mercredi 28 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2213360 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET GRINAL, KLUGMAN, AUMONT (AARPI) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 21 et 22 juin 2022 et les 23 et 26 mai 2023, M. I L, Mme M D épouse G et M. B G, Mme A C, Mme P H épouse E et M. O E et M. N J, représentés par Me Aumont, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) de condamner la Ville de Paris à leur verser respectivement les sommes de 318 369,50 euros, de 412 419 euros, de 376 956 euros, de 487 420 euros et de 298 960,64 euros ;
2°) de mettre à la charge de la Ville de Paris une somme de 4 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la responsabilité sans faute de la Ville de Paris doit être engagée, dès lors qu'ils ont la qualité de tiers à l'ouvrage public qu'est l'égout fuyard, dont la Ville a la garde ;
- les désordres litigieux constatés sur leur immeuble trouvent leur origine dans la défaillance du réseau d'égout, lequel n'a été que partiellement réhabilité en 2012 et présentait avant cette date des anomalies au niveau du branchement de l'immeuble à l'égout ;
- si l'indemnisation des préjudices a été prise en charge par les assureurs de certains d'entre eux, la Ville de Paris doit être condamnée à leur verser les sommes manquantes afin de les réparer intégralement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 mars 2023, la Ville de Paris, représentée par Me Falala conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle fait valoir que :
- le réseau d'égout a été réhabilité en 2012 ;
- l'inspection de l'égout réalisée par les services techniques de la Ville de Paris en juillet 2016 a conclu que l'ouvrage ne présentait aucune anomalie ;
- si le réseau d'égout est fuyard, des carottages ont permis de constater que l'eau ne s'écoule pas dans les sols ;
- si le réseau d'égout présente des anomalies, notamment des fissures, l'eau ne s'écoule pas à hauteur de ces fissures ;
- le branchement de l'immeuble au réseau d'égout n'est pas conforme mais aucune trace d'humidité n'a été constatée ;
- le test d'étanchéité réalisé le 6 mai 2019 n'a pas été correctement réalisé ;
- les défauts du réseau d'égout trouvent leur origine dans l'affaissement de l'immeuble ;
- les requérants ne démontrent pas que les dommages n'auraient pas été pris en charge par leurs assureurs ;
- les préjudices des requérants ne sont pas établis.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Gandolfi,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- les observations de Me Aumont, représentant les requérants,
- et les observations de Me Gorse, substituant Me Falala, représentant la Ville de Paris.
Considérant ce qui suit :
1. Au cours du mois de mai 2016, plusieurs copropriétaires de l'immeuble situé 76, rue Charlot à Paris ont constaté l'apparition de fissures dans les caves du 2ème sous-sol, les réserves et sanitaires du 1er sous-sol, le restaurant et les logements des 3ème et 5ème étages implantés dans cet immeuble et l'ont signalé aux services de la Ville de Paris. Par une ordonnance du 15 septembre 2016, le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, saisi par le syndicat des copropriétaires du 76 rue Charlot 75003 Paris, a ordonné la réalisation d'une expertise et a désigné M. K en qualité d'expert. Par une ordonnance du 17 mars 2017 le juge des référés de ce même tribunal a étendu la mission d'expertise à M. E, à
Mme H, à M. G, à Mme D, à M. J, à Mme C et à M. L copropriétaires de cet immeuble. Le rapport d'expertise a été déposé le 30 mars 2020. Par un courrier du 17 février 2022, reçu le 21 février 2022, M. L, M. et Mme G, Mme C, M. et Mme E et M. J ont demandé à la Ville de Paris qu'elle les
indemnisent respectivement à hauteur de 300 886 euros, de 389 430 euros, de 331 740 euros, de 455 299,11 euros et de 256 120,64 euros. Ils demandent au tribunal de condamner la Ville de Paris à leur verser respectivement les sommes de 318 369,50 euros, de 412 419 euros, de 376 956 euros, de 487 420 euros et de 298 960,64 euros.
Sur la responsabilité sans faute :
2. Le maître d'ouvrage est responsable, même en l'absence de faute, des dommages que les ouvrages publics dont il a la garde peuvent causer aux tiers, tant en raison de leur existence que de leur fonctionnement. Il ne peut dégager sa responsabilité que s'il établit que ces dommages résultent de la faute de la victime ou d'un cas de force majeure. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu'ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel. Dans le cas d'un dommage causé à un immeuble, la fragilité ou la vulnérabilité de celui-ci ne peuvent être prises en compte pour atténuer la responsabilité du maître de l'ouvrage, sauf lorsqu'elles sont elles-mêmes imputables à une faute de la victime. En dehors de cette hypothèse, de tels éléments ne peuvent être retenus que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable.
3. En premier lieu, en l'espèce, il résulte de l'instruction que les désordres affectant l'immeuble situé 76, rue Charlot sont imputables à un phénomène de décompression et de déstabilisation des sols entraînant le tassement du terrain et la fissuration des murs ainsi que le basculement de cet immeuble vers l'angle nord constitué par la jonction entre la rue Charlot et le boulevard du Temple.
4. Si la Ville de Paris fait valoir que l'ouvrage en cause a été rénové en 2012, qu'il était en bon état lors de l'apparition des désordres et de l'inspection de l'égout réalisé en juillet 2016 et que si les égouts sont désormais fuyards, les lézardes et fissures constatées ne sont pas assez importantes pour permettre à l'eau de s'écouler dans les sols et entraîner le phénomène de tassement de terrain à l'origine des désordres de l'immeuble, il résulte de l'instruction que lors de l'expertise ordonnée par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, il a été constaté que les désordres que présentait l'immeuble des requérants se sont considérablement aggravés à compter du mois de mai 2016 et que, à l'issue d'un essai d'étanchéité réalisé le 6 mai 2019 sur les égouts litigieux, il a été constaté que la quasi-totalité de l'eau de remplissage des tronçons d'égouts s'était infiltrée dans le sol à partir des fissures et des lézardes. Il résulte également de l'instruction que la décompression et la déstabilisation du sol au droit de l'immeuble des requérants et de l'égout litigieux sont imputables en partie à des écoulements d'eau dans la zone située entre l'entrée de ce bâtiment et son angle constitué par la jonction entre la rue Charlot et le boulevard du Temple, causés par un défaut d'étanchéité des égouts situé rue Charlot et boulevard du Temple.
5. Il suit de là que les requérants sont fondés à soutenir que les dommages subis par leur immeuble sont imputables au caractère fuyard de l'égout public dont la Ville de Paris a la garde et à l'égard duquel ils ont la qualité de tiers et que la collectivité territoriale est responsable, sans faute, des dommages causés par cet ouvrage.
6. En deuxième lieu, s'il résulte de l'instruction que le réseau d'évacuation interne des eaux usées et pluviales de l'immeuble situé 76, rue Charlot était vétuste et fuyard et que la structure et les fondations de cet immeuble étaient vulnérables, ces seules circonstances, alors que la Ville de Paris n'établit pas ni même ne soutient que le dommage serait imputable à des fautes des victimes, ne saurait, conformément à ce qui a été relevé au point 2 du présent jugement atténuer sa responsabilité, et ne peut être retenue que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable.
Sur les préjudices :
7. D'une part, il résulte de ce qui a été dit précédemment que les dommages liés au tassement résultant des fuites d'eau des égouts litigieux présentent un caractère accidentel. Par suite, compte tenu de ce qui a été exposé au point 2 du présent jugement, les requérants n'ont pas à démontrer le caractère grave et spécial des préjudices dont ils demandent l'indemnisation.
8. D'autre part, il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que la cause principale et déterminante des dommages résulte des fuites d'eau importantes et persistantes du réseau d'égout défectueux de la Ville de Paris, mais que les fuites d'eau du réseau intérieur d'évacuation de l'immeuble et la faiblesse de sa structure et de ses fondations ont participé à hauteur de 30 % et de 10 % à la réalisation du dommage. Dès lors que, en vertu du principe général rappelé au point 2 du présent jugement, la fragilité ou la vulnérabilité d'un immeuble ne peut être prise en compte que pour évaluer le montant du préjudice indemnisable dans le cas d'un dommage causé à un immeuble, il y a lieu de laisser à la charge des requérants 40 % du coût des réparations.
En ce qui concerne les préjudices matériels :
9. En premier lieu, eu égard au rapport d'expertise, aux factures et aux devis produits par M. L, il résulte de l'instruction que ce dernier démontre que les travaux de peinture, de menuiserie et de maçonnerie qu'il doit entreprendre sont imputables à la décompression et à la déstabilisation du sol au droit de l'immeuble des requérants et de l'égout litigieux. Compte tenu du pourcentage fixé au point 8 du présent jugement, il y a lieu d'évaluer le préjudice matériel subi par M. L, à la somme de 20 631,60 euros. Toutefois, il résulte d'un courrier électronique du 28 avril 2023 que l'assureur de M. L, qui a accepté de prendre en charge 90 % de ses dommages et de lui adresser une indemnité immédiate, a réparé son préjudice à hauteur de 24 622,90 euros, à une somme supérieure au préjudice tel qu'évalué au présent paragraphe.
10. En deuxième lieu, le rapport d'expertise préconise de verser la somme de 49 279,45 euros à Mme et M. E en réparation des dommages constatés, notamment des fissures et du déréglage de la porte palière et il résulte des devis produits par les requérants que les dommages constatés sur le parquet de l'appartement de ces derniers ont également été causés par l'affaissement des sols. Il résulte de l'instruction que Mme et M. E démontrent que les travaux de menuiserie et de maçonnerie qu'ils doivent entreprendre sont imputables à la décompression et à la déstabilisation du sol au droit de l'immeuble des requérants et de l'égout litigieux. En revanche, il résulte également de l'instruction que le syndicat de l'immeuble a prévu de prendre en charge les travaux relatifs à la remise en état des fenêtres de leur appartement. Ainsi, compte tenu du pourcentage fixé au point 8 du présent jugement et du courrier du 25 avril 2023 confirmant l'absence d'indemnisation des dommages tant matériels qu'immatériels par l'assureur de Mme et M. E, il y a lieu de condamner la Ville de Paris à leur verser la somme de 48 961,83 euros, en réparation de ces préjudices.
11. En troisième lieu, si Mme C produit un devis de 9 600 euros relatifs à des travaux de réparation qu'elle devrait entreprendre sur cinq fenêtres de son appartement, elle ne démontre pas que celles-ci auraient été endommagées, alors qu'il résulte de l'instruction que l'expert n'a constaté de dommages que sur l'une de ses fenêtres. La requérante n'explique pas davantage la majoration de son devis de travaux de peinture, de menuiserie et de maçonnerie de 14 030 euros à 19 940 euros et ne justifie pas de l'existence de dommages rendant nécessaires les travaux de peinture. En revanche, Mme C démontre que les travaux de menuiserie et de maçonnerie qu'elle doit entreprendre sont imputables à la décompression et à la déstabilisation du sol au droit de l'immeuble des requérants et de l'égout litigieux. Compte tenu du pourcentage fixé au point 8 du présent jugement, il y a lieu d'évaluer les préjudices matériels de Mme C à la somme de 8 050 euros. Toutefois, il résulte du courrier électronique du 28 avril 2023 que l'assureur de Mme C, qui a accepté de prendre en charge 90 % de ses dommages et de lui adresser une indemnité immédiate, a réparé son préjudice à hauteur de 8 152,20 euros, soit à une somme supérieure au préjudice tel qu'il est évalué au présent paragraphe.
12. En quatrième lieu, si Mme et M. G produisent un devis de 3 080 euros relatif aux travaux de réparation sur une porte-fenêtre, le rapport d'expertise révèle qu'aucun dommage n'a été constaté sur une telle porte. En outre, la facture d'un montant de 850 euros produite par les requérants ne comprend aucun détail des travaux réalisés. Toutefois, il résulte de l'instruction que les travaux de serrurerie, de peinture, de maçonnerie et de menuiserie qu'ils doivent entreprendre pour lesquels ils produisent des factures sont imputables à la décompression et à la déstabilisation du sol au droit de l'immeuble des requérants et de l'égout litigieux. Ainsi, compte tenu du pourcentage fixé au point 8 du présent jugement, il y a lieu d'évaluer les préjudices matériels de Mme et M. G à la somme de 10 212 euros. Toutefois, il résulte d'un courrier électronique du 28 avril 2023 que l'assureur de Mme et M. G, qui a accepté de prendre en charge 90 % de leurs dommages et de leur adresser une indemnité immédiate, a réparé leur préjudice à hauteur de 12 061,80 euros soit à une somme supérieure au préjudice tel qu'il est évalué au présent paragraphe.
13. En dernier lieu, M. J, qui produit un devis de 16 920,64 euros relatifs à des travaux de peinture dans les chambres et la cuisine de son appartement, ne justifie pas, ainsi que le fait valoir la Ville de Paris, de dommages justifiant que de tels travaux doivent être entrepris, alors que l'expert n'a, au demeurant, constaté aucun dommage. En revanche, il résulte de l'instruction que certains des travaux de maçonnerie et de menuisier qu'il doit entreprendre sont imputables à la décompression et à la déstabilisation du sol au droit de l'immeuble des requérants et de l'égout litigieux. Ainsi, compte tenu du pourcentage fixé au point 8 du présent jugement, et du courrier du 25 avril 2023 confirmant l'absence de prise en charge par l'assureur de M. J, il y a lieu condamner la Ville de Paris à verser la somme de 6 342,80 euros au requérant, en réparation de ces préjudices.
En ce qui concerne les préjudices résultant de la perte de jouissance :
14. Les requérants demandent la réparation de la perte de jouissance de leurs appartements pendant une durée de soixante-quatorze mois. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que les requérants auraient été empêchés de faire usage de leurs appartements ou de leurs caves. S'ils font valoir que les travaux réalisés en urgence ont entraîné la perte de ce que ces caves contenaient, ils n'assortissent leurs allégations d'aucun élément permettant au tribunal d'apprécier la nature et la valeur des biens qui y étaient entreposés ni qu'ils ont effectivement dû être détruits. Ce faisant, aucun préjudice résultant d'une perte de jouissance ne peut être caractérisé.
En ce qui concerne les préjudices résultant de la perte de valeur locative :
15. Les requérants, qui ne démontrent pas avoir donné ou cherché à donner en location leurs bien temporairement frappés d'inhabitabilité qui constituait antérieurement leur résidence principale, ne peuvent utilement demander réparation d'une perte de valeur locative.
En ce qui concerne les préjudices moraux et les troubles dans les conditions d'existence :
16. Les requérants soutiennent qu'ils ont subi un préjudice moral et des troubles dans leurs conditions d'existence résultant de l'exécution des travaux et qu'ils ont, en particulier, été exposés aux nuisances sonores, aux vibrations, à la présence de poussière et à l'insalubrité de la voie d'accès à l'immeuble du fait de l'installation de l'aire de chantier et ont été contraints de poser des étrésillons dans les embrasures des fenêtres rendant impossible leur utilisation et entraînant une perte de luminosité importante dans leurs appartements. Par ailleurs, Mme E soutient qu'elle a été placée en arrêt maladie longue durée, entrainant d'importante conséquences sur sa vie familiale. Les requérants évaluent leurs préjudices à hauteur de 25 000 euros chacun.
17. Si l'existence de préjudices résultant de l'exécution des travaux n'est pas établie, et que Mme E ne démontre pas que son préjudice moral serait en lien direct avec la défaillance du réseau d'égout de la Ville de Paris, il résulte de l'instruction, que la pose d'étrésillons en bois, constatés par actes d'huissiers établis au mois de septembre 2020 et d'avril 2023, interdisait l'ouverture des fenêtres des appartements de M. L, de Mme et M. E, de Mme C et de Mme et M. G et que si ces étrésillons n'empêchaient pas l'ouverture des fenêtres de l'appartement de M. J, ils faisaient obstacle à ce qu'il puisse accéder dans des conditions normales à son balcon. Ainsi, il sera fait une juste évaluation du préjudice moral et résultant des troubles dans leurs conditions d'existence en allouant à M. L, Mme C, Mme et
M. E et Mme et M. G une somme de 3 500 euros chacun et à M. J une somme de 2 500 euros.
18. Il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de condamner la Ville de Paris à verser à M. L la somme de 3 500 euros, à Mme et M. F, la somme de
55 961,83 euros, à Mme C, la somme de 3 500 euros, à Mme et M. G, la somme de
7 000 euros, et à M. J, la somme de 8 842,80 euros.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :
19. Les requérants demandent à ce que la somme de 20 000 euros leur soit versée au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative. S'il résulte de l'instruction et notamment du rapport d'expertise que des provisions ont été fixées par plusieurs ordonnances et que des avis de consignation ont ensuite été émis, les requérants n'établissent pas avoir pris en charge ni davantage contribué au paiement de ces provisions. Dès lors, les conclusions présentées au titre de l'article R. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
20. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la Ville de Paris le versement d'une somme de 2 000 euros chacun à M. L, à Mme et M. F, à Mme C, à Mme et M. G et à M. J au titre des frais exposés par eux et non-compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La Ville de Paris est condamnée à verser la somme de 3 500 (trois mille cinq cents) euros à M. L, la somme de 3 500 (trois mille cinq cents) euros à Mme C, la somme de 55 961,83 euros (cinquante-cinq mille neuf cent soixante et un euros et quatre-vingt-trois centimes) à Mme et M. F, la somme de 7 000 (sept mille) euros à Mme et M. G et la somme de 8 842,80 euros (huit mille huit cent quarante-deux euros et quatre-vingts centimes) à M. J.
Article 2 : La Ville de Paris versera une somme de 2 000 (deux mille) euros à M. L, une somme de 2 000 euros à Mme et M. F, une somme de 2 000 (deux mille) euros à Mme et
M. G, une somme de 2 000 (deux mille) euros à Mme C et une somme de 2 000 (deux mille) euros à M. J.
Article 3 : Le surplus des conclusions est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. I L, premier dénommé, en sa qualité de représentant unique des requérants, et à la Ville de Paris.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023 à laquelle siégeaient :
- M. Ladreyt, président,
- M. Gandolfi, premier conseiller,
- Mme Abdat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 28 juin 2023.
Le rapporteur,
G. GandolfiLe président,
J-P. Ladreyt
La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au préfet de Paris, préfet de la région d'Ile-de-France, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026