LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA75-2212439

Tribunal Administratif de Paris — Décision N° TA75-2212439

lundi 5 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Paris
SectionTribunal Administratif de Paris
N° DossierTA75-2212439
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantINGELAERE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin et 4 octobre 2022, les sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions, représentées par Me Chalavon, demandent au juge des référés, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de condamner la société Lacondesa à leur verser, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, une provision d'un montant, de 80 169,73 euros, à compter de la date d'exigibilité des créances, des intérêts au taux de refinancement de la BCE majoré de 10 points (ce taux ne pouvant être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal en vigueur au jour de la facturation), sans délai et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, le tout au titre des impayés suivants : la redevance contractuelle et autres charges jusqu'à la date de résiliation de la convention le 1er octobre 2022 (75 080,71 euros) et l'indemnité pour occupation domaniale irrégulière depuis le 1er octobre 2022 (5 089,02 euros) ;

2°) de mettre à la charge de la société Lacondesa une somme de 7 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elles soutiennent que :

- le tribunal administratif de Paris est la juridiction compétente pour juger du présent litige ;

- leur requête est recevable ;

- l'intégralité des créances réclamées est certaine.

Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés les 23 juin et

16 août 2022, la société Lacondesa, représentée par Me Ingelaere, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire à la désignation d'un expert et au rejet de la requête, à titre infiniment subsidiaire à la limitation de sa condamnation à titre de provision à hauteur de 12 477,014 euros TTC, à ce qu'il soit enjoint aux sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions de déduire de sa dette le montant du dépôt de garantie et à ce que soit mise à la charge des sociétés requérantes la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que l'obligation de payer les sommes réclamées est sérieusement contestable.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme A pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. "

2. Par une convention d'occupation temporaire, signée le 13 mai 2016 et prenant effet le 15 mai de la même année, la société Lacondesa, a été autorisée par la SNCF Mobilités, devenue SNCF Gares et Connexions, à occuper un emplacement d'une superficie de 114 m2 situé en gare de Boulainvilliers, sur la commune de Paris, pour y exercer l'activité principale " services d'aides aux entreprises notamment coworking et de services de soutiens scolaires " et ce pour une durée de 10 ans, jusqu'au 14 mai 2026. L'article 6 de la convention prévoit le paiement d'une redevance annuelle d'un montant de 40 014 euros hors taxes et hors charges. L'article 7 de cette même convention prévoit la remise d'un dépôt de garantie par la société Lacondesa d'un montant de 10 003 euros. L'article 8 prévoit quant à lui le règlement d'un forfait annuel pour l'électricité et le téléphone d'un montant de 1 000 euros hors taxes ainsi que pour les taxes foncières et d'enlèvement des ordures ménagères d'un montant de 4 205 euros hors taxes. Par des courriers en date des 30 avril et 6 juillet 2020, les parties ont convenu d'une exonération de la redevance et des charges pour les périodes du 16 mars au 30 avril 2020 et du 1er mai au

1er septembre 2020. De plus, par un courrier en date du 25 mai 2021, les parties se sont également entendues d'une exonération de redevance, de charges et d'impôts pour le mois de février 2020, pour la période du 1er juillet au 31 décembre 2020 ainsi que d'une réduction de redevance de 900 euros hors taxes pour la période du 1er janvier au 31 août 2021.

3. Les sociétés SNCF Gares et connexions et Retail et Connexions ont constaté des défauts de paiement et a mis en demeure la société Lacondesa de régler les sommes dues au titre de la convention d'occupation en date du 13 mai 2016. Les sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions demandent au tribunal que leur soient versées à titre de provision la somme 80 169,73 euros, à compter de la date d'exigibilité des créances, des intérêts au taux de refinancement de la BCE majoré de 10 points sans délai et sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, le tout au titre des impayés suivants : la redevance contractuelle et autres charges jusqu'à la date de résiliation de la convention le 1er octobre 2022 (75 080,71 euros) et l'indemnité pour occupation domaniale irrégulière pour la période allant du 1er octobre au 31 octobre 2022 (5 089,02 euros).

Sur la demande de provision :

En ce qui concerne la somme de 75 080,71 euros toutes taxes comprises demandée au titre des redevances d'occupation et autres charges issues de la convention d'occupation temporaire jusqu'à la date de résiliation de la convention au 1er octobre 2022 :

4. Il résulte de l'instruction que la société Lacondesa n'a pas procédé au paiement des sommes dues au titre des indemnités d'occupation et charges diverses prévues par la convention d'occupation du domaine public mentionnées au point 2 allant du mois de décembre 2019 au

1er octobre 2022, date de résiliation de plein droit de la convention, et ce malgré plusieurs mises en demeure, dont la dernière en date du 1er août 2022 est revenue à son destinataire avec la mention " pli avisé et non réclamé " et a ensuite fait l'objet d'une signification établie par un huissier de justice le 16 septembre 2022 notifiée contre signature à ladite société le 22 septembre 2022. Si pour critiquer le montant de la somme réclamée par les sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions, la société Lacondesa indique que ces dernières n'ont pas été en mesure de respecter leurs obligations contractuelles notamment parce qu'elle n'a pas eu accès à la fourniture d'eau et que des difficultés liées à l'utilisation des locaux en terme d'isolation et d'humidité impactaient nécessairement le montant de la redevance des locaux mis à disposition, elle n'apporte toutefois aucun élément probant à l'appui de ses allégations. Ainsi, l'obligation dont se prévaut les sociétés requérantes, à l'appui de laquelle elles produisent des factures attestant de la réalité de la dette et des extraits de compte, n'est pas sérieusement contestable à hauteur de la somme de 75 080,71 euros TTC. Par suite, les sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions sont fondées à demander la condamnation de la société Lacondesa à leur verser la somme de 75 080,71 euros TTC.

En ce qui concerne la somme demandée au titre de l'indemnité d'occupation irrégulière :

5. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance () ". Le gestionnaire du domaine public est fondé à réclamer à l'occupant sans titre de son domaine public, au titre de la période d'occupation irrégulière, une indemnité compensant les revenus qu'il aurait pu percevoir d'un occupant régulier pendant cette période. A cette fin, il doit rechercher le montant des redevances qui auraient été appliquées si l'occupant avait été placé dans une situation régulière, soit par référence à un tarif existant, lequel doit tenir compte des avantages de toute nature procurés par l'occupation du domaine public, soit, à défaut de tarif applicable, par référence au revenu, tenant compte des mêmes avantages, qu'aurait pu produire l'occupation régulière de la partie concernée du domaine public concerné.

6. Il résulte de l'instruction que le courrier du 1er août 2022, notifiée comme il a été indiqué au point 4 à la société Lacondesa le 22 septembre 2022 par lequel les sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions l'ont mise en demeure de payer les sommes dues au titre de la convention d'occupation du domaine public, précisait qu'à défaut du paiement desdites sommes dans un délai de huit jours à compter de sa réception, la convention d'occupation dont elle bénéficiait serait résiliée de plein droit, en application de l'article 31.3 des conditions générales de ladite convention. Par conséquent, et conformément à ce que soutiennent les sociétés requérantes, la décision de résiliation peut donc être regardée comme ayant été arrêtée le 1er octobre 2022. Les sociétés requérantes évaluent le montant de leur préjudice à la somme de 5 089,02 euros TTC depuis le 1er octobre 2022 jusqu'au 31 octobre 2022, date à laquelle elles arrêtent leur décompte. La société Lacondesa ne conteste pas se maintenir irrégulièrement sur le domaine public sans droit ni titre depuis le 1er octobre 2022, ni le montant du préjudice réclamé au titre de l'indemnisation compensant les revenus dont les sociétés requérantes ont été privées. Par suite, la créance invoquée au titre de l'indemnité d'occupation irrégulière du domaine public présente, dans son principe, un caractère non sérieusement contestable.

En ce qui concerne la conservation du dépôt de garantie :

7. Aux termes de l'article 7 des conditions particulières de la convention : " l'Occupant s'engage à verser au jour de la signature du présent contrat particulier un chèque d'un montant de 10 003 euros correspondant à 3 mois de la redevance annuel HT ". De plus, aux termes de l'article 20 des conditions générales : " le dépôt de garantie restera acquis à Gares et Connexions dans toutes les hypothèses de résiliation du Contrat particulier pour faute de l'occupant, sans préjudice de la possibilité, pour Gares et Connexions, de réclamer des dommages et intérêts complémentaires ".

8. Il résulte de l'instruction que la SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions justifient du non-paiement des redevances d'occupation et charges de décembre 2019 jusqu'au 1er octobre 2022, date de la résiliation de plein droit de la convention d'occupation domaniale. Il suit de là que la créance dont se prévalent les sociétés requérantes n'est pas sérieusement contestable et n'est d'ailleurs pas contestée dans son montant. En application de l'article 20 des conditions générales, les sociétés requérantes sont donc fondées à demander la conservation du dépôt de garantie.

9. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la société Lacondesa à verser une provision d'un montant de 80 169,73 euros toutes taxes comprises aux sociétés SNCF Gares et connexions et Retail et Connexions. Il n'y a pas lieu, en tout état de cause, d'assortir cette condamnation d'une astreinte.

Sur les intérêts :

10. Aux termes de l'article 19.4 des conditions générales de la convention d'occupation " Les sommes non payées à la date limite de paiement indiquée sur la facture sont de plein droit majorées d'intérêts de retard sans qu'il soit besoin pour Gares et Connexions de faire délivrer une sommation ou d'adresser une mise en demeure quelconque au débiteur et quelle que soit la cause du retard de paiement. Ces intérêts de retard sont calculés sur la base du taux de refinancement de la Banque Centrale Européenne majoré de dix points et ce à compter rétroactivement de la date d'exigibilité de la redevance ; étant précisé que tout mois commencé est dû. Ce taux ne pourra être inférieur à trois fois le taux d'intérêt légal au jour de la facturation ".

11. Les sociétés requérantes ont droit aux intérêts de retard, calculés dans les conditions prévues par les stipulations de l'article susmentionné, sur la somme correspondant aux redevances d'occupation mises à la charge de la société Lacondesa sur un fondement contractuel jusqu'à la date du 1er octobre 2022, date à laquelle la convention a été résiliée.

Sur les frais liés au litige :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, de mettre à la charge de la société Lacondesa, qui a la qualité de partie perdante, la somme de 1 500 euros à verser aux sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions au titre des frais exposés.

O R D O N N E :

Article 1er : La société Lacondesa est condamnée à verser aux sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions une provision de 80 169,73 euros toutes taxes comprises euros, assortie des intérêts de retard calculés comme il a été dit au point 10 de la présente ordonnance.

Article 2 : La société Lacondesa versera aux sociétés SNCF Gares et Connexions et Retail et Connexions la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société SNCF Gares et Connexions, à la société Retail et Connexions, et à la société Lacondesa.

Fait à Paris, le 5 décembre 2022.

La juge des référés,

M.-P. A

La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

N°2212439/4-1

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions