mardi 31 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2214715 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 6e Section - 2e Chambre - R.222-13 |
| Avocat requérant | DESFARGES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 juillet 2022, M. B A C, représenté par Me Desfarges, demande au tribunal :
1°)d'annuler les décisions des 5 et 8 mai 2022 en tant que le directeur de la caisse d'allocations familiales (CAF) de Paris lui a accordé une remise partielle de l'indu d'aide personnalisée au logement ;
2°) d'enjoindre à la CAF de Paris de lui accorder une remise totale de l'indu d'aide personnalisée au logement ;
3°) de mettre à la charge de la CAF de Paris une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- sa situation n'a pas été prise en compte correctement par l'administration.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 novembre 2022, la CAF de Paris conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que le quotient familial retenu pour accorder la remise partielle est bien 220 euros et non 590 euros et que le requérant bénéficie d'une remise gracieuse conséquente en dépit de sa déclaration tardive de statut d'autoentrepreneur.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation,
- le code de la sécurité sociale,
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 20 juin 2022, M. A C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Le président du tribunal a désigné Mme Roussier, première conseillère, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le rapporteur public a été dispensé, sur sa proposition, de conclure dans cette affaire en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme D a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C a sollicité en décembre 2015, le bénéfice de l'allocation de logement sociale (ALS) pour un logement situé 125, avenue de Villiers à Paris (17ème arrondissement). A l'issue du réexamen des droits de M. A C, la caisse d'allocations familiales du Paris lui a notifié, le 17 septembre 2020, son intention de recouvrer la somme de 1 821 euros correspondant à un indu d'aide personnalisée au logement pour la période de juillet 2019 à août 2020, qui trouve son origine dans l'absence de prise en compte du statut d'autoentrepreneur de l'intéressé dans le calcul de ses droits au cours de cette période. A la suite du recours administratif formé par le requérant contre cette décision, une remise partielle de 910,50 euros a été accordée à l'intéressé. Cette décision a été annulée par un jugement du tribunal administratif en date du 10 mars 2022. Par une nouvelle décision du 5 mai 2022, confirmée le 8 mai 2022, le directeur de la caisse d'allocations familiales de Paris a accordé à M. A C une remise partielle de 1 365,75 euros laissant à sa charge la somme de 455,25 euros. Par la présente requête, M. A C demande au tribunal d'annuler les décisions des 5 et 8 mai 2022 et la remise totale de sa dette.
2. Aux termes de l'article L. 553-2 du code de la sécurité sociale, applicable, en vertu des dispositions de l'article L. 823-9 du code de la construction et de l'habitation, aux aides personnelles au logement, dont fait partie l'aide personnalisée au logement : " Tout paiement indu de prestations familiales est récupéré, sous réserve que l'allocataire n'en conteste pas le caractère indu, par retenues sur les prestations à venir ou par remboursement intégral de la dette en un seul versement si l'allocataire opte pour cette solution. A défaut, l'organisme payeur peut, dans des conditions fixées par décret, procéder à la récupération de l'indu par retenues sur les échéances à venir dues soit au titre des aides personnelles au logement mentionnées à l'article L. 821-1 du code de la construction et de l'habitation, soit au titre des prestations mentionnées à l'article L. 168-8 ainsi qu'aux titres II et IV du livre VIII du présent code, soit au titre du revenu de solidarité active mentionné à l'article L. 262-1 du code de l'action sociale et des familles. () / Toutefois, par dérogation aux dispositions des alinéas précédents, la créance de l'organisme peut être réduite ou remise en cas de précarité de la situation du débiteur, sauf en cas de manœuvre frauduleuse ou de fausses déclarations. ". Pour l'application de ces dispositions, il y a lieu de rechercher si la situation de précarité du débiteur à la date du présent jugement et sa bonne foi justifient que lui soit accordée une remise ou une réduction de dette.
3. Lorsqu'il statue sur un recours dirigé contre une décision refusant ou ne faisant que partiellement droit à une demande de remise gracieuse d'un indu d'une prestation ou d'une allocation versée au titre de l'aide ou de l'action sociale, du logement ou en faveur des travailleurs privés d'emploi, il appartient au juge administratif, eu égard tant à la finalité de son intervention qu'à sa qualité de juge de plein contentieux, non de se prononcer sur les éventuels vices propres de la décision attaquée, mais d'examiner si une remise gracieuse totale ou partielle est susceptible d'être accordée, en se prononçant lui-même sur la demande au regard des dispositions applicables et des circonstances de fait dont il est justifié par l'une et l'autre parties à la date de sa propre décision.
4. Il résulte de l'instruction que la dette d'aide personnalisée au logement mise à la charge de M. A C a pour origine la déclaration tardive par l'intéressé de son changement de situation. La bonne foi du requérant n'est pas en cause. C'est au seul regard de la situation de précarité de M. A C que doit être examinée sa demande de remise gracieuse de l'indu qui lui est réclamé. Eu égard aux ressources mensuelles du foyer, à la composition du foyer, au montant de ses charges de logement, telles que la caisse d'allocations familiales les mentionne dans sa décision du 8 mai 2022, se traduisant par un quotient familial de 220 euros, M. A C doit être regardé comme se trouvant dans une situation de précarité telle qu'il ne pourra pas s'acquitter du remboursement du montant de l'indu restant à sa charge, soit 455,25 euros.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, sous réserve que Me Desfarges, avocat de M. A C, renonce à percevoir la somme correspondante à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à cet avocat d'une somme de 1 200 euros en application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
²
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 5 et 8 mai 2022 par lesquelles le directeur de la caisse d'allocations familiales de Paris a accordé seulement une remise partielle de la dette de M. A C portant sur un indu d'aide personnalisée au logement est annulée.
Article 2 : Il est accordé à M. A C la remise totale de sa dette d'un montant de 455,25 euros restant à sa charge.
Article 3 : L'État versera une somme de 1 200 euros à Me Desfarges, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Desfarges renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C, à Me Desfarges et à la caisse d'allocations familiales de Paris.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 janvier 2023.
La magistrate désignée,
S. D
La greffière,
K. Bak-Piot
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris en en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 2214715/6-
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026