ".

4. En l'espèce, il est constant qu'à compter du 24 mai 2018, la vérificatrice en charge de la vérification de comptabilité de la société Maslow Capital Partners France était accompagnée par un autre agent de l'administration fiscale, comme le permettent les dispositions précitées du I de l'article 350 terdecies de l'annexe III au code général des impôt. Aucune disposition législative ou réglementaire ni aucune mention de la charte des droits et obligations du contribuable n'imposait à l'administration d'informer la société contribuable de la présence de ce second agent. Par suite la circonstance, aussi regrettable soit-elle, que la société contribuable n'ait pas été préalablement informée de la présence de cet agent lors des opérations, est dépourvue d'incidence de la régularité de la procédure d'imposition.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ". En l'espèce, l'administrateur général des finances publiques représentant la direction de contrôle fiscal d'Île-de-France fait valoir qu'en réponse à la demande en ce sens qui lui avait été adressée le 2 septembre 2020 par la société contribuable, le service vérificateur a adressé à cette dernière, par courrier du 28 septembre 2020 produit aux débats, copie de la réponse du 5 juin 2020 des autorités fiscales de Hong-Kong adressée aux autorités fiscales nationales à la suite de la demande d'assistance administrative internationale qui avait été formulée le 14 mars 2018. D'une part, le service n'était pas tenu, en application des dispositions précitées, de produire copie de la demande pour satisfaire à la demande de la société contribuable. D'autre part, la société ne contestant ainsi pas sérieusement la communication, avant la mise en recouvrement des impositions contestées, des éléments exploités par le service vérificateur pour remettre en cause la déduction des honoraires qu'elle avait payés à la société Asia Advisors LTD, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 76 B du livre des procédures fiscales ne peut qu'être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales : " Afin d'en restituer le véritable caractère, l'administration est en droit d'écarter, comme ne lui étant pas opposables, les actes constitutifs d'un abus de droit, soit que ces actes ont un caractère fictif, soit que, recherchant le bénéfice d'une application littérale des textes ou de décisions à l'encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ils n'ont pu être inspirés par aucun autre motif que celui d'éluder ou d'atténuer les charges fiscales que l'intéressé, si ces actes n'avaient pas été passés ou réalisés, aurait normalement supportées eu égard à sa situation ou à ses activités réelles. () ".

7. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le service a remis en cause, d'une part, la déduction fiscale des frais facturés par la société hongkongaise Asia Advisors Limited à la société Maslow Capital Partners France des montants de 125 000 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et 500 000 euros au titre de l'exercice clos en 2016 et, d'autre part, des redevances de marque à hauteur de 149 632 euros en 2014, 838 529 euros en 2015 et 292 454 euros en 2016 qui lui ont été facturées par la société luxembourgeoise Maslow Capital Holding Luxembourg en contrepartie de l'exploitation de la marque dite " IVA " (intangible value add). Si, pour justifier la déduction de ces charges, la société Maslow Capital Partners France a produit un contrat conclu le 30 décembre 2015 avec la société Asia Advisors Limited, établie à Hong-Kong et un contrat de licence de marque conclu le 1er septembre 2014 avec la société luxembourgeoise Maslow Capital Holding Luxembourg, il ne résulte pas de l'instruction que l'administration, qui a mis en œuvre les dispositions des articles 57 et 238 du code général des impôts, aurait fondé ses rehaussements sur le caractère fictif de tels contrats, ou sur la circonstance que le contribuable aurait recherché dans l'un et l'autre cas, le bénéfice d'une application littérale des textes à l'encontre des objectifs poursuivis par le législateur dans un but exclusivement fiscal. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré par la société requérante de ce que le service aurait mis en œuvre de façon détournée la procédure de l'abus de droit fiscal sur le fondement des dispositions de l'article L. 64 du livre des procédures fiscales, sans respecter l'ensemble des garanties entourant cette procédure, doit être écarté.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

S'agissant de la prescription du droit de reprise de l'administration fiscale :

8. En premier lieu, d'une part, aux termes des dispositions de l'article L. 169 du livre des procédures fiscales : " Pour l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les sociétés, le droit de reprise de l'administration des impôts s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année qui suit celle au titre de laquelle l'imposition est due ". Aux termes de l'article L. 176 du même livre : " Pour les taxes sur le chiffre d'affaires, le droit de reprise de l'administration s'exerce jusqu'à la fin de la troisième année suivant celle au cours de laquelle la taxe est devenue exigible conformément aux dispositions du 2 de l'article 269 du code général des impôts. "

9. D'autre part, aux termes de l'article L. 189 du même livre : " La prescription est interrompue par la notification d'une proposition de rectification, par la déclaration ou la notification d'un procès-verbal, de même que par tout acte comportant reconnaissance de la part des contribuables et par tous les autres actes interruptifs de droit commun. ". L'interruption de la prescription fait courir, à compter de l'évènement interruptif de prescription, un délai de même durée que l'ancien.

10. Enfin, aux termes de l'article 10 de l'ordonnance du 25 mars 2020 : " I. Sont suspendus à compter du 12 mars 2020 et jusqu'au 23 août 2020 inclus et ne courent qu'à compter de cette dernière date, s'agissant de ceux qui auraient commencé à courir pendant la période précitée, les délais : 1° Accordés à l'administration pour réparer les omissions totales ou partielles constatées dans l'assiette de l'impôt, les insuffisances, les inexactitudes ou les erreurs d'imposition et appliquer les intérêts de retard et les sanctions en application des articles L. 168 à L. 189 du livre des procédures fiscales ou de l'article 354 du code des douanes lorsque la prescription est acquise au 31 décembre 2020 ".

11. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'en application des dispositions précitées le service vérificateur disposait, pour rectifier la base imposable à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2014 et procéder à des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période de janvier 2014 à décembre 2014, d'un délai expirant le 31 décembre 2017. La société requérante ne conteste pas la notification, antérieurement à cette date, d'une proposition de rectification du 21 décembre 2017, laquelle lui a été remise en main propre. Par cette notification, l'administration fiscale a interrompu la prescription et disposait, à la suite de cette notification, d'un délai de prescription expirant le 31 décembre 2020 pour procéder à la mise en recouvrement des impositions supplémentaires résultant du contrôle. Toutefois, le délai de reprise étant prolongé par effet de l'application des dispositions précitées de l'article 10 de l'ordonnance du 25 mars 2020, de 165 jours, celui-ci expirait le 14 juin 2021. Le service a procédé à la mise en recouvrement des impositions litigieuses le 15 avril 2021. La prescription d'assiette n'était pas acquise, à cette date, au contribuable. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'acquisition de la prescription doit être écarté.

S'agissant des produits comptabilisés :

12. Aux termes de l'article 38 du CGI " 1. Sous réserve des dispositions des articles 33 ter, 40 à 43 bis et 151 sexies, le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises, y compris notamment les cessions d'éléments quelconques de l'actif, soit en cours, soit en fin d'exploitation. () 2 bis. Pour l'application des 1 et 2, les produits correspondant à des créances sur la clientèle ou à des versements reçus à l'avance en paiement du prix sont rattachés à l'exercice au cours duquel intervient la livraison des biens pour les ventes ou opérations assimilées et l'achèvement des prestations pour les fournitures de services ".

13. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a relevé au cours des opérations de contrôle externe, que deux factures émises par la société Avanquest, d'un montant hors-taxes de 7 500 euros, n'avaient pas été comptabilisées. Elle a rattaché les produits correspondants à l'exercice clos en 2015 et rehaussé le bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés d'un montant de 15 000 euros.

14. D'une part, si la société requérante affirme que la facture n° 150301 aurait été comptabilisée au cours de l'exercice 2014 et produit une capture d'écran d'écriture comptable, elle n'apporte aucune précision, qu'elle est seule en mesure d'apporter, sur la nature de la prestation facturée et la date d'achèvement de la prestation en cause, ni aucune pièce comptable suffisamment probante, qu'elle est seule en mesure de produire, à l'appui de ses allégations. Il résulte de ce qui précède qu'à supposer même qu'un tel produit se rattache à l'exercice clos en 2014, il n'est pas établi que le produit en cause aurait été réellement intégré au bénéfice imposable au titre de l'exercice clos en 2014.

15. D'autre part, si la société affirme que la facture n°150128 a été comptabilisée au cours de l'exercice clos en 2015 et produit un tableau destiné à justifier l'existence d'une erreur dans l'affectation des factures, elle n'apporte aucune pièce comptable suffisamment probante, qu'elle est seule en mesure de produire, à l'appui de ses allégations suivant lesquelles le produit en cause aurait été réellement intégré au bénéfice imposable au titre de l'exercice clos en 2015.

S'agissant des transferts indirects de bénéfices à Hong-Kong :

16. Aux termes de l'article 57 du code général des impôts : " Pour l'établissement de l'impôt sur le revenu dû par les entreprises qui sont sous la dépendance ou qui possèdent le contrôle d'entreprises situées hors de France, les bénéfices indirectement transférés à ces dernières, soit par voie de majoration ou de diminution des prix d'achat ou de vente, soit par tout autre moyen, sont incorporés aux résultats accusés par les comptabilités. Il est procédé de même à l'égard des entreprises qui sont sous la dépendance d'une entreprise ou d'un groupe possédant également le contrôle d'entreprises situées hors de France. / La condition de dépendance ou de contrôle n'est pas exigée lorsque le transfert s'effectue avec des entreprises établies dans un Etat étranger ou dans un territoire situé hors de France dont le régime fiscal est privilégié au sens du deuxième alinéa de l'article 238 A ou établies ou constituées dans un Etat ou territoire non coopératif au sens de l'article 238-0 A. / () / A défaut d'éléments précis pour opérer les rectifications prévues aux premier, deuxième et troisième alinéas, les produits imposables sont déterminés par comparaison avec ceux des entreprises similaires exploitées normalement. ". Ces dispositions instituent, dès lors que l'administration établit l'existence d'un lien de dépendance et d'une pratique entrant dans les prévisions de l'article 57 du code général des impôts, une présomption de transfert indirect de bénéfices qui ne peut utilement être combattue par l'entreprise imposable en France que si celle-ci apporte la preuve que les avantages qu'elle a consentis ont été justifiés par l'obtention de contreparties.

17. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société Asia Advisors Limited, établie à Hong-Kong, a facturé à la société MCPF des montants de 125 000 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et 500 000 euros au titre de l'exercice clos en 2016, qui ont été comptabilisés par la société Maslow Capital Partners France dans le compte 604000 " Achats d'études et prestations ". Pour justifier la déduction de ces charges, la société Maslow Capital Partners France a produit un contrat conclu le 30 décembre 2015 avec la société Asia Advisors Limited, établie à Hong-Kong (" Business Development Agreement "), aux termes duquel la société Asia Advisors Limited s'engage à assister la société Maslow Capital Partners France pour développer des affaires avec des clients asiatiques potentiels listés à l'annexe A au contrat. Aux termes de cette annexe, la société Asia Advisors Limited s'engage notamment à recommander et promouvoir les services de la société Maslow Capital Partners France auprès des clients asiatiques potentiels listés à cette annexe et à assister la société Maslow Capital Partners France dans l'organisation de réunions avec les clients listés. Le service vérificateur a estimé, au vu, d'une part, d'une communauté d'intérêts unissant les sociétés Maslow Capital Partners France et Asia Advisors Limited, de l'absence de substance économique de cette dernière et de l'absence d'éléments produits en cours de vérification pour justifier de la réalité des prestations, que les charges comptabilisées par la société Maslow Capital Partners France à raison des factures émises au nom de la société Asia Advisors Limited étaient dépourvues de toute contrepartie et, par suite, qu'elles étaient constitutives d'un transfert indirect de bénéfices à l'étranger.

18. D'une part, il résulte de l'instruction que les sociétés Maslow Capital Partners France et Asia Advisors Limited sont placées sous la dépendance commune d'un même et unique associé, à savoir la société luxembourgeoise Maslow Capital Holding Luxembourg, l'associé unique de cette dernière étant le dirigeant de la société Maslow Capital Partners France, M. A D. La société requérante ne conteste au demeurant pas son contrôle indirect de la société Asia Advisors Limited.

19. D'autre part, à supposer même que la société Asia Advisors Limited soit pourvue de substance économique, en se bornant à produire le contrat, à rappeler les prestations contractuellement stipulées, à énoncer quelques exemples de missions qui auraient été réalisées et à contester la lecture par les autorités françaises de la réponse à la demande d'assistance administrative, ainsi qu'à alléguer qu'un projet de partenariat aurait débouché sur un rachat de société ayant engendré un chiffre d'affaires important en 2018 et 2019, la société requérante ne rapporte pas la preuve qui lui incombe de ce que les avantages qu'elle a consentis à la société Asia Advisors Limited ont été justifiés par l'obtention de contreparties réelles.

S'agissant des redevances d'exploitation de marques :

20. Aux termes de l'article 238 A du code général des impôts : " Les intérêts, arrérages et autres produits des obligations, créances, dépôts et cautionnements, les redevances de cession ou concession de licences d'exploitation, de brevets d'invention, de marques de fabrique, procédés ou formules de fabrication et autres droits analogues ou les rémunérations de services, payés ou dus par une personne physique ou morale domiciliée ou établie en France à des personnes physiques ou morales qui sont domiciliées ou établies dans un Etat étranger ou un territoire situé hors de France et y sont soumises à un régime fiscal privilégié, ne sont admis comme charges déductibles pour l'établissement de l'impôt que si le débiteur apporte la preuve que les dépenses correspondent à des opérations réelles et qu'elles ne présentent pas un caractère anormal ou exagéré. / Pour l'application du premier alinéa, les personnes sont regardées comme soumises à un régime fiscal privilégié dans l'Etat ou le territoire considéré si elles n'y sont pas imposables ou si elles y sont assujetties à des impôts sur les bénéfices ou les revenus dont le montant est inférieur de plus de la moitié à celui de l'impôt sur les bénéfices ou sur les revenus dont elles auraient été redevables dans les conditions de droit commun en France, si elles y avaient été domiciliées ou établies. / () / Les premier et troisième alinéas s'appliquent également à tout versement effectué sur un compte tenu dans un organisme financier établi dans un des Etats ou territoires visés, respectivement, aux premier et troisième alinéas. " Pour l'application de ces dispositions, la charge de la preuve de ce que le bénéficiaire des rémunérations en cause est soumis à un régime fiscal privilégié incombe à l'administration. Il lui appartient à cet égard d'apporter tous éléments circonstanciés non seulement sur le taux d'imposition, mais sur l'ensemble des modalités selon lesquelles des activités du type de celles qu'exerce ce bénéficiaire sont imposées dans le pays où il est domicilié ou établi. Le contribuable peut, de son côté, faire valoir, en réponse à l'administration, tous éléments propres à la situation du bénéficiaire en cause. Dans le cas où l'administration doit être regardée, au vu de l'ensemble des éléments ainsi produits par les parties, comme ayant établi que le bénéficiaire n'est pas imposable ou est assujetti à des impôts sur les bénéfices ou les revenus dont le montant est inférieur de plus de la moitié à celui de l'impôt sur les bénéfices ou sur les revenus dont il aurait été redevable dans les conditions de droit commun en France, il appartient au contribuable d'apporter la preuve que les dépenses en cause correspondent à des opérations réelles et ne présentent pas un caractère anormal ou exagéré.

21. En l'espèce, il résulte de l'instruction que la société Maslow Capital Partners France a déduit de ses charges des redevances de marque à hauteur de 149 632 euros au titre de l'exercice clos en 2014, 838 529 euros au titre de l'exercice clos en 2015 et 292 454 euros au titre de l'exercice clos en 2016, qui lui ont été facturées par la société luxembourgeoise Maslow Capital Holding Luxembourg. La société requérante soutient que ces charges constituent la contrepartie de l'exploitation de la marque dite IVA (intangible value add) et ont été stipulées par un contrat de licence de marque du 1er septembre 2014. A l'issue des opérations de contrôle externe, le service vérificateur a remis en cause la déduction de ces redevances en application de l'article 238 A du code général des impôts.

22. D'une part, l'administration fiscale a établi dès sa proposition de rectification sans être sérieusement contredite, par un comparatif détaillé de l'impôt sur les bénéfices supporté au Luxembourg avec celui qui aurait été supporté en France, que les redevances de marque au Luxembourg sont imposées à un taux de 29,22 % après application d'un abattement de 80 %, ce qui donne lieu à une imposition inférieure de plus de la moitié à l'impôt français. Par suite contrairement à ce que soutient la société Maslow Capital Partners France, l'administration fiscale rapporte la preuve qui lui incombe de ce que le bénéficiaire des rémunérations en cause est soumis à un régime fiscal privilégié.

23. D'autre part, si la société requérante fait valoir que la marque " IVA " constituerait la méthodologie qu'elle exploite dans le cadre même de son activité et qui lui permettrait de gagner des mandats et de servir ses clients, elle ne justifie pas, par ces seules allégations et la production du contrat en exécution duquel ont été versées les redevances ainsi que des documents destinés à justifier de l'enregistrement de la marque au sein de l'office Benelux de la propriété industrielle, de l'avantage qu'elle aurait réellement retiré du versement de ces redevances.

S'agissant des autres charges :

24. Aux termes du 1 de l'article 39 du code général des impôts : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant () notamment : 1° Les frais généraux de toute nature () ". En vertu des règles gouvernant l'attribution de la charge de la preuve devant le juge administratif, applicables sauf loi contraire, s'il incombe, en principe, à chaque partie d'établir les faits nécessaires au succès de sa prétention, les éléments de preuve qu'une partie est seule en mesure de détenir ne sauraient être réclamés qu'à celle-ci. Il appartient, dès lors, au contribuable, pour l'application des dispositions précitées du code général des impôts, de justifier tant du montant des créances de tiers, amortissements, provisions et charges qu'il entend déduire du bénéfice net défini à l'article 38 du code général des impôts que de la correction de leur inscription en comptabilité, c'est-à-dire du principe même de leur déductibilité. En ce qui concerne les charges, le contribuable apporte cette justification par la production de tous éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée. Dans l'hypothèse où le contribuable s'acquitte de cette obligation, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'apporter la preuve de ce que la charge en cause n'est pas déductible par nature, qu'elle est dépourvue de contrepartie, qu'elle a une contrepartie dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie est excessive.

25. En premier lieu, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a réintégré aux bénéfices imposables des exercices clos en 2015 et 2016 des montants respectifs de 150 000 euros et 40 000 euros, représentant des charges facturées par la société luxembourgeoise Maslow Capital Partners Luxembourg en exécution d'un contrat commercial daté du 19 janvier 2015 et aux termes duquel la société Maslow Capital Partners Luxembourg se serait engagée, moyennant une rémunération fixée à 190 000 euros pour les années 2015 et 2016, à assister la société requérante dans ses activités de vente et de marketing en relation avec les clients en lui fournissant des prestations consistant à recommander et promouvoir ses services auprès des clients potentiels, aider dans l'organisations des réunions et des appels avec les clients et effectuer une pré-analyse avec le client potentiel dans le cadre de l'effort de vente global. Toutefois, si la société requérante fait valoir que la réponse des autorités fiscales du Luxembourg du 6 mars 2019 à la demande d'assistance administrative internationale n'a pas mis en évidence le caractère fictif de la société Maslow Capital Partners Luxembourg, le service fait néanmoins valoir sans contradiction sérieuse, d'une part, que cette société luxembourgeoise, qui a changé plusieurs fois d'adresse de domiciliation au Luxembourg, ne disposait que d'un seul employé rémunéré à hauteur de 1 000 euros par mois et domicilié en France, où il exerçait par ailleurs des fonctions de direction d'une autre société, ce dont il résultait que la société luxembourgeoise manquait des moyens matériels et humains pour réaliser les prestations stipulées et, d'autre part, qu'il existe une forte communauté d'intérêts entre les deux sociétés, M. D étant à la fois associé et co-gérant de la société Maslow Capital Partners Luxembourg et gérant associé de la société Maslow Capital Partners France. Dans ces conditions, en se bornant à produire le contrat et à énoncer une liste des opérations auxquelles la société luxembourgeoise aurait participé, la société requérante ne peut être regardée comme justifiant de la réalité des prestations réalisées par la société Maslow Capital Partners Luxembourg. Il résulte de ce qui précède que la société contribuable, qui n'apporte pas d'éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause, ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'il en a retirée, ne justifie pas du principe-même de la déductibilité de cette charge.

26. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la société requérante a comptabilisé, au titre de l'exercice clos en 2014, une charge de 3 700 euros engagée pour des honoraires facturés le 10 novembre 2014 par la société israélienne Euronet Securities. La société requérante soutient que cette somme correspondrait au paiement d'une rétrocession d'honoraires, à hauteur du tiers de la somme facturée à sa cliente, versée à la société Euronet Securities pour rémunérer un apport d'affaire et le support à l'exécution de la mission et produit la copie de la facture, le contrat conclu par la société Maslow Capital Partner avec la société CatchMedia et la copie d'un courrier électronique qui aurait été adressé par M. B C au dirigeant de la société Maslow Capital Partner. Toutefois, eu égard à l'absence de mention de la société Euronet Securities dans le contrat, à la discordance entre les montants convenus et ceux facturés et à l'absence de date certaine du courrier électronique qui formaliserait l'échange de consentement, ces éléments ne sont pas suffisamment précis sur la nature de la charge en cause et l'existence et la valeur de la contrepartie retirée, si bien que le service vérificateur était fondé à refuser la déduction fiscale de la charge en cause.

27. En troisième lieu, il résulte de l'instruction que la société requérante a comptabilisé dans ses charges au titre de l'exercice clos en 2016 une commission de 60 000 euros versée à une société Marsac Advisors à la faveur d'une opération de cession, à un investisseur hollandais, de 7 millions d'actions auto-détenues de la société Avanquest. La société requérante fait valoir que cette commission, appuyée d'une facture du 16 décembre 2016 consultée par l'administration fiscale à l'occasion des opérations de contrôle externe, a été expressément stipulée afin de rémunérer l'apport d'affaires et produit, au soutien de ses prétentions, une lettre de mission du 15 décembre 2016 entre la société requérante et son apporteur d'affaire, ainsi qu'un extrait de la note d'information publiée par Avanquest après visa de l'autorité des marchés financiers. Alors même que le nom de l'acquéreur n'apparaît pas dans cette note et que la date de la cession serait antérieure à la lettre de mission, ces éléments suffisamment précis portant sur la nature de la charge en cause ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie retirée par le contribuable de l'engagement de cette charge justifient du principe-même de la déductibilité de cette charge. Le service, pour sa part, ne rapporte pas la preuve de ce que la charge en cause ne serait pas déductible par nature, qu'elle serait dépourvue de contrepartie, que cette dernière serait dépourvue d'intérêt pour le contribuable ou que la rémunération de cette contrepartie serait excessive. Il résulte de ce qui précède que le service vérificateur n'était pas fondé à réintégrer cette charge au bénéfice imposable de la société Maslow Capital Partners France au titre de l'année 2016.

28. En quatrième lieu, il résulte de l'instruction que la société requérante a comptabilisé, au titre de son exercice clos en 2016, une facture de 10 350 euros émise par Me Stéphane Lilti, avocat. En se bornant à produire un extrait du site internet de l'avocat, la société, qui ne produit pas la facture et n'assortit aucune précision sur la nature des prestations de conseils juridiques fournies par cet avocat, ne peut être regardée comme apportant des éléments suffisamment précis sur la nature de la charge en cause ainsi que sur l'existence et la valeur de la contrepartie qu'elle en a retirée. C'est par suite à bon droit que le service vérification a réintégré cette charge à son bénéfice imposable.

S'agissant des écritures de passif :

29. Aux termes du 2 de l'article 38 du code général des impôts : " Le bénéfice net est constitué par la différence entre les valeurs de l'actif net à la clôture et à l'ouverture de la période dont les résultats doivent servir de base à l'impôt diminuée des suppléments d'apport et augmentée des prélèvements effectués au cours de cette période par l'exploitant ou par les associés. L'actif net s'entend de l'excédent des valeurs d'actif sur le total formé au passif par les créances des tiers, les amortissements et les provisions justifiés. ".

30. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le service vérificateur a relevé, en clôture de période vérifiée, l'existence d'écritures de passif inscrites aux comptes " 455170 comptes courants " (pour 32 748 euros), " 455800 Associés intérêts co " (pour 2 193 euros) et " 467000 Débiteurs créditeurs divers " (pour 33 786 euros). Il est constant que ces écritures n'ont pas été justifiées, ni devant l'administration fiscale ni devant le juge de l'impôt, alors que la société contribuable supporte la charge de la preuve de leur bien-fondé. Dans ces conditions, le service vérificateur était fondé, contrairement à ce que soutient la société requérante, à remettre en cause ces inscription, dont l'extinction entraîne nécessairement une variation à la hausse de l'actif net au sens et pour l'application des dispositions précitées du 2 de l'article 38 du code général des impôts.

S'agissant des suppléments de cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises :

31. Il résulte de tout ce qui précède que le mal-fondé des rehaussements du bénéfice imposable à l'impôt sur les sociétés au titre de l'exercice clos en 2015 n'est pas établi. Par suite les conclusions tendant à la décharge des suppléments de cotisation de la valeur ajoutée des entreprises mis en recouvrement au titre de cette même année ne peuvent qu'être rejetées.

En ce qui concerne le bien-fondé des pénalités :

32. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré ".

33. En l'espèce, en premier lieu, ainsi qu'il a été dit au point 20, la réintégration de la charge de 60 000 euros étant mal fondée, la société est nécessairement fondée, par voie de conséquence, à demander la décharge des pénalités pour manquements délibérés ayant assorti les suppléments d'imposition à l'impôt sur les sociétés résultant de la rectification de son bénéfice imposable au titre de l'exercice clos en 2016.

34. En deuxième lieu, s'agissant des honoraires et redevances de marques versés à la société Maslow Capital Holding Luxembourg, des honoraires versés à la société Asia Advisors Limited ainsi que des charges facturées par la société Maslow Capital Partners Luxembourg, d'une part, contrairement à ce que soutient la requérante, le bien-fondé des rehaussements est établi eu égard à ce qui a été exposé aux points 16 à 23 ainsi qu'au point 25 du présent jugement. D'autre part, eu égard à l'importance des sommes facturées au cours de deux exercices successifs, alors que le bien-fondé de la déduction fiscale n'a pu être justifié par la contribuable, à la communauté d'intérêts entre l'ensemble des sociétés établies en France et à l'étranger, qui sont contrôlées par un même unique associé personne physique, l'administration fiscale rapporte suffisamment la preuve qui lui incombe de l'intention délibérée par la société contribuable d'éluder l'impôt.

35. En troisième lieu, s'agissant de la déduction de la facture de 3 700 euros par la société israélienne Euronet Securities, de la facture de 10 350 euros émise par Me Lilti, avocat et des écritures de passif, la seule circonstance que la société requérante n'a pu justifier du bien-fondé de la déduction des charges ainsi que du maintien des écritures au passif de son bilan n'est pas, à elle seule, de nature à établir une intention délibérée par la société contribuable d'éluder l'impôt.

36. Il résulte de ce qui précède que la société Maslow Capital Partners France est seulement fondée à demander la décharge des pénalités de 40% pour " manquements délibérés " ayant assorti les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés résultant de la réintégration aux bénéfices imposables des exercices clos en 2014 et 2016 de sommes respectives de 75 863 euros et 10 350 euros.

Sur les conclusions tendant à la mainlevée de la saisie conservatoire :

37. Aux termes de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales : " Le contribuable qui conteste le bien-fondé ou le montant des impositions mises à sa charge est autorisé, s'il en a expressément formulé la demande dans sa réclamation et précisé le montant ou les bases du dégrèvement auquel il estime avoir droit, à différer le paiement de la partie contestée de ces impositions et des pénalités y afférentes. / L'exigibilité de la créance et la prescription de l'action en recouvrement sont suspendues jusqu'à ce qu'une décision définitive ait été prise sur la réclamation soit par l'administration, soit par le tribunal compétent.

38. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les impositions que la saisie conservatoire visait à garantir sont, à compter de la notification du présent jugement, exigibles, à l'exception de celles qui font l'objet d'une décharge, dont le paiement ne saurait être exigé. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la société Maslow Capital Partners France tendant à la mainlevée de la saisie conservatoire sont privées d'objet par effet du jugement rendu par le tribunal dans l'affaire enregistrée sur le numéro 221133. Il n'y a plus lieu, dès lors, de statuer sur les conclusions de la requête n° 2317065 tendant à la mainlevée de la saisie conservatoire.

Sur les frais liés à l'instance :

39. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au titre des frais exposés par la société Maslow Capital Partners en vue de l'instance n° 2201133 et non compris dans les dépens. Par ailleurs il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, dans l'instance 2317065, la somme que la société Maslow Capital Partners sollicite au titre des frais exposés par elle en vue de cette instance et non comprise dans les dépens.

D E C I D E:

Article 1er : Les bases imposables à l'impôt sur les sociétés de la société Maslow Capital Partners France au titre de l'année 2016 sont réduites de 60 000 euros.

Article 2 : La société Maslow Capital Partners est déchargée, à due concurrence de la réduction prononcée à l'article 2 du présent jugement, des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre de l'exercice clos en 2016 ainsi que des pénalités correspondantes.

Article 3 : La société Maslow Capital Partners est déchargée des pénalités de 40% qui lui ont été infligées sur le fondement de l'article 1729 du code général des impôts ayant assorti les cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés résultant de la réintégration à ses bénéfices imposables des exercices clos en 2014 et 2016 de sommes respectives de 75 863 euros et 10 350 euros.

Article 4 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la société Maslow Capital Partners France tendant à la mainlevée de la mesure conservatoire dont elle a fait l'objet le 24 mars 2023

Article 5 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à la société Maslow Capital Partners France en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le surplus des conclusions des requêtes de la société Maslow Capital Partners France est rejeté.

Article 7 : Le présent jugement sera notifié à la société Maslow Capital Partners France, à l'administrateur général des finances publiques représentant la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France et au directeur régional des finances publiques d'Île-de-France et de Paris.

Délibéré après l'audience du 18 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bachoffer, président,

M. Pertuy, premier conseiller,

M. Amadori, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 2 juillet 2024.

Le rapporteur,

A. AMADORI

Le président,

B. BACHOFFERLa greffière,

V. FLUET

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°s 2201133,2317065/1-

Décisions similaires

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2400288

La société First Trading contestait devant le **Tribunal Administratif de Paris** des rappels d'impôts et pénalités suite à un contrôle fiscal. Le tribunal a **rejeté sa requête**, considérant que la proposition de rectification avait été régulièrement notifiée conformément aux articles L. 57 et L. 76 du livre des procédures fiscales, et que les autres moyens soulevés (prescription, qualification de la cession immobilière) n'étaient pas fondés.

31/03/2026

TA75Plein contentieux

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407139

**Sujet principal** : La requête de la SAS Etablissements A. Chollet contestant la réintégration fiscale de provisions pour dépréciation de ses stocks et demandant la décharge d'impositions supplémentaires sur les sociétés. **Juridiction** : Le Tribunal Administratif de Paris (1re Section - 2e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal rejette la demande de la société. Il estime que la méthode d'évaluation de la provision pour dépréciation appliquée au groupe de produits "V" n'est pas suffisamment précise et détaillée, car elle utilise un taux unique basé sur la durée de stockage pour des produits hétérogènes, sans justification d'une dépréciation homogène. **Textes appliqués** : Les articles 39-1 5° et 38-3 du Code général des impôts (CGI), en application de l'article 209 du CGI, ainsi que l'article 38 decies de l'annexe III au CGI, relatifs aux conditions de déductibilité des provisions pour dépréciation des stocks.

31/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2418646

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. B... visant à annuler la décision du recteur de l'académie de Paris refusant la révision de l'affectation de sa fille en classe de première STMG. Le juge a estimé que l'administration n'avait pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en maintenant l'affectation initiale, les arguments fondés sur une prétendue erreur d'un conseiller principal d'éducation et sur les risques pour la scolarité de l'élève n'étant pas de nature à caractériser une situation exceptionnelle justifiant une révision. La décision s'appuie sur les dispositions du code de l'éducation et de l'arrêté académique fixant les procédures d'affectation.

31/03/2026

TA75Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2517216

Le Tribunal Administratif de Paris a rejeté la requête de M. C... A... visant à annuler plusieurs mesures d'éloignement (obligation de quitter le territoire, interdiction de retour, etc.) prises par le préfet de police. Le tribunal a jugé que le préfet était compétent pour signer ces décisions et que leur motivation était suffisante, notamment au regard de la menace pour l'ordre public. Il a également déclaré irrecevable le recours contre le signalement Schengen, cette inscription n'étant pas une décision susceptible de recours pour excès de pouvoir. Les textes appliqués incluent le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et la Convention européenne des droits de l'homme.

31/03/2026

← Retour aux décisions