mercredi 24 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2215010 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | LIENHARDT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 juillet 2022 et 2 janvier 2024,
la société Phone Recycle Solution, demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle la ministre de la culture a implicitement rejeté sa demande de déclaration d'inexistence des désignations des représentants des organismes professionnels siégeant à la commission de la copie privée prévue par l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle.
Elle soutient que :
- la composition de la commission de la copie privée est irrégulière dès lors que les représentants des organisations professionnelles n'ont été désignés par aucune décision ;
- l'absence de désignation de ces membres est contraire au principe de parité de la circulaire du Premier ministre du 2 avril 2015 ;
- la commission de la copie privée méconnaît l'article 3 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 août 2023, la ministre de la culture conclut, d'une part à l'incompétence du tribunal administratif, d'autre part, à l'irrecevabilité de la requête et, enfin, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- la société Phone Recycle Solution demande l'annulation d'une décision inexistante ;
- les moyens soulevés par la société Phone Recycle Solution ne sont pas fondés.
Par des mémoires distincts, enregistrés les 16 novembre 2023 et 2 janvier 2024,
la société Phone Recycle Solution, représentée par Me Lienhardt, demande au tribunal de transmettre au Conseil d'État la question prioritaire de constitutionnalité relative à la conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution des dispositions du premier alinéa de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle, telles qu'interprétées par la jurisprudence du Conseil d'Etat et de la Cour de cassation.
Elle soutient que :
- la disposition contestée est applicable au litige ;
- le Conseil constitutionnel ne s'est pas prononcé sur sa conformité aux droits et libertés garantis par la Constitution ;
- cette disposition porte atteinte à l'article 3 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 ;
- elle porte atteinte aux articles 1er, 3 et 21 de la Constitution du 4 octobre 1958 ;
- elle porte atteinte au droit de propriété des articles 2 et 17 de ce même texte ;
- elle porte atteinte aux articles 3 et 6 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789 ;
- elle porte atteinte au droit d'accès aux documents administratifs de l'article 15 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789 ;
- elle est contraire au droit à un recours effectif de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789.
Par un mémoire, enregistré le 13 décembre 2023, la ministre de la culture conclut à ce qu'il n'y a pas lieu de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité posée par la société Phone Recycle Solution comme dépourvue de caractère sérieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Constitution, notamment son préambule et son article 61-1 ;
- le code de la propriété intellectuelle ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de Mme Leravat,
- les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
- et les observations de Me Lienhardt, avocat de la société Phone Recycle Solution.
Considérant ce qui suit :
1. La société Phone Recycle Solution, dont l'activité consiste à acheter des produits téléphoniques et informatiques, à les réparer, les reconditionner et les revendre, a été sollicitée par la société Copie France en janvier 2022 afin de s'acquitter des paiements au titre de la copie privée, en application de la décision n° 22 du 1er juin 2021 de la commission de la copie privée instituée par l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle. Par un courrier du 4 avril 2022, reçu le 25 avril suivant, la société a demandé à la ministre de la culture de déclarer l'inexistence des désignations des membres de la commission de la copie privée. Du silence gardé par l'administration est née une décision implicite de rejet dont la société Phone Recycle Solution demande au tribunal l'annulation.
Sur la question prioritaire de constitutionnalité :
1. Aux termes de l'article 61-1 de la Constitution : " Lorsque, à l'occasion d'une instance en cours devant une juridiction, il est soutenu qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil d'État ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé. / Une loi organique détermine les conditions d'application du présent article ".
2. L'article 23-1 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel, modifiée par la loi organique du 10 décembre 2009 relative à l'application de l'article 61-1 de la Constitution, dispose que : " Devant les juridictions relevant du Conseil d'Etat (), le moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution est, à peine d'irrecevabilité, présenté dans un écrit distinct et motivé. () ". Aux termes de l'article 23-2 de la même ordonnance : " La juridiction statue sans délai par une décision motivée sur la transmission de la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'Etat ou à la Cour de cassation. Il est procédé à cette transmission si les conditions suivantes sont remplies : / 1° La disposition contestée est applicable au litige ou à la procédure, ou constitue le fondement des poursuites ;/ 2° Elle n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement des circonstances ; / 3° La question n'est pas dépourvue de caractère sérieux. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que le tribunal administratif, saisi d'un moyen tiré de ce qu'une disposition législative porte atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution, présenté dans un écrit distinct et motivé, statue sans délai par une décision motivée sur la transmission de la question prioritaire de constitutionnalité au Conseil d'Etat et procède à cette transmission si est remplie la triple condition que la disposition contestée soit applicable au litige ou à la procédure, qu'elle n'ait pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel, sauf changement des circonstances, et que la question ne soit pas dépourvue de caractère sérieux.
4. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle : " Les types de support, les taux de rémunération et les modalités de versement de celle-ci sont déterminés par une commission présidée par un représentant de l'Etat et composée, en outre, pour moitié, de personnes désignées par les organisations représentant les bénéficiaires du droit à rémunération, pour un quart, de personnes désignées par les organisations représentant les fabricants ou importateurs des supports mentionnés au premier alinéa de l'article L. 311-4 et, pour un quart, de personnes désignées par les organisations représentant les consommateurs. Trois représentants des ministres chargés de la culture, de l'industrie et de la consommation participent aux travaux de la commission, avec voix consultative. Le président et les membres de la commission transmettent au président de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, dans un délai de deux mois suivant leur nomination, une déclaration d'intérêts telle que prévue au III de l'article 4 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique. () ".
5. En premier lieu, et dès lors que la ministre de la culture a implicitement rejeté la demande de la société requérante de déclarer l'inexistence des désignations des représentants des organismes professionnels siégeant à la commission de la copie privée prévue par les dispositions précitées, lesdites dispositions sont bien applicables au litige.
6. En deuxième lieu, ces dispositions n'ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution par le Conseil constitutionnel.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 : " La loi garantit à la femme, dans tous les domaines, des droits égaux à ceux de l'homme. " Aux termes de l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958 : " () La loi favorise l'égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et fonctions électives, ainsi qu'aux responsabilités professionnelles et sociales. "
8. Si, ces dispositions instituent un objectif de parité, en particulier le second alinéa de l'article 1er de la Constitution du 4 octobre 1958, elles n'instituent pas un droit ou une liberté que la Constitution garantit. Leur méconnaissance ne peut donc être invoquée à l'appui d'une question prioritaire de constitutionnalité. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
9. Aux termes de l'article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 : " La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum.
/ Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. () " Aux termes de l'article 21 de ce même texte : " Le Premier ministre dirige l'action du Gouvernement. Il est responsable de la Défense nationale. Il assure l'exécution des lois. Sous réserve des dispositions de l'article 13, il exerce le pouvoir réglementaire et nomme aux emplois civils et militaires.
/ Il peut déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres. () ".
10. Si la société requérante soutient que l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle confie à la commission de la copie privée le pouvoir d'édicter des actes réglementaires fixant, notamment, des taux de rémunération pour copie privée, la règle posée par l'article 21 de la Constitution énoncée au point 9 ci-dessus n'institue pas un droit ou une liberté que la Constitution garantit. Il en va de même pour les dispositions de l'article 3 de la Constitution. Leur méconnaissance ne peut donc être invoquée à l'appui d'une question prioritaire de constitutionnalité. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
11. Aux termes de l'article 2 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : " Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l'oppression. "
12. La société Phone Recycle solution soutient que les dispositions de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle portent atteinte au droit de propriété tel que protégé par les dispositions précitées, dès lors qu'elles permettraient l'édiction de barèmes de rémunération par une commission dont les membres ne seraient pas connus ou désignés directement par l'autorité administrative. Toutefois, les organisations professionnelles représentatives sont désignées par arrêté ministériel et les représentants physiques de ces organisations sont ensuite désignés par ces dernières. En outre, la liste des membres de la commission constitue un document administratif communicable et les membres peuvent donc être connus, ainsi qu'il est analysé aux points 15 et 16. En tout état de cause, l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle, dont l'objet est d'organiser la nomination des membres de la commission de la copie privée, n'a pas pour effet de priver du droit de propriété les redevables de la rémunération de la copie privée, ni même d'y porter atteinte. Ainsi, si la société requérante entend contester le principe même de la rémunération de la copie privée, elle n'invoque pas les bonnes dispositions au soutien de son grief. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
13. Aux termes de l'article 3 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : " Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d'autorité qui n'en émane expressément. " Aux termes de l'article 6 de la même déclaration : " La loi est l'expression de la volonté générale. Tous les citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs représentants, à sa formation. () ".
14. Si la société requérante soutient que les dispositions de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle conduisent à confier l'édiction d'une norme de nature législative aux acteurs intéressés, en méconnaissance des dispositions précitées, cette règle n'est pas au nombre des droits et libertés garantis par la Constitution, au sens et pour l'application de l'article 23-1 de l'ordonnance du 7 novembre 1958 portant loi organique sur le Conseil constitutionnel. Au demeurant, les dispositions de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle ont seulement pour objet d'organiser la nomination des membres de la commission de la copie privée. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
15. Aux termes de l'article 15 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : " La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. "
16. La société requérante fait valoir que ces dispositions ont, notamment, pour objet d'organiser un droit d'accès aux documents administratifs, que ne garantissent pas les dispositions précitées du code de la propriété intellectuelle, dès lors que la désignation des représentants des organisations professionnelles désignées ne fait l'objet d'aucune décision formalisée. Toutefois, les dispositions de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle n'apportent aucune restriction à l'exercice du droit d'accès aux documents administratifs. Au demeurant, il est constant que la société Phone Recycle Solution a sollicité, par une requête distincte introduite devant le tribunal de céans, l'annulation de la décision par laquelle la ministre de la culture a refusé de lui communiquer plusieurs procès-verbaux de la commission de la copie privée. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
17. Aux termes de l'article 16 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789 : " Toute société dans laquelle la garantie des droits n'est pas assurée, ni la séparation des pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution. "
18. Si la société requérante fait valoir qu'il n'existe aucun recours juridictionnel contre la désignation des représentants des organisations professionnelles par ces dernières, elles-mêmes nommées par arrêté ministériel à la commission de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle, ces dispositions, précisées par les articles R. 311-2 et suivants du même code, n'ont ni pour objet, ni pour effet d'interdire aux personnes intéressées de former un recours contre la composition de la commission et se bornent à préciser les conditions de nomination de ses membres. En tout état de cause, l'arrêté ministériel de nomination peut faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir devant le juge administratif. Au demeurant, il est constant que la société requérante a pu exercer son droit à un recours effectif par la présente requête. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
19. Enfin, aux termes de l'article 17 de cette même déclaration : " La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n'est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l'exige évidemment, et sous la condition d'une juste et préalable indemnité. "
20. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12, l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle, dont l'objet est d'organiser la nomination des membres de la commission de la copie privée, n'a pas pour effet de priver du droit de propriété les redevables de la rémunération de la copie privée, ni même d'y porter atteinte. Dans ces conditions, le grief ne présente pas de caractère sérieux et doit être écarté.
21. Il suit de là que les dispositions contestées ne peuvent être regardées comme étant contraires à l'article 3 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, ni aux articles 1er, 3 et 21 de la Constitution du 4 octobre 1958, ni aux articles 2, 3, 6, 15, 16 et 17 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789. Il en résulte qu'il n'y a pas lieu de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité invoquée, qui ne présente pas de caractère sérieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
22. En premier lieu, si les dispositions de l'article L. 311-5 du code de la propriété intellectuelle prévoient que le pouvoir réglementaire nomme, par arrêté publié au journal officiel de la République française, les organisations professionnelles siégeant à la commission de la copie privée, il appartient ensuite à ces dernières de désigner leurs représentants. Ces dispositions n'imposent toutefois aucun formalisme pour la désignation de ces membres. Il revient au président de la commission de s'assurer que ceux-ci ont été désignés par les organisations professionnelles. Ainsi, il ressort des pièces du dossier que les désignations ont été communiquées au président et au secrétariat de la commission par voie électronique. Dans ces conditions, l'absence de décision formelle pour désigner les représentants des organisations professionnelles siégeant à la commission de la copie privée n'est pas de nature à entraîner l'irrégularité de la commission, ni des décisions qu'elle est amenée à prendre. Par suite, le moyen doit être écarté.
23. En deuxième lieu, la société Phone Recycle Solution fait valoir que l'absence de désignation de ces membres est contraire au principe de parité de la circulaire n° 5780/SG du Premier ministre du 2 avril 2015 relative à la mise en œuvre de la parité entre les femmes et les hommes au sein des commissions administratives. Toutefois, cette circulaire n'a ni pour objet, ni pour effet de fixer, pour la composition des commissions administratives, une proportion de personnes de chaque sexe qui s'imposerait à peine d'irrégularité de cette commission ou des décisions qu'elle est amenée à prendre. Au demeurant, ainsi qu'il a été dit au point précédent, il n'est pas démontré que les organisations professionnelles n'auraient pas procédé à la désignation de leurs représentants. Dans ces conditions, le moyen doit être écarté.
24. En troisième et dernier lieu, si la société requérante entend soutenir que les dispositions du code de la propriété intellectuelle instituant une commission de la copie privée méconnaissent l'article 3 de la Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen de 1789, il n'appartient toutefois pas au juge administratif de connaître la conformité de la loi à la Constitution. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
25. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'exception d'incompétence et la fin de non-recevoir soulevées par la ministre de la culture, que la requête de la société Phone Recycle Solution doit être rejetée en toutes ses conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de transmettre au Conseil d'Etat la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la société Phone Recycle Solution.
Article 2 : La requête de la société Phone Recycle solution est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Phone Recycle Solution et à la ministre de la culture.
Copie pour information au ministre de l'économie, des finances et de la relance.
Délibéré après l'audience du 10 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2024.
La rapporteure,
C. LERAVAT
Le président,
J-P. LADREYT
La greffière,
L. SUEUR
La République mande et ordonne à la ministre de la culture en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783
**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
27/03/2026