mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Paris |
| Section | Tribunal Administratif de Paris |
| N° Dossier | TA75-2216025 |
| Type | Décision |
| Publication | C |
| Formation | 5e Section - 3e Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEXCAP (SELARL) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 juillet 2022 et 14 mars 2024, M. A H, représenté par Me Meunier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 février 2022 portant inscription au tableau d'avancement au grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts au titre de l'année 2022, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 mars 2022 portant promotion au grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, ensemble la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à l'Etat de l'inscrire sur le tableau d'avancement au grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts au titre de l'année 2022 et de le nommer dans ce grade dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa candidature et de procéder à son inscription dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros toutes taxes comprises au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que les signataires des arrêtés des 22 février et 10 mars 2022 disposaient de délégations de signature régulières ;
- le tableau d'avancement est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que son parcours professionnel aurait dû justifier qu'il soit inscrit au tableau d'avancement et nommé et titularisé dans le grade des ingénieurs en chef des ponts, des eaux et des forêts ;
- son parcours est conforme aux critères retenus par les lignes directrices de gestion relatives aux parcours professionnels et aux promotions ;
- Mme I, depuis sa sortie de promotion, est restée dans la même structure, sans opérer de mobilité géographique ;
- il n'est pas démontré que les agents du centre d'études et d'expertise sur les risques, la mobilité et l'aménagement classés devant lui justifiaient de mérites supérieurs ;
- certains des agents inscrits sont sortis de formation deux ans après lui et de nombreux camarades de promotion sont également inscrits ;
- Mme C justifiait de la même ancienneté et était diplômée de la même école, mais ne justifiait que d'une expérience professionnelle de deux ans et n'a effectué aucune mobilité géographique ou structurelle ;
- ce tableau d'avancement est entaché d'erreur de droit ;
- il a été pris en méconnaissance du principe d'égalité dès lors que le centre d'études et d'expertise sur les risques, la mobilité et l'aménagement n'a obtenu que deux promotions au titre de l'année 2022.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mars 2024, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires conclut au rejet de la requête de M. H.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. H ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2024, le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire s'associe aux moyens et conclusions présentés par le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'Etat ;
- le décret n° 2005-850 du 27 juillet 2005 relatif aux délégations de signature des membres du Gouvernement ;
- le décret n° 2009-1106 du 10 septembre 2009 portant statut particulier du corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts ;
- le décret n° 2019-1265 du 29 novembre 2019 relatif aux lignes directrices de gestion et à l'évolution des attributions des commissions administratives paritaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Sueur, greffière d'audience :
- le rapport de M. Gandolfi,
- et les conclusions de M. Lamy, rapporteur public,
Considérant ce qui suit :
1. M. H, ingénieur des ponts, des eaux et des forêts, a sollicité son inscription au tableau d'avancement au grade d'ingénieur de ce corps au titre de l'année 2022. Par deux arrêtés des 22 février et 10 mars 2022, le ministre de la transition écologique et le ministre de l'agriculture et de l'alimentation ont fixé le tableau d'avancement à ce grade pour l'année 2022 et ont promus 67 ingénieurs. Le 13 avril 2022, M. H, dont la candidature n'a pas été retenue, a formé un recours gracieux contre ces arrêtés. Le 29 juin 2022, le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et le ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire ont rejeté ce recours. Par la présente requête, M. H demande au tribunal d'annuler ces arrêtés, ensemble la décision rejetant son recours gracieux.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1 du décret du 27 juillet 2005 susvisé : " A compter du jour suivant la publication au Journal officiel de la République française de l'acte les nommant dans leurs fonctions ou à compter de l'enregistrement de cet acte au recueil spécial mentionné à l'article L. 861-1 du code de la sécurité intérieure, lorsqu'il est fait application de cet article, ou à compter du jour où cet acte prend effet, si ce jour est postérieur, peuvent signer, au nom du ministre ou du secrétaire d'Etat et par délégation, l'ensemble des actes, à l'exception des décrets, relatifs aux affaires des services placés sous leur autorité : / () / 2° Les chefs de service, directeurs adjoints, sous-directeurs, les chefs des services à compétence nationale mentionnés au deuxième alinéa de l'article 2 du décret du 9 mai 1997 susvisé ainsi que les hauts fonctionnaires et les hauts fonctionnaires adjoints mentionnés aux articles R. 1143-1 et R. 1143-2 du code de la défense ; / () / Le changement de ministre ou de secrétaire d'Etat ne met pas fin à cette délégation, sous réserve des dispositions de l'article 4. ".
3. D'une part, par un décret du 15 décembre 2016 et par un arrêté du 29 septembre 2020, publiés au Journal officiel de la République française le 16 décembre 2016 et le 1er octobre 2020, M. G E et M. D B, signataires de l'arrêté du 22 février 2022 portant inscription au tableau d'avancement pour le grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts au titre de l'année 2022, ont été respectivement nommés directeur des ressources humaines au sein du secrétariat général du ministère de l'environnement et chef du service des ressources humaines du ministère de l'agriculture et de l'alimentation à compter du 15 octobre 2020 et bénéficiaient ainsi de délégations de signatures en application des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de que cet arrêté serait entaché d'un vice d'incompétence ne peut qu'être écarté.
4. D'autre part, par un arrêté du 30 septembre 2021, publié au Journal officiel de la République française le 16 octobre 2021, Mme J F, signataire de l'arrêté du 10 mars 2022 portant promotion au grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts, a été nommée cheffe du centre interministériel de gestion des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, à compter du 1er septembre 2021 et bénéficiait ainsi d'une délégation de signature en application des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que cet arrêté serait entaché d'un vice d'incompétence ne peut qu'être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 58 de la loi du 11 janvier 1984 visée ci-dessus, dans sa rédaction alors en vigueur : " L'avancement de grade a lieu de façon continue d'un grade au grade immédiatement supérieur. Il peut être dérogé à cette règle dans les cas où l'avancement est subordonné à une sélection professionnelle. / L'avancement de grade peut être subordonné à la justification d'une durée minimale de formation professionnelle au cours de la carrière. / Pour les fonctionnaires relevant des corps de catégorie A, il peut également être subordonné à l'occupation préalable de certains emplois ou à l'exercice préalable de certaines fonctions correspondant à un niveau particulièrement élevé de responsabilités ou à des conditions d'exercice difficiles ou comportant des missions particulières. / Sauf pour les emplois laissés à la décision du Gouvernement, l'avancement de grade a lieu, selon les proportions définies par les statuts particuliers, suivant l'une ou plusieurs des modalités ci-après : / 1° Soit au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l'expérience professionnelle des agents. Sans renoncer à son pouvoir d'appréciation, l'autorité chargée d'établir le tableau annuel d'avancement tient compte des lignes directrices de gestion prévues à l'article 18 ; / () ; / 2° Soit par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement, établi après une sélection par voie d'examen professionnel. / () ; / 3° Soit par sélection opérée exclusivement par voie de concours professionnel. / () / Tout fonctionnaire bénéficiant d'un avancement de grade est tenu d'accepter l'emploi qui lui est assigné dans son nouveau grade. Sous réserve de l'application des dispositions de l'article 60, son refus peut entraîner la radiation du tableau d'avancement ou, à défaut, de la liste de classement. ".
6. Aux termes de l'article 3 du décret du 10 septembre 2009 susvisé : " Le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts comporte trois grades : /- le grade d'ingénieur général qui comprend une classe exceptionnelle comportant un échelon unique et une classe normale comportant trois échelons ; / - le grade d'ingénieur en chef qui comprend sept échelons ; /- le grade d'ingénieur qui comprend dix échelons. ".
7. Aux termes de l'article 20 de ce même décret : " Peuvent être nommés au grade d'ingénieur en chef les ingénieurs comptant, en position d'activité ou de détachement, au moins six années de services à compter de leur titularisation dans le grade d'ingénieur des ponts, des eaux et des forêts. Peuvent également être nommés ingénieur en chef les ingénieurs ayant au moins trois ans d'ancienneté dans le 10e échelon de leur grade. / () ".
8. Aux termes de l'article 23 de ce décret : " Le nombre maximum d'agents appartenant au corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts pouvant être promus chaque année au grade d'ingénieur en chef, d'ingénieur général de classe normale et d'ingénieur général de classe exceptionnelle est déterminé par application d'un taux de promotion à l'effectif des agents qui, au 31 décembre de l'année précédant celle au titre de laquelle sont prononcées les promotions, satisfont aux conditions mentionnées aux articles 20 à 22. Le taux de promotion est fixé par arrêté conjoint des ministres chargés de l'agriculture et du développement durable, après avis conforme des ministres chargés de la fonction publique et du budget. ".
9. Aux termes de l'article 24 du même décret : " Les avancements de grade et de classe dans le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts ont lieu au choix, par voie d'inscription à un tableau annuel d'avancement. Ce tableau est dressé par arrêté conjoint du ministre chargé de l'agriculture et du ministre chargé du développement durable. / Les avancements d'échelon, de classe et de grade sont prononcés par arrêté conjoint du ministre chargé de l'agriculture et du ministre chargé du développement durable, à l'exception des nominations au grade d'ingénieur général de classe normale qui sont prononcées par décret du Président de la République. ".
10. D'une part, les fonctionnaires, même s'ils remplissent les conditions statutaires requises pour bénéficier d'une promotion au choix, ne détiennent aucun droit à être inscrits sur un tableau d'avancement. D'autre part, le juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un recours tendant à l'annulation d'un arrêté portant inscription au tableau d'avancement et nomination dans un grade supérieur, ne peut se borner, dans le cadre de son contrôle restreint, à apprécier la valeur professionnelle d'un candidat écarté, et doit analyser les mérites comparés de cet agent et de ceux des autres agents candidats à ce même grade. Il lui appartient de former sa conviction sur les points en litige au vu des éléments versés au dossier par les parties. En outre, dès lors que seuls des fonctionnaires expérimentés peuvent être inscrits au tableau d'avancement, l'ancienneté dans le grade de brigadier ne constitue pas, en soi, un élément déterminant de l'appréciation de la valeur professionnelle des agents.
11. En l'espèce, il résulte de l'ensemble des dispositions précitées que l'inscription au tableau d'avancement au grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts a lieu au choix. Dès lors que le tableau d'avancement au titre de l'année 2022 ne pouvait comporter qu'un nombre limité de fonctionnaires, la valeur professionnelle de M. H ne peut être appréciée, aux fins d'inscription sur ce tableau d'avancement, que par comparaison avec celle des autres agents remplissant les conditions statutaires pour prétendre au même avancement.
12. Il ressort des pièces du dossier que M. H, a été titularisé dans le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts par un décret du 22 septembre 2014 avant d'occuper les fonctions de chargé de mission " risques littoraux " au sein du bureau des risques météorologiques puis du bureau des risques inondation et littoraux au sein du service des risques naturels et hydrauliques de la direction générale de la prévention des risques du ministère de l'environnement. Le 16 décembre 2016, M. H a été affecté à la direction technique " Eaux, Mer et Fleuve " du centre d'études et d'expertise sur les risques, la mobilité et l'aménagement pour occuper le poste d'adjoint au chef de division " Risques hydrauliques et aménagements ", puis y a occupé, à compter du 1er janvier 2021, le poste de directeur du département " Risques eaux et littoral " au sein de la direction technique " Risques, eaux et mer ".
13. D'une part, le ministre de la transition écologique fait valoir que, Mme I, avant d'intégrer le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, a occupé, en qualité d'ingénieure des travaux publics de l'Etat, un poste de responsable d'une subdivision à la direction départementale de l'équipement de la Côte d'Or, avant d'être nommée adjointe au chef du service infrastructures à la direction régionale de l'équipement puis responsable du département " intermodalité déplacement " à la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de Bourgogne-Franche-Comté et s'est occupée de la préparation et de la négociation ferroviaire du contrat de plan Etat-Région, de la gestion des fonds européens de développement régional et du pilotage des services de l'Etat pour accompagner les projets de tramways et de transports en commun en site propre. Après avoir intégré le corps des ingénieurs des ponts, des eaux et des forêts, Mme I a occupé un poste de responsable du service développement de la voie d'eau, a été en charge d'une mission de préfiguration de l'organisation de la filière " ressources humaines " de la direction territoriale et que " ses très grandes qualités " et compétences ont conduit le directeur territorial à la recruter sur l'emploi de directrice adjointe de la DREAL Bourgogne-Franche-Comté en septembre 2022.
14. D'autre part, le ministre de la transition écologique fait valoir que, Mme C a été nommée, en septembre 2014, chargée d'études au pôle " semences " au sein du bureau des semences et de la protection intégrée des cultures à la direction générale de l'alimentation, qu'elle a été notamment responsable du pilotage du plan d'action ministériel " Semences et plants pour une agriculture durable ", qu'en mars 2018, elle a été nommée chargée de mission " dossiers économiques, européens et internationaux " dans la filière laitière et, qu'à partir d'octobre 2020, elle a occupé l'emploi de chef du bureau des grandes cultures, semences végétales et produits transformés, au sein de la sous-direction " filières agroalimentaires " à la direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises du ministère de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire. Le ministre fait également valoir que sur ce dernier poste, " elle a brillamment réussi et été reconnue pour sa grande efficacité, sa compétence et sa contribution très remarquée à la gestion de la crise culture betteravière en pleine pandémie de COVID 19 ".
15. Il résulte de tout ce qui précède que Si M. H soutient qu'il disposait de mérites professionnels manifestement supérieurs à ceux de ces deux fonctionnaires promues au grade d'ingénieur en chef des ponts, des eaux et des forêts au titre de l'année 2022, les seuls éléments qu'il produit ne suffisent pas, en l'absence de toute précision notamment quant à ses notations et à l'appréciation de sa manière de servir, à le démontrer.
16. En troisième lieu, la circonstance que le centre d'études et d'expertise sur les risques, la mobilité et l'aménagement n'a obtenu que deux promotions au titre de l'année 2022 ne suffit pas à démontrer que les arrêtés attaqués seraient entachés d'erreur de droit et auraient été adoptées en méconnaissance du principe d'égalité.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. H doit être rejetée, y compris ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. H est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A H, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire.
Délibéré après l'audience 27 mars 2024 à laquelle siégeaient :
M. Ladreyt, président,
M. Gandolfi, premier conseiller,
Mme Leravat, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 avril 2024.
Le rapporteur,
G. Gandolfi
Le président,
J-P. Ladreyt
La greffière,
L. Sueur
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2309888
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé la décision implicite de rejet d'un titre de séjour opposée à une ressortissante bangladaise. Le juge a constaté que le préfet de police, mis en demeure, n'avait produit aucune défense et était donc réputé avoir acquiescé aux faits de la requérante, notamment sa présence continue en France depuis 2009 et la régularisation de son conjoint. La décision a été annulée pour méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'administration n'ayant pas procédé à l'examen complet de la situation personnelle et familiale de l'intéressée.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2407314
Le Tribunal Administratif de Paris a annulé le refus du préfet de police de délivrer un titre de séjour à un ressortissant camerounais, père d'un enfant français. La juridiction a estimé que la décision administrative, fondée sur une menace à l'ordre public, méconnaissait l'intérêt supérieur de l'enfant, garanti par l'article 3 de la Convention relative aux droits de l'enfant, en portant atteinte à sa vie familiale en France. Le tribunal a ainsi fait prévaloir la protection de la vie familiale sur les considérations d'ordre public dans ce cas d'espèce.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2317783
**Sujet principal** : Recours en annulation contre une révocation et une radiation des cadres d'un capitaine de police pour vice de procédure disciplinaire. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Paris (5e Section - 3e Chambre). **Solution retenue** : Le tribunal a jugé que la procédure disciplinaire était entachée d'un vice substantiel, car l'agent n'a pas disposé d'un délai suffisant pour consulter son dossier (reçu seulement la veille de l'audience du conseil de discipline, malgré sa demande antérieure et l'importance du dossier). Cette méconnaissance des droits de la défense entraîne l'annulation de l'arrêté de révocation attaqué. **Textes appliqués** : Article L. 532-4 du code général de la fonction publique et article 5 du décret n° 84-961 du 25 octobre 1984, qui garantissent le droit à la communication intégrale du dossier dans un délai permettant une défense effective.
27/03/2026
Tribunal Administratif de Paris — N° TA75-2315697
Le Tribunal Administratif de Paris rejette la requête de M. B... visant à annuler sa déclaration d'élimination au concours externe du CAPES d'anglais 2023. La juridiction juge irrecevable le recours, considérant que la délibération du jury sur l'admissibilité n'est pas détachable de sa décision finale. Elle refuse également la condamnation de l'État aux frais de procédure, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
27/03/2026